Home"Care" and philosophy for children: beyond "caring thinking", an ethical and political project

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"Care" and philosophy for children: beyond "caring thinking", an ethical and political project

« Care » et philosophie pour enfants : au-delà du « caring thinking », un projet éthique et politique

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Published on Tuesday, December 01, 2020 by Céline Guilleux

Summary

Ce numéro des Nouveaux cahiers de la recherche en éducation propose d'interroger les rapports entre la pratique de la philosophie pour enfants (PPE) et les éthiques du care. La notion de care est mobilisée dans le champ de la PPE depuis les travaux fondateurs de Matthew Lipman et Ann Margaret Sharp (Lipman, 1995) : ils nomment en effet « caring thinking » (traduit par pensée attentive, vigilante ou bienveillante) l’une des trois dimensions de la pensée d’excellence que la pratique de la philosophie vise à développer chez les enfants. Cette dimension, ajoutée après les premiers développements (Lipman, 1976) en complément à la pensée critique et à la pensée créative, est introduite quelques années après que la notion de care commence à être conceptualisée dans les travaux annonçant les éthiques du care (Gilligan, 1982/2003; Noddings, 1984/2013).

Announcement

Argumentaire

Ce numéro propose d'interroger les rapports entre la pratique de la philosophie pour enfants (PPE)1 et les éthiques du care. La notion de care est mobilisée dans le champ de la PPE depuis les travaux fondateurs de Matthew Lipman et Ann Margaret Sharp (Lipman, 1995): ils nomment en effet «caring thinking» (traduit par pensée attentive, vigilante ou bienveillante) l’une des trois dimensions de la pensée d’excellence que la pratique de la philosophie vise à développer chez les enfants. Cette dimension, ajoutée après les premiers développements (Lipman, 1976) en complément à la pensée critique et à la pensée créative, est introduite quelques années après que la notion de care commence à être conceptualisée dans les travaux annonçant les éthiques du care (Gilligan, 1982/2003; Noddings, 1984/2013). Bien que Sharp reconnaisse elle-même dès 1995 la cohérence entre le projet de la PPE et l’éthique du care (Gregory et Laverty, 2018)2, la référence aux éthiques du care demeure en grande partie implicite dans les écrits de Lipman et Sharp3.

De même, si la pertinence de cette mise en rapport a été soulignée dans les travaux ultérieurs sur la PPE (Tozzi, 2015; Raïd, 2019), il n’existe pas de corpus constitué qui établisse ou questionne la pertinence d’un rapprochement systématique entre le programme de la PPE et les éthiques du care. Pourtant, celles-ci pourraient contribuer à renouveler le regard sur les dimensions affectives, éthiques et politiques de la PPE. Telle est l’intention de ce dossier thématique: soumettre à la communauté scientifique la question de la pertinence d’une relecture de la PPE au prisme du concept de care.

Présentation de la thématique: la rencontre entre éthiques et politiques du care et philosophie pour enfants

L’expression «éthique du care» est d’abord apparue afin de décrire une manière de concevoir les questions morales et éthiques, portée majoritairement par des voix féminines, qui valorise l’attention et le soin porté à autrui et place les relations humaines au cœur de la réflexion morale (Gilligan, 1982/2003). En faisant de la vulnérabilité et de l’interdépendance des caractéristiques essentielles de la condition humaine (Tronto, 1993), en mettant en lumière les relations de soin et les pratiques du travail social, et en portant l’attention sur la dimension éthique des situations ordinaires (Laugier, 2009), ce que l’on appelle désormais les «éthiques et politiques du care» ouvrent une nouvelle conception de la cohésion sociale et de l’organisation de la vie en société ainsi qu’une nouvelle appréhension de la justice. Elles contribuent ainsi à renouveler la réflexion sur les questions de genre, de justice et de société dans leur globalité, y compris celles qui concernent l’éducation (Noddings, 1984/2013). Dans cette perspective, ce dossier thématique vise à orchestrer une discussion autour de l’apport des éthiques et politiques du care pour la PPE: d’une part, pour repenser la place et la fonction du caring thinking; d’autre part, pour questionner la possibilité d’y introduire les exigences éthiques et politiques indissociables du concept de care.

Le caring thinking semble avoir suscité relativement moins de développements en comparai-son de la pensée critique et de la pensée créative au sein des recherches théoriques et empiriques et ce, malgré l’affirmation de Lipman selon laquelle les trois dimensions sont d’égale importance et interdépendantes (2003, p. 201). Par ailleurs, la signification attribuée au caring thinking n’est pas toujours la même. Lipman l’entend d’abord en un sens principalement épistémique: le caring thinking est une pensée appréciative, affective, active, normative et empathique, qui se manifeste dans la délibération elle-même (souci pour les valeurs, considération du contexte, recherche d’une pensée nuancée, soin apporté aux procédures et outils de la recherche) (2003, p. 264-271). Sharp, quant à elle, attire l’attention sur la signification éthique de cette dimension de la pensée: le caring thinking se déploie dans les rapports entre les membres de la communauté (écoute active, coopération et solidarité intellectuelle) (Gregory et Laverty, 2018). La dimension affective de la pensée, déjà mise en avant dans d’autres recherches (Nussbaum, 1992) est ainsi réaffirmée et ses implications épistémiques et éthiques sont soulignées. Or, cette composante affective soulève des enjeux allant au-delà des aspects éthiques et épistémiques. La posture éthique du caring thinking porte en elle, en effet, une dimension politique en ce qu’elle s’inscrit, in fine, dans le projet de société démocratique visé par la communauté de recherche philosophique (CRP): le caring thinking contribue activement au développement d’une manière d’être raisonnable et de la vie démocratique qui sont les piliers de la société politique visée par Lipman et Sharp (Lipman, 2003, p. 271). Le caring thinking ne peut donc être réduit ni à une habileté épistémique, ni à une attitude éthique, ni à une disposition affective. Il est une réalité complexe faite de différents aspects que les éthiques et politiques du care peuvent aider à saisir et articuler.

En outre, il semblerait que la notion de care telle que conçue par les éthiques et politiques du care permette d’appréhender les enjeux de la PPE au-delà de la dimension de la pensée qu’est le caring thinking. D’abord, ce corpus pourrait permettre de réinvestir la question de la dimension soignante de la pratique de la philosophie. En ce sens, plusieurs études se sont concentrées sur les effets bienfaisants apportés par la pratique de la PPE, soulevant l’hypothèse selon laquelle la PPE pourrait être considérée comme une pratique de soin (Ribalet, 2008; Tozzi, 2015)4. Dans ces études, les vertus sinon thérapeutiques, du moins bénéfiques, de la PPE sont considérées comme des effets possibles voire attestés, renouvelant la question de la philosophie comme soin de l’âme, déjà présente chez les penseurs de l’Antiquité (Hadot, 1995). Plus largement encore, il semble pertinent de renouveler le regard sur les enjeux politiques de la PPE comme pratique de soin pour la communauté. Des recherches ont ainsi mis en avant des effets sur la relation à autrui (Daniel et Gagnon, 2011), la citoyenneté (Leleux, 2008, p. 177-188), le vivre-ensemble (Gagnon, Couture et Yergeau, 2013) et la prévention de la violence (Audrain, Cinq-Mars et Sasseville, 2006; Robert, Roussin, Ratte et Guèye, 2009). Au-delà de sa dimension soignante, c’est la portée politique de la PPE elle-même qui pourrait alors être éclairée par les notions de vulnérabilité et d’interdépendance, au coeur des politiques du care. Au sein d’une communauté de recherche philosophique, le faillibilisme, en tant que vulnérabilité épistémique, et l’intersubjectivité comme reconnaissance de l’interdépendance essentielle à la condition humaine, pourraient-ils favoriser un autre modèle de citoyenneté?

La PPE au prisme du care: un projet éthique et politique? Un questionnement se déclinant selon trois axes

Dès lors, la notion de care telle qu’elle est pensée dans les éthiques et politiques du care constitue un moyen, non seulement pour saisir l’importance et la variété des implications du caring thinking en tant que dimension de la pensée que cherche à développer la PPE, mais aussi plus largement pour penser le projet pédagogique et politique de cette pratique. Les éthiques et politiques du care pourraient ainsi contribuer à revisiter à nouveaux frais la pratique de la philosophie avec les enfants. Dans cette perspective, le care en PPE n’excède-t-il pas le statut de dimension de la pensée qu’est le caring thinking? La PPE est-elle en elle-même une pratique du care? Mais encore, le projet pédagogique et politique de la PPE pourrait-il être ressaisi comme participant à une citoyenneté empreinte de care susceptible de faire advenir une «démocratie sensible» (Brugère, 2017, p. 83-122)? On pourra également se demander si la PPE pourrait en retour contribuer à développer la notion de care.

Voilà le questionnement général autour duquel nous souhaitons orchestrer une discussion afin de dégager les possibilités qu’ouvre le fait d’approcher la PPE au prisme du care, mais aussi d’en questionner les limites. Dans cette perspective, nous sollicitons des contributions suivant trois axes de questionnement.

Axe 1. Entre posture éthique et épistémique: le caring thinking relève-t-il du care?

Ce premier axe vise à étudier, au prisme de travaux théoriques et empiriques consacrés au care, la place et le rôle du caring thinking au sein de la réflexion et de la discussion philosophique avec les enfants.

En tant que dimension de la pensée philosophique, le caring thinking caractérise une attitude à la fois épistémique et éthique, et ne semble a priori pas se référer à la notion de care telle qu’elle est conceptualisée dans les éthiques du care. Pourtant, ne peut-on pas envisager l’articulation entre la posture épistémique et la posture éthique dans la formation de la pensée des enfants au prisme des éthiques du care? Plus largement, dans quelle mesure le care en jeu dans la notion de caring thinking pourrait-il relever du care des théories du care? En effet, considéré dans sa dimension éthique, le caring thinking fait place à l’empathie et l’affectivité dans le développement du raisonnement. Dès lors, la PPE rejoint-elle une forme d’éthique fondée sur les liens d’interdépendance entre les individus telle que celle qu’ont forgée les théoriciennes du care?

Au-delà de ces interrogations, peut-on identifier des marqueurs du caring thinking, ou plus largement, de la présence d’une attitude de care dans une discussion? En outre, considérer la PPE comme une pratique du care suppose-t-il des ressources particulières pour l’animateur d’une discussion philosophique?

Enfin, réciproquement, dans quelle mesure le caring thinking tel que conceptualisé par Lipman et Sharp pourrait-il être une ressource pour les éthiques du care, dessinant la possibilité d’un réinvestissement de la dimension intellectuelle dans une pratique du care, comme le suggèrent Paperman et Laugier (2006/2011), Paperman (2015) et Laugier (2018), à partir d’une mise en dialogue des éthiques du care avec la philosophie du langage ordinaire (Cavell 1979/1999)?

Axe 2. Effets et bienfaits de la pratique de la philosophie avec les enfants: une pratique de soin?

Cet axe propose d’envisager la question des effets bienfaisants de la PPE, soulignés dans des travaux sur les effets socio-affectifs de cette pratique, à travers la notion de soin. La philosophie peut-elle soigner les maux de l’âme? S’agit-il d’un «effet collatéral» de la pratique de la philosophie qui viendrait «de surcroît» (Ribalet, 2008) ou bien de son but? Les réflexions sur les pratiques soignantes issues des éthiques du care permettent-elles de jeter un éclairage particulier sur cette dimension du soin au sein de la PPE?

Il s’agit d’abord d’interroger les bienfaits que l’on peut attendre de la pratique de la philosophie. Plusieurs de ses bénéfices sont souvent mis en avant: expression de questions existentielles, gain en confiance en soi et/ou en estime intellectuelle par exemple. Au regard du foisonnement actuel des pratiques philosophiques, au sein duquel la philosophie se trouve souvent associée à un soin de l’âme, comment conceptualiser, analyser et intégrer ces vertus bienfaisantes dans le cadre d’une pratique philosophique balisée, prémunissant du risque de dérives psychologisantes voire ésotériques? De plus, si de tels bénéfices sont réels, la question de ce qui les produit reste à approfondir: est-ce la participation au dialogue ou encore le questionnement philosophique lui-même? Sur le plan méthodologique, comment mesurer les bienfaits de cette activité et identifier ce qui les produit? Dans quelle mesure la conception du care issue des éthiques du care pourrait éclairer les enjeux d’un tel effet «soignant» de la PPE?

S’il y a une «vertu» thérapeutique à la philosophie, celle-ci doit-elle pour autant constituer une «visée» (Ribalet, 2008)? Si la philosophie est avant tout une recherche de la vérité désintéressée, la recherche d’un mieux-être ou d’un soin de l’âme pourrait entrer en tension, voire en contradiction avec le caractère libéral et gratuit de cette pratique. Il semble même que la philosophie se paie parfois d’un coût psychologique, lorsqu’elle déboussole, inquiète, remet en question les certitudes établies et les croyances partagées. Face à ces risques, prendre soin serait-il alors un impératif éthique? Les éthiques du care peuvent-elles servir de ressources pour penser une pratique capable d’accompagner les participants dans ces questionnements?

Axe 3. Le rôle politique de l’éducation au sein des éthiques du care: un levier pour penser l’idéal démocratique de la pratique de la philosophie avec les enfants?

Ce dernier axe propose d’engager une réflexion sur l’apport potentiel des éthiques du care dans le but de préciser les idéaux démocratiques promus par la PPE, dont l’un des objectifs est la formation d’une pensée critique pour de futurs citoyens avertis.

Les travaux soulignant l’apport de la PPE pour une éducation à la citoyenneté et à la démocratie semblent s’être davantage intéressés au critical thinking qu’au caring thinking. À la lumière des éthiques et politiques du care, ne pourrait-on pas souligner la dimension proprement politique du caring thinking? Cette prise en compte de la portée politique du caring thinking pourrait-elle alors permettre une nouvelle compréhension de la bienveillance en un sens politique et non uniquement psychologique?

Les éthiques et politiques du care ont mis en lumière les fondements affectifs nécessaires au développement d’une citoyenneté critique (Monjo, 2016). Une éducation dite émancipatrice vise ainsi à éveiller un sentiment capacitaire chez l’individu concernant son habileté effective à détenir et exprimer une pensée critique et une opinion construite, d’égale valeur à celle d’autrui. Comment les éthiques et politiques du care permettraient-elles de penser le développement d’un sentiment capacitaire dans la PPE? Qu’est-ce qui, au sein de la PPE, favorise le développement d’un tel sentiment? Existerait-t-il des dispositifs plus propices que d’autres?

Au cœur de l’idéal politique des éthiques du care se trouve un autre objectif pour lequel l’éducation joue un rôle fondamental: l’acceptation de la différence et la reconnaissance de l’altérité. La PPE, qui vise le développement d’une pensée dialogique (Daniel et Gagnon, 2011), et l’établissement de relations intersubjectives où chacun est l’égal de l’autre, peut-elle participer à la mise en oeuvre d’un tel projet politique? Jusqu’à quel point doit-on considérer la PPE comme une pratique du care et accorder une égale importance à la multiplicité des points de vue? En effet, comment s’assurer de la nature philosophique des échanges entretenus en prévenant le risque de relativisme? Y a-t-il une tension entre considérer la PPE comme une pratique du care et satisfaire les exigences d’un dialogue philosophique? Si oui, est-elle dépassable?

En outre, des travaux ont attiré l’attention sur le risque que les pratiques d’animation et les supports choisis valorisent certains modes de raisonnement au détriment d’autres, en particulier une certaine culture philosophique, occidentale (Coppens, 2014; Reed-Sandoval, 2018). La notion de caring thinking peut-elle avoir un sens dans d’autres traditions de pensée (Shaari et Hamzah, 2018)? Plus encore, les éthiques du care peuvent-elles être un levier pour éviter ce type d’écueils? Faudrait-il repenser la formation à l’animation des ateliers de PPE au prisme des éthiques du care?

Répondre à l’appel

Les intentions (3 000 signes maximum, espaces compris), incluant un titre préliminaire, une présentation de la problématique (problème, contexte et positionnement dans les écrits scientifiques), d’un angle d’attaque et de ses implications au niveau méthodologique et les principaux résultats, doivent être adressées à ncre@USherbrooke.ca 

au plus tard le 29 janvier 2021.

Les auteurs dont les intentions seront retenues seront avisés au plus tard le 15 février 2021. L’acceptation de l’intention ne présume pas de l’acceptation de l’article, lequel sera soumis à la procédure d’évaluation habituelle de la revue (évaluation par les pairs). Les articles complets (en français, maximum 50 000 signes espaces compris ou 25 pages, références incluses, accompagnés d’un résumé de 120 mots maximum) devront être soumis avant le 15 juin 2021 en version électronique par courriel (ncre@USherbrooke.ca). Les auteurs sont invités à consulter les normes éditoriales de la revue pour la rédaction des textes finaux. La revue n’accepte que les textes originaux et inédits qui ne sont pas en évaluation par une autre revue. Pour obtenir des renseignements supplémentaires, contacter ncre@USherbrooke.ca.

Coordination

  • Marion Bérard, Université de Picardie Jules Verne, CURAPP-ESS (UMR 7319)
  • Marie Coasne, Université Paris Est Créteil, LIS (EA 4395)
  • Agathe Delanoë, Université de Nantes, CREN (EA 2661) et Université du Québec à Montréal, LANCIP
  • Pénélope Dufourt, Université Paris-Nanterre, CREDOF (UMR 7074) et Université de Nantes, CREN (EA 2661)

Avec un accompagnement scientifique prodigué par:

  • Edwige Chirouter, MCF HDR, Université de Nantes, CREN (EA 2661)
  • Layla Raïd, PU, Université de Picardie Jules Verne, CURAPP-ESS (UMR 7319)

À propos de la revue

La revue Nouveaux cahiers de la recherche en éducation (NCRÉ) est une revue scientifique québécoise couvrant le champ des sciences de l’éducation. Soutenue par la faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke, elle est actuellement sous la responsabilité scientifique de Frédéric Saussez.

Elle a pour ambition d’être à la fine pointe de l’actualité de la recherche en éducation et de se situer au carrefour de sensibilités disciplinaires et de traditions théoriques diverses. La revue Nouveaux cahiers de la recherche en éducation est qualifiante pour la section CNU 70 (Sciences de l’éducation et de la formation).

Références

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Robert, S., Roussin, D., Ratte, M. et Guèye, T. (2009). L’évaluation des effets du programme «Prévention de la violence et philosophie pour enfants» sur le développement du raisonnement moral et la prévention de la violence à la commission scolaire Marie-Victorin (Rapport de recherche présenté à La Traversée). Saint-Lambert: Université du Québec à Montréal, Montréal, Québec.

Shaari, A. et Hamzah, A. (2018). A comparative review of caring thinking and its implications on teaching and learning. Malaysian Journal of Learning and Instruction, 15(1), 83-104.

Tozzi, M. (2015). La discussion à visée philosophique: un processus de civilisation de la violence qui prend soin du jeune enfant. Diotime, 65. Repéré à http://www.educ-revues.fr/DIOTIME/AffichageDocument.aspx?iddoc=104429

Tronto, J. C. (1993). Moral Boundaries: A Political Argument for an Ethic of Care. New York, NY: Routledge.

Notes

1. Nous reprenons l’expression couramment employée dans le champ ainsi que son acronyme. Le terme «enfants» doit être entendu comme incluant les adolescents.

2.  «The view of ethics implicit in Philosophy for Children might well be called an ethics of care» (p. 118).

3. Lipman ne fait référence ni à Gilligan ni à Noddings, ni dans l’article qu’il consacre au caring thinking (1995) ni dans le chapitre de la deuxième édition de Thinking in Education (2003) où il développe cette notion. Sharp fait quelques rares références explicites à Gilligan, plus nombreuses à Noddings (Gregory et Laverty, 2018). En revanche, on peut noter que Lipman, pour définir le caring thinking, s’appuie sur Dewey (1939), qui est une source d’influence importante pour certaines théoriciennes du care comme Joan Tronto. Ces éléments vont dans le sens de l’hypothèse d’une cohérence forte entre care et PPE et d’une absence d’explicitation des liens entre les deux.

4.  Le chantier Philosoin déployé entre 2009 et 2014 lors des Rencontres sur les Nouvelles Pratiques Philosophiques organisées par l’UNESCO a permis la diffusion de ces recherches.

Subjects

Date(s)

  • Friday, January 29, 2021

Keywords

  • care, caring thinking, philosophie, enfant, éthique, politique

Contact(s)

  • Saussez Frédéric
    courriel : ncre [dot] education [at] usherbrooke [dot] ca

Information source

  • Frédéric Saussez
    courriel : ncre [dot] education [at] usherbrooke [dot] ca

To cite this announcement

« "Care" and philosophy for children: beyond "caring thinking", an ethical and political project », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, December 01, 2020, https://calenda.org/819986

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