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Gaston Bachelard: what psychoanalysis?

Gaston Bachelard : quelle psychanalyse ?

Études Bachelardiennes journal

Revue « Études Bachelardiennes »

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Published on Tuesday, January 26, 2021 by Céline Guilleux

Summary

Quel est le rapport de Bachelard à la psychanalyse et, plus généralement, aux théories ayant affaire à la psyché ? Comme on le sait, il fait référence à ces théories plus au titre de propositions intellectuelles que de méthodes cliniques de thérapie. Il s’inspire assez librement d’elles, on en montrant leurs possibilités heuristiques, en ouvrant ainsi des nouvelles voies pour la réflexion philosophique, relative tant au processus de formation de la connaissance qu’au rôle de l’imagination dans la relation de l’homme au monde extérieur. Nous voulons inviter à la réflexion sur la relation complexe et évolutive de la philosophie de Gaston Bachelard à la psychanalyse.

Announcement

Direction scientifique

Ilona Bocian et Marta Ples-Bęben

Argumentaire

Quel est le rapport de Bachelard à la psychanalyse et plus en général aux théories ayant affaire à la psyché ? Comme on le sait, il fait référence à ces théories plus au titre de propositions intellectuelles que de méthodes cliniques de thérapie. Il s’inspire assez librement d’elles, on en montrant leurs possibilités heuristiques, en ouvrant ainsi des nouvelles voies pour la réflexion philosophique, relative tant au processus de formation de la connaissance qu’au rôle de l’imagination dans la relation de l’homme au monde extérieur. Nous voulons inviter à la réflexion sur la relation complexe et évolutive de la philosophie de Gaston Bachelard à la psychanalyse en proposant quelques inspirations de recherche possibles développées ci-après.

1. La psychanalyse de la connaissance scientifique

En 1938, Bachelard a publié deux livres, La Formation de l’esprit scientifique et La Psychanalyse du feu, avec lesquels il est entré dans les discussions sur l’extension possible de la psychanalyse et sur la relation entre la psychologie et la philosophie. Chacune de ces deux publications présente une méthode différente inspirée par la psychanalyse freudienne.

La psychanalyse de la connaissance scientifique suppose l’existence du lien entre l’esprit et l’inconscient englobant les obstacles épistémologiques qui retardent le progrès de la connaissance objective. Parmi ces obstacles, Bachelard indique l’imagination et l’imagerie en tant que concepts liés avec l’expérience première. Comment l’influence de l’inconscient se manifeste-t-elle dans l’histoire des sciences ? Quelle est l’importance du contact direct avec la réalité pour la formation des ressources de l’inconscient puisque, selon Bachelard, c’est ce contact qui fonde la plupart des obstacles épistémologiques ?

Bachelard met l’accent sur la fonction cathartique de la psychanalyse de la connaissance scientifique dont le but est de « purifier l’esprit scientifique ». Dans cette approche, la science devient elle-même une révision des théories existantes ainsi qu’une correction des erreurs. Est-ce qu’il y a une dimension pratique dans cette approche aux sciences ? Mais, qu’en est-il de la psychanalyse dans les ouvrages épistémologiques postérieurs ? Y a-t-il encore un sens de parler d’obstacle épistémologique et de psychanalyse pour la science contemporaine ? Et qu’en est-il de l’impossibilité de psychanalyser les éléments après La psychanalyse du feu ?

2. La psychanalyse de la connaissance objective dans le processus de la formation

La psychanalyse de la connaissance scientifique comprend une réflexion sur le processus éducatif qui révèle le caractère bidirectionnel de la méthode de Bachelard qui est orientée d’une part vers la théorie de la science et d’autre part vers la pratique pédagogique qui y conduit. Ainsi, la psychanalyse de la connaissance scientifique distingue deux niveaux de formation des connaissances : premièrement le niveau collectif (universel et historique) et deuxièmement, le niveau individuel (esprit des étudiants et des chercheurs). Tout comme la science corrige les erreurs au niveau collectif, l’enseignement devrait viser à éliminer les idées erronées découlant de l’inconscient des individus, aussi bien les étudiants que les enseignants. Bachelard insiste sur l’importance des relations école-science et maître-élève dans le processus de développement des connaissances et de la constitution de la communauté scientifique. De quelle manière, les postulats de Bachelard, peuvent-ils être mis en œuvre dans la pratique pédagogique actuelle ? Quelle relation relie les niveaux individuel et collectif de formation des connaissances, en particulier dans le cadre des thèses de Bachelard sur la discontinuité et sur la rupture épistémologique en tant que mécanismes de développement dans le domaine de la connaissance ?

3. La psychanalyse et la rêverie

Quel est le rapport entre psychanalyse et rêverie ? Quel type de psychanalyse mobilise Bachelard après La psychanalyse du feu ? Quelles sont les ressources théoriques que Bachelard met en place pour son travail sur l’imagination des éléments ? Dans les Poétiques on trouve un refus explicite de la psychanalyse, car elle travaille à un niveau trop profond de la psyché (les rêves nocturnes), alors que la rêverie se situe à un niveau plus superficiel, celui du cogito du rêveur.

Il faut alors mesurer ces changements et évaluer la nature de l’imagination : est-elle basée sur l’évasion et la rupture des liens avec le monde extérieur ou sur l’enracinement dans le monde ? Quelle stratification des niveaux d’activité mentale et quelle conception de l’homme révèle la rêverie ?

4. Les inspirations

Bachelard formule ses premières thèses psychanalytiques en se référant aux recherches de Sigmund Freud. Puis, avec le temps, il s’inspire également des concepts et des hypothèses tirées de la psychologie analytique de Carl Gustav Jung tout en critiquant les thèses de Freud. Il critique le freudisme qu’il appelle « la psychanalyse classique », en l’accusant avant tout de réductionnisme. Cependant, dans ses travaux tardifs, Bachelard revient à la conception freudienne. Qu’est-ce qui cause ce retour ? Quelles catégories freudiennes ont eu les impacts les plus durables sur la philosophie de Bachelard ?

Un autre enjeu est la coexistence des influences freudiennes et jungiennes que Bachelard a assumé dans sa philosophie en dépassant leur approche classique et en restant ainsi « entre et au-delà de Freud et Jung ». Peut-on parler ici de coexistence, ou plutôt de leur suppression mutuelle selon le moment et le choix concret de Bachelard ?

Soulignons que Bachelard lisait aussi des psychanalystes français. Il en connaissait certains personnellement et il entretenait, avec eux, des correspondances et des discussions. Il ne faisait partie d’aucune structure créée par des membres du mouvement psychanalytique français. Néanmoins, il s’intéressait incontestablement aux publications françaises autour du psychisme, comme en témoignent les références qu’il faisait dans ses livres aux œuvres de Marie Bonaparte, Juliette Favez-Boutonier, Jacques Lacan, Yvonne et René Allendy, Robert Desoille ou Jean Piaget. Mais on pourrait citer aussi les noms de Binszwanger, Minkowski, Kuhn, et donc la Daseinanalyse. En quoi ces recherches, si diverses en ce qui concerne les prémisses et les méthodes, ont-elles influencé la philosophie de Bachelard ? N’ont-elles d’importance que dans le cadre de l’application et de l’analyse de concepts concrets, ou, plus largement, affectent-elles la totalité des hypothèses et des méthodes de la philosophie de Bachelard ?

5. Les interprétations

Bachelard a proposé ses propres interprétations des catégories classiques du domaine de la psychanalyse et de la psychologie des profondeurs, telles que : complexe, archétype, sublimation, libido, inconscient (individuel et collectif), infra-moi et sur-moi. Il applique ces concepts dans le cadre de ses propres hypothèses auxquelles il les adapte en proposant, par exemple, une lecture psychanalytique de l’œuvre et de la vie d’Isidore Ducasse dans son Lautréamont, ou en analysant les relations sociales créées au sein de la cité scientifique. Nous pouvons alors nous poser la question : la compréhension bachelardienne des concepts psychanalytiques est-elle cohérente avec leurs théories initiales ? Nous voudrions porter une attention particulière à la juxtaposition de la catégorie de l’inconscient en termes de courants psychanalytiques et de l’approche de Bachelard, ainsi qu’à l’attitude de l’inconscient vis-à-vis de l’« infra-moi ». Est-ce que, alors, la pensée bachelardienne pourrait dynamiser les pratiques analytiques contemporaines ? Y a-t-il un sens à parler de théories psychiques inspirées par le travail de Bachelard ?

Modalités de contribution

Les textes seront soumis à l’adresse en ligne.

Les textes reçus seront soumis à un examen par les pairs en double aveugle.

L’Auteur peut proposer un article pour les sections La lettre ou L’esprit de 7.000 mots au maximum en français, avec en annexe un Abstract (150 mots) en anglais suivi par cinq mots clés en anglais.

L’Auteur peut aussi proposer une recension de 1.400 mots au maximum en langue française.

Les manuscrits, rendus anonymes, doivent être téléchargés au plus tard le 30 Avril 2021 en format.doc directement à partir du site

avec un autre document contenant les coordonnées de l'auteur (CVV et affiliation).

Dans le cadre du processus de soumission, les auteurs sont tenus de vérifier la conformité de leur article avec la feuille de style de la revue.

Subjects

Date(s)

  • Friday, April 30, 2021

Reference Urls

Information source

  • Riccardo Barontini
    courriel : riccardo [dot] barontini [at] ugent [dot] be

To cite this announcement

« Gaston Bachelard: what psychoanalysis? », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, January 26, 2021, https://calenda.org/835132

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