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Les dimensions sociales de la cartographie cognitive

The social dimensions of cognitive cartography

Quatrième journées Cartotête

Cartotête fourth study day

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Veröffentlicht am Dienstag, 09. Februar 2021 bei João Fernandes

Zusammenfassung

Les représentations cognitives de l’espace géographique sont très souvent étudiées dans le but de mieux comprendre la manière dont les individus résolvent les problèmes spatiaux du quotidien auxquels ils peuvent être confrontés. Les études sur les dimensions sociales de ces représentations cognitives de l’espace ont débuté modestement dès le milieu des années 1970. Aujourd’hui, les analyses sur les dimensions sociales de la cognition spatiale ne sont pas pour autant unifiées. Or tous ces objets analysés sous le prisme de la socialisation devraient également permettre d’apporter quelques éléments de compréhension sur la cartographie cognitive. Le réseau Cartotête s’est donné pour objectif d’explorer ces dimensions sociales qui participent à la construction des représentations cognitives de l’espace.

Inserat

Argumentaire

Les représentations cognitives de l’espace géographique sont très souvent étudiées dans le but de mieux comprendre la manière dont les individus résolvent les problèmes spatiaux du quotidien auxquels ils peuvent être confrontés (Downs and Stea, 1977), tels que l’orientation dans l’espace, la planification d’un déplacement ou la navigation. Pour le dire autrement, l’accent est mis sur la dimension fonctionnelle de ces représentations spatiales, incitant ainsi à les considérer comme des cartes au sens littéral plutôt que métaphorique. De plus, l’expérience géographique de l’individu, qu’elle soit directe (déplacements et lieux fréquentés) ou indirecte (informations spatiales) est considérée comme le principal facteur contribuant à leur construction. Dès lors, cet « outil cognitif » est essentiellement envisagé comme une construction individuelle et singulière. L’actuelle vitalité des approches neuro-cognitives, favorisées par le prix Nobel 2014 pour les recherches sur les cellules de lieu (O'Keefe et Dostrovsky, 1971, O'Keefe et Nadel, 1978) et les cellules de grille (Hafting, Fyhn, Molden et Moser, 2005) mettent de côté les significations sociales dans l’analyse et renforcent le caractère fonctionnel et individuel des représentations spatiales. Cette approche mentaliste semble se répercuter dans les recherches en sciences sociales où l’usage de la terminologie « carte mentale » prend progressivement le pas sur celle de carte cognitive (Hatlova et Hanus, 2020) incitant ainsi à les considérer comme des cartes au sens littéral plutôt que métaphorique.

Les études sur les dimensions sociales de ces représentations cognitives de l’espace ont débuté modestement dès le milieu des années 70 en montrant l’importante récurrence des éléments symboliques de la ville dans les dessins à main levée (Milgram et Jodelet, 1976). Depuis lors, plusieurs recherches ont mobilisé le paradigme psychosociologique des représentations sociales pour montrer que les représentations spatiales étaient de véritables représentations sociales (Jodelet, 1982).

Aujourd’hui, les analyses sur les dimensions sociales de la cognition spatiale ne sont pas pour autant unifiées. Certaines reposent sur des approches culturalistes (Helft, 2013) quand d’autres mettent plus simplement l’accent sur les contrastes en termes de conditions socio-économiques. Par ailleurs, la sociologie engage depuis peu des travaux sur la socialisation à l’espace public (Rivière, 2017) alors que la démographie a depuis plus longtemps analysé les processus de socialisation à l’espace résidentiel (Bonvalet, 1993). Toujours en termes de construction sociologique des « expériences géographiques », géographes et psychologues engagent également depuis peu des recherches sur la socialisation aux mobilités géographiques et sur les processus de territorialisation. Or il nous semble que tous ces objets analysés sous le prisme de la socialisation devraient également permettre d’apporter quelques éléments de compréhension sur la cartographie cognitive.

Le réseau Cartotête s’est donné pour objectif d’explorer ces dimensions sociales qui participent à la construction des représentations cognitives de l’espace et, par-là, aux processus de territorialisation, de sorte à stimuler les échanges entre chercheurs sur la cartographie socio-cognitive. Sans pour autant rejeter la dimension fonctionnelle de ces représentations, il souhaite faire converger les recherches qui abordent les « cartes mentales » comme des révélateurs de l’articulation entre rapport à l’espace géographique et rapport à autrui. Si les trois premières journées d’étude du réseau (Clermont-Ferrand en 2014, Strasbourg en 2017 et Besançon en 2019) ont surtout mis l’accent sur les aspects méthodologiques de la cartographie socio-cognitive, cette 4ème journée d’étude du réseau propose cette fois de fonder les échanges à partir de travaux empiriques sur les processus socio-cognitifs ou socio-spatiaux de la cartographie cognitive. Il s’agit d’une édition internationale qui sera organisée par le département de Science Politique (DISPO) de l’Université de Gênes (Italie).

Axes thématiques

Trois axes thématiques sont proposés :

  1. Représentations cognitives de l’espace et rapport à autrui

Il s’agira d’identifier les dimensions sociales des représentations spatiales sous l’angle de l’analyse interindividuelle et intergroupe. Quels sont les liens entre l’appartenance à un groupe, les trajectoires et les positions sociales des individus et leur représentation de l’espace ? Que nous apprennent les représentations spatiales sur le rapport aux autres ? Les recherches présentées peuvent tout autant porter sur les conflits d’appropriation d’un espace que sur l’articulation de différentes formes d’appropriation d’un même espace. En quoi la cartographie cognitive peut-elle contribuer à souligner les enjeux liés à des perceptions, conceptions et vécus différents d’un même territoire ?

  1. Dimensions sociales, symboliques et collectives des représentations cognitives de l’espace

On peut ici envisager deux niveaux d’analyse. En premier lieu, en se concentrant sur le niveau idéologique, les propositions peuvent faire le lien entre les représentations et les dimensions spatiales des idéologies, des croyances, des opinions, qu’elles soient politiques, religieuses, culturelles, technologiques, etc., en mettant l’accent sur les pratiques de socialisation à l’espace qui étayent cette dimension idéologique du rapport à l’espace. La variété des échelles spatiales est recherchée et peuvent aller du bâtiment (lieu de travail…) au quartier, à la ville, etc. En second lieu, en se concentrant sur le niveau individuel ou collectif du rapport à l’espace, les propositions pourront montrer les liens qui s’opèrent entre le sens attribué aux lieux et leur agencement spatial. Comment le contenu symbolique des objets géographiques (un monument, un quartier, etc.) organise leur distribution spatiale ? Sur ces deux niveaux, une attention particulière pourra être portée sur le lien entre représentations et ancrages spatiaux de la mémoire individuelle ou collective, sur les rapports entre mémoires locales/profanes et mémoires institutionnalisées (Halbwachs, 1941 ; Violi, 2014).

  1. Représentations cognitives de l’espace et distributions spatiales du réseau de relation

Cet axe est plus spécifiquement dédié à la relation entre les pratiques sociales et les représentations spatiales, en mettant l’accent sur les effets de la distribution spatiale du réseau de relations sur la représentation cognitive de l’espace géographique. Si le réseau social actuel est certainement de première importance, on pourra toutefois s’intéresser à son évolution dans le temps et dans l’espace, afin de saisir son épaisseur historique et ses traces dans les représentations spatiales actuelles. Ce sera ainsi l’occasion d’aborder comment les représentations cognitives de l’espace se construisent en relation avec la distribution spatio-temporelle du réseau social d’un individu

Calendrier

  • 30 avril 2021 : date limite de réception des résumés des communications (2500 signes maximum, espaces inclus).
  • 2 juillet 2021 : réponse du comité scientifique.
  • 30 septembre : date limite de réception des textes des communications (35.000 signes maximum, espaces inclus).
  • 28-29 octobre 2021 : tenue des journées d’études (en visio-conférence si nécessaire).

Modalités pratiques d'envoi de propositions

Les résumés des communications devront être rédigés en français, en anglais ou en italien et devront comprendre la problématique abordée, la méthode utilisée et les principaux résultats qui seront communiqués. Les propositions (2500 signes maximum espaces inclus, document « Word », police « Times new roman », taille 12, interligne 1.15) incluront : le titre, le nom des auteurs, l’adresse de courriel et l’axe thématique.

Les propositions devront être envoyées,

au plus tard le 30 avril 2021,

à l’adresse suivante :colloquereseaucartotete@gmail.com

Les résumés seront anonymisés par le Comité d’organisation et envoyés pour évaluation aux relecteurs du Comité scientifique.

Les communications acceptées seront publiées.

Comité d’organisation

Comité scientifique

  • Sandra Breux, Laboratoire sur les élections locales, INRS, Montréal, Canada.
  • Anne-Christine Bronner, UMR SAGE (Société, acteurs, gouvernement en Europe), CNRS - Université de Strasbourg, France.
  • Kevin Clementi, UMR SAGE (Société, acteurs, gouvernement en Europe), CNRS - Université de Strasbourg, France.
  • Pierre Dias, UMR ESO (Espaces et sociétés), CNRS - Université de Rennes, France.
  • Antida Gazzola, CRAFTS (Centro studi urbani, territoriali e sociali), Genova, Italie.
  • Sylvie Lardon, UMR Territoires, INRAE - Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, France.
  • Sophie Mariani-Rousset, laboratoire ELLIADD (Edition, langages, littératures, informatique, arts, didactiques, discours), Université de Franche-Comté, Besançon, France.
  • Antonella Primi, Dipartimento di antichità, filosofia e storia - DAFIST, Université de Gênes, Italie.
  • Thierry Ramadier, UMR SAGE (Société, acteurs, gouvernement en Europe), CNRS - Université de Strasbourg, France.
  • Mauro Spotorno, Dipartimento di Scienze Politiche - DISPO, Université de Gênes, Italie.

Références

Bonnes M., Secchiaroli  G. (2995). Psicologia ambientale. Introduzione alla psicologia sociale e ambientale, Carocci, Roma, 1992; engl. ed.,Environmental Psychology: A Psycho-social Introduction, SAGE Publications Ltd.

Bonvalet, C. (1993). Le transmis et l'acquis : localisation, statut d'occupation et type d'habitat, In C. Bonvalet et A. Gotman (eds.), Le logement, une affaire de famille, Paris, L’Harmattan, p. 23-40.

Casti E. (2019), Cartografia critica. Dal topos alla chora, Milano, Guerini e Associati.

Fornara F., Bonaiuto M., Bonnes  M. (2010)Indicatori di qualità urbana residenziale percepita (IQURP). Manuale d'uso di scale psicometriche per scopi di ricerca e applicativi, Milano, Franco Angeli.

Gazzola A. (2011), Uno sguardo diverso. La percezione sociale dell’ambiente naturale e costruito, Milano, Franco Angeli.  

Hafting, T., Fyhn,, M., Molden, S. et Moser M-B. (2005). Microstructure of a spatial map in the entorhinal cortex, Nature, 436, 801-806.

Halbwachs, M. (1941, 2008). La topographie légendaire des Évangiles en Terre sainte. Étude de mémoire collective, Paris, PUF.

Hatlova, K. et Hanus, M. (2020). A systematic review into factors influencing sketch map quality, International journal of geo-information, 9, 27.

Heft, H. (2013). Environment, cognition, and culture: Reconsidering the cognitive map. Journal of Environmental Psychology, 33, 14-25.

Jodelet, D. (1982). Les représentations socio-spatiales de la ville. In P.H. Derycke (Ed.), Conception de l'espace, Paris, Université de Paris X, 145-177.

Milgram, S. et Jodelet, D. (1976). Psychological maps of Paris, In H.M. Proshansky, W.H. Ittelson & L.G. Rivlin (Eds.), Environmental psychology: people and their physical setting, New-York: Holt Rinehart and Winston, 104-124.

O'Keefe J, Dostrovsky J. (1971). The hippocampus as a spatial map. Preliminary evidence from unit activity in the freely-moving rat, Brain Res.,  34, (1,)‎, 171–175

O'Keefe J., Nadel, L. (1978). The Hippocampus as a cognitive map, Oxford University Press.

Rivière, C. (2017). La fabrique des dispositions urbaines. Propriétés sociales des parents et socialisation urbaine des enfants, Actes de la recherche en sciences sociales, 216, 64-79.

Vallega A. (2008), Fondamenti di geosemiotica, Roma, Società Geografica Italiana.

Violi, P. (2014). Paesaggi della memoria. Bompiani : Milano.

Orte

  • Genua, Italien

Daten

  • Freitag, 30. April 2021

Schlüsselwörter

  • cartographie cognitive, dimensions sociales, réseau Cartotête

Kontakt

  • Antida Gazzola
    courriel : agazzola13 [at] gmail [dot] com

Informationsquelle

  • Sophie Mariani-Rousset
    courriel : smariani [at] univ-fcomte [dot] fr

Zitierhinweise

« Les dimensions sociales de la cartographie cognitive », Beitragsaufruf, Calenda, Veröffentlicht am Dienstag, 09. Februar 2021, https://calenda.org/841022

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