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Parentality in Africa after Esther N. Goody

La parentalité en Afrique après Esther N. Goody

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Published on Friday, February 12, 2021 by Céline Guilleux

Summary

Ce numéro du Journal des Africanistes réunira des travaux empiriques (anthropologie, sociologie, histoire, sciences de l’éducation, linguistique, etc.) inspirés de l’œuvre d’Esther Goody et portant sur la parentalité dans les sociétés d’Afrique et/ou auprès des diasporas africaines.

Announcement

Coordination

Dossier coordonné par Yazid Ben Hounet & Marie-Luce Gélar, pour le Journal des Africanistes

Argumentaire

En 1982 — il y a près de quarante ans de cela — Esther N. Goody (1932-2018) publie un ouvrage sur la parentalité: Parenthood and Social Reproduction. Fostering and occupational roles in West Africa, Cambridge, Cambridge University Press, qui deviendra une référence.

Ce livre rassemble les principaux résultats d’une recherche initiée en 1956 sur la famille, l’enfance (en particulier l’adolescence), la délégation des rôles parentaux, la socialisation des enfants en Afrique de l’Ouest, dans une perspective anthropologique. Esther Goody attribue à la parentalité cinq fonctions qu’elle précise puis analyse : concevoir, élever, éduquer, donner un nom et un statut social à l’enfant, exercer sur celui-ci certains droits. Pour elle, la circulation et la délégation des rôles parentaux, en Afrique de l’Ouest, s’accentue selon les âges et l’organisation sociale. Les enfants de bas âges circulent moins que les adolescents, les enfants dans les sociétés segmentaires sont moins séparés de leurs parents que dans les sociétés plus étatisées et hiérarchisées. Elle montre également que la circulation des enfants se comprend en raison des logiques de reproduction sociale et d’accès au marché du travail : dans les sociétés où le monde du travail est estimé plus complexe (multiplication des professions), les enfants sont davantage mis en apprentissage auprès de membres de la famille éloignée ou en dehors de la famille.

En 1956, au moment où Esther N. Goody entame ses recherches en anthropologie sociale, à l’Université de Cambridge et sous la supervision de Jack Goody, le concept parenthood n’existe que depuis un siècle (la première occurrence apparaît en 1853, selon l’Oxford English Dictionary). Le terme français parentalité n’apparaît, lui, qu’en 1961, dans un article rédigé par Paul Racamier, avec Charles Sens et Louis Carretier. Utilisé en 1861 par Herbert Spencer, dans son ouvrage Education. Intellectual, moral and physical, le terme parenthood a alors un fort écho auprès d’intellectuels et de chercheurs anglo-saxons. Si plusieurs auteurs s’appuient sur la perspective évolutionniste (darwinisme social) et utilitariste de Spencer pour promouvoir une approche eugénique de la famille , d’autres, à l’instar de l’anthropologue Elsie Clews Parsons, emploient le terme dans une perspective critique (féministe, libertaire, radical) pour interroger les conventions sociales relatives à la famille (le mariage et la filiation notamment), et promouvoir — par le biais de sa proposition de contrat parental — une théorie de la « responsabilité » des parents laissant l’homme et la femme libres (ou non) de coopérer au sein de la famille, de définir les rôles par eux-mêmes et pour eux-mêmes (pour peu que les enfants soient élevés selon des exigences minimales normalisées par l’État).

Jusqu’aux écrits d’Esther N. Goody, le terme demeure peu employé . Si le concept de kinship, infiniment plus usité par les anthropologues, s’intéresse à l’ensemble des proches, et en particulier aux générations passées, celui de parenthood semble être plus tourné vers l’enfance et les générations à venir. Il problématise la question de la famille et des tâches parentales, la délégation des rôles parentaux en partant de l’enfant, de sa socialisation, de sa mobilité et/ou de sa circulation, de ses acquisitions de compétences, de savoirs et de savoirs être, de son intérêt...

Ses travaux ont influencé ceux de chercheurs travaillant en Afrique (Suzanne Lallemand, Erdmute Alber, Cécile Leguy notamment) mais aussi ailleurs. Ils sont importants pour aborder les dynamiques familiales dans une perspective comparative et relationnelle, tout comme les récentes transformations de la famille, comme en témoigne l’émergence de recherches plus nombreuses, à partir des années 1990, sur certains aspects de la vie familiale et de la parentalité (divorce, recomposition familiale, adoption, monoparentalité, homoparentalité, grand-parentalité, GPA, placement des enfants...).

Depuis ces travaux, deux éléments supplémentaires doivent être pris en considération pour comprendre les dynamiques de la parentalité en contexte Africain (mais également ailleurs) : 1) les effets, liés à la globalisation, de transfert de normes. L’adhésion de plusieurs pays africains à la Convention de New York relative aux droits de l’enfant en est un exemple. Mais d’autres normes externes, notamment via les ONGs sont proposées et adaptées à différents contextes africains. 2). L’émergence des experts de la parentalité : psychologues, assistants sociaux, autres acteurs d’associations humanitaires, etc. Outre les parents et la constellation de personnes jouant un rôle parental pour l’enfant, il faut en effet intégrer la pluralité des acteurs qui appuient, orientent, jugent, négocient l’exercice même de cette parentalité. C’est là un phénomène « relativement nouveau » en Afrique, qui avec le développement de structures associatives et de programmes d’appui aux familles a pris de l’ampleur ces trois dernières décennies notamment.

Ce numéro, bien que partant d’une perspective anthropologique, se veut pluridisciplinaire. Il réunira des travaux empiriques (anthropologie, sociologie, histoire, sciences de l’éducation, linguistique, etc.) inspirés de l’œuvre d’Esther Goody et portant sur les sociétés d’Afrique et/ou sur les diasporas africaines.

Modalités de réponse et calendrier

Les contributeurs sont invités à soumettre une intention d’article d’environ 2 500 signes, accompagnée d’une bibliographie indicative. Le résumé présentera les questions soulevées par l’article, les matériaux utilisés et les méthodes de recueil de ces matériaux.

Ces intentions, en français ou en anglais, sont à envoyer par courriel, sous la forme d’un fichier word,

le 15 mars 2021 au plus tard

aux deux adresses suivantes :

yazid.ben-hounet@ehess.fr mlgelard@yahoo.fr

Les auteurs seront informés à compter du 15 avril 2021 de la suite donnée à leur proposition.

Les articles retenus sont attendus au plus tard le 15 octobre 2021.

Comités

Directeur de Rédaction : Luc Pecquet

Responsables des comptes rendus : Julien Bondaz, Marie-Luce Gélard, Luc Pecquet

Comité de Rédaction

  • Catherine Baroin, Anthropologue, Chargée de recherche honoraire CNRS, ArscAn, UMR 7041, équipe Ethnologie préhistorique, MAE Nanterre
  • Elara Bertho, Sciences philosophiques et philologiques, sciences de l’art, Chargée de recherche CNRS, LAM, UMR 5115, Sciences Po Bordeaux 
  • Julien Bondaz, Ethnologue, MCF, LADEC, FRE 2002, Université Lyon 2, CNRS
  • Jean-Baptiste Boutrais, Géographe, Directeur de recherche émérite IRD, PALOC, UMR 208, IRD-MNHN
  • Andrea Ceriana Mayneri, Anthropologue, Chargé de recherche CNRS, IMAF Ivry-sur-Seine, UMR 8171
  • Barbara Cooper, Historienne, Professeure, Rutgers University, New Brunswick
  • Marie Daugey, Anthropologue, Post-doctorante, FaSS-LASC, Université de Liège
  • Christian Dupuy, Archéologue, Chercheur affilié à l'IMAF, UMR 8171
  • Jean-Baptiste Eczet, Ethnologue postdoctorant ENS, PSL University, Labex TranferS, LAS
  • Marie-Luce Gélard, Anthropologue, MCF (HDR)Canthel EA 4545 Université Paris Descartes, IUF
  • Suzanne Lallemand Ethno-anthropologue Directrice de recherche honoraire CNRS
  • Olivier Langlois Archéologue Chargé de recherches CNRS UMR7264-CEPAM, Nice
  • Françoise Le Gennec-Coppens Ethno-anthropologue Chargée de recherche honoraire CNRS UMR 7107 Lacito
  • Luc Pecquet Ethnologue MCF UMR 8171, IMAF Ivry-sur-Seine ENS d’architecture Saint-Étienne, CNRS
  • Elodie Razy Anthropologue Professeure FaSS-LASC Université de Liège
  • Christian Seignobos Géographe ruraliste Directeur de recherche émérite IRD
  • Maria Teixeira Anthropologue MCF ECEVE, UMR 1123 Université Paris-Diderot
  • Fabio Viti Anthropologue Professeur IMAF Aix-en-Provence, UMR 8171 Aix-Marseille Université

Comité scientifique

  • Alfred Adler, Anthropologue, Directeur d’étude à l’École pratique des hautes études (Ve section), Paris.
  • Serge Bahuchet, Ethno-écologue, Professeur au Museum national d’histoire naturelle, Paris
  • Karin Barber, Anthropologue, Professeur émérite, University of Birmingham
  • Thomas Basset, Géographe, Professeur, University of Illinois at Urbana-Champaign (UIUC), Champaign-Urbana.
  • Mohamed-Hocine Benkheira, Historien islamisant, Directeur d’étude à l’École pratique des hautes études (Ve section), Paris.
  • Abdulaye-Bara Diop, Sociologue, Professeur, Faculté des Lettres, Institut français d’Afrique noire, Dakar.
  • Odile Journet-Diallo, Anthropologue, Directeur d’étude à l’École pratique des hautes études (Ve section), Paris.
  • Susan Keech McIntosh, Archéologue, Professeur, Rice University, Houston (Texas).
  • Lluís Mallart Guimerà, Anthropologue, Professeur, Université Paris X-Nanterre.
  • Mohamed Habib Saidi, Historien, Professeur, département des sciences historiques, Université Laval, Québec, Canada.

Date(s)

  • Monday, March 15, 2021

Keywords

  • parentalité, Afrique, Esther N. Goody

Contact(s)

  • Marie-Luce Gélard
    courriel : mlgelard [at] yahoo [dot] fr
  • Yazid Ben Hounet
    courriel : yben [at] ehess [dot] fr

Information source

  • Yazid Ben Hounet
    courriel : yben [at] ehess [dot] fr

To cite this announcement

« Parentality in Africa after Esther N. Goody », Call for papers, Calenda, Published on Friday, February 12, 2021, https://calenda.org/842422

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