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La fête dansante

Pratiques, imaginaires et cultures festives en danse

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Publié le jeudi 18 février 2021 par João Fernandes

Résumé

À l’appel du confinement, diurne et nocturne, l’espace festif devient suspect et identifié comme dangereux dans la crise pandémique actuelle. Jugées comme des activités « non essentielles » par le gouvernement, les pratiques festives, et avec elles les activités et les valeurs qu’elles déploient, sont officiellement interdites dans l’espace public et déconseillées dans la sphère privée. Outre les dégâts économiques causés par cette interdiction dans certains secteurs professionnels associés aux loisirs, à la production d’activités et d’évènements festifs (bars, boîtes de nuit, clubs, salles des fêtes, festivals, bals, concerts) et les réactions critiques qu’elles génèrent, nous souhaitons interroger, par le biais des effets de ces mesures coercitives sur le monde social, les sens et les fonctions festives de la danse.

Annonce

Centre National de la Danse, Pantin, 8-9 octobre 2021 

Argumentaire

À l’appel du confinement, diurne et nocturne, l’espace festif devient suspect et identifié comme dangereux dans la crise pandémique actuelle. Jugée comme des activités « non essentielles » par le gouvernement, les pratiques festives, et avec elles les activités et les valeurs qu’elles déploient, sont officiellement interdites dans l’espace public et déconseillées dans la sphère privée. Outre les dégâts économiques causés par cette interdiction dans certains secteurs professionnels associés aux loisirs, à la production d’activités et d’évènements festifs (bars, boîtes de nuit, clubs, salles des fêtes, festivals, bals, concerts) et les réactions critiques qu’elles génèrent, nous souhaitons interroger, par le biais des effets de ces mesures coercitives sur le monde social, les sens et les fonctions festives de la danse. S’il est aujourd’hui envisageable d’imaginer une société dépourvue d’espace et de temps dédiés aux plaisirs festifs, qu’en est-il réellement du rôle historique, social et anthropologique joué par la fête dansante ? Mais d’abord qu’entend-on par « fête », et l’entend-on de la même manière partout et en tous temps ? En quels termes parle-t-on de la fête dansante dans différents contextes historiques et sociolinguistiques (chahut, bringue, teuf, boucan, s’enjailler, etc.) ? Et surtout, quelle place le corps dansant occupe-t-il au sein des pratiques festives ?  

En prise directe avec l’actualité, ces deux journées d’étude proposent une réflexion sur les pratiques, les imaginaires et les cultures festives en danse ouverte à tous les champs disciplinaires, périodes historiques, contextes géographiques et socio-culturels. Nous désirons faire dialoguer les perspectives de chercheurs, chercheurs-praticiens, artistes et professionnels de la fête dansante. Si vous souhaitez participer à cette manifestation, veuillez nous envoyer votre proposition avant le 1er avril 2021 (voir informations pratiques à la fin de l’appel).

Axes thématiques

Sans limitation, les propositions pourront s’inscrire dans l’un des axes thématiques présentés ci-dessous.  

  • Fêter par la danse

Le premier axe envisage la danse en contexte festif et questionne les fonctions sociales et symboliques attribuées aux pratiques dansantes dans les manifestations festives (cérémonies civiles ou religieuses, fêtes nationales, régionales ou locales, festivals) et aux côtés d’autres activités associées à ces occasions (cortège carnavalesque, pratiques gastronomiques). Nous souhaitons également interroger la nature des relations entre pratiques dansantes et autres activités au sein de la fête (hiérarchisation des activités, homologies/intertextualité, amalgames/fusion, etc.).

  • Figures du fêtard

Une seconde perspective s’intéresse aux praticiens et praticiennes de fêtes dansantes en questionnant les figures du fêtard. Il s’agit d’une part de questionner les enjeux identitaires impliqués par la fête dansante (rapport entre fête et âge, classe, race et genre, question des utopies et des collectifs). D’autre part, il s’agit de se pencher sur la sociologie des danseurs et danseuses participants à des réunions festives dans un cadre institutionnalisé (festnoz, par ex.), commercial (club et bars, par ex.), privé (cadre domestique ou pas) ou clandestin (rave, par ex.).

  • Chorégraphier la fête

Ce troisième axe considère la fête dansante en tant que représentation artistique et véhicule d’imaginaires. Nous nous intéresserons aux représentations de la fête dansante, en observant sa présence sur les scènes de production de l’imaginaire, en premier lieu au sein des arts spectaculaires, plus particulièrement les danses théâtrales, mais également via la littérature, les arts visuels ou le cinéma. La réflexion pourrait porter sur la fête comme motif chorégraphique ou comme objet de spectacularisation, voire d’artification au sein du bal. 

  • Réguler la fête

En tant que lieu d’exercice du pouvoir, la fête dansante est un terrain d’observation fertile à l’étude des mouvements de régulation des corps. Cet axe envisage les rapports des pratiques festives aux diverses instances et expressions du pouvoir. Il invite à réfléchir aux mesures coercitives adressées aux espaces festifs (des interdits implicites aux dispositifs censoriels) et à leurs effets (clandestinité, formes d’autocensure). Il propose également d’ouvrir un questionnement sur le corps festif comme instrument expressif au service du pouvoir (fêtes royales, célébrations nationales). 

  • S’émanciper par la fête

Ce dernier axe aborde la capacité émancipatrice, transgressive, revendicatrice et/ou réparatrice de l’expérience festive dansée, notamment dans le cadre de mouvements sociaux (fêtes révolutionnaires, danses de protestation) ou de rituels (rites d’apprentissage, d’initiation). L’identification de certaines puissances dansantes par le prisme d’une étude des phénomènes de parodie, de satire ou de pastiche pourrait être privilégiée. De même, une attention envers le potentiel fédérateur du « faire la fête » permettrait de traiter des manières collectives de réparer le vivant et de générer du collectif.

Modalités pratiques

Les propositions de communication sont attendues

pour le 1er avril 2021 

et devront être transmises à l’adresse suivante : fetedansante@gmail.com

Les intervenant.es sont invité.es à proposer différents formats de communication d’une durée maximale de 30 minutes (conférence-performée, contribution collective, atelier partagé, etc.)

Pour proposer une communication, veuillez envoyer les deux documents suivants en fichiers attachés :

Document 1 (anonymisé — ne doit pas comporter votre nom) :

  • Le titre de la proposition
  • Un résumé d’une page maximum avec bibliographie indicative incluse
  • 5 mots-clés
  • Veuillez nommer votre fichier de la façon suivante : “DOC1_VOTRE TITRE.docx”

Document 2 :

  • Le titre de la proposition
  • Votre nom, prénom, statut(s), affiliation(s) et vos coordonnées électroniques
  • Une notice biographique de 5-10 lignes, rédigée en texte continu et à la troisième personne (discipline, institution(s) ou collectif(s) de rattachement, thèmes de recherche, etc.)
  • Veuillez nommer votre fichier de la façon suivante : “DOC2_VOTRE NOM.docx”

Les propositions seront évaluées par le comité scientifique en double aveugle. La sélection des contributions sera communiquée courant juin 2021.

Organisation

Camille Paillet (Université Paris 8, Musidanse/Université Paris 1 Sorbonne, CHS) et Laura Steil (Université Paris 8)

Comité scientifique

Christophe Apprill (URMIS), Andreas Fickers (UniLu, C2DH), Thomas Fouquet (IMAF, CNRS), Pascale Goetschel (Université Paris 1 Sorbonne, CHS), Isabelle Launay (Université Paris 8, Musidanse), Marina Nordera (Université Côte d’Azur, CTEL), Claudia Palazzolo (Université Lumière Lyon 2, Passages XX-XXI), Joëlle Vellet (Université Côte d'Azur, CTEL)

Bibliographie indicative 

ANDRIEU Sarah, FANOUILLET Laura, LEFEVRE Betty [dir.], « Danse(s) et populaire(s) », Recherches en danse, no9, 2020

APPRILL Christophe, Les Mondes du bal, Nanterre, Presses universitaires de Nanterre, 2018

CRESSEY Paul [1932], The Taxi Dance-Hall: A Sociological Study in Commercialized Recreation and City Life, Chicago, The University of Chicago Press, 2008

CROZAT Dominique et FOURNIER Sébastien, « De la fête aux loisirs : évènement, marchandisation et invention des lieux », Annales de Géographie, vol. 643, no3, 2005, pp. 307-328

DE BAECQUE Antoine, Les Nuits parisiennes (XVIIIe-XXIe siècles), Paris, Le Seuil, 2015

FLÉCHET Anaïs, GOETSCHEL Pascale, HIDIROGLOU Patricia, MOINE Caroline, VERLAINE Julie [dir.], Une Histoire des festivals. XXe-XXIe siècles, Paris, Publications de la Sorbonne, 2013

FOUQUET Thomas, « La Nuit urbaine, un “espace potentiel” ? Hypothèses dakaroises », Cultures & Conflits, no105/106, 2017, pp.83-97

FOURNIER Laurent Sébastien, La Fête en héritage. Enjeux patrimoniaux de la sociabilité provençale, Aix-en-Provence, PUP, 2005

GARCIA Luis-Manuel, « Crowd Solidarity on the Dancefloor in Paris and Berlin », Performance and the Changing City: Postindustrial Contexts in Europe and the United States, Londres, Routledge, 2013, pp. 227–255

GARCIA Luis-Manuel, « Doing Nightlife and EDMC Fieldwork », Dancecult : Journal of Electronic Dance Music Culture, vol.5, no1, 2013, pp. 3-17

GASNAULT François, Guinguettes et lorettes. Bals publics et danse sociale à Paris entre 1830 et 1870, Paris, Aubier, 1986

GAUTHARD Nathalie [dir.], Fêtes, mascarades et carnavals. Circulations, transformations et contemporanéité, Paris, l’Entretemps, 2014

GRAVARI-BARBAS Maria, « La “ville festive” ou construire la ville contemporaine par l’événement » dans Edith Fagnoni et Jérôme Lageiste [dir.], Bulletin de l’Association des géographes français, 2009, pp. 279-290

GRAVARI-BARBAS Maria, La Ville festive. Espaces, expressions, acteurs, Mémoire d’HDR, Université d’Angers, 2000

HASLAM Dave, Life after dark : A history of British nightclubs and music venues, London, Simon & Schuster, 2015

JACOTOT Sophie, Danser à Paris dans l’entre-deux-guerres. Lieux, pratiques et imaginaires des danses de société des Amériques (1919-1939), Paris, Nouveau Monde, 2013

JORON Philippe, La Fête à pleins bords. Bayonne : fêtes de rien, soif d’absolu, Paris, CNRS Éditions, 2012

KOSMICKI Guillaume, Free party. Une histoire, des histoires, Paris, Le mot et le reste, 2010

LALLEMENT Emmanuelle, « Que la fête s’éclate », Socio-anthropologie, no38, 2018

LAUNAY Isabelle, PAGÈS Sylviane, PAPIN Mélanie, SINTÈS Guillaume [dir.], Danser en 68. Perspectives internationales, Paris, Deuxième époque, 2019

LAWRENCE Tim, « Disco and the Qeering of Dance Floor », Cultural Studies, vol.25, no2, 2011, pp.230-243

LELOUP Jean-Yves, Digital magna. De l’utopie des raves parties à la génération MP3, Paris, Le mot et le reste, 2013

PERROT Michelle, « La Ville en mouvement. Fêtes et manifestations », Ethnologie française, vol.12, no2, 1982, pp.12-35

ROUSIER Claire [dir.], Scènes de bal, bals en scène, Pantin, CND, 2011

THORNTON Sarah, Club cultures: Music, media and subcultural capital, Middletown, Wesleyan University Press, 1996

VOGEL Shane, The scene of the Harlem cabaret: Race, sexuality, performance, Chicago and London, University of Chicago Press, 2009

ZAYTSEVA Anna, « Être comme chez soi : Mécanismes de tri et homogénéisation sociale dans les clubs et bars DJ de Saint-Pétersbourg » », Cultures & Conflits, no105-106, 2017, pp.99-122

Lieux

  • Centre National de la Danse - CN D
    Pantin, France (93)

Dates

  • jeudi 01 avril 2021

Source de l'information

  • Camille Paillet
    courriel : fetedansante [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« La fête dansante », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 18 février 2021, https://calenda.org/845191

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