Inicio« Baron noir » : la science politique à l’épreuve de la fiction

Inicio« Baron noir » : la science politique à l’épreuve de la fiction

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Publicado el lunes 22 de febrero de 2021 por Céline Guilleux

Resumen

Qu’apporte Baron Noir à la compréhension de la chose politique ? Peut-on affirmer qu’une production audiovisuelle, comme la série d’Éric Benzekri (24 épisodes, 3 saisons, produits par Canal + et diffusés entre 2016 et 2020) stimule l’imagination politique et contribue à nourrir et peut-être même à renouveler les sciences sociales du politique ? C’est à cette question que sera consacré le colloque « Baron noir : la science politique à l’épreuve de la fiction » organisé à l’université de Paris les 19 et 20 octobre 2021.

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Colloque organisé par le Laboratoire du Changement Social et Politique, Université de Paris, 19-20 octobre 2021

Argumentaire

Qu’apporte Baron Noir à la compréhension de la chose politique ? Peut-on affirmer qu’une production audiovisuelle, comme la série d’Eric Benzekri (24 épisodes, 3 saisons, produits par Canal + et diffusés entre 2016 et 2020) stimule l’imagination politique et contribue à nourrir et peut-être même à renouveler les sciences sociales du politique ? C’est à cette question que sera consacré le colloque « Baron Noir : La science politique à l’épreuve de la fiction » organisé à l’Université de Paris les 19 et 20 octobre 2021.

Si l’exploration des contenus des productions télévisuelles ne bénéficie pas (encore) tout à fait d’une légitimité définitivement établie, la démonstration de la dimension heuristique de cette investigation par les sciences sociales n’est plus à faire. De nombreuses recherches ont montré que les œuvres de fiction, au premier rang desquelles les séries (en raison de l’ampleur temporelle et de la complexité narrative de leurs récits, ainsi que de l’engagement spectatoriel qu’elles suscitent[1]), offraient aux sciences sociales des matériaux précieux, d’une étoffe très particulière[2]. Certaines séries « fictionnalisent des problèmes publics »[3] et poussent le récit jusqu’à ce que l’on a pu considérer comme des propositions de « science-fiction sociale »[4]. Elles recèlent une forme de vérité sociologique ou anthropologique que les enquêtes sur ces fictions peuvent mettre au jour, révélant ainsi leur capacité à éprouver le discours des sciences sociales sur ces objets[5]. Les séries ont intéressé les sciences sociales pour la description qu’elles font d’« un monde social alternatif au nôtre »[6], habité par des êtres « d’une nature particulière, espèces de gens, quasi-personnes », porteurs d’une certaine forme de responsabilité morale et politique[7]. Les séries qui prennent pour objet le politique ont été classiquement commentées pour ce qu’elles donnent à voir de ses arcanes et des stratégies de conquête ou de conservation du pouvoir[8]. Certaines séries non explicitement politiques ont également été interrogées à l’aune des propositions politiques qu’elles font, comme des propositions utopiques « susceptibles de redonner consistance à la communauté inconsistante de la politique »[9]. Ainsi le très récent et éclairant ouvrage Séries Politiques, sous la direction de Rémi Lefebvre et Emmanuel Taïeb,[10] regroupe un ensemble d’analyses qui appréhendent les séries comme des « fictions didactiques » qui permettent de « s’exposer à la politique au sens large », à la fois « mode d’emploi du politique » (dans ce qu’elles donnent à en voir) et « arène de discussion », d’interrogation sur le politique. En d’autres termes, qu’elles portent ou non explicitement sur la politique institutionnelle, c’est-à-dire sur la lutte pour la conquête et la gestion du pouvoir, les séries sont « politiques » lorsqu’elles font du politique l’objet d’une interrogation : Qu’est-ce qu’un ordre social juste ? Qu’est-ce qu’exercer le pouvoir en démocratie ? À quel moment cet exercice devient-il illégitime, aux yeux de la communauté qui délègue le pouvoir, ou du point de vue moral ? Dans les séries politiques, le pacte de réception, qui renvoie à un horizon d’attente particulier (notamment du fait de la durée de ces œuvres), fait une place centrale à l’interrogation sur le politique dans ses différents aspects : le pouvoir, la justice, la responsabilité et la légitimité.

Baron Noir occupe à cet égard une place singulière[11]. Son concepteur, Eric Benzekri, qui a longtemps travaillé au Parti socialiste, reconnait aisément s’être inspiré de réalités qu’il avait bien connues, qu’il s’agisse de camper l’homme de l’ombre rompu aux stratégies électorales et aux procédés de manipulation pour conquérir ou conserver le pouvoir, ou de mettre en scène le travail des « spin doctors » ou l’activité militante des colleurs d’affiches dans une ville moyenne du Nord de la France. Surtout, l’auteur de Baron Noir dit vouloir situer la série au « cœur de l’actualité politique mondiale » et il n’est pas indifférent à la contribution que la série pourrait apporter au débat sur le renouvellement de la gauche française : les saisons 2 et 3 explorent ainsi des thématiques qui travaillent le champ politique contemporain, de la contestation des contraintes européennes à la perspective d’un vaste plan de relance écologique, en passant par le communautarisme, le terrorisme ou encore la montée du populisme. Si Jacques Rancière a pu dire de La Chinoise que Godard y faisait « du cinéma avec le marxisme », on pourrait bien dire des auteurs de Baron Noir qu’ils font de la fiction politique avec la gauche des années 2010, ou plutôt avec la gauche de la conjoncture post-crise des subprimes[12].

En comparaison avec d’autres séries politiques contemporaines, Baron Noir se distingue peut-être par l’ampleur, la profondeur des « expériences de pensée » politique qu’elle suscite. Non seulement les résonnances avec l’actualité politique sont nombreuses mais les hypothèses politiques qui y sont explorées (les conditions d’une union de la gauche, la refonte intégrale de la carte scolaire autour de quotas sociaux, l’alliance inédite de la France et de l’Allemagne dans un grand plan commun de relance écologique) sont peut-être suivies plus longuement qu’ailleurs[13] et détaillées avec une minutie peu ordinaire à la télévision. C’est précisément en raison de la richesse de ce matériau encore peu exploité par les sciences sociales que nous souhaitons consacrer un colloque à cette exploration.  

Le colloque pourra accueillir des recherches venues de différentes disciplines dans la mesure où l’objet « série » est au carrefour de nombreuses méthodologies de recherche (sociologie des œuvres, sociologie ou anthropologie de la réception, sociologie des médias, sociologie politique, analyse sémantique, textuelle et lexicographique, études cinématographiques et audiovisuelles, etc.) et l’interrogation sur le politique traverse les Humanités et les Sciences sociales. Tout en affichant clairement leur problématique, leur méthodologie de recherche et leurs résultats, les propositions de communications s’inscriront dans l’un des trois axes suivants.

Axe 1. Ce que Baron Noir fait aux sciences du politique

Le premier axe regroupera les recherches souhaitant interroger une question politique, telle qu’elle se pose en science politique, en sociologie politique ou dans la théorie politique, à la lumière de l’éclairage qui en est offert par Baron Noir. Ces recherches pourront ainsi analyser l’éclairage que la série offre de la place des idéologies dans le champ politique, des modalités de (dys)fonctionnement dudit champ politique, des logiques de sa transnationalisation, des rapports entre technocratie, bureaucratie, expertocratie et décision politique, du fonctionnement des partis politiques, avec leurs structures organisationnelles et leurs modes de mobilisation militante, des différences entre partis « insiders » et « outsiders », des liens entre champ politique et champ médiatique et entre champ politique et champ syndical, de la dynamique d’une crise politique, propre à la sphère du pouvoir ou à la société dans son ensemble. Sur toutes ces questions, et bien d’autres, Baron noir interroge les routines et les clés d’analyse des sciences du politique, en mettant en scène leurs objets et leurs logiques explicatives.

Axe 2. Ce que font les sciences du politique à Baron Noir

Le deuxième axe regroupera les recherches dont la problématique est symétriquement opposée. Il s’agira ici de solliciter le regard critique des sciences sociales pour situer et objectiver les représentations du politique qui structurent la série. Il s’agira tout particulièrement d’explorer les « mondes » (au sens des « artworlds » d’Howard S. Becker) dont cette série relève pour comprendre ce que leur doit sa propre manière de représenter, penser ou mettre en scène la politique. Depuis les perspectives ouvertes par Dominique Pasquier sur le travail des scénaristes à la télévision[14], de nombreuses recherches ont mis au jour la façon dont le processus de création collective d’une série était traversé par des questions de responsabilité morale et politique[15]. C’est d’autant plus le cas dans les séries qui prennent pour objet le politique. Évidemment la lecture qu’en propose Baron Noir n’a rien d’unitaire ou de monolithique : il n’y a pas, dans la série, une approche « unifiée » du politique, éventuellement soluble dans une lecture idéologique cohérente et structurée ; on a davantage affaire à des conflits entre lectures différentes, vis-à-vis desquelles la série prend position tout en autorisant le doute (ainsi en est-il, par exemple, de la position pro-démocratie directe et tirage au sort de Christophe Mercier). Les propositions s’inscrivant dans cet axe prendront soin d’identifier une proposition, un élément ou une représentation politique que la série verse au débat, en essayant de comprendre ce qu’elle doit à sa genèse comme œuvre artistique et culturelle, dans ses différentes dimensions (technique, économique, industrielle, symbolique, esthétique, etc.). On pourra aussi comparer, à ces fins, Baron Noir avec d’autres séries politiques, afin d’étudier une même proposition ou représentation politique à la lumière de différents traitements fictionnels, et de ce qu’ils doivent à leur production sociale et historique.

Axe 3. Le politique imaginé par Baron Noir

Le troisième axe, intitulé « Le politique imaginé par Baron Noir », prendra enfin au sérieux les capacités imaginatives de la fiction au moment de penser le politique comme possibilité ou virtualité des sociétés contemporaines, dans la logique de la théorie des mondes possibles en matière de fiction[16] : que pourrait-on faire ou espérer en politique ? C’est une question que posent toutes les œuvres postulant des scenarii alternatifs à la réalité, notamment les fictions dystopiques ou post-apocalyptiques[17], et les fictions historiques contrefactuelles. Sans mettre en scène une supposée « fin » et une « reconstruction » de la communauté politique, Baron Noir s’interroge en permanence sur la crise contemporaine des récits et des institutions politiques, en proposant des issues à cette crise. La série interroge différentes possibilités, toutes plausibles dans l’état actuel de la société française contemporaine : celle d’une crise organique de la démocratie représentative, permettant l’ascension d’alternatives ultra-nationalistes, populistes ou démagogiques ; celle d’une désaffection croissante de l’électorat envers les partis de masse traditionnels ; celle d’une emprise croissante des réseaux sociaux sur la politisation, comme en témoigne le cas du youtubeur Mercier ; celle d’une union de la gauche, en dépit de ses différences internes parfois insurmontables ; celle d’une femme parvenue à la Présidence de la République ; celle d’une alliance provisoire des extrêmes pour détrôner les politiques néolibérales à la tête de l’État. Tous ces scenarii, largement discutés et fantasmés par la science politique contemporaine, trouvent dans la série un dénouement narratif qui est la fois réaliste et vraisemblable, mais qui ne cesse de solliciter le spectateur dans ses capacités d’analyse de la situation politique. Les contributions prenant place dans ce troisième axe viseront, par des enquêtes sociologiques, sémiologiques ou de réception, à analyser cette puissance imaginative de la série, en essayant de comprendre ce qu’elle apporte à l’étude des conjonctures de crise qui traversent nos démocraties représentatives et néolibérales.

Modalités de contribution

Propositions de communication à envoyer avant le 15 avril,

simultanément à nathalie.montoya@gmail.com et federico.tarragoni@gmail.com ; réponses aux communicants retenus le 1er juin.

Organisation

  • Federico Tarragoni, Maître de conférences HDR en sociologie, Laboratoire du Changement Social et Politique, Université de Paris
  • Nathalie Montoya, Maîtresse de conférences en sociologie, Laboratoire du Changement Social et Politique, Université de Paris

Comité Scientifique

  • Ariane Hudelet, Professeure d’études anglophones, Université de Paris
  • Noelline Castagnez, Professeure d’histoire contemporaine, Université d’Orléans
  • Rémi Lefebvre, Professeur de sciences politiques, Université Lille 2
  • Emmanuel Taïeb, Professeur de sciences politiques, IEP Lyon
  • Muriel Mille, Maîtresse de conférences en sociologie, Université Versailles Saint Quentin
  • Sabine Chalvon-Demersay, Directrice d’études et de recherche en sociologie, EHESS-CNRS
  • Martin Goutte, Maître de conférences en études cinématographiques, Université Paris 3-Sorbonne Nouvelle

Notes

[1] Voir par exemple Jennifer Hayward, Consuming Pleasures, Active Audiences and Serial Fictions from Dickens to Soap Opera, Lexington, University Press of Kentucky, 2009 ; Jean-Pierre Esquenazi, « Pouvoir des séries télévisées », Communications, 32 (1), 2013 (en ligne) ; François Jost, De quoi les séries américaines sont-elles le symptôme ? Paris, CNRS, 2011 ; Jason Mittell, Complex TV: the Poetics of Contemporary Television Storytelling, NY, NYU Press, 2015 ; Frank Kelleter (ed.), Media of Serial Narrative, Columbus, Ohio State University Press, 2017.

[2] Cf. par exemple Olivier Donnat, Dominique Pasquier. « Présentation. Une sériphilie à la française », Réseaux, 165 (1), 2011, p. 9-19 ; Sarah Sepulchre, Éric Maigret, Décoder les séries télévisées, Paris, De Boeck, 2011 ; Laurent Godmer, David Smadja, « Avant-propos : penser le politique par le film », Quaderni, 86, 2015, p. 5‑8 ; Charles Bosvieux-Onyekwelu, « L’Exercice de l’État : voyage dans le “back-office” de la politique », Quaderni, 86, 2015, p. 55‑66 ; Antoine Faure, Élections en séries (TV), http://larevuedesmedias.ina.fr/elections-en-series-tv.

[3] Joseph Gusfield, La culture des problèmes publics. L’alcool au volant : la production d’un ordre symbolique, Paris, Economica, 2008 ; Érik Neveu, Sociologie politique des problèmes publics, Paris, Armand Colin, 2015.

[4] Ruth Penfold-Mounce, David Beer, Roger Burrows, « The Wire as Social Science-fiction? », Sociology, 45, 2011, p. 152-167.

[5] Marie-Hélène Bacqué et. al., « The Wire » : l'Amérique sur écoute, Paris, La Découverte, 2014 ; Dominique Moïsi, La géopolitique des séries, Paris, Flammarion, 2017 ; Lilian Mathieu, Columbo : La lutte des classes ce soir à la télé, Paris, Textuel, 2013 ; Héloïse Boudon, « Reporters, la politique en fiction », Politiques de communication, 7 (2), 2016, p. 31-53 ; Sarah Lécossais, « Le féminisme dépolitisé des séries télévisées françaises », Le Temps des médias, 29 (2), 2017, p. 141-158.

[6] Antoine Faure, Emmanuel Taïeb, « Les "esthétiques narratives" : l’autre réel des séries », Quaderni, 88, 2015 (en ligne).

[7] Sabine Chalvon-Demersay, « Pour une responsabilité politique des héros de séries télévisées », Quaderni, 88, 2015 (en ligne).

[8] Pour ne prendre qu’un exemple récent dans une vaste littérature, on verra Emmanuel Taïeb, House of cards. Le crime en politique, Paris, PUF, 2018.

[9] Antoine Faure, Emmanuel Taïeb, art. cit., citant Jacques Rancière, « Sens et usages de l’utopie », in Michèle Riot-Sarcey (dir.), L’Utopie en questions, Vincennes, Presses Universitaires de Vincennes, 2001, p. 53.

[10] Rémi Lefebvre, Emmanuel Taïeb (dir.), Séries Politiques, Le pouvoir, entre fiction et vérité ?, Paris, De Boeck, 2020.

[11] Ainsi dans l’ouvrage précédemment cité, Baron Noir fait-il l’objet de trois éclairages différents sur la temporalité politique mise en scène dans la série (Antoine Faure), les effets de retour vers le réel du Parti socialiste (Arthur Delaporte), et sur le caractère opératoire d’une notion comme « l’illusio » bourdieusienne pour rendre compte de l’engagement dans le jeu politique (Rémi Lefebvre).

[12] Jacques Rancière, « Le rouge de La Chinoise : politique de Godard » in La fable cinématographique, Paris, Seuil, 2016, p. 261.

[13] Les fictions politiques ont tendance à détailler les enjeux des dilemmes politiques et moraux qui se posent au pouvoir, mais elles vont rarement jusqu’au bout de l’exploration des effets induits par l’un ou l’autre des choix opérés.

[14] Dominique Pasquier, Les scénaristes et la télévision, Paris, Nathan, 1995.

[15] Muriel Mille, « Rendre l'incroyable quotidien. Fabrication de la vraisemblance dans Plus belle la vie », Réseaux, 165 (1), 2011, p. 53-81 ; Dominique Pasquier, « Conflits professionnels et luttes pour la visibilité à la télévision française », Ethnologie française, 38 (1), 2008, p. 23-30 ; Sabine Chalvon-Demersay, « Les scrupules de Robinson : les professionnels face à leurs responsabilités morales », Médiamoporhoses, numéro hors-série, 2007 (en ligne).

[16] Thomas Pavel, Fictional Worlds, Harvard, Harvard University Press, 1986 ; Umberto Eco, Lector in Fabula, Paris, Grasset, 1985 ; Doreen Maître, Literature and Possible Worlds, London, Middlesex Polytechnics Press, 1983 ; Marie-Laure Ryan, Possible Worlds, Artificial Intelligence and Narrative Theory, Indiana, Nebraska University Press, 1992 ; Lubomír Doležel, Possible Worlds of Fiction and History, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 2010 ;  Françoise Lavocat, La Théorie littéraire des mondes possibles, Paris, CNRS Editions, 2010.

[17] Jean-Paul Engélibert, Fabuler la fin du monde. La puissance critique des fictions d’apocalypse, Paris, La Découverte, 2019.

Lugares

  • París, Francia (75)

Fecha(s)

  • jueves 15 de abril de 2021

Contactos

  • Federico Tarragoni
    courriel : federico [dot] tarragoni [at] u-paris [dot] fr
  • Nathalie Montoya
    courriel : nathalie [dot] montoya [at] u-paris [dot] fr

Fuente de la información

  • Nathalie Montoya
    courriel : nathalie [dot] montoya [at] u-paris [dot] fr

Para citar este anuncio

« « Baron noir » : la science politique à l’épreuve de la fiction », Convocatoria de ponencias, Calenda, Publicado el lunes 22 de febrero de 2021, https://calenda.org/846538

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