HomeTraces, data and proof in the digital context

HomeTraces, data and proof in the digital context

Traces, data and proof in the digital context

Traces, données et preuves en contexte numérique

What interdisciplinary acceptances?

Quelles acceptions interdisciplinaires ?

*  *  *

Published on Tuesday, March 02, 2021Tuesday, March 02, 2021 by João Fernandes

Summary

Avec la généralisation de l’instrumentation scientifique numérique, nous avons vécu ces dernières décennies une spectaculaire évolution paradigmatique. En effet, le Web sémantique a en quelque sorte mis fin au paradigme inhérent aux bibliothèques et aux recherches documentaires pour laisser place aux recherches d’information, mais tend lui-même à être supplanté par le paradigme de la donnée. L’effervescence autour des mégadonnées et la résurgence de l’intelligence artificielle invitent à s’interroger sur le statut de ces données, la nature de leurs traitements, l’interprétation des résultats, et finalement leurs acceptions interdisciplinaires. L’objectif de cet appel est d’interroger ces relations et de les mettre en perspective dans le contexte des différentes disciplines.  Et, au-delà de ces notions, en abordant leur exploitation et l’interprétation des processus associés, la question est aussi de comprendre comment les traces ou les données peuvent donner lieu à des preuves ou à des connaissances ?

Announcement

Revue Intelligibilité du numérique n°2|2021

Argumentaire

Avec la généralisation de l’instrumentation scientifique numérique, nous avons vécu ces dernières décennies une spectaculaire évolution paradigmatique. En effet, le Web sémantique a en quelque sorte mis fin au paradigme inhérent aux bibliothèques et aux recherches documentaires pour laisser place aux recherches d’information, mais tend lui-même à être supplanté par le paradigme de la donnée. L’effervescence autour des mégadonnées et la résurgence de l’intelligence artificielle invitent à s’interroger sur le statut de ces données, la nature de leurs traitements, l’interprétation des résultats, et finalement leurs acceptions interdisciplinaires.

Les données sont souvent associées, entre autres, aux notions de trace et d’enregistrement. Une première difficulté est d’articuler ces notions, les disciplines ayant souvent des approches différentes en la matière. Une manière de faire est de considérer que la trace relève du système observé, dont on fait un enregistrement, ce dernier constituant la donnée qui sera analysée pour, par exemple, étudier le comportement du système observé. De ce point de vue, en tant qu’enregistrement des traces, les données peuvent être considérées comme des éléments de preuve et permettent de remonter à leurs origines et donc au système dont elles sont issues. Cette notion de trace fait ainsi désormais partie des concepts liés à la production, la gestion, la valorisation et la consommation des données, concepts sollicités tant par les sciences humaines et sociales que les sciences informatiques. Mais, au-delà de cette première vision, comment articuler donnée et trace ? Une donnée est-elle forcément fondée sur une trace ? Quelles interdépendances entre ces notions ? L’enregistrement, s’il convient de mobiliser cet intermédiaire, introduit-il un biais ? De quel type ? Altère-t-il la manière dont on peut interroger la donnée pour retrouver la trace et le système associé ? Ou, tout à l’opposé, faudrait-il considérer ces termes comme synonymes, leur appellation reflétant donc simplement des variations disciplinaires ?

L’objectif de cet appel est d’interroger ces relations et de les mettre en perspective dans le contexte des différentes disciplines.  Et, au-delà de ces notions, en abordant leur exploitation et l’interprétation des processus associés, la question est aussi de comprendre comment les traces ou les données peuvent donner lieu à des preuves ou à des connaissances ?

Si les tensions entre ces notions sont somme toute classiques, elles prennent une intensité particulière dans le contexte numérique. Les traces peuvent être considérées à la fois comme une condition et un résultat de la numérisation de notre environnement et de nos milieux socio-techniques : les outils numériques nous amènent à produire à foison des traces dont on se saisit comme données. Il est donc pertinent d’interroger ce concept et d’en questionner l’intelligibilité, ce que cela signifie pour une chose que d’être une trace, et ce que cela sous-tend pour les procédés et traitements qui les exploitent. En particulier, chaque évolution du système observé peut influer sur les traces qu’il produit, voire en produire de nouvelles. Leur capture constitue-t-elle une nouvelle donnée ou une modification de la donnée existante ? De fait, comment relier des traces et ces données ?

En contexte numérique la reconnaissance des traces est en outre d’autant plus problématique que l’on ne sait pas nécessairement et véritablement ce qui aura de l’intérêt et donc une utilité dans le futur. En filigrane, ceci pose la question des enjeux et objectifs corrélatifs aux traces et à leurs usages. Les développements socio-techniques associés au paradigme de la donnée n’en sont qu’à leurs balbutiements, à l’instar des différentes formes d’exploitations possibles des traces. Ne sachant quelles seront les traces intéressantes à capter, enregistrer, archiver pour en permettre une réutilisation, comment concevoir la pérennité des données et de leurs traces ? Doit-on tout conserver, quand cela s’avère possible, sachant les coûts écologiques et financiers des entrepôts de données ? Si, par acquis de conscience, la décision consiste à tout garder en mémoire virtuelle de sorte à ce qu’elle reste mobilisable en tout temps et tout lieu, comment satisfaire au droit à l’oubli ? Comment garantir l’anonymat des acteurs du cyberespace alors même que l’étude de leurs traces d’activités permettent aisément de découvrir leur(s) identité(s) ?

Ces questions ne sont donc pas anodines et se posent d’autant plus vivement que les notions de traces et de données sont essentielles pour conférer aux traitements qui les mobilisent le statut de preuve ou d’argument : quelle confiance avoir en un résultat produit à partir des données et des traces ? Quelles conditions ces dernières doivent-elles remplir pour asseoir cette confiance ?

Par conséquent, cet appel entend explorer dans la perspective de l’intelligibilité du numérique, la nature des données, leur relation à ce qu’elles représentent et aux traces dont elles peuvent être la capture, pour éclairer la valeur épistémique, pratique, probatoire et argumentatif des résultats qu’elles permettent de produire.

Axes thématiques

Liste non-exhaustive des thématiques à considérer pour cet appel à articles 

  • Évolution paradigmatique et réminiscence des formes
  • Caractéristiques et reconnaissances des traces
  • Instrumentation scientifique numérique : des traces aux données
  • Pérennisation : Des flux de traces aux flux de données...
  • Reproductibilité : reproduire les traces pour reproduire les données...
  • (Re)Configurations méthodologiques inhérentes à l’instrumentation scientifique numérique
  • Confiance et enjeux des traces et des données
  • Prédiction des pratiques et usages des traces
  • Éthique de l’exploitation des traces
  • ...

Calendrier de publication

  • Février - lancement de l’appel
  • 12 avril 2021 - dépôt des propositions de résumé

  • 31 mai 2021 - retour d’évaluation des résumés
  • 6 septembre - dépôt des propositions d’article
  • 18 octobre 2021 - retour d’évaluation des articles
  • 8 novembre 2021 - dernières révisions
  • Décembre 2021 - publication du numéro

Modalités pratiques d'envoi de propositions

Pour répondre à cet appel, merci de vous référer aux normes et procédures de soumission de la revue. Pour toutes informations complémentaires, veuillez utiliser le formulaire de contact de la revue.

Coordinateurs du numéro

  • Bruno BACHIMONT Université de Technologie de Compiègne COSTECH, EA 2223
  • Lise VERLAET Université Paul-Valéry Montpellier 3 LERASS, EA 827
  • Pierre GANÇARSKI Université de Strasbourg ICube, UMR 7357

Comité scientifique

  • BACHIMONT Bruno, Directeur de la Recherche et de la Valorisation de la Faculté des Sciences de Sorbonne Université.
  • BARATS Christine, Professeur en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université Paris Descartes.
  • BERTI-ÉQUILLE Laure, Directeur de recherche à l'IRD de Marseille.
  • BLANCHETTE Jean-François, Professeur en Études digitales à l'Université de Californie.
  • BOUCHARDON Serge, Professeur en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université de Technologie de Compiègne.
  • BOUKACEM-ZEGHMOURI Chérifa, Professeur en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université de Lyon 1.
  • CROZAT Stéphane, Maître de conférences en Informatique à l'Université de Technologie de Compiègne.
  • DA SYLVA Lyne, Professeur à l'Ecole de Bibliothéconomie et Sciences de l'Information de l'Université de Montréal.
  • DILLAERTS Hans, Maître de conférences en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université Paul-Valéry Montpellier 3.
  • DONDERO Maria-Giulia, Maître de recherches du Fonds National de la Recherche Scientifique à l'Université de Liège.
  • GANÇARSKI Pierre, Professeur en Informatique à l'Université de Strasbourg.
  • GUCHET Xavier, Professeur en Philosophie des techniques à l'Université de Technologie de Compiègne.
  • GUILBAUD Alexandre, Maître de conférences en Mathématiques à Sorbonne Université.
  • HEUDIN Jean-Claude, Directeur de l'Institut de l'Internet et du Multimédia.
  • HUET Frédéric, Maître de conférences en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université de Technologie de Compiègne.
  • JULLIARD Virginie, Professeur en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université Paris Sorbonne
  • KEMBELLEC Gérald, Maître de conférences en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Institut Historique Allemand.
  • LAFOURCADE Mathieu, Professeur en Informatique à l'Université de Montpellier.
  • LASSEGUE Jean, Chargé de recherche CNRS à l'Institut Marcel Mauss.
  • LAURENT Anne, Professeur en Informatique à l'Université de Montpellier.
  • LEHMANS Anne, Professeur en Sciences de l'Information et de la Communication à l'INSPE de Bordeaux.
  • LELEU-MERVIEL Sylvie, Professeur en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université Polytechnique des Hauts-de-France.
  • MABI Clément, Maître de conférences en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université de Technologie de Compiègne.
  • MARY Julien, Docteur en Histoire à l'Université Paul-Valéry Montpellier 3.
  • MARCOUX Yves, Professeur à l'Ecole de Bibliothéconomie et Sciences de l'Information de l'Université de Montréal.
  • MAYAFFRE Damon, Chargée de recherche au CNRS à l'Université de Nice.
  • PASQUIER Florent, Maître de conférences à l'INSPE de Paris.
  • PÉNARD Thierry, Professeur en Sciences Economiques à l'Université de Rennes 1.
  • PEREA François, Professeur en Sciences du Langage à l'Université Paul-Valéry Montpellier 3.
  • PIGNIER Nicole, Professeur en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université de Limoges.
  • POIBEAU Thierry, Directeur de recherche au CNRS.
  • TRICOT André, Professeur en Psychologie à l'Université Paul-Valéry Montpellier 3.
  • RANWEZ Sylvie, Professeur en Informatique à l'Ecole des Mines d'Alès.
  • ROBIN Agnès, Maître de conférences HDR en Droit à l'Université de Montpellier.
  • SALLABERRY Arnaud, Maître de conférences en Informatique à l'Université Paul-Valéry Montpellier 3.
  • SIRE Guillaume, Maître de conférences en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université Toulouse 1 Capitole.
  • VERLAET Lise, Maître de conférences en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université Paul-Valéry Montpellier 3.
  • VITALI-ROSATI Marcello, Professeur en Littérature numérique à l'Université du Québec à Montréal.
  • WRONA Adeline, Professeur en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université Paris Sorbonne.
  • ZREICK Khaldoun, Professeur en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université Paris 8.

Date(s)

  • Monday, April 12, 2021Monday, April 12, 2021

Keywords

  • numérique, traces, données, preuves, interdisciplinaire

Contact(s)

  • Lise Verlaet
    courriel : lise [dot] verlaet [at] univ-montp3 [dot] fr

Information source

  • Lise Verlaet
    courriel : lise [dot] verlaet [at] univ-montp3 [dot] fr

To cite this announcement

« Traces, data and proof in the digital context », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, March 02, 2021Tuesday, March 02, 2021, https://calenda.org/850318

Archive this announcement

  • Google Agenda
  • iCal
Search OpenEdition Search

You will be redirected to OpenEdition Search