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Scientific Tourism as a Tool for Tourism Development in Mountain Regions

La mise en tourisme de la culture scientifique en montagne

Challenges and Issues for Regions in Transitio

Défis et enjeux pour des territoires en transition

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Published on Wednesday, March 24, 2021Wednesday, March 24, 2021 by João Fernandes

Summary

La mise en tourisme de la culture scientifique donne à voir des formes distinctives de pratiques et de produits touristiques mobilisant de différentes manières et à divers degrés la dimension scientifique, aujourd’hui regroupées sous le vocable de tourisme scientifique. Au sein des territoires de montagne, ce tourisme scientifique rencontre un certain succès en s’entremêlant avec les dynamiques de transition en cours et les enjeux socio-environnementaux qu’elles révèlent : les formes de gouvernance territoriale, l’accessibilité de la culture scientifique et l’éco-compatibilité des projets. Ce numéro du Journal of Alpine Research/Revue de Géographie Alpine entend mettre en débat cette mise en tourisme de la culture scientifique dans les territoires de montagne et les formes d’innovations territoriales associées. L’objectif est de documenter les enjeux publics soulevés, entre citoyenneté scientifique, transition écologique et diversification touristique.

Developing scientific tourism reveals distinctive forms of tourism practices and products that mobilise the scientific dimension in different ways and to varying degrees, and these are today grouped under the term “scientific tourism”. Within mountain regions, this scientific tourism has met with relative success by becoming inextricably linked with the ongoing dynamics of transition and with the socio-environmental issues that these reveal: forms of regional governance, the accessibility of scientific culture and the eco-compatibility of projects. The objective of this issue of the Journal of Alpine Research / Revue de Géographie Alpine is to open debate on this development of scientific tourism in mountain regions and on associated forms of regional innovation. It seeks to document the public issues that emerge between scientific citizenship, ecological transition and tourist diversification.

Announcement

Contexte

La mise en tourisme de la culture scientifique dans les territoires de montagne connaît un regain d’intérêt ces dernières années dans la recherche en Science humaines et sociales (SHS). Des thèses et des programmes de recherche sont en cours sur les espaces alpins autour du Labex ITTEM – Innovations et transitions territoriales en montagne ; des journées d’étude « Culture scientifique et transition touristique : quels enjeux pour les territoires alpins ? » ont été organisées conjointement par l’Université Grenoble Alpes et Aix-Marseille Université fin 2020 pour initier une première synthèse de cette dynamique ; des réseaux internationaux se structurent également à partir de travaux conduits en Amérique latine via le RICT – Réseau international de recherche et de développement en tourisme scientifique.

La mise en tourisme de la culture scientifique donne à voir des formes distinctives de pratiques et de produits touristiques mobilisant de différentes manières et à divers degrés la dimension scientifique, aujourd’hui regroupées sous le vocable de tourisme scientifique (Mao et Bourlon, 2011). Au sein des territoires de montagne, ce tourisme scientifique rencontre un certain succès en s’entremêlant avec les dynamiques de transition en cours et les enjeux socio-environnementaux qu’elles révèlent : les formes de gouvernance territoriale, l’accessibilité de la culture scientifique et l’éco-compatibilité des projets (Chambru et Claeys, 2021). Le plus souvent, il est présenté comme l’expression d’un système touristique alternatif et d’un « après-tourisme » permettant de réinventer un tourisme territorialisé, aux prises avec les enjeux sociétaux du 21ème siècle autour de la montagnéité (Bourlon et al., 2017). Des projets de mise en tourisme de la culture scientifique portés par des acteurs locaux se revendiquant peu ou prou d’une dynamique de transition écologique (ré)émergent en effet dans tous les massifs et à travers des formes variées de tourisme scientifique comme autant d’activités touristiques spécifiques. C’est le cas par exemple de l’astrotourisme au sein d’espaces naturels protégés (pluri)labellisés de moyenne montagne (Charlier, 2018) ou du tourisme glaciaire en tant que « tourisme de la dernière chance » face aux enjeux du changement climatique en haute montagne (Salim et Ravanel, 2020). C’est le cas également du géotourisme qui tente de concilier réponse à des enjeux de diversification touristique, enjeux de diffusion de la connaissance scientifique et enjeux de territoire (Duval et Gauchon, 2010). En montagne, la culture scientifique apparaît ainsi dans les projets de développement local comme un vecteur de développement territorial, d’abord dans une perspective de développement touristique durable (Venzale-Barde, 2006) puis de tourisme « doux » (Kramar, 2012) avant d’être engagé dans les dynamiques de transition écologique. Ce faisant, le développement du tourisme scientifique au nom d’une certaine éthique environnementale se heurte à des paradoxes similaires à ceux de l’accueil du public dans les espaces naturels protégés. Le premier de ces paradoxes concerne les possibles impacts écologiques d’une hausse de la fréquentation d’espaces écologiquement sensibles (Leung et Marion, 2000 ; Claeys et al, 2011). Le second paradoxe est le caractère socialement et culturellement sélectif de l’accès à ces espaces, pouvant induire ou aggraver des situations d’inégalités environnementales, ces inégalités sociales d’accès à la nature (Taylor, 2016 ; Deldrève, 2015).

En montagne, les médiations scientifiques sont en effet présentes de longue date et se matérialisent à travers de multiples dispositifs de vulgarisation scientifique dont l’une des finalités affichées est de promouvoir et développer la culture scientifique. Cette dernière peut être définie comme « un ensemble de politiques publiques, de structures professionnelles et militantes, de dispositifs » aux objectifs convergents mais de plus en plus foisonnants : « diffuser les savoirs, partager les sciences, rendre visible la dimension culturelle de l’activité scientifique et de ses productions, changer les méthodes de transmission et d’apprentissage des sciences, participer au développement territorial et économique, etc. » (Bordeaux et al., 2021). Cette mise en tourisme de la culture scientifique dans les territoires de montagne participe ainsi à créer des lieux émergents constitués comme autant de territoires supports d’une culture scientifique en devenir (Schiele et Jantzen, 2003). Elle s’apparente ainsi à une des modalités de mise en public des sciences et de la culture scientifique et a cela de spécifique qu’elle se déploie au sein de territoires dont les vulnérabilités et les ressources face aux effets du changement climatique sont elles-mêmes spécifiques par rapport à d’autres territoires non montagnards. Cette mise en tourisme participe ainsi au renouvellement et à la diversification des formes instituées de publicisation de la science et de médiation de savoirs que sont « exposer, débattre, publier, vulgariser, communiquer » (Walter et al., 2019). En constituant des espaces montagnards de « rencontre sciences-société », elle interroge également les paradigmes de communication qui façonnent les rôles et les relations avec publics dans les actions de médiation scientifique (Chavrot et Masseran, 2010). De nature patrimoniale, industrielle, technique ou environnementale, ce touristique scientifique montagnard s’appuie en effet sur les ressources du territoire (culturelles et naturelles) et les savoirs produits par les sciences de la nature et les SHS aux prises avec les enjeux de montagnéité. Dans ce « laboratoire à ciel ouvert », la médiation scientifique se voit attribuer différentes missions : partager les savoirs, promouvoir les sciences, valoriser les spécificités territoriales, recruter les futurs scientifiques, diversifier l’offre touristique, faire participer les publics à la recherche, justifier des décisions sociopolitiques, protéger les espaces montagnards, faire changer les comportements, etc. En ce sens, la mise en tourisme de la culture scientifique dans les territoires de montagne participe au renforcement de l’ambiguïté de la notion de médiation scientifique et de ses enjeux sociaux (Bergeron, 2016).

Objectif

Ce numéro du Journal of Alpine Research/Revue de Géographie Alpine entend mettre en débat cette mise en tourisme de la culture scientifique dans les territoires de montagne et les formes d’innovations territoriales associées. L’objectif est de documenter les enjeux publics soulevés, entre citoyenneté scientifique, transition écologique et diversification touristique. Trois axes non limitatifs et non exclusifs invitent à des contributions :

Axe 1 : une diversification du tourisme montagnard par la culture scientifique ?

Cet axe a pour objectif d’analyser en quoi la mise en tourisme de la culture scientifique participe à la diversification touristique des territoires de montagne. Quelles sont les formes de tourisme scientifique observables ? En quoi permet-elle de penser et d’anticiper l’« après-ski », de proposer une alternative économiquement viable au modèle fragilisé de l’Or blanc ? Le tourisme scientifique est-il une forme innovante de tourisme ? Quelle place occupe-t-il par rapport à l’ensemble de l’offre de pratiques récréatives en montagne ? Peut-on parler d’une singularité montagnarde du tourisme scientifique ? Qu’est-ce qui favorise son émergence dans ces territoires ? Il s’agit également d’interroger la dimension territoriale de cette diversification touristique et son inscription dans un projet territorial. Quels enjeux et conflits révèle-t-elle ? Quelles relations se tissent entre culture scientifique et tourisme dans des projets touristiques territorialisés ? Comment ces relations évoluent-elles sur le temps long ? L’objectif est aussi de saisir les enjeux de marketing territorial. La mise en tourisme de la culture scientifique permet-elle aux territoires montagnards de se singulariser les uns vis-à-vis des autres dans un contexte de forte concurrence ? Quels effets produit-elle sur les identités territoriales ? La culture scientifique n’est-elle qu’une ressource parmi d’autres pour travailler cette distinction ?

Axe 2 : une transition écologique en montagne par le tourisme scientifique ?

Cet axe a pour objectif d’analyser en quoi la mise en tourisme scientifique dans les territoires de montagne est porteuse ou non de modèles de transition écologique. La mise en tourisme de la culture scientifique contribue-t-elle à l’adaptation aux changements climatiques dont les effets sont particulièrement précoces en territoires de montagne ? Par-delà l’intention d’une sensibilisation, voire d’une éducation à l’environnement, le tourisme scientifique insuffle-t-il durablement à son public des comportements écologiquement plus vertueux ? En outre, dans quelle mesure le tourisme scientifique parvient-il à proposer un modèle permettant de réduire les impacts écologiques de l’accueil des publics, que ce soit lors de leur mobilité vers le site touristique que durant leur fréquentation du lieu ? Cette question est particulièrement prégnante dans les territoires de montagne du fait de leurs particularités écologiques et de leur moindre accessibilité. Le modèle de transition écologique dont peut être porteur le tourisme scientifique répond-il aussi à des enjeux de corrections d’inégalités sociales, tels que prônés par Hopkins (2010) ? Le tourisme en montagne tend historiquement à être socialement très discriminant. Quels sont tout particulièrement les rapports et similitudes entre le tourisme scientifique et les activités récréatives de pleine nature déjà très présentes dans les territoires de montagne ? Les modèles véhiculés par le tourisme scientifique tendent-ils à renforcer ou bien peuvent-ils corriger les actuelles inégalités socioculturelles d’accès aux aménités montagnardes ? Enfin, en termes d’accès aux ressources territoriales, entre-t-il en concurrence avec d’autres activités caractéristiques des territoires de montagne, tel l’agropastoralisme ?

Axe 3 : une mutation de la médiation scientifique par le tourisme montagnard ?

Cet axe a pour objectif d’analyser en quoi la mise en tourisme de la culture scientifique dans les territoires de montagne participe à une mutation de la médiation scientifique. En quoi les pratiques de médiation se renouvellent-elles dans le tourisme scientifique montagnard ? À quels publics s’adressent-elles et quels publics y participent ? De quoi ces publics sont-ils les acteurs dans ces expériences de tourisme scientifique ? Quels liens sont tissés avec le champ scientifique et les sciences ? Quelles disciplines et quelles méthodologies scientifiques sont mobilisées ? Outre les savoirs et les démarches, comment définir une médiation en tourisme scientifique ? Il s’agit également d’interroger la dimension territoriale de la médiation scientifique en montagne et son ancrage dans les pratiques touristiques en mutation. En quoi la médiation scientifique permet de répondre simultanément aux enjeux de diffusion de la connaissance et aux enjeux de la montagnéité ? Le tourisme scientifique correspond-t-il à une forme particulière de circulation des connaissances favorisant leur diffusion sociale ? S’articule-t-il à des formes et des pratiques culturelles spécifiques aux territoires de montagne ? En quoi se distingue-t-elle alors des autres formes de tourisme où cette dimension territoriale et les sciences sont déjà présentes ? L’objectif est ainsi de saisir la potentielle nouveauté de cette mise en tourisme de la culture scientifique en montagne, de documenter ses spécificités et leurs liens avec la transition écologique.

Cet appel entend ainsi susciter des articles interrogeant de façon critique la mise en tourisme de la culture scientifique dans les territoires de montagne, depuis différents champs disciplinaires des SHS (géographie, histoire, sciences de la communication, sociologie, etc.). Ces articles prendront comme objet ou terrain d’étude la montagne et porteront sur les formes, les processus et les effets de la mise en tourisme de la culture scientifique, mais aussi les dispositifs, les pratiques, les jeux et stratégies d’acteurs, les rapports de pouvoir, les conflits, etc. Les contributions dépassant le cadre alpin sont les bienvenues.

Calendrier

Les articles proposés doivent respecter les objectifs scientifiques de la revue, les principes d’édition et les consignes de présentation. Les indications aux auteurs sont à consulter sur le site de la revue.

Conformément au fonctionnement de la revue, chaque contribution sera relue et évaluée anonymement par deux experts.

Les propositions d’articles de 7000 signes (espaces compris) maximum sont à envoyer en français (auteurs francophones) ou en anglais (auteurs d’autres langues)

pour le 31 mai 2021.

Ce résumé comportera les points suivants : une dizaine de références bibliographiques, titre, affiliation des auteur·es, présentation succincte du contexte et de l’objectif de l’article, du champ théorique, du terrain, de la méthode précisant la composition du corpus de données, et des principaux résultats en cas de contribution empirique, du champ théorique et de l’argumentation en cas de contribution théorique. Le choix des articles retenus sera communiqué le 15 juin 2021.

Les résumés sont à envoyer au comité de suivi éditorial qui est composé de Mikaël Chambru (mikael.chambru@univ-grenoble-alpes.fr), Cécilia Claeys (cecilia.claeys@univ-amu.fr) et Nathalie Lewis (Nathalie_Lewis@uqar.ca), ainsi que de Coralie Mounet (coralie.mounet@univ-grenoble-alpes.fr) et Olivier Vallade (olivier.vallade@msh-alpes.fr) pour la RGA

Les articles complets seront attendus pour le 1er octobre 2021. L’article doit être soumis dans une des langues de la revue : langues alpines – français, italien, allemand –, espagnol ou anglais. L’auteur doit au préalable prévoir la traduction dans la seconde langue après expertise. L’une des deux versions doit être en anglais. Si l’article est proposé en anglais au départ, la traduction doit être faite en français. La publication est prévue début 2022.

Comité de suivi éditorial

Bibliographie

Bergeron A., 2016.– « Médiation scientifique », Arts et Savoirs, n° 7.

Bourlon F., Bourdeau P., Michel F. et Inostroza G., 2017.– « Le tourisme scientifique, un après-tourisme en Patagonie ? », Études caribéennes, n° 37-38.

Bordeaux M-C., Chambru M. et Polge J., 2021.– « Enjeux et perspectives de la culture scientifique », séminaire de recherche de l’Université Grenoble Alpes, https://epcs.hypotheses.org.

Chambru M. et Claeys C., 2021.– « Mise en tourisme de la culture scientifique dans les Hautes-Alpes : transitions et enjeux socio-environnementaux », in Quelles réalités et articulations entre réserves de biosphères et objectifs de développement durable dans l’espace méditerranéen ? (dir. Barthes Angela, Romagny Bruno et Cibien Catherine), à paraître.

Charlier B., 2018.– « ‘Vous connaissez les Pyrénées le jour, découvrez-les la nuit...’. Réflexions autour de l’artialisation in visu des paysages célestes nocturnes pyrénéens », Journal of Alpine Research | Revue de géographie alpine, n° 106-1. https://doi.org/10.4000/rga.3874

Chavrot P. et Masseran A., 2010.– « Engagement et citoyenneté scientifique : quels enjeux avec quels dispositifs ? », Questions de communication, n° 17, pp. 81-106.

Claeys C., Barthélémy C., Tatoni T. et Bonhomme P., 2011.– « Protected areas and overuse in the context of socio-natural changes: an interdisciplinary French case study », International review of social research, n° 1-3, p. 73-92.

Deldrève V., 2015.– Pour une sociologie des inégalités environnementales, Bruxelles. Peter Lang.

Duval M. et Gauchon C., 2010.– « Tourisme, géosciences et enjeux de territoires : actualités du géotourisme », Téoros, n° 29-2, pp. 3-14.

Hopkins R., 2010.– Manuel de Transition : de la dépendance au pétrole à la résilience locale (trad. de l’anglais), Montréal/Escalquens, Éditions Écosociété.

Kramar N., 2012.– « Le tourisme scientifique en question : vers de nouvelles potentialités », in Tourisme et apprentissages (dir. Brougère Gilles et Fabbiano Guilia), EXPERICE – Université Paris 13, Paris, pp. 95-100.

Leung Y-F. et Marion J. L., 2000.– « Recreation impacts and management in wilderness: A state-of-knowledge review », in Proceedings: Wilderness science in a time of change conference, USDA Forest Service, pp 23-48.

Mao P. et Bourlon F., 2011.– « Le tourisme scientifique : un essai de définition », Teoros, n° 30 (2), pp. 94-104.

Salim E. et Ravanel L., 2020.– « Last chance to see the ice : visitor motivation at Montenvers-Mer-de-Glace, French Alps », Tourism geographies, pp. 1-23.

Schiele B. Jantzen R., 2003.– Les territoires de culture scientifique, Montréal, Presses de l’Université de Montréal.

Taylor D., 2016.– The Rise of the American Conservation Movement : Power, Privilege, and Environmental Protection, Durham : Duke University Press.

Venzale-Barde C., 2006.– « Culture scientifique et tourisme : exemple du réseau des ‘musées du Verdon’ », Méditerranée, n° 107, pp. 87-92.

Walter J., Douyère D., Bouillon J-L., Ollivier-Yaniv C., 2019.– Dynamiques des recherches en sciences de l’information et de la communication, 3ème édition. Conférence permanente des unités de recherche en sciences de l’information et de la communication (CPDirSIC). http://cpdirsic.fr/wp-content/uploads/2019/08/dyresic-web-08-2019.pdf

Context

In recent years, humanities and social science research has renewed interest in the development of scientific tourism in mountain regions. Several theses and research programmes focused on alpine areas are underway within the Labex ITTEM (Territorial innovations and transitions in mountain regions) research network. Study days entitled “Scientific culture and tourism transition: what challenges for the Alpine region?” were organised jointly by the University of Grenoble Alpes and Aix-Marseille University at the end of 2020 to undertake a preliminary summary of this trend. International networks, based on the work carried out in Latin America via the International Network for Research and Development in Scientific Tourism, are also taking shape.

Developing scientific tourism reveals distinctive forms of tourism practices and products that mobilise the scientific dimension in different ways and to varying degrees, and these are today grouped under the term “scientific tourism” (Mao and Bourlon, 2011). Within mountain regions, this scientific tourism has met with relative success by becoming inextricably linked with the ongoing dynamics of transition and with the socio-environmental issues that these reveal: forms of regional governance, the accessibility of scientific culture and the eco-compatibility of projects (Chambru and Claeys, 2021). This form of tourism is often presented as the expression of an alternative tourism system and of an “after-tourism” model, allowing the reinvention of a regionalised tourism grappling with the social challenges facing mountain regions in the 21st century (Bourlon et al., 2017). Projects promoting the development of scientific tourism, led by local actors providing varying degrees of support to ecological transition dynamics, have (re) emerged in all the massifs and, thanks to various forms of scientific tourism, as specific tourist activities. This has been the case, for instance, for astrotourism within protected natural areas in low mountain ranges with (multiple) labels (Charlier, 2018), or of glacier tourism, perceived as “last-chance tourism” in the face of the challenges of climate change in high mountain ranges (Salim and Ravanel, 2020). It has also been the case with geotourism which attempts to provide a combined response to the challenges of tourist diversification, the challenges of disseminating scientific knowledge and other challenges associated with the region (Duval and Gauchon, 2010). In the mountain environment, scientific culture thus appears as a driver of regional development in local development projects, first within a perspective of sustainable tourism development (Venzale-Barde, 2006), then within one of “soft” tourism (Kramar, 2012), and then, lastly, within the perspective of ecological transition dynamics. As a result, the development of scientific tourism seeking some form of environmental ethics comes up against paradoxes similar to those concerning the reception of the public in protected natural areas. The first paradox concerns the potential ecological impacts of increase frequentation of ecologically sensitive spaces (Leung and Marion, 2000; Claeys et al, 2011). The second is the socially and culturally selective nature of access to these spaces, which may lead to, or aggravate, situations of environmental inequalities, i.e., social inequalities regarding access to nature (Taylor, 2016; Deldrève, 2015).

Indeed, scientific mediations have long been present in mountain regions and are reflected in the multiple mechanisms used to disseminate scientific information, one of whose stated purposes is to promote and develop scientific culture. The latter may be defined as “a set of public policies, professional and activist structures and mechanisms” with converging but increasingly numerous objectives: “to disseminate knowledge, share science, make visible the cultural dimension of scientific activity and its productions, change how science is transmitted and taught, participate in regional and economic development, etc.” (Bordeaux et al., 2021). This development of scientific tourism in mountain regions thus contributes to the creation of emerging sites set up as areas supporting an emergent scientific culture (Schiele and Jantzen, 2003). It can be seen as one of the methods of publicising science and scientific culture, and it is specific in that it unfolds within territories whose vulnerabilities and resources – in terms of responding to climate change consequences – are themselves specific compared with non-mountain areas. This tourism development thus helps to renew and diversify the established forms used in disseminating science and mediating knowledge, i.e., “to exhibit, debate, publish, disseminate, communicate” (Walter et al. 2019). By establishing mountain spaces for a “science/society encounter”, it also questions the communication paradigms that shape the roles of, and relationships with, the public in scientific mediation actions (Chavrot and Masseran, 2010). This scientific mountain tourism, which may be of a heritage, industrial, technical or environmental nature, relies on the region’s cultural and natural resources and on the knowledge produced by the natural sciences, humanities and social sciences, which are all grappling with mountain-related challenges. In this “open-air laboratory”, scientific mediation is assigned different missions: to share knowledge, promote science, popularise specific regional features, recruit future scientists, diversify the tourist offer, involve the public in research, justify socio-political decisions, protect mountain areas, change behaviour, etc. In this sense, the development of scientific tourism in mountain areas helps to reinforce the ambiguity of the concept of scientific mediation and the associated social challenges (Bergeron, 2016).

Objectives

The objective of this issue of the Journal of Alpine Research / Revue de Géographie Alpine is to open debate on this development of scientific tourism in mountain regions and on associated forms of regional innovation. It seeks to document the public issues that emerge between scientific citizenship, ecological transition and tourist diversification. We are accepting contributions around three non-exhaustive and non-exclusive themes:

Theme 1: The diversification of mountain tourism through the development of scientific tourism?

This theme aims to analyse how the development of scientific tourism contributes to the tourist diversification of mountain areas. What are the observable forms of scientific tourism? How does this diversification allow actors to reflect on and anticipate the “après-ski”, and to propose an economically viable alternative to the weakened model of “white gold”? Is scientific tourism an innovative form of tourism? What role does it play in relation to all the other recreational activities proposed in the mountain region? Can one speak of a singularity of mountain regions with regard to scientific tourism? What favours its emergence in these regions? There is also a need to question the regional dimension of this tourist diversification and its inclusion in a regional project. What issues and conflicts does it reveal? What relationships develop between scientific culture and tourism in regional tourism projects? How do these relationships evolve over time? An additional objective is to understand the challenges of regional marketing. Does the development of scientific tourism allow mountain regions to stand out from each other in a context of fierce competition? How does it influence regional identities? Is scientific culture simply one resource among others with which to work on this distinction?

Theme 2: An ecological transition in the mountain region through scientific tourism?

The objective of this theme is to analyse how the development of scientific tourism in mountain areas may promote or dissuade models of ecological transition. Does the development of scientific tourism contribute to adaptation to climate change, the effects of which have been felt particularly early in mountain areas? Beyond raising awareness, or even providing environmental education, does scientific tourism instil in its public, over the long term, more virtuous and environmentally friendly behaviour? Moreover, to what extent does scientific tourism succeed in proposing a model that makes it possible to reduce the ecological consequences of receiving the public, either with regard to how they access tourist sites or during their visits to these sites? This question is particularly significant in mountain regions because of their ecological characteristics and their reduced accessibility. Does the ecological transition model promoted by scientific tourism also respond to the challenges associated with correcting social inequalities, as advocated by Hopkins (2010)? Mountain tourism has historically tended to be quite socially discriminating. In particular, what are the relationships and similarities between scientific tourism and outdoor recreational activities that are already very present in mountain areas? Do the models conveyed by scientific tourism tend to reinforce current socio-cultural inequalities of access to mountain amenities, or can they correct them? Lastly, in terms of access to regional resources, does this type of tourism compete with other activities common in mountain areas, such as agro-pastoralism?

Theme 3: Changes in scientific mediation through mountain tourism?

This theme aims to analyse how the development of scientific tourism in mountain areas changes scientific mediation. How are mediation practices renewed in scientific mountain tourism? What are their target audiences and which audiences are involved? What roles do these actors play in these scientific tourism experiences? What relationships are developed with the scientific field and with the sciences? Which disciplines and which scientific methodologies are used? Besides the knowledge and the procedures, how may one define a mediation in scientific tourism? It also appears important to question the regional dimension of scientific mediation in mountain regions and how it integrates into changing tourist practices. How does scientific mediation make it possible to respond to the challenges of disseminating knowledge and also to mountain-related challenges? Does scientific tourism correspond to a specific form of knowledge circulation that favours its social diffusion? Does it relate to forms and cultural practices specific to mountain areas? How, then, does it differ from other forms of tourism where this regional dimension and the sciences are already present? The objective is, therefore, to grasp the potential novelty of this development of scientific tourism in mountain regions, and to document its specificities and how they relate to ecological transition.  

This call for papers therefore seeks articles that propose a critical analysis of the development of scientific tourism in mountain regions from different disciplinary fields of the humanities and social sciences (geography, history, communication sciences, sociology, etc.). The mountain will be the object or field of study, and articles are expected to focus on the forms, processes and effects of the development of scientific tourism, as well as on the mechanisms, practices, actors’ games and strategies, power relations, conflicts, etc. Contributions outside the scope of the Alpine framework are welcome.

Timeline

The articles submitted must respect the scientific objectives of the journal, the publishing principles and the presentation guidelines. Author guidelines are available on the journal’s website. In line with the journal’s workings, each contribution will be proofread and evaluated anonymously by two experts.

Proposals for articles with no more than 7,000 characters (spaces included) must be sent in French (French-speaking authors) or English (non-French-speaking authors)

by May 31, 2021.

This proposal should include the following points: approximately ten bibliographic references, the title of the article, author affiliation, brief presentation of the context and objective of the article, the theoretical field, the field analysed, the method specifying the composition of the corpus of data, and the key results if an empirical contribution is concerned and the theoretical field and argumentation if a theoretical contribution is concerned. The authors of the articles selected will be contacted on June 15, 2021.

Please send the proposals for articles to the editorial board: Mikaël Chambru (mikael.chambru@univ-grenoble-alpes.fr), Cécilia Claeys (cecilia.claeys@univ-amu.fr), Nathalie Lewis (Nathalie_Lewis@uqar.ca), as well as Coralie Mounet (coralie.mounet@univ-grenoble-alpes.fr) and Olivier Vallade (olivier.vallade@msh-alpes.fr), for JAR.

All full papers must be received by October 1, 2021. The article must be submitted in one of the journal’s languages: Alpine languages – French, Italian, German – or in Spanish or English. After a favourable review, authors must make provisions for the translation of their article into a second language of publication. One of the two versions must be in English. If the initial article is in English, it must be translated into French. Publication is scheduled for early 2022.

Editorial Board

The editorial board is composed of

  • Mikaël Chambru (Labex ITTEM / GRESEC, UGA), mikael.chambru@univ-grenoble-alpes.fr,
  • Cécilia Claeys (LPED, AMU) cecilia.claeys@univ-amu.fr
  • Nathalie Lewis (DSTP, UQAR), Nathalie_Lewis@uqar.ca,
  • Coralie Mounet (coralie.mounet@univ-grenoble-alpes.fr)
  • Olivier Vallade (olivier.vallade@msh-alpes.fr) for JAR.

Bibliography

Bergeron A., 2016.– « Médiation scientifique », Arts et Savoirs, n° 7.

Bourlon F., Bourdeau P., Michel F. et Inostroza G., 2017.– « Le tourisme scientifique, un après-tourisme en Patagonie ? », Études caribéennes, n° 37-38.

Bordeaux M-C., Chambru M. et Polge J., 2021.– « Enjeux et perspectives de la culture scientifique », séminaire de recherche de l’Université Grenoble Alpes, https://epcs.hypotheses.org.

Chambru M. et Claeys C., 2021.– « Mise en tourisme de la culture scientifique dans les Hautes-Alpes : transitions et enjeux socio-environnementaux », in Quelles réalités et articulations entre réserves de biosphères et objectifs de développement durable dans l’espace méditerranéen ? (dir. Barthes Angela, Romagny Bruno et Cibien Catherine), à paraître.

Charlier B., 2018.– « ‘Vous connaissez les Pyrénées le jour, découvrez-les la nuit...’. Réflexions autour de l’artialisation in visu des paysages célestes nocturnes pyrénéens », Journal of Alpine Research | Revue de géographie alpine, n° 106-1. https://doi.org/10.4000/rga.3874

Chavrot P. et Masseran A., 2010.– « Engagement et citoyenneté scientifique : quels enjeux avec quels dispositifs ? », Questions de communication, n° 17, pp. 81-106.

Claeys C., Barthélémy C., Tatoni T. et Bonhomme P., 2011.– « Protected areas and overuse in the context of socio-natural changes: an interdisciplinary French case study », International review of social research, n° 1-3, p. 73-92.

Deldrève V., 2015.– Pour une sociologie des inégalités environnementales, Bruxelles. Peter Lang.

Duval M. et Gauchon C., 2010.– « Tourisme, géosciences et enjeux de territoires : actualités du géotourisme », Téoros, n° 29-2, pp. 3-14.

Hopkins R., 2010.– Manuel de Transition : de la dépendance au pétrole à la résilience locale (trad. de l’anglais), Montréal/Escalquens, Éditions Écosociété.

Kramar N., 2012.– « Le tourisme scientifique en question : vers de nouvelles potentialités », in Tourisme et apprentissages (dir. Brougère Gilles et Fabbiano Guilia), EXPERICE – Université Paris 13, Paris, pp. 95-100.

Leung Y-F. et Marion J. L., 2000.– « Recreation impacts and management in wilderness: A state-of-knowledge review », in Proceedings: Wilderness science in a time of change conference, USDA Forest Service, pp 23-48.

Mao P. et Bourlon F., 2011.– « Le tourisme scientifique : un essai de définition », Teoros, n° 30 (2), pp. 94-104.

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Date(s)

  • Monday, May 31, 2021Monday, May 31, 2021

Keywords

  • culture scientifique, montagne, transition écologique, médiation scientifique, écotourisme, tourisme scientifique, développement territorial, scientific culture, mountains, ecological transition, scientific mediation, ecotourism, scientific tourism, t

Contact(s)

  • Olivier Vallade
    courriel : olivier [dot] vallade [at] msh-alpes [dot] fr
  • Coralie Mounet
    courriel : coralie [dot] mounet [at] univ-grenoble-alpes [dot] fr
  • Nathalie Lewis
    courriel : cecilia [dot] claeys [at] univ-amu [dot] fr
  • Mickaël Chambru
    courriel : mikael [dot] chambru [at] univ-grenoble-alpes [dot] fr
  • Cécilia Claeys
    courriel : cecilia [dot] claeys [at] univ-amu [dot] fr

Information source

  • Christine Hoyon
    courriel : christine [dot] hoyon [at] orange [dot] fr

To cite this announcement

« Scientific Tourism as a Tool for Tourism Development in Mountain Regions », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, March 24, 2021Wednesday, March 24, 2021, https://calenda.org/858453

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