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Réformes administratives et politiques publiques : regards croisés

Administrative reforms and public policies: presenting comparative and complementary views

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Publié le mardi 06 avril 2021 par Céline Guilleux

Résumé

Comment les réformes rattachées à l'ex-nouvelle gestion publique, puis les les nouvelles modalités administratives qui émergent, affectent-elles la mise en oeuvre des politiques ? Réciproquement, quels effets les nouvelles orientations poltiques, parfois polarisées ou en rupture, ont-elles sur l'organisation et la mise en œuvre ? L’édition 2021 du séminaire francophone du GEAP/EGPA propose un espace de discussion commun entre chercheur-e-s en management public et en analyse et évaluation des politiques publique.

Annonce

Argumentaire

Le Séminaire est un lieu unique d’échanges en langue française au sein du congrès annuel du Groupe Européen d’Administration Publique. Il véhicule des idées, méthodes et traditions politico-administratives spécifiques, avec une large couverture européenne et internationale.

Sensible aux attentes des administrateurs et à sa mission d’actualisation des savoirs, le séminaire invite au dialogue chercheurs et praticiens confirmés au cours de sessions de communications, tables rondes, ou comptes rendus d’expériences de terrain.

Le Séminaire Francophone est organisé avec le concours de l’Institut de la gestion publique et du développement économique (IGPDE), organisme de recherche, de formation des fonctionnaires et d’accompagnement des réformes et des politiques publiques du Ministère de l’Economie et des Finances (Paris, Bercy).

Plus de trente ans après la première vague de mise en œuvre des réformes administratives dans la plupart des pays occidentaux, nous savons encore très peu de choses sur leurs effets concrets sur les politiques publiques. Rares sont en effet les recherches de sciences sociales qui portent spécifiquement sur les effets des réformes des administrations publiques – de type NGP/NPM ou autres – sur la formulation, la mise en œuvre et l’efficacité des politiques publiques.

Cette situation s’explique probablement en partie par le fait que les champs de recherche respectifs des sciences administratives, et plus particulièrement du management public, d’une part, et de l’analyse et de l’évaluation des politiques publiques, d’autre part, apparaissent relativement déconnectés. Tout se passe en effet comme si les deux communautés scientifiques avaient de grandes difficultés à développer un programme de recherche commun sur des objets qui pourtant le nécessiteraient très largement.

C’est ainsi que, les programmes de recherche dans le domaine du management public ont essentiellement porté sur l’amélioration du fonctionnement interne des administrations, abordée notamment en termes d’effectivité (production effective des outputs et impacts sur les groupes cibles) ou d’efficience productive (rapport coûts – prestations/outputs). Dans cette perspective, les questions investiguées ont abordé (1) les effets de l’introduction des instruments de marché, contrats de prestations/de performance ou encore des systèmes d’indicateurs sur la qualité des prestations administratives délivrées (Wollmann, Kopric, Marcou 2016 ; Longo et Barbieri 2013), (2) la contribution des réformes institutionnelles ou statutaires à l’amélioration quantitative et qualitative des prestations administratives publiques (Christensen et Laegreid 2006 ; Emery et Martin 2010), ou encore (3) l’impact des réformes managériales publiques et des dispositifs de pilotage sur la mesure ou la gestion des performances dans le secteur public (Van Dooren et Van de Walle 2008). Si ces différents programmes de recherche ont permis d’évaluer de manière approfondie les effets, souvent positifs, des réformes, ils ne traitent toutefois pas directement de la question – pourtant essentielle dans la perspective de la compréhension des enjeux contemporains de l’action publique – des effets de ces réformes sur la capacité des politiques publiques à résoudre les problèmes publics pour lesquels elles ont été mises en place. C’est en tous les cas l’un des constats dressés, pour le cas suisse, par nos collègues Y. Emery, D. Giauque et A. Ritz (2009 : 169-171) qui ont montré le caractère très limité des analyses des effets des réformes administratives sur les impacts et les outcomes des politiques publiques. L’évaluation des politiques publiques et la gestion de la performance administrative demeurent difficiles à rapprocher (Gibert, 2002 ; Nielsen et Hunter, 2013).

Parallèlement, comme le montrent des ouvrages de référence (e.g. Cairney 2020 ; Parsons, Sabatier, Weible 2014 ; Parsons 1997 ; Knill, Tosun 2012), les travaux des politologues ne formulent que rarement – à quelques notables exceptions (e.g. Hill, Varone 2017 ; Hupe, Hill, Buffat 2015) – des hypothèses intégrant les différentes dimensions des réformes administratives afin d’expliquer ou évaluer l’efficacité des programmes de politiques publiques. En particulier, le phénomène « d’éclatement de l’Etat » identifié il y a plus de 15 ans déjà par Knoepfel (2003), Pollitt (2003) ou encore Christensen & Laegreid (2006), a des implications pour l’action publique qui demeurent à explorer. Ces lacunes de connaissance au sujet de l’articulation entre les politiques institutionnelles ou constitutives (politiques d’organisation et de réformes administratives) et les politiques substantielles visant à résoudre les problèmes publics (Knoepfel, Larrue, Varone, 2006 ; Bezes & Le Lidec 2016) concernent notamment les effets des réformes administratives ainsi que des réorganisations des arrangements politico-administratifs sur (1) la production des plans d’action organisant les priorisations spatio-temporelles des actes de mise en œuvre (outputs), (2) les impacts sur les groupes cibles (effectivité), (3) les effets réels sur la résolution effective des problèmes publics (efficacité) et (4) la coordination entre les différentes politiques sectorielles (inter-policy coordination).

L’édition 2021 du séminaire francophone du GEAP/EGPA a pour ambition de proposer un espace de discussion commun entre chercheur-e-s en management public et en analyse et évaluation des politiques publiques afin de contribuer à combler ces lacunes de connaissance. Ce dispositif de type « regards croisés » propose d’aborder les quatre séries de questions suivantes :

  1. Dans quelle mesure les différentes expériences de réformes administratives de ces trois dernières décennies ont-elles réellement permis de renforcer la capacité de pilotage des politiques publiques par les autorités publiques ? En particulier, ont-elles permis de renforcer la capacité d’action sur les groupes cibles (effectivité) ? Et plus fondamentalement encore, ont-elles permis d’accroître la capacité des autorités publiques à prendre en charge et résoudre plus efficacement les problèmes publics à l’origine de la formulation de ces mêmes politiques publiques substantielles ?
  2. Dans quelle mesure les réformes administratives ont-elles transformé le rôle, la fonction, ou encore le pouvoir des administrations publiques dans les processus d’action publique ? Dans quelle mesure la thèse de « l’éclatement de l’Etat » – et notamment l’atomisation et/ou l’autonomisation des entités administratives (publiques et/ou privées) – se vérifie-t-elle sur le terrain ? Lorsque c’est le cas, quels sont les effets de ces deux processus sur l’efficacité des politiques publiques ainsi que sur leur coordination ?
  3. Dans quelle mesure peut-on observer des effets en retour des résultats des processus de mise en œuvre des politiques publiques sur le fonctionnement et les (ré-)organisations administratives ?
  4. Quelle est aujourd’hui l’attitude des mandataires politiques sur ces questions ? Confrontés à un besoin d’affichage de résultats, il fut un temps où ils appréciaient l’agencification et la contractualisation de la performance. Les réformes administratives inspirées du NPM trouvaient ainsi un soutien politique. Est-ce encore le cas ? Comment les mandataires conçoivent-ils désormais la mise en œuvre des politiques institutionnelles ou constitutives ?

En fonction de la qualité et de la pertinence des contributions proposées, une valorisation des résultats du séminaire sera envisagée sous la forme d’un dossier thématique de revue Politiques et Management Public, comme ce fut le cas en 2019.

Proposition de communication

Nous invitons les chercheurs et les praticiens des différents domaines de l’action publique à proposer des contributions traitant de l’un ou de plusieurs des axes de réflexions proposés ci-dessus, que ce soit sous la forme d’études de cas, de descriptions denses, de tests d’hypothèses, de travaux empiriques comme de réflexions de fond plus théoriques. L’exploration de l’existant comme la prospective sont également bienvenues. En particulier, les démarches comparatives ou celles mettant en lumière l’originalité des expériences de terrain ou des conceptions et doctrines administratives et gestionnaires, seront les bienvenues. 

Vous pouvez nous communiquer par le biais du site Internet du congrès un résumé d’une à deux pages (maximum) contenant les éléments suivants :

  • Titre de la communication
  • Les thèmes ou mots clés
  • La problématique traitée et la ou les thèses défendues
  • Un résumé des approches théoriques et méthodologiques (y compris les données et les sources) utilisées
  • Les résultats avancés
  • Les références sélectives
  • Le nom et les coordonnées (Adresse, E-mail, n° téléphone) des auteurs ainsi que leur affiliation (Université ou organisation)

Modalités pratiques

Dates clé:

  • Délai pour la soumission en ligne des propositions : 30 avril 2021

  • Délai pour la notification aux auteurs : au plus tard le 25 mai 2021
  • Délai pour la soumission de la communication complète : 10 août 2021
  • Conférence du GEAP: 7-10 septembre 2021

Comité scientifique 

  • Annie BARTOLI, professeur, Université de Versailles St-Quentin-en-Yvelines, France.
  • Véronique CHANUT, professeur, Université Panthéon-Assas, Paris, France.
  • Jean DESMAZES, professeur, Université de la Rochelle, France.
  • Yves EMERY, professeur, IDHEAP, Université de Lausanne, Suisse.
  • Robert FOUCHET, professeur, Université d’Aix-Marseille, Aix-en-Provence, France.
  • Marcel GUENOUN, directeur de la recherche, Institut de la Gestion Publique et du Développement Économique, Paris, France.
  • Bachir MAZOUZ, professeur, ENAP, Québec, Canada.
  • Martial PASQUIER, professeur, IDHEAP, Université de Lausanne, Suisse.
  • Marius PROFIROIU, professeur, Académie des Études Économiques, Bucarest, Roumanie.

Coordonnateurs

  • Stéphane NAHRATH

Professeur, Institut de Hautes Études en Administration Publique (IDHEAP)

Université de Lausanne, Suisse

E-mail : stephane.nahrath@unil.ch

  • Jan MATTIJS

Professeur, Solvay Brussels School - E.M.

Université Libre de Bruxelles, Belgique

E-mail : jan.mattijs@ulb.ac.be

  • Emil TURC

Maître de Conférence, Aix Marseille Université, CERGAM, IMPGT, Aix-en-Provence, France

E-mail : emil.turc@univ-amu.fr

Lieux

  • 42, Av. F.D. Roosevelt
    Bruxelles (Ixelles), Belgique (B-1050)

Dates

  • vendredi 30 avril 2021

Mots-clés

  • administration, politique publique, management public, sociologie politique, droit public et administratif, institution publique

Contacts

  • Jan Mattijs
    courriel : jan [dot] mattijs [at] ulb [dot] ac [dot] be

Source de l'information

  • Jan Mattijs
    courriel : jan [dot] mattijs [at] ulb [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Réformes administratives et politiques publiques : regards croisés », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 06 avril 2021, https://calenda.org/861756

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