HomeEqual rights, de facto inequalities in the Americas, multidisciplinary approaches

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Equal rights, de facto inequalities in the Americas, multidisciplinary approaches

Égalité de droit, inégalités de fait dans les Amériques, approches pluridisciplinaires

Igualdad de derecho, desigualdades de hecho en las Américas, enfoques pluridisciplinarios

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Published on Thursday, April 08, 2021Thursday, April 08, 2021 by Céline Guilleux

Summary

Le colloque Égalité de droit, inégalités de fait dans les Amériques s’intéressera tant aux problématiques des inégalités qu’aux formes de résistance ou de mobilisation pour l’égalité. L’approche proposée par le colloque sera avant tout pluri et interdisciplinaire ; toutes les approches seront les bienvenues, qu’elles aient trait à l’histoire, la sociologie, l’anthropologie, la géographie, l’urbanisme, l’architecture, l’histoire de l’art, les sciences de la nature et de l’environnement, le droit, la narratologie, etc. Les analyses pourront adopter une perspective diachronique aussi bien que synchronique et également miser sur la comparaison entre plusieurs situations d’inégalités/égalités. L’analyse des « inégalités » pourra se faire selon une approche intersectionnelle, croisant le genre, la classe sociale, la racisation ou encore, l’âge, l’orientation sexuelle, la religion...

Announcement

Colloque international IdA·Brest

17-20 novembre 2021, Université de Bretagne Occidentale

Argumentaire

Ce colloque sera résolument comparatiste et les participant·e·s sont invité·e·s à proposer des regards croisés sur différents pays ou aires régionales. Toutes les échelles de rapport sont bienvenues, familiale, communautaire, municipale, locale, provinciale, étatique, continentale. Les situations concrètes seront à privilégier, notamment dans le cadre de notre titre et de sa référence aux “inégalités de fait”. Les actrices et acteurs de terrain auront donc la part belle dans ces échanges, mais nous n’oublierons pas pour autant les politiques publiques, les institutions, entreprises privées, organisations en tout genre qui sont souvent “en face”.

Les Amériques présentent un rapport égalités/inégalités très frappant par rapport à l’Europe. En Amérique du Sud, les inégalités économiques par exemple sont relativement fortes. Si l’on retient les indicateurs de la part des revenus pour les 10% les plus riches et pour les 10% les plus pauvres, on observe une sur-appropriation des premiers et une sous-appropriation des seconds, présentant un écart supérieur à celui de l’Europe dans son ensemble. En Amérique du Nord, les chiffres des Etats-Unis sont comparables à ceux de l’Argentine, alors que ceux du Canada tendent à se rapprocher de ceux de l’Europe de l’Ouest (Perspective Monde, 2019).

L’Amérique Latine développe une économie néo-libérale selon un modèle « extractiviste », c’est-à-dire l’exploitation des ressources naturelles, notamment minières. Cette économie n’est pas propre à réduire les inégalités. Sans même entrer dans la discussion sur les pouvoirs d’exception qui accompagnent cette politique économique de manière à gérer les conflits (Wright, 2018), on peut avancer que la redistribution des profits est discutable. En effet, même sous un gouvernement de gauche, engageant des programmes de santé ou d’éducation, les conflits d’usage de la terre, les expropriations, ou encore la pollution contredisent la politique sociale énoncée. On doit replacer en outre ces économies en contexte globalisé : les pays d’Amérique latine sont assez fortement endettés, dépendants de la finance internationale et pris dans les rapports de force nord-sud notamment dans le cadre d’accord bilatéraux avec les Etats-Unis et à présent la Chine (Deforge & Lemoine, 2018).

60% des travailleurs·euses du monde sont impliqué·e·s dans l’économie informelle (Organisation Mondiale du Travail, 2018) et celle-ci continue de se développer aux Amériques, avec plus de 30% des PIB au Sud et un peu plus de 5% des PIB au Nord (Alexander, 2019). Selon l’Institut Brésilien de géographie et statistiques, depuis 2017, il y a plus de travailleurs informels dans ce pays que de travailleurs possédant un CTPS, le livret de travail et de protection sociale, ouvrant des droits aux congés payés, à la retraite.

L’immigration est un mode de redistributions des ressources, notamment à travers les remesas, ces envois d’argent vers les villes et villages d'origine des migrants. Les remesas représentent 2,6% du PIB au Mexique soit 27 milliards de dollars (US) en 2016. Cet argent constitue un point d’appui du développement économique des territoires avec des disparités selon les régions qui ne vient pourtant pas compenser les inégalités sociales et la pauvreté (Canales, 2007).

Dans le même temps que les inégalités se développent des mouvements de lutte anti-néolibéraux et pour l’égalité des droits à la terre, mais aussi à un toit, à un travail, pour défendre la liberté, la démocratie, la justice et la paix, avec la participation active des habitants d’origine à l’instar de l’EZLN au Chiapas mexicain (Martin, 2019). Les autochtones nord-américains se sont fortement mobilisés ces dernières années contre des lois ou des projets de pipeline qui menaçaient la qualité de l’eau et l’environnement. L’égalité d’accès à l’avortement et à l’éducation sexuelle intégrale sont largement revendiquées en Amérique du Sud, notamment à partir du phénomène de la « marée verte » en Argentine. Plus largement il s’agit de revendiquer l’égalité de droit, quelle que soit l’identité de genre. Le Président argentin l’a annoncé non comme question de santé publique, comme en France, mais comme question de droit, d’égalité : « Toute femme a droit à disposer de son corps » – sous-entendu pas seulement celles qui ont les moyens d’avorter ailleurs qu’à l’hôpital public argentin (Carbajal, 2020).

Aux Etats-Unis, l’élection de Donald Trump a confirmé une tendance de nombreux états à restreindre l’accès à l’avortement. Si la décision de la Cour suprême de 1973 qui légalise l’avortement n’a pas (encore) été remise en question, c’est au niveau local que se joue le blocage. Amnesty International rapporte qu’en 2014, “93 % des comtés de l’Alabama ne disposaient pas de clinique réalisant des avortements” (Amnesty International, 2019). Au Canada, “l'avortement est sans restriction en droit criminel et protégé par les droits constitutionnels à la sécurité de la personne et à la protection contre la discrimination sexuelle” (Paynter, 2019). Les Etats-Unis n’ont jamais légiféré sur la question de l’avortement et laissé le soin à la plus haute Cour de justice du pays de ne pas en interdire la pratique, alors que le Canada a considérablement protégé la pratique par des lois fédérales.

La période du confinement, comme gestion de l’expansion de la contamination  par le Covid 19 inaugurée par la Chine en décembre 2019, a affecté une grande partie du monde entre mars et mai 2020 et a mis en relief des inégalités depuis longtemps dénoncées malgré des conditions très diverses selon les pays, les niveaux socio-économiques, les idéologies ou croyances de chacun·e. Le temps dégagé par le confinement a peut-être contribué à concentrer l’attention sur les inégalités de genre, de classe, de race, d’âge, d’accès aux nouvelles technologies qui minent la plupart des sociétés du globe. Nous nous proposons d’observer et d’analyser les inégalités de fait et la lutte pour l’égalité dans le contexte particulier du confinement mondial et de ralentissement exceptionnel d’un monde qui a mis temporairement fin de manière abrupte à la suractivité et à la surconsommation.

On pourra aborder les inégalités vécues par les populations précaires, les personnels des services de santé, les inégalités en termes d'habitat et de conditions de vie, entre les villes et les campagnes. On pourra analyser les inégalités liées à l’âge, au genre : les violences domestiques ont grimpé en flèche depuis le début du confinement, mettant des millions de femmes et d’enfants en danger, et ce sont les hommes qui sont le plus touchés par les formes grave d’infection par le Covid-19. On s’intéressera aux inégalités politiques et sociales qui permettent à des groupes de vociférer en armes dans la rue (expression publique de la colère réservée aux hommes) et aux inégalités raciales qui permettent à des hommes blancs de se comporter d’une manière très menaçante dans l’espace public sans intervention active des forces de l’ordre.

Modalités de contribution

Les propositions (en anglais, en français, en portugais ou en espagnol) devront comporter le nom et le prénom, le titre, un résumé de la communication d’environ 300-500 mots et une brève notice biographique.

Elles devront être envoyées avant le 30 juin 2021.

Elles seront à adresser conjointement aux organisateur.e.s du colloque :

  • Gilda Charrier : gilda.charrier@univ-brest.fr
  • Jean-Marc Serme : jean-marc.serme@univ-brest.fr
  • Edna Hernández González: Edna.Hernandez@univ-brest.fr

La réponse du comité scientifique sera envoyée aux intervenant.e.s avant le 15 juillet 2021.

Calendrier prévisionnel

  • Publication d’AAP: 6 avril 2021
  • Réception des propositions: 30 juin
  • Retour : 15 juillet 2021
  • Réception première version communication : octobre 2021

Projet éditorial à Comité de Lecture : janvier 2022 (PUR, Revue IDEAS ou numéro spécial d’une revue scientifique)

Comité scientifique

  • Christophe Albaladejo, LISST (France);
  • Marco Alberio, Chaire de recherche du Canada en innovation sociale et développement des territoires(Canada),
  • Yvanne Bouvet, CRBC, UBO, (France);
  • José María Cóccaro, Profesor Titular en Universidades Nacional La Plata y Río Cuarto (Argentine) ;
  • Martha de Alba, Universidad Autónoma Metropolitana-Ixtapalapa (Mexique);
  • Héctor Dupuy, UNLP Centro de Investigaciones Geográficas, CIG, (Argentine );
  • Hernán Escobar Zamora, UPLA Centro de Estudios Ambientales, CEAM (Chili) ;
  • Maxime Gohier, Université du Québec à Rimouski (Canada) ;
  • Romain Huret, Centre d’études nord-américaines de l’EHESS(France) ;
  • Roger Keil, Université York (Canada);
  • Emma Morales García, Universidad Iberoamericana Puebla (Mexique);
  • Maíra Machado-Martins, Pontifícia Universidade Católica de Rio de Janeiro, PUC-Rio (Brésil);
  • César Ramírez Chaparro, Escuela Superior de Administración Pública de Bogotá (Colombie)

Subjects

Places

  • 20, rue Duquesne - CS 93837
    Brest, France (29200)

Date(s)

  • Wednesday, June 30, 2021Wednesday, June 30, 2021

Keywords

  • inégalité, résistance, mobilisation, égalité, approche pluridisciplinaire

Contact(s)

  • Jean-Marc Serme
    courriel : jean-marc [dot] serme [at] univ-brest [dot] fr
  • Edna Hernández González
    courriel : Edna [dot] Hernandez [at] univ-brest [dot] fr
  • Gilda Charrier
    courriel : gilda [dot] charrier [at] univ-brest [dot] fr

Information source

  • Gilda Charrier
    courriel : gilda [dot] charrier [at] univ-brest [dot] fr

To cite this announcement

« Equal rights, de facto inequalities in the Americas, multidisciplinary approaches », Call for papers, Calenda, Published on Thursday, April 08, 2021Thursday, April 08, 2021, https://calenda.org/861844

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