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Untranslatables of Antiquity: from Philosophy to Historical Anthropology

Les intraduisibles de l’Antiquité : de la philosophie à l’anthropologie historique

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Published on Monday, May 03, 2021Monday, May 03, 2021 by João Fernandes

Summary

L’acte de traduction est un acte d’ouverture, d’exploration mutuelle et d’intercommunication entre deux cultures : il permet le passage d’un matériel sémantique d’une langue à une autre et il répond à des exigences, des pratiques aussi différentes que contradictoires. Traduire implique nécessairement une adaptation et une transformation du matériel sémantique, quel que soit le principe traductologique observé, à savoir une traduction très proche de la langue source ou bien adaptée aux normes de la langue cible. Lorsqu’un mot, ou une catégorie de mots, est transféré d’un système linguistique à un autre, cela engendre un décalage sémantique tel que le mot devient lui-même un « intraduisible ». Ces « intraduisibles » peuvent être tirés des différentes sources propres à l’Antiquité, qu’il s’agisse des sources de la tradition manuscrite, de l’épigraphie, voire de la numismatique, ou encore de la littérature moderne.

Translating is an act of opening oneself, mutual exploration and intercommunication between two cultures, allowing for the transfer of a semantic concept from a language to another. Moreover, this process has to meet several needs and practices, both different and contradictory. Thus, whatever it is the principle applied in the process, resulting in a translation either very close to its original source [Berman 1984] or adjusted to the rules of the target language [Eco 2007], translating demands to adapt and transform the semantic core. Once a word, or a category of words, is transferred from a linguistic system to another, this process brings about a semantic shift which makes the word itself an “untranslatable”. These “untranslatable” words can be provided by different sources, such as manuscript transmission, epigraphy, numismatic and modern literatures.

Announcement

Argumentaire

L’acte de traduction est un acte d’ouverture, d’exploration mutuelle et d’intercommunication entre deux cultures : il permet le passage d’un matériel sémantique d’une langue à une autre et il répond à des exigences, des pratiques aussi différentes que contradictoires. Traduire implique nécessairement une adaptation et une transformation du matériel sémantique, quel que soit le principe traductologique observé, à savoir une traduction très proche de la langue source [Berman 1984] ou bien adaptée aux normes de la langue cible [Eco 2007]. Lorsqu’un mot, ou une catégorie de mots, est transféré d’un système linguistique à un autre, cela engendre un décalage sémantique tel que le mot devient lui-même un « intraduisible ». Par ce terme, nous nous inscrivons dans la continuité des travaux collectifs dirigés par B. Cassin dans son Vocabulaire européen des philosophies [Cassin 2004].  Nous souhaitons adapter ce concept des « intraduisibles » aux langues grecque et latine afin de les examiner sous le prisme de l’anthropologie historique, de la linguistique et de la philologie. Ces « intraduisibles » peuvent être tirés des différentes sources propres à l’Antiquité, qu’il s’agisse des sources de la tradition manuscrite, de l’épigraphie, voire de la numismatique, ou encore de la littérature moderne.

Axes thématiques

Ils pourront se présenter sous plusieurs formes, telles que :

  • le produit d’un transfert entre une langue ancienne (grec ancien / latin) et une langue moderne (e. g. lat. dictator) ; entre grec ancien et latin ;
  • le résultat de différents processus d’adaptation d’un mot ou d’une catégorie de mots attesté en grec ancien ou en latin parmi des langues modernes distinctes ; (e. g. la catégorie de divinité poliade [Bonnet & Pirenne-Delforge 2013], créée à partir du terme grec polias, employée notamment par l’historiographie française et italienne) ;
  • un mot dont les traductions successives ont affaibli la polysémie originelle (e. g. kallos, traduit par « beauté » en philosophie et dans le domaine esthétique mais recouvrant, en grec ancien, des acceptions plus complexes) ;
  • une homologie lexicale pour des concepts qui ne correspondent pas totalement (e. g. religio et superstitio dans le monde romain), entraînant un décalage sémantique et la formation de catégories épistémologiques modernes (e. g. religion et superstition) qui ne recouvrent pas le même spectre des réalités antiques ;
  • une réalité antique qui n’a aucun équivalent dans la culture de la langue cible, ce qui induit non pas une « traduction », mais un emprunt (e. g. agora, forum…).

En dernier lieu, les propositions de communication pourront aussi porter sur des questions de méthodologie liées à l’étude des « intraduisibles ». À savoir les différentes approches mises en œuvre par les anciens comme les modernes pour tenter de régler des problèmes de traduction liés à un transfert linguistique ou bien à l’intérieur même de leur langue maternelle.

Modalités de participation

Nous invitons les jeunes chercheurs travaillant dans les domaines de recherche mentionnés ci-dessus et intéressés par ces questions à participer à l’atelier qui aura lieu au Campus Condorcet, Paris – Aubervilliers, ou selon les restrictions sanitaires, en ligne via Zoom, le 1 et le 2 juillet 2021.

Durant cet atelier, chacun sera invité à questionner un mot ou une catégorie de mots « intraduisibles » issu des langues grecque ancienne et latine et à les analyser dans l’une des langues officielles de la conférence (i.e. français, anglais, allemand, espagnol, italien), avec la discussion d’une bibliographie secondaire polyglotte.

Modalités pratiques d'envoi de propositions

Les jeunes chercheurs qui souhaitent participer à notre atelier peuvent dès maintenant envoyer un résumé de maximum 3500 signes, espaces compris, accompagné par une bibliographie sélective, ainsi qu’une brève présentation personnelle incluant prénom, nom et établissement de rattachement à l’adresse intraduisibles2020@gmail.com

jusqu’au 17 mai 2021 à 18h (heure de Paris).

Pour plus d'informations (sur le comité scientifique, publication des communications), se reporter à notre carnet Hypothèses : https://lida.hypotheses.org/ . 

Comité scientifique

  • Vincent Azoulay, Directeur d’études à l’EHESS
  • Charles Delattre, Professeur des Universités à l’Université de Lilles
  • Christian Jacob, Directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’EHESS
  • Daniele Miano, Associate Professor à l’Université d’Oslo (UiO)
  • Francesca Prescendi, Directrice d’études à l’EPHE
  • Violaine Sebillotte Cuchet, Professeure des Universités à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Argument

Translating is an act of opening oneself, mutual exploration and intercommunication between two cultures, allowing for the transfer of a semantic concept from a language to another. Moreover, this process has to meet several needs and practices, both different and contradictory. Thus, whatever it is the principle applied in the process, resulting in a translation either very close to its original source [Berman 1984] or adjusted to the rules of the target language [Eco 2007], translating demands to adapt and transform the semantic core. Once a word, or a category of words, is transferred from a linguistic system to another, this process brings about a semantic shift which makes the word itself an “untranslatable”. Using this concept of “untranslatable” and following the path of the collaborative research directed by B. Cassin in her Vocabulaire européen des philosophies [Cassin 2004], we are now willing to apply it to Ancient Greek and Latin, from the point of view of Historical Anthropology, Linguistics and Philology. These “untranslatable” words can be provided by different sources, such as manuscript transmission, epigraphy, numismatic and modern literatures. So, these words can be of different origins, such as:

  • the product of a transfer between Ancient Greek or Latin and a modern language (e.g. Lat. dictator); between Ancient Greek and Latin;
  • the result of different integration processes of a word, or a category of words, attested in either Ancient Greek or Latin, among distinct modern languages (e.g. the category of the “divinité poliade” existing in the French and Italian scholarship and arising from the Gr. polias, but attested as “city deity” in English [Bonnet & Pirenne-Delforge 2013]).
  • a word whose successive translations have atrophied the original polysemy, (e.g. kallos translated as “beauty” in the philosophical and esthetical lexicon but bearing in Ancient Greek a more complex and shaded meaning);
  • a lexical homology for concepts which do not overlap completely (e.g. religio and superstitio in the Roman world), producing a semantic shift, thus the creation of modern epistemological categories (e.g. religion and superstition), not covering the same semantic function as in the Ancient World;
  • a reality of the ancient World which does not exist in the target language, resulting in a borrowing (e.g. agora, forum…) rather than to a translation.

Moreover, we also accept proposals concerning methodological issues connected to the study of “untranslatables”, e.g. the different approaches used by scholars, both ancient and modern, in order to solve the problems of translation due to the transfer from a language to another, as well as within the same language.

Event format

We invite young scholars working on the different research fields mentioned above and interested by these issues to participate to the workshop which will take place either at the Campus Condorcet Paris – Aubervilliers or online, as the situation evolves, the 1st and 2nd July 2021.

During the workshop, everyone will be invited to tackle an “untranslatable” word, or a category of “untranslatable” words, of Ancient Greek or Latin origin, and analysing them in one of the official languages of the conference (namely French, English, German, Spanish and Italian).

Submission guidelines

Young scholars willing to take part in the workshop can now submit an abstract of max 3500 characters, including spaces, accompanied by a selected bibliography, as well as a short presentation including name, family name and affiliation to the following email address intraduisibles2020@gmail.com

by the 17th May 2021 at 6 p.m. CEST. 

 For further information (concerning the scientific committee, the publication...), you can check our website  : https://lida.hypotheses.org/ .

Scientific committee

  • Vincent Azoulay, Directeur d’études à l’EHESS
  • Charles Delattre, Professeur des Universités à l’Université de Lilles
  • Christian Jacob, Directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’EHESS
  • Daniele Miano, Associate Professor à l’Université d’Oslo (UiO)
  • Francesca Prescendi, Directrice d’études à l’EPHE
  • Violaine Sebillotte Cuchet, Professeure des Universités à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Places

  • 14 Cour des Humanités
    Aubervilliers, France (93)

Date(s)

  • Monday, May 17, 2021Monday, May 17, 2021

Keywords

  • intraduisibles, traduction, transfert, emprunt, monde romain, monde grec, antiquité

Information source

  • Audrey Vasselin
    courriel : intraduisibles2020 [at] gmail [dot] com

To cite this announcement

« Untranslatables of Antiquity: from Philosophy to Historical Anthropology », Call for papers, Calenda, Published on Monday, May 03, 2021Monday, May 03, 2021, https://calenda.org/867964

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