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L’éthique dans les recherches en terrains sensibles

Research ethics on sensitive topics

Enjeux épistémologiques et pratiques

Epistemological and practical issues

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Veröffentlicht am Montag, 17. Mai 2021 bei João Fernandes

Zusammenfassung

L’éthique, définie comme une « démarche réflexive sur les valeurs et les finalités de la recherche scientifique » (Coutellec, 2019), est une dimension constitutive de la pratique de la recherche. Toutefois, son appréhension et sa gestion ne sont pas consensuelles : les dispositions juridiques et les pratiques effectives varient selon les pays, les institutions, les universités et les disciplines. Les questions d’éthique, en dehors de sujets de recherche liés à la santé et/ou à des thématiques considérées comme sensibles par des organismes comme la CNIL1 (i.e. origine ethno-raciale, appartenances politiques et/ou religieuses, sexualité et santé) ont été peu investies d’autant plus de manière collective, par les chercheur·ses, universitaires ou praticien·nes. Il est non seulement question de comprendre les effets de la recherche sur les personnes qu’elle engage, mais aussi de décider si ces effets sont acceptables ou non, pour les limiter s’ils sont jugés indésirables.

Inserat

Colloque international, Paris (Aubervilliers), 2 et 3 décembre 2021

Argumentaire

L’éthique, définie comme une « démarche réflexive sur les valeurs et les finalités de la recherche scientifique » (Coutellec, 2019), est une dimension constitutive de la pratique de la recherche. Toutefois, son appréhension et sa gestion ne sont pas consensuelles : les dispositions juridiques et les pratiques effectives varient selon les pays, les institutions, les universités et les disciplines. La formalisation de l’éthique en recherche s’est initialement développée aux Etats-Unis dans le cadre d’expérimentations biomédicales dans les années 1970 (Grady, 2015 ; Larouche, 2019) ; la recherche européenne s’est pour sa part saisie relativement tardivement de ces questions (McKenzie, 2019). Le Règlement Général à la Protection des Données (RGPD), mis en application en 2018, est la première initiative européenne de développement d’un code de protection des données, et malgré plusieurs tentatives, de nombreux pays n’ont pas encore élaboré à l’échelle nationale de réglementation ou de code éthique et déontologique de la recherche (Béliard, Eideliman, 2008 ; Bosa, 2008 ; Clair, 2016). Les questions d’éthique, en dehors de sujets de recherche liés à la santé et/ou à des thématiques considérées comme sensibles par des organismes comme la CNIL (i.e. origine ethno-raciale, appartenances politiques et/ou religieuses, sexualité et santé) ont été peu investies d’autant plus de manière collective, par les chercheur·ses, universitaires ou praticien·nes.

Nous considérerons comme sensibles des enquêtes portant sur des thématiques passées sous silence ou discréditées dans le monde social, et/ou des terrains traversés de souffrances, d’injustices et de violences pour les personnes concernées et/ou pour les chercheur·ses qui y enquêtent (e.g. les recherches sur les violences, les sexualités, les pratiques jugées illicites, en zone de guerre ou de conflit, etc.). Ainsi les terrains sensibles sont des terrains où émergent des enjeux socio-politiques forts (Bouillon, Fresia, Taillo, 2005 ; Robin, Join-Lambert, Mackiewicz, 2017), parfois empreints de dangers physiques ou émotionnels (Boumaza et Campana, 2007). Enfin, les terrains sensibles ne sont pas uniquement définis par l’objet de la recherche, mais peuvent également être la conséquence de la façon dont une thématique est traitée et des choix théoriques qui sont faits au moment de la conception de la recherche (Hennequin (dir.), 2012). La sensibilité du terrain s’accompagne dès lors d’un protocole d’enquête spécifique : faire une recherche éthique en terrains sensibles implique d’accorder une attention particulière à la méthodologie adoptée, aux personnes enquêtées, aux expériences de recherche.

L’objectif de ce colloque est donc de faire un état des lieux de la manière dont est prise en compte la question éthique en terrains sensibles et des enjeux qu’elle soulève pour les personnes enquêtées, les acteur·rices de terrain et les chercheur·ses dans le contexte contemporain : comment articuler les enjeux éthiques relatifs aux terrains sensibles avec le cadre légal, les postures épistémologiques et la pratique de recherche ? Une attention particulière sera accordée aux rapports de domination (genre, âge, sexualité, classe, race, etc.). Ces réflexions réuniront des expériences issues de différentes disciplines (sociologie, démographie, science politique, sciences du développement, anthropologie, histoire, psychologie, épidémiologie ou droit), mais également de différents pays, dans la mesure où l’encadrement de la recherche varie et où les questions se posent différemment selon les contextes locaux. Ces enjeux concernent non seulement le recueil de matériaux mais aussi l’ensemble du processus de recherche (conception de l’enquête, positionnement théorique, terrain, rédaction et restitution). Les communications pourront s’appuyer sur des données tant qualitatives que quantitatives, ou sur une articulation des méthodes.

Axes thématiques

La discussion s’articulera autour de quatre axes : (1) le cadre juridique et théorique de l’éthique en terrain sensible, puis (2) la « bonne attitude » à adopter face aux spécificités du terrain, (3) les conséquences émotionnelles de ce type de recherche sur les chercheur·ses, et (4) celles sur les enquêté·es.

Modalités de participation 

Le présent appel souhaite recueillir des propositions de communications en français ou en anglais. Il s’adresse donc aux chercheur·ses, aux professionnel·les et aux militant·es, dont les activités sont relatives à des terrains sensibles et soulèvent des questions éthiques.

Les propositions de communications de 3000 à 5000 signes maximum (espaces compris) comprendront titre, résumé et principales références bibliographiques, ainsi qu’une courte présentation de l’auteur·e (statut, discipline, rattachement institutionnel). Si la proposition s’inscrit dans un ou plusieurs axes ci-dessus (liste non exhaustive), il devra figurer sur la proposition. Une fois réceptionnées, les propositions seront envoyées anonymement aux membres du comité scientifique.

Les propositions doivent être envoyées

avant le 15 juin 2021,

à l’adresse suivante : terrainssensibles2021@gmail.com. Les résultats seront communiqués début septembre. Le colloque aura lieu les 2 et 3 décembre 2021 au Centre des colloques du Campus Condorcet (Aubervilliers), si les conditions sanitaires le permettent.

Comité scientifique

  • Fatoumata Badini-Kinda, sociologue, professeure à l’Université Joseph Ki-Zerbo (Burkina Faso)
  • Aude Béliard, sociologue, maîtresse de conférences à l’Université de Paris (CERMES3, France)
  • Gil Bellis, démographe, chargé de recherche à l’Ined (France)
  • Elisabeth Belmas, historienne, professeure émérite en Histoire Moderne à l’Université Paris Nord (Iris, France)
  • Marc Bessin, sociologue, directeur de recherche au CNRS (EHESS, Iris, France)
  • Isabelle Clair, sociologue, chargée de recherche au CNRS (EHESS, Iris, France)
  • Léo Coutellec, éthique et épistémologie des sciences, maître de conférences à l’Université Paris-Saclay (CESP, France)
  • Jean-Sébastien Eideliman, sociologue, maître de conférences à l’Université de Paris (CERLIS) et chercheur associé à l’EHESS/ENS (CMH, France)
  • Didier Fassin, anthropologue et médecin, professeur à l’Institute for Advanced Study (Princeton University, USA) et directeur d’études à l’EHESS (Iris, France)
  • Michela Fusaschi, anthropologue, professeure associée à l’Università Degli Studi Roma Tre (Italie)
  • Emilie Hennequin, sciences de gestion, maîtresse de conférences HDR à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (PRISM, EMS, France)
  • Philippe Nkoma-Ntchemandji, anthropologue et statisticien, maître de conférences à l’Université Saint Exupéry (PIRAL, Gabon)
  • Nicolas Sallée, sociologue, maître de conférences à l’Université de Montréal (CREMIS, Québec)

Comité d'organisation 

  • Rim Bellamine, doctorante en démographie, Université Paris 10 Nanterre, CRESPPA-GTM, EUR HED, Cridup
  • Margaux Boué, doctorante en sociologie, Université Lumière-Lyon 2, Max Weber
  • Justine Chaput, doctorante en démographie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Cridup, Ined, EUR HED
  • Juliette Congy, doctorante en épidémiologie, Université Paris-Saclay, Ined
  • Javiera Coussieu-Reyes, doctorante en histoire contemporaine, Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade, Iris
  • Camille Maubert, doctorante en développement international, Université d’Edimbourg, Center of African Studies
  • Pauline Mullner, doctorante en sociologie, Université de Paris, Cerlis, Ined
  • Virginie Rigot, doctorante en sociologie, EHESS, Iris
  • Laurine Thizy, doctorante en sociologie, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, CRESPPA-CSU
  • Lucie Wicky, doctorante en sociologie, EHESS, CMH, Ined

Orte

  • Centre des colloques, Campus Condorcet - 8, cours des Humanités
    Aubervilliers, Frankreich (93322)

Daten

  • Dienstag, 15. Juni 2021

Schlüsselwörter

  • colloque, éthique, recherche, terrains sensibles

Kontakt

  • Rim Bellamine
    courriel : rim [dot] bellamine [at] parisnanterre [dot] fr

Informationsquelle

  • Rim Bellamine
    courriel : rim [dot] bellamine [at] parisnanterre [dot] fr

Zitierhinweise

« L’éthique dans les recherches en terrains sensibles », Beitragsaufruf, Calenda, Veröffentlicht am Montag, 17. Mai 2021, https://calenda.org/875435

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