InicioEau et agriculture dans le monde arabe

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Publicado el miércoles 09 de junio de 2021 por João Fernandes

Resumen

Le développement agricole des pays arabes est intrinsèquement lié aux problématiques de la gouvernance de l’eau, car l’agriculture présente à elle seule environ 85 % des prélèvements totaux en eau au Moyen-Orient. Compte tenu de cette situation, et prenant en considération que la région du Moyen-Orient est présentée comme l’une des plus pauvres en eau d’ici 2050 (World Resource Institute, 2019), il devient urgent de repenser le modèle agricole qui se trouve à l’origine de ce déséquilibre. Un modèle agricole moins tourné vers l’export et davantage axé sur les spécificités géographiques et hydriques de chaque pays, permettrait-il de lutter efficacement contre la « pénurie d’eau » dans la région ?

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Argumentaire

La sécurité alimentaire a toujours constitué une préoccupation majeure des gouvernements arabes. Historiquement, la région a connu différents paradigmes alimentaires et agricoles allant des intérêts impériaux et coloniaux dans la monoculture industrielle, aux objectifs d’autosuffisance sous le nationalisme arabe, jusqu’au néolibéralisme contemporain (Riachi & Martiniello, 2019 ; Woertz, 2013). La diversité des modèles étatiques que revêt la région, de l’État rentier à l’État en déliquescence, explique en partie les évolutions divergentes d’un pays à l’autre.

Bien que la question de la sécurité alimentaire soit étroitement liée à l’économie politique de la région, la plupart des études et rapports sur le sujet, ont constamment pointé la croissance démographique et la rareté des ressources naturelles, telles que l’eau et la terre, comme étant les principaux moteurs de celle-ci (Banque Mondiale, 2007). Or, cette lecture qui revêt des résonances ouvertement malthusiennes, ne tient pas compte de la nouvelle orientation vers un extractivisme agricole au Moyen-Orient et ce, sous la pression d’un environnement mondial qui a poussé les pays arabes à aligner leur modèle de développement sur celui des pays occidentaux (Banque Mondiale, 2008).

Ce modèle est basé sur une agriculture capitaliste accompagnée de politiques agricoles nationales qui visent à réorienter l’agriculture traditionnelle vers des cultures de rente ou d’exportation pour les inscrire dans un marché mondialisé. Ces cultures de rente nécessitent souvent une réallocation des ressources hydriques vers une agriculture irriguée. Cette dernière requiert bien souvent des grandes parcelles de terre, une réalité qui n’est pas sans avoir des conséquences pour la tenure foncière et l’organisation sociale des sociétés (Trottier, 2020 ; Perrier, 2021).

On voit ainsi apparaître un lien intrinsèque entre les politiques agricoles et une pénurie d’eau construite, elle aussi politiquement, pénurie générée par une utilisation intensive de cette ressource dans l’agriculture capitaliste. Il est toutefois intéressant de voir comment cette agriculture a été justifiée au nom de sa plus grande efficience et rentabilité économique (Molle, 2007), alors même qu’elle a signifié la destruction de pratiques agricoles traditionnelles plus durables et plus soucieuses d’une gestion équilibrée des ressources en eau.

Le développement agricole des pays arabes est donc intrinsèquement lié aux problématiques de la gouvernance de l’eau, car l’agriculture présente à elle seule environ 85 % des prélèvements totaux en eau au Moyen-Orient. Compte tenu de cette situation, et prenant en considération que la région du Moyen-Orient est présentée comme l’une des plus pauvres en eau d’ici 2050 (World Resource Institute, 2019), il devient urgent de repenser le modèle agricole qui se trouve à l’origine de ce déséquilibre. Un modèle agricole moins tourné vers l’export et davantage axé sur les spécificités géographiques et hydriques de chaque pays, permettrait-il de lutter efficacement contre la « pénurie d’eau » dans la région ?

Enfin, poser la question de l’eau, nous invite également de considérer le ou les cadres juridiques qui gouvernent cette ressource.

Objectif de cette Journée d’étude

Compte tenu de la situation décrite, la journée d’étude « Eau & Agriculture au Moyen Orient » vise à proposer une analyse comparative sur les enjeux agricoles et hydriques dans la région. La journée d’étude espère apporter des réponses aux questionnements suivants :

  • Quel rôle incombe aux agribusiness, aux gouvernements, aux dispositifs de gestion locale ou encore aux agriculteurs ?
  • Quelles différences peut-on faire dans les usages de l’eau selon les types d’agriculture rencontrés dans les pays du monde arabe ?
  • Quelles relations entre logiques environnementales et agricoles, les solutions techniques liées aux eaux non-conventionnelles (réutilisation des eaux usées, dessalement, etc.). Quels usages de l’eau favorisent-elles ?
  • Quels sont les enjeux en matière d’accès à l’eau des politiques agricoles ?
  • Quel modèle agricole pour une meilleure gestion des ressources hydriques dans la région MENA ?

Programme de la journée

09h30 Mot de bienvenue

09h30-10h00 Keynote

Par Roland RIACHI, Université américaine de Beyrouth : Eau et agriculture dans le monde arabe à l’heure des régimes alimentaires mondiaux

10h00-12h30 Panel 1 : Accaparement des terres, accaparement des ressources en eau : le rôle des agribusiness & de l’agriculture capitaliste

Modération : Sara FERNANDEZ, INRAE – UMR GESTE

Intervenants :

  • Delphine ACLOQUE, CEDEJ / Université de Tours – UMR Citeres :S’affranchir de la dépendance au Nil ? Les trajectoires du capitalisme agricole égyptien contemporain
  • Julie TROTTIER, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR PRODIG/CNRS :L’eau et les frontières agricoles en Palestine
  • Ahmed HAJ ASAAD, Institut des hautes études internationales du développement & Géo Expertises :Évolution des politiques agricoles en Syrie : un désastre agro-hydrologique
  • Habib AYEB, Université Paris 8 & Observatoire de la Souveraineté Alimentaire et de l’environnement – OSAE : Compétitions inégales sur les ressources agricoles en Tunisie : Dépossession et exclusion des paysan.ne.s au profit de l’agribusiness

14h00-16h30 Panel 2 : Agricultures paysannes et droits de l’eau

Modération : Julie TROTTIER, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR PRODIG /CNRS

Intervenants :

  • Thierry RUF, IRD-CIRAD-Université Paul Valery Montpellier, UMR SENS:Une approche historique des agricultures paysannes face aux entrepreneurs agricoles en Égypte et au Maroc
  • Khaled AMRANI, Université Grenoble-Alpes, CNRS Laboratoire PACTE :Gestion de l’eau d’irrigation dans le bas-Sahara algérien : Le paradoxe hydrique de la palmeraie d’Ouargla
  • Alain CARIOU, Sorbonne Université, Laboratoire Médiations:Les oasis aux Emirats arabes unis et en Oman : déclin, résistance et renouveau
  • Raya STEPHAN, consultante :Le droit de l’eau au Moyen-Orient : un aperçu général

16h30-17h30 Débat autour du documentaire « Couscous : Graines de la dignité » réalisé par Habib AYEB

Pour visualiser le documentaire : => Voir le documentaire

Modération : Isabel Ruck (CAREP Paris)

17h30-18h00 Conclusion

Modalités pratiques de participation

La journée d’étude est organisée en visioconférence.

Les inscriptions se font via le site :

https://www.carep-paris.org/evenements/journee-detude-eau-et-agriculture-dans-le-monde-arabe/

Lugares

  • París, Francia (75)

Fecha(s)

  • jueves 24 de junio de 2021

Palabras claves

  • eau, agriculture, agrobusiness, paysannerie, accaparement des ressources, écologie, durabilité, agriculture capitaliste, agriculture paysanne

Contactos

  • Isabel Ruck
    courriel : isabel [dot] ruck [at] carep-paris [dot] org

URLs de referencia

Fuente de la información

  • Isabel Ruck
    courriel : isabel [dot] ruck [at] carep-paris [dot] org

Para citar este anuncio

« Eau et agriculture dans le monde arabe », Jornada de estudio, Calenda, Publicado el miércoles 09 de junio de 2021, https://calenda.org/884240

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