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Du bâti au chez-soi

La relation architecte - habitant dans l’appropriation et la transformation de l’habitat

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Published on Wednesday, June 23, 2021 by João Fernandes

Summary

Cette journée doctorale a pour objectif de rassembler des jeunes chercheurs, venus d’horizons multiples, autour de la question de l’appropriation et de la transformation d’un habitat qui soit issu d’une démarche architecturale. Au cours de cette journée, nous souhaitons ainsi explorer les multiples facettes de ce dialogue qui se crée autour de la forme, dans son vécu contemporain, entre l’architecte et l’habitant. Mêlant à la fois des pratiques,des usages, mais aussi des représentations et attentes variées, nous souhaitons explorer ensemble plusieurs configurations où l’appropriation témoigne d’une expérience singulière d’un habitat imaginé par les architectes. 

Announcement

Argumentaire

Depuis longtemps l’habiter et l’habitat s’inscrivent comme des sujets phares au sein de la recherche et s’étudient transversalement de façon multidisciplinaire. Ces thématiques peuvent en effet apparaître comme inépuisables tant elles semblent proposer des questionnements et problématiques de pertinence indéniable pour la société quand il s’agit de refléter son évolution contemporaine. Certains spécialistes mettent ainsi en avant une relation dialectique : si l’habitat est une étape à la « construction de soi » (Serfaty-Garzon, 2003 ; Eleb, 1980), l’habitant participe à « former » son habitat par des processus de conception, de construction et d’appropriation. Qu’il soit savant ou vernaculaire, ce parcours sera surtout empreint de définitions, de représentations, de projections et d’attentes multiples. 

Alors que le rôle de l’architecte dans la vie du bâti s’avère généralement éphémère et que les « (re)présentations architecturales » des édifices s’interrompent souvent à partir de la livraison ou « remise des clés », nous considérons que c’est pourtant à partir de cette étape que commence la longue et véritable aventure de leur habitat, laissé entre les mains et les aspirations des habitants. Nous souhaitons, lors de cette rencontre, nous interroger particulièrement sur l’appropriation d’un « chez-soi » qui soit issu d’une démarche architecturale « savante » et sur les différentes représentations de cette appropriation, selon une perspective multidisciplinaire et transversale qui peut être architecturale, littéraire, artistique, sociologique, critique ou anthropologique. En effet, si la notion d’appropriation est particulièrement explorée autour de la « désacralisation » de l’architecture depuis les années 1960, nous pouvons aussi l’envisager comme une étape fondamentale de « l'œuvre » architecturale dont les formes et typologies d’habitat singulières se sont confrontées aux habitants dans leurs pratiques et manières d’habiter. 

Dans ce contexte, nous souhaitons ainsi considérer l’architecture comme un objet en perpétuelle évolution (Latour, Yaneva, 2008) et comme une base liant des théories ou expérimentations passées avec un vécu contemporain (XXIème siècle). L’architecture peut alors se lire, à travers ses « cycles de vie » et ses multiples représentations, comme le produit d’une collaboration tacite, décalée, parfois conflictuelle ou volontaire voire impossible, en somme comme un objet médian entre l’architecte et les habitants qui l’ont perpétuée d’une façon ou d’une autre, en constant ajustement. 

Ce sont donc les aventures et les représentations « post-livraison » de ces réalisations architecturales habitées, appropriées, adaptées, modifiées, transformées, notamment au XXIème siècle, que nous vous proposons d’explorer dans le cadre de cette journée doctorale, à travers les multiples points de vue offerts par l’architecture, les arts, les lettres, les sciences humaines et sociales. Les possibilités de réponses à l’appel à communications pour cette journée sont aussi multiples et variées que les situations, problématiques ou pratiques relatives aux enjeux d’appropriation de l’architecture et de ses formes de représentation.

Axes thématiques

Nous vous présentons deux axes de réflexion qui indiquent des pistes d’articulation autour de cette thématique, à savoir : 

  • Axe 1 | L’appropriation « imprévue » comme vecteur d’adaptation contemporaine

L’habitat change régulièrement de configuration par l’action des habitants, le « chez-soi » est très souvent vécu en projet et envisagé dans une dynamique évolutive. Qu’il s’agisse de modifications immédiates ou diluées dans le temps, allant de l’aménagement minime aux travaux de gros-œuvre, toute transformation révèle ainsi une capacité d’initiative de l’habitant concernant l’adaptation à ses besoins et goûts particuliers, par ailleurs inhérents à l’être humain. Comment cette dynamique évolutive s'accorde-t-elle, en termes de vécu contemporain, dans le cas de typologies ou de formes architecturales singulières ? Quel type de dialogue est instauré entre l’habitant et la forme, parfois prégnante, de ces habitats imaginés par les architectes ? 

Par ailleurs, ce point de vue d’une appropriation « imprévue » par l’architecte lors de la conception s’avère également pertinente pour questionner des enjeux contemporains de l’évolutivité de l’architecture dont quelques exemples célèbres nous sont parvenus tels que l’analyse de la cité Frugès à Pessac (Boudon, 1985) ou le village de Gourna en Egypte (Paquot, 2009). Ici aussi, ces enjeux interfèrent avec des dynamiques propres telles que la « muséification » ou encore la médiatisation de réalisations architecturales. D’une manière plus large, ils soulèvent ainsi la présence d’une énergie créative de la part de ces habitants qui, depuis longtemps, alimente l'intérêt et l’imaginaire collectif en générant de nombreux travaux à la fois pratiques, poétiques, théoriques et critiques. 

  • Axe 2 | L’appropriation « programmée » comme concept architectural 

Cet axe se propose d’aborder les réalisations architecturales qui incorporent les pratiques de transformation et d’adaptation de la part des habitants comme concept pour le projet. L’acte de modifier ou d’étendre est alors prévu par l’architecte via des dispositifs spatiaux, matériels ou même politiques et contribue à façonner l’identité du projet y compris son esthétique. Ce type de réalisation architecturale, marquée par une indétermination fonctionnelle voire formelle des espaces, prévoit généralement l’intervention de l’habitant après le processus de conception et de construction de l’édifice et l’envisage comme sa « dernière pierre ». Bien que souvent expérimentales et longtemps inscrites dans un « idéal » d’une architecture évolutive et flexible (Periañez,1993), ces réalisations ont su évoluer au fil du temps et n’ont cessé de se renouveler avec les possibilités données par leur époque, à la fois artistiques, politiques et culturelles, depuis le début du XXème siècle, jusqu’aux travaux des architectes Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, élus au Pritzker 2021. Ainsi des dispositifs spécifiques (ré)apparaissent tels que « l’incrémentalisme »,« l’auto-construction accompagnée » ou encore les « volumes capables ». Ils s’accompagnent à la fois de références construites, d’un imaginaire et guident l’habitant à travers un vécu peu habituel de son habitat, soulevant là aussi, des problématiques contemporaines en ce qu’ils suggèrent de manière acquise, une capacité des habitants à intervenir sur leur cadre de vie.

Ces deux axes donnent lieu à quelques pistes de réflexion : selon quels aspects s’engagent ou non de telles transformations architecturales ? Par quelles références, images, influences, sont-elles alimentées ? De quelles pratiques et enjeux se font-elles les révélatrices et quelles formes prennent-elles en termes d’expérience de l’habitat et de construction bâtie ? Quels liens sont-elles à même de nouer entre les différents protagonistes qui « font » l’habitat ? Comment se transmettent par la suite ces modifications, comment contribuent-elles ou non à modifier l’acception de « l’œuvre originale » ? Quels sont les vecteurs de représentation de ces dynamiques ? Enfin, qu’est ce que ces processus d’appropriation fabriquent en termes de représentation et d’alimentation d’une culture commune ? Cette liste non-exhaustive exemplifie des questions qui seront prises en compte lors de cette rencontre.

Bibliographie indicative

  • ARDENNE Paul et POLLA Barbara ed., 2011. Architecture émotionnelle. Lormont : Le Bord de l’Eau.
  • BOUDON, Philippe, 1985. Pessac de Le Corbusier  : Etude socio-architecturale, 1929-1985. Paris : Dunod. 
  • BACHELARD Gaston, 1994. La poétique de l’espace. Paris : PUF.
  • BAILLY Jean-Christophe, 2013. La phrase urbaine. Paris : Seuil.
  • BAQUE Dominique, 2004. Photographie plasticienne, l’extrême contemporain. Paris : Editions du Regard.
  • BÉGOUT Bruce, 2005. La découverte du quotidien. Paris : Allia.
  • DANTO Arthur, 1989. La transfiguration du banal, Une philosophie de l’art. Paris : Seuil.
  • DENÈFLE, Sylvette, BRESSON, Sabrina, DUSSUET, Annie et ROUX, Nicole, 2015. Habiter Le Corbusier  : Pratiques sociales et théorie architecturale. Rennes : Presses universitaires de Rennes : Le sens social. 
  • ELEB, Monique, 1980. Se construire et habiter : proposition d’analyse psycho-sociale clinique. Thèse de 3e cycle Sociol. de la connaissance Paris 7. 1970-2019, France : Université Paris Diderot - Paris 7.
  • ELEB, Monique, 2017. L’habitat d’aujourd’hui et de demain : flexible, adaptable, reversible ? / the housing of today and tomorrow : flexible, adaptable, reversible ? In : Proyecto, Progreso, Arquitectura. 18 mai 2017. n° 16, pp. 18‑33.
  • FIJALKOW, Yankel, 2016. Sociologie du logement. Paris : La Découverte. 
  • GRUDET, Isabelle, MACAIRE, Élise, COUTURE, Aurélie et EVETTE, Thérèse, 2019. De l’usager à l’acteur de projet. L’habitant dans la recherche sur les métiers (Cahiers Ramau 2000-2018). In : Cahiers RAMAU. 2019. n° 10, pp. 61‑87.
  • HARRIS, Neil, 1999. Building Lives: Constructing Rites and Passages. 1st edition. New Haven : Yale University Press. 
  • HENRI, Raymond, NICOLE, Haumont, JEAN, Zeitoun, HENRI, Lefebvre, ANTOINE, Haumont et MARIE-GENEVIÈVE, Raymond, 1965. L’Habitat pavillonnaire. Paris : Centre de recherche d’urbanisme. inversion sur les noms et prénoms
  • INGOLD, Tim, 2017. Faire  : anthropologie, archéologie, art et architecture. Bellevaux : Éditions Dehors. 
  • LATOUR, Bruno et YANEVA, Albena, 2008. « Donnez-moi un fusil et je ferai bouger tous les bâtiments » : le point de vue d’une fourmi sur l’architecture. In: GEISER, Reto, Explorations in Architecture: Teaching, Design, Research. Basel: Birkhäuser. pp. 80‑89. 
  • PAQUOT, Thierry, 2009. Hassan Fathy, construire avec ou pour le peuple ? In : Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique. 1 juillet 2009. n° 109, pp. 15‑25. 
  • PERIAÑEZ, Manuel, 1993. L’habitat évolutif : du mythe aux réalités. Paris, France : Plan construction et architecture, Programme cité-projets,. Collection Recherches, 44.
  • PINSON, Daniel, 1993. Usage et architecture. Paris : Edition de l’Harmattan. 
  • PINSON, Daniel, 1995. Dans l’architecture, des gens... ou les enjeux d’une pensée ethno-architecturale des espaces construits. In : Actes du séminaire ”Logiques sociales et architecture” du Centre de Recherche de l’Habitat et de l’Association SHS-TEST (sous la direction de Claude Bauhain). École d’architecture de Paris la Défense : Les Editions de la Villette. mai 1995. pp. 19‑32.
  • SEGAUD, Marion, 2010. Anthropologie de l’espace : habiter, fonder, distribuer, transformer. Paris : Armand Colin. 
  • SERFATY-GARZON, Perla, 2003. Chez soi : les territoires de l’intimité. Paris : Armand Colin. Sociétales. 
  • SOULIER Nicolas, 2012. Reconquérir la rue. Paris, Ulmer.

Réponses

Cet appel à contribution est particulièrement destiné aux doctorants. Les réponses à l’appel à communication sont à envoyer

avant le 30/07/2021

à l’adresse mail journeedoctorale@rennes.archi.fr .Chaque réponse comportera :

  • Une proposition de 3 000 à 5 000 signes maximum (espaces compris) en français avec un titre provisoire ;
  • Une courte bibliographie indicative ;
  • Une courte biographie de.s l’auteur.e.s de 1500 signes maximum

Les propositions seront expertisées par le comité de lecture. Les réponses aux chercheur.e.s seront communiquées le 30/09/2021. La journée doctorale est prévue pour le vendredi 3 décembre 2021 à Rennes. En raison des conditions sanitaires actuelles, le format de la journée reste à définir : présentiel, visioconférence ou format hybride.

Une publication est envisagée par la suite dont le format reste à confirmer (carnet Hypothèses ou revue). Les auteurs devront présenter des images libres de droits pour une diffusion sur internet. 

Comité d’organisation

  • Priscilla Bittencourt Biassi | ENSAB | ED ALL | Architecte et Urbaniste, Msc. Architecture, Doctorante en Architecture GRIEF, ENSAB
  • Lise Gaillard | ENSAB | ED STT | Architecte D.E, Doctorante en Architecture GRIEF, ENSAB.
  • Laetitia Bouvier | ENSAB | responsable de la recherche
  • Frédéric Sotinel | ENSAB | maître de conférence ATR, architecte DPLG, docteur en arts plastiques et directeur du laboratoire GRIEF.
  • Christophe Camus | ENSAB | professeur SHS, HDR, docteur en sociologie

Pour plus d’information : journeedoctorale@rennes.archi.fr

Comité de lecture

Le comité de lecture est formé de professeurs et MC de l’ENSAB, de l’ENSA Nantes et de l’Université Rennes 2, ainsi que de doctorant.e.s issus des ED ALL et STT, à savoir :

  • Gabriel II A-avava ndo | ENSAB | ED ALL |Ingénieur architecte, Doctorant en Architecture, GRIEF (ED ALL) 
  • Priscilla Bittencourt Biassi | ENSAB | ED ALL | Architecte et Urbaniste, Msc. Architecture, Doctorante en Architecture, GRIEF, ENSAB.
  • Hélène Bailleul | Université Rennes 2 | Maître de conférences, Enseignante-chercheuse en Aménagement de l'espace et urbanisme, directrice adjointe de l'EUR CAPS , Docteur en Aménagement de l'espace et Urbanisme 
  • Christophe Camus | ENSAB | professeur SHS, HDR, docteur en sociologie
  • Lise Gaillard | ENSAB | ED STT | Architecte D.E, Doctorante en Architecture,GRIEF, ENSAB
  • Julie Gangneux-Kébé | ENSAB | Maître de conférence associée, architecte HMONP, docteur en géographie, urbaniste DSA
  • Jean-Pascal Josselin | Université Rennes 2 | Directeur de l'Institut d'Aménagement et d'Urbanisme de Rennes (IAUR) 
  • Juliette Le Gall | Université Rennes 2 | ED ALL | Doctorante en études italiennes et en Humanités numériques, CELLAM
  • Emily Mugel | ENSAB | ED ALL | Architecte D.E, Doctorante en Architecture, GRIEF, ENSAB 
  • Elise Roy | ENSA Nantes | Maître assistante | Docteur en urbanisme et aménagement de l’espace, Membre de l’équipe enseignante du Master Villes et Territoires, membre du comité de direction du CRENAU depuis 2016.
  • Maximilien Steindorsson I Université Rennes 2 | ED STT | Doctorant en Aménagement , ESO
  • Julien Torchin I Université Rennes 2 | ED STT | Doctorant en Géographie - Aménagement, ESO

Institutions partenaires

  • Ecole Nationale Supérieure d’architecture de Bretagne
  • Laboratoire GRIEF 
  • École Doctorale Arts, Lettres et Langues
  • Ecole Doctorale Société, Temps, Territoire

Places

  • 44 Boulevard de Chézy
    Rennes, France (35)

Date(s)

  • Friday, July 30, 2021

Keywords

  • architecture, habitat, habiter, habitant, appropriation, transformation, représentation

Contact(s)

  • Comité d'organisation de la journée doctorale
    courriel : journeedoctorale [at] rennes [dot] archi [dot] fr

Information source

  • Lise Gaillard
    courriel : journeedoctorale [at] rennes [dot] archi [dot] fr

To cite this announcement

« Du bâti au chez-soi », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, June 23, 2021, https://calenda.org/888910

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