InicioL’identité contre la science ? La science au service de l’identité ?

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L’identité contre la science ? La science au service de l’identité ?

Identity vs. science? Science at the service of identity?

Revue « Sociétés plurielles », n°5

Sociétés plurielles journal, no.5

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Publicado el lunes 05 de julio de 2021 por João Fernandes

Resumen

L’appropriation identitaire des savoirs représente un phénomène constitutif des sociétés humaines et s’inscrit, d’ores et déjà, dans l’horizon d’analyse des sciences sociales. Longtemps associée à des pouvoirs constitués ou à des courants politiques de divers horizons, elle a été marquée, durant les dernières décennies, par un phénomène nouveau. Au nom de la reconnaissance du droit ou de la mémoire des minorités issues de population victimes du colonialisme, s'est en effet affirmée la revendication d’un droit de regard sur les conditions de l’investigation scientifique ou sur ses résultats.

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Argumentaire

L’appropriation identitaire des savoirs représente un phénomène constitutif des sociétés humaines et s’inscrit, d’ores et déjà, dans l’horizon d’analyse des sciences sociales. Longtemps associée à des pouvoirs constitués ou à des courants politiques de divers horizons, elle a été marquée, durant les dernières décennies, par un phénomène nouveau. Au nom de la reconnaissance du droit ou de la mémoire des minorités issues de population victimes du colonialisme, s'est en effet affirmée la revendication d’un droit de regard sur les conditions de l’investigation scientifique ou sur ses résultats. Abordé notamment sous l’angle des usages du passé et du statut d’objets muséographiques dans le contexte post-colonial, cette tension entre science et identité a été particulièrement sensible dans les domaines de l’archéologie et de l’anthropologie, comme en témoigne la brève liste qui suit :    

  1. Il y a trente ans, aux Etats-Unis, le NAGPRA (en français : loi fédérale sur « La protection et le rapatriement des tombes des natifs américains ») consacrait, entre autres, le droit des collectifs considérées comme les descendants des individus dont les restes étaient conservés dans les musées d’exiger leur restitution. En les soumettant également à l’approbation de ces mêmes collectifs, elle durcissait également considérablement les conditions dans lesquelles les recherches archéologiques pouvaient être réalisées, provoquant ainsi les protestations d’une partie du milieu scientifique [1].
  2. En Australie, où la situation des communautés Aborigènes continue de représenter un problème politique et social saillant, la reproduction de pièces de musée à des fins de publication est dorénavant soumise à leur approbation. Quant aux institutions publiques, elles manquent rarement, de même que les chercheurs qu’elles emploient, de recourir à la formule consacrée faisant état de leur respect pour les « Anciens, passés et présents ». C’est dans ce contexte – et dans celui de luttes juridiques autour des droits sur les terres – que la publication d’un récent ouvrage a entraîné un authentique phénomène de société. Ce livre, écrit par un romancier d’ascendance aborigène[2], entend remettre en cause deux siècles de consensus sur le mode de subsistance des occupants du continent à l’arrivée des Occidentaux. Après un énorme succès de librairie, le livre a intégré les programmes scolaires, tout en continuant de susciter d’âpres polémiques où les prises de positions scientifiques s’entremêlent de manière inextricable avec les agendas politiques.
  3. Dans un ordre d’idées un peu différent, il convient également de mentionner ce récent projet de redéfinition de la mission des musées porté par l’ICOM [3], projet selon lequel ceux-ci « (…) sont des lieux de démocratisation inclusifs et polyphoniques, dédiés au dialogue critique sur les passés et les futurs. (…) La définition du musée doit être ancrée dans la pluralité des visions du monde et des systèmes de pensée et non dans une tradition scientifique occidentale unique ». L’opposition rencontrée par cette proposition, qui dénie à la connaissance scientifique tout statut spécifique et toute primauté sur les croyances, a conduit à l’ajournement de la décision. Elle est néanmoins significative d’une époque et des revendications qui s’y font entendre.

Ces quelques exemples, qui pourraient être multipliés à loisir, illustrent les nombreuses questions soulevées par ce mouvement faisant surgir de nouvelles interrogations portant sur la production du savoir. La reconnaissance des torts subis, en particulier par des populations colonisées, doit-elle se traduire par l’octroi de droits nouveaux à ceux qui sont identifiés comme les descendants de ces populations, portant sur les objets susceptibles d’investigation scientifique, voire sur le discours tenu à leur propos ?  Les exigences de la mémoire et celles de la connaissance sont-elles antagonistes ? Comment les acteurs de la vie scientifique pensent-ils leur collaboration ? La prise en compte de ces exigences mémorielles représente-t-elle une chance ou un obstacle pour la science et la compréhension mutuelle des différentes communautés humaines ? Comment expliquer la cristallisation de cette tension dans différents contextes de production du savoir ? Quelles sont les disciplines concernées ? Quelle est la notion de vérité que sous-tendent ces débats ? Quel est aujourd’hui le statut de ce qu’on peut appeler le relativisme scientifique et qui consiste à formuler un savoir différencié en fonction du groupe auquel il est destiné ?

Telles sont les questions que le prochain numéro de Sociétés plurielles souhaite aborder.

Modalités pratiques d'envoi de propositions

Le numéro inclura également les rubriques

  • Articles Varia
  • Lectures croisées
  • Comptes-rendus
  • Thèses soutenues.

Les propositions d’article, de lecture croisée et de compte-rendu ainsi que des résumés de thèse peuvent être envoyés à l’adresse de la rédaction : programmesp@gmail.com.

Les consignes aux auteurs figurent dans la pièce jointe.

Pour les articles : envoyer un texte d’une page, accompagné d’une courte biographie

avant le 15 septembre 2021.

Pour les comptes-rendus et les lectures croisés : envoyer directement le texte de 10-15 000 signes, accompagné d’une courte biographie avant le 15 février 2022.

Pour les résumés de thèse récemment soutenues : envoyer un texte de 10 000 signes, accompagné d’une courte biographie avant le 15 février 2022.

Références dans le texte

[1] John Whittaker, “Here comes the anthros. What good is an archaeologist?” in J. G. Andelson (dir), Anthropology Matters: Essays in honor of Ralph A. Lueben, Grinnell, Iowa: Grinnell College. 1997.

[2] Bruce Pascoe, Dark Emu: Black Seeds: Agriculture or Accident?, Magabala Books, 2014.

[3] International Council Of Museums.

Ligne éditoriale de la revue

La revue Sociétés plurielles est née du programme interdisciplinaire du même nom (2014-2018) qui réunissait des enseignants-chercheurs en sciences humaines et sociales de près de vingt laboratoires de la COMUE Sorbonne-Paris-Cité.  La revue Sociétés plurielles couvre tous les champs d’études concernés par le pluriel dans la société et appuie fortement les approches interdisciplinaires. La revue a pour objectif de promouvoir des travaux consacrés aux défis de la diversité, aux politiques du pluralisme et à la gestion des crises. Les travaux portant sur la dimension historique des sociétés plurielles sont fortement encouragés.  De même, la revue encourage la publication des résultats de la recherche sous d’autres formes que le texte : images, productions vidéo, etc. Elle publie des articles inédits, en français, anglais, espagnol, allemand ou italien, non proposés simultanément à d’autres revues, après sélection par les membres de son comité scientifique international (peer review, avec évaluation en double aveugle).

Équipe éditoriale

Direction de la revue

Madalina Vârtejanu-Joubert (INALCO, PLIDAM)

Comité de rédaction

Delphine Allès (INALCO, CASE, EHESS/INALCO), Liliane Crips (Université de Paris, ICT), Christophe Darmangeat (Université de Paris, LADYSS), Damiano de Facci (Université de Paris, LADYSS), Pilar Gonzales-Bernaldo (Université de Paris, « Mondes Américains », CNRS-EHESS), Éric Magnin (Université de Paris, LADYSS), Delphine Pagès-El Karoui (INALCO, CERMOM), Marie-Louise Pelus-Kaplan (Université de Paris, ICT), Patrick Renaud (Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, CLESTHIA), Thomas Szende (INALCO, PLIDAM).

Secrétariat

programmesp@gmail.com

Partenaire éditorial

Presses de l’INALCO, 2 rue de Lille 75007 Paris

Lugares

  • INALCO - 65 rue des Grands Moulins
    París, Francia (75)

Fecha(s)

  • miércoles 15 de septiembre de 2021

Palabras claves

  • épistémologie, pratiques de recherche, objets de recherche, anthropologie, archéologie, musées, mémoire et identité

Contactos

  • Madalina Vartejanu-Joubert
    courriel : madalina [dot] vartejanu-joubert [at] inalco [dot] fr

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Fuente de la información

  • Madalina Vartejanu-Joubert
    courriel : madalina [dot] vartejanu-joubert [at] inalco [dot] fr

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« L’identité contre la science ? La science au service de l’identité ? », Convocatoria de ponencias, Calenda, Publicado el lunes 05 de julio de 2021, https://calenda.org/894454

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