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À la recherche du temps perçu

Les temporalités dans l’Empire russe, l’URSS et le monde

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Published on Monday, July 12, 2021 by Céline Guilleux

Summary

Cette journée d’étude propose de se saisir de la notion de « temps perçu » qui nous semble capable de susciter des réflexions nouvelles tant sur la matérialité du temps que sur les représentations auxquelles elle donne lieu, au-delà du paradigme traditionnel des ruptures et continuités. En faisant le choix du terme de temporalités plutôt que celui du temps (Dubar, 2014) pour se concentrer volontairement sur les expériences multiples du temps présent et leurs perceptions conscientes, son enjeu sera d’insister sur le temps comme construction sociale mais aussi de mettre l’accent sur les manières multiples dont il est perçu et vécu dans des périodes de profondes mutations.

Announcement

Argumentaire

Organisée par le GDR Empire russe, URSS et monde soviétique, cette troisième journée d’étude propose de réfléchir à la perception du temps durant les périodes de mutations et d’innovations. Si nombre d’études historiques, par la place accordée à la chronologie, insistent sur le fait que « l’histoire est un travail sur le temps »,[1] une réflexion sur les temporalités constitue aujourd’hui un lieu commun pour plusieurs disciplines des sciences sociales. Qualifié d’institution sociale, collective et contraignante, le temps porte également des enjeux d’émancipation quand il est rapporté à l’histoire et à la sociologie des luttes sociales ou aux contestations des organisations l’ayant longtemps dicté à l’instar de l’Église. Au sein de l’espace spécifique de l’Empire russe, de l’URSS et du monde post-soviétique, une interrogation sur le temps semble à la fois particulièrement ancienne - la question de l’appartenance de la Russie à l’Europe ayant été, dès le XVIIIe siècle, associée à une réflexion sur la modernité, la civilisation et le progrès - et récente, tant un travail sur la chronologie en histoire s’est imposé au cours du XXème siècle pour redéfinir les unités temporelles les plus à mêmes de rendre compte de l’histoire en général et du projet soviétique en particulier.

A une histoire politique événementielle a succédé une histoire sociale et culturelle qui a valorisé le quotidien, les égo-documents et les récits de vie. Des tentatives ont été faites, dans l’histoire de la littérature, pour remettre en question le canon littéraire russe hérité du XIXe siècle au profit d’une histoire de la littérature et des arts qui interroge les périodisations convenues[2] et adopte une “perspective réelle”[3] qui replace l’œuvre littéraire dans le contexte concret de son élaboration, de sa diffusion et de sa réception. En outre, la fin de l’URSS et l’ouverture des archives ont entraîné une réévaluation chronologique dans les domaines historique, littéraire, artistique et scientifique.[4] Enfin, en sociologie et en science politique, ce sont les dates anniversaires, qui ont tout particulièrement constitué les occasions de s’interroger collectivement sur les temporalités d’un espace en ciblant certains moments clefs de son histoire. Celles de la Seconde guerre mondiale ont pu être appréhendées sous le prisme du rapport entre histoire et mémoires individuelles et collectives valorisant une étude des usages politiques du passé.[5] Celles de la chute de l’Union soviétique ont permis de remettre en cause la notion de rupture en interrogeant tout particulièrement la place de l’année 1991 dans les pratiques sociales des citoyens russes ou encore, en questionnant l’usage des notions communément admises pour décrire la période des années 1990 à l’instar de celle de transition.[6] 

Tout en se situant dans la continuité de ces travaux, cette journée d’étude se saisira de la notion de « temps perçu » qui nous semble capable de susciter des réflexions nouvelles tant sur la matérialité du temps que sur les représentations auxquelles elle donne lieu, au-delà du paradigme traditionnel des ruptures et continuités. En prenant le parti de s’inscrire dans des enjeux de recherche les plus contemporains qui soulignent le poids du présentisme en Occident[7] et sont marqués par la prégnance de la notion d’ « un monde d’après » dans le débat public, cette journée d’étude cherchera à sortir d’une chronologie politique habituellement admise pour traiter de l’Empire, de l’URSS et du monde post-soviétique. En faisant le choix du terme de temporalités plutôt que celui du temps[8] pour se concentrer volontairement sur les expériences multiples du temps présent et leurs perceptions conscientes, l’enjeu sera d’insister sur le temps comme construction sociale mais aussi de mettre l’accent sur les manières multiples dont il est perçu et vécu dans des périodes de profondes mutations.

Pour ce faire, quatre axes seront privilégiés :

Temporalités individuelles et collectives

Cette journée d’étude se propose tout d’abord de réfléchir sur la pluralité des temporalités de l’époque impériale à la période post-soviétique en se saisissant du rapport entre temps collectif et temps individuel. Faisant le constat que la chronologie des changements politiques majeurs que ce soit dans l’Empire, l’URSS ou encore le monde post-soviétique ne coïncide pas nécessairement avec les histoires et trajectoires individuelles, les contributions pourront s’interroger sur la notion d’évènement en privilégiant notamment l’étude de récits de vie (entretiens semi-directifs, autobiographies, biographies et autres égo-documents) et les biographies d’institution. Qu’est-ce qui fait événement, pour qui, comment et pourquoi ? Autant d’interrogations qui pourront constituer les lignes directrices de contributions, en histoire, littérature, sociologie, anthropologie et science politique, cherchant à rendre compte des articulations et chevauchements mais aussi des rapports de confrontations et de ruptures entre temps individuels et collectifs.[9] Dans le cadre d’une réflexion sur l’histoire de la littérature, on pourra interroger, dans la lignée des travaux des formalistes russes, les notions de tradition et de généalogie littéraire[10]. Dans une perspective de sociohistoire et de sociologie des institutions, les contributions pourront s’intéresser tout particulièrement aux institutions productrices de temps collectifs, que ce soit dans le cadre d’enquêtes sur des institutions ciblées (l’Église, l’institution scolaire, le Gosplan, les administrations investies dans la prospective) ou encore dans celui de recherches sur des « moments communs » à l’instar des fêtes ou des commémorations. Dans une optique sociologique, elles pourront s’interroger aussi sur les éléments précis qui commandent la distinction entre temps individuel et temps collectif et insister sur la classe sociale, la génération, le genre ou encore la nationalité comme points de rupture ou, au contraire, comme éléments constitutifs de temps collectifs multiples.

Mesurer les temporalités

Si spontanément un travail sur la mesure du temps, par l’entremise d’une réflexion sur la chronologie, apparaît comme un trait d’identification de la discipline historique, il apparaît aujourd’hui porté conjointement par plusieurs disciplines des sciences sociales qui s’interrogent, doublement, sur la matérialité du temps et sa construction sociale. Ici deux approches complémentaires sur la mesure des temporalités pourront être privilégiées.

Certaines contributions pourront faire le choix de présenter des terrains d’enquête qui insistent sur les manières dont les chercheurs sont contraints d’élaborer des chronologies en dehors des bornes politiques traditionnellement admises. Dans une perspective littéraire, les moyens de diffusion des œuvres artistiques et les temporalités qui leur sont associées (de l’immédiateté d’une épigramme ou d’un billet de blog au délai centenaire de lectures décalées de manuscrits inédits ou interdits) pourront être tout particulièrement interrogés dans une optique de réévaluation des événements en histoire de la littérature et des arts. La chronologie de l’histoire de la littérature, traditionnellement dépendante de la chronologie politique, échoue le plus souvent à rendre compte du caractère « anachronique » du temps littéraire, encore exacerbé dès lors que la traduction propulse une œuvre hors du temps national. Ainsi, une réflexion s’impose sur ce qui, en dernière instance, « fait événement » en littérature, parfois dans l’ombre ou même à contre-courant des « grands » événements historiques[11]. Il conviendra ainsi de s’interroger sur les périodisations convenues dans l’histoire de la littérature, dans la lignée des récents travaux qui adoptent des perspectives renouvelées sur, par exemple, le long XVIIe siècle[12], ou bien cherchent à redéfinir les limites du XIXe siècle[13].

Dans une tout autre optique, qui s’inscrit dans la continuité de travaux de sociologie historique sur la quantification insistant sur la nécessité de “déconstruire les chiffres”,[14] les contributions pourront se saisir de l’enjeu de la quantification du temps comme objet de recherche. Ici, on pense notamment aux relations entre la mesure du temps et les enjeux de pouvoir[15] centraux sur des terrains d’enquête aussi divers et variés que ceux des rythmes de travail et de congés/loisirs, des élaborations et changements de calendrier. On pense aussi aux enjeux de diffusion de certaines innovations techniques et médiatiques (journaux, radio, télévision, internet et autres moyens de communication[16]) et les changements dans la mesure de temps que ces diffusions annoncent et entraînent en termes de gouvernementalité. On pense enfin aux contestations et conflits que les enjeux de la quantification des temporalités peuvent produire dans le cadre des politiques publiques à l’instar des mobilisations suscitées en 2018 par la mise à l’agenda d’une réforme des retraites en Russie.

Qualifier les temporalités

En complément de la thématique précédente, les communications attendues pourront s’intéresser aussi à la qualification des temporalités et plus particulièrement à celle des époques et des transitions. Si cet appel à communications coïncide avec le trentième anniversaire de la disparition de l’URSS, les journées d’études qu’il propose peuvent être l’occasion d’interroger les termes servant à désigner les périodes dites de transition dans l’Empire, l’URSS et le monde post-soviétique. Dans cette perspective, les contributions pourront s’inscrire dans la continuité d’enquêtes menées en France sur les chrononymes marquées par un intérêt pour les imaginaires sociaux véhiculés par les termes servant à désigner des époques.[17] Elles pourront chercher à s’interroger sur comment se disent les changements et les innovations : quels sont les termes associés et mobilisés dans certaines périodes de changement ? Quelles sont « les structures linguistiques temporelles »[18] qui accompagnent des périodes de transition aussi variées que la Russie post-révolutionnaire ou encore la perestroïka ? Que véhiculent, dans le domaine culturel, les métaphores métallurgiques d’“Âge d’or” ou d’“Âge d’argent”, et comment leur usage s’articule-t-il avec celui des chrononymes historiques ? Les contributions pourront montrer comment des notions servant à décrire des périodes connaissent de profondes mutations et analyser les images contrastées, les aspirations et/ou les déceptions qu’elles charrient. Elles pourront questioner le fait de savoir si la notion de post-soviétique fait encore sens, en interrogeant les manières dont les héritages de l’Empire en URSS et ceux de l’URSS dans l’espace post-soviétique ont pu se transmettre, se transformer ou se réinventer en insistant sur les notions et termes utilisés pour le faire.

Temporalités globales

Dans une perspective finale, les communications pourront orienter leurs questionnements sur la possibilité d’un temps global. Si le recours à des marqueurs temporels organise les sciences sociales en distinguant et structurant les disciplines par périodes que ce soit en termes de siècles en littérature (le long dix-neuvième siècle, le court vingtième siècle) ou de tournants épistémologiques (cultural turn, global turn, linguistic turn), c’est pourtant bien souvent l’accent sur la spécificité d’une certaine temporalité propre à l’espace russe, soviétique et post-soviétique qui s’impose dans les travaux de recherche. En soulignant le fait que le rapport au temps présent, qu’il soit perçu comme un retard, une avance ou un décalage, témoigne d’une certaine perception de soi relative aux autres, cet axe entend proposer une approche comparative des temporalités. En s’inscrivant dans le prolongement de la 2e journée d’étude du GDR, qui s’est intéressée, d’un point de vue spatial, aux points de contact et aux circulations entre l’Empire russe, l’URSS et l’espace post-soviétique avec d’autres espaces du monde, les contributions approfondiront cette interrogation en la centrant sur la variété des temporalités que ces espaces révèlent. Dans cette optique, elles pourront rendre compte de la différence de temporalité entre cet espace et celui de l’Occident. Elles contribueront aussi à la réflexion sur l’exploration d’un temps global à partir de différentes échelles et sur les temporalités qu’elles synchronisent. Au XXème siècle, on pense tout particulièrement à celles de l’Union Soviétique, du bloc de l’Europe de l’Est ou encore celles d’un camp socialiste à l’échelle du monde.[19] Les communications pourront au contraire cibler des moments communs Est-Ouest valorisant un temps global qui affecte l’ensemble des sociétés, atténuant les spécificités nationales et/ou idéologiques. Dans une perspective complémentaire, elles pourront aussi questionner la possibilité d’un temps global Nord-Sud, par une réflexion qui pourra s’engager sur les rapports entre géographie et histoire en mobilisant les notions de post-colonial et de post-soviétique.[20]

Modalités de contribution

  • Les propositions de communication (un résumé d’environ 500 mots accompagné d’une courte bio-bibliographie) sont à envoyer

avant le 30 septembre 2021

à l’adresse suivante : je.temporalites@gmail.com

  • La sélection des propositions de communication se fera avant le 31 octobre 2021.
  • Les communications devront être transmises aux organisateurs pour le 10 janvier 2022 afin que les discutant.e.s puissent en prendre connaissance en amont.
  • Une attention particulière sera portée aux propositions de communications des jeunes chercheurs et chercheuses sans pour autant exclure d’autres candidats.

Comité d’organisation

  • Tatyana Shukan
  • Daria Sinichkina
  • Pierre-Louis Six

Comité scientifique

Les membres du conseil scientifique du GDRUS

  • Nicolas AUDE, Université Paris Nanterre
  • Vincent BENET, CEFR, Moscou
  • Olga BRONNIKOVA, ILCEA4, UGA
  • Françoise DAUCÉ, CERCEC, EHESS
  • Maroussia FERRY, EHESS
  • Catherine GÉRY, CREE, INALCO
  • Catherine GOURSSEFF, CNRS (CERCEC, CNRS/EHESS)
  • Luba JURGENSON, EUR’ORBEM, Université Paris-Sorbonne/CNRS
  • Emilia KOUSTOVA, GEO, Université de StrasbourgAnne LE HUÉROU, ISP, Université Paris Nanterre
  • Pascale MÉLANI, CLARE, Université Bordeaux 3
  • Etienne PEYRAT, Sciences Po Lille
  • Kathy ROUSSELET, CERI, Sciences Po Paris
  • Dany SAVELLI, CREATIS, Université Toulouse Jean-Jaurès
  • Tatyana SHUKAN, CERI, Sciences Po Paris

Notes

[1] Prost A., « Temps », in Delacroix C., F. Dosse, P. Garcia & N. Offenstadt, Historiographies II. Concepts et débats, Gallimard, Paris, 2010, p. 903.

[2] Sur la remise en question des périodisations canoniques et un bilan des travaux récents consacrés aux relectures de l’histoire de la littérature russe, voir Géry C. éd., Gogol avait huit ans… 1817 dans l’histoire de la littérature et des arts russes : un non-événement ?, Slavica Occitania, n°50, 2020.

[3] Rejtblat A., Kak Puškin vyšel v genii: Istoriko-sociologičeskie očerki o knižnoj kulʹture Puškinskoj èpoxi [Comment Puškin est devenu un génie : essais historico-sociologiques sur la culture livresque à l’époque de Puškin], NLO, Moscou, 2001, p. 5.

[4] A laquelle il faut ajouter, pour l’histoire de la littérature, le décalage dans les publications d’œuvres auparavant interdites, circulant clandestinement ou publiées à l’étranger.

[5] Gabovič M., Pamâtnik i prazdnik: ètnografiâ Dnâ Pobedy. [Le monument et la fête. Ethnographie du jour de la victoire], Nestor Istoriâ, Saint-Pétersbourg, 2020.

[6] Voir à ce sujet le dossier de la Revue d’études comparatives Est-Ouest « 20 ans après la disparition de l’URSS » coordonné par Daucé F. & Rousselet K. en 2011 et celui de la revue Temporalités « Temporalités et mutations du monde russe et post-soviétique » coordonné par Leclerc N. & Le Huérou A. en 2015.

[7] Hartog F., Chronos. L’Occident en prise avec le temps, Gallimard, Paris, 2020.

[8] Dubar C., « Du temps aux temporalités : pour une conceptualisation multidisciplinaire », Temporalités, 2014, N°20.

[9] Heurtin J-P et Trom D., « Se référer au passé », Politix, 1997, N°39. Voir à ce sujet l’article du volume de Luckmann T., « Les temps vécus et leurs entrecroisements dans le cours de la vie quotidienne ».

[10] Parmi les dernières publications sur le sujet, voir Depretto C., Pier J., Roussin P. (dir.), « Le formalisme russe cent ans après », Communications, n° 103, 2018, en particulier les contributions de Hansen-Löve A., Kubiček T. et Tomáš Glanc T., pp. 163-212.

[11] Voir sur ce sujet le travail pionnier de Hollier D., A New History of French Literature, Harvard, Harvard University Press, 1994.

[12] Waugh D.G., “How Might We Write a History of Reading in Pre-Eighteenth-Century Russia?”, in Rebecchini D., Vassena R. (eds), Reading Russia, Vol. 1, Milan, Universita degli Studi di Milano, Ledizioni, 2020, pp. 45-75.

[13] En plus du numéro spécial de Slavica Occitania consacré à l’année 1817, mentionné plus haut, nous renvoyons à la table ronde consacrée au XIXe siècle animée par Catherine Géry lors des Journées d’Études du GDRUS à Strasbourg, le 18 octobre 2019, en présence de Nicolas Aude, Rodolphe Baudin, Laetitia Decourt et Claire Delaunay.

[14] Desrosière A., La politique des grands nombres. Histoire de la raison statistique, La Découverte, Paris, 1983.

[15] Darmon M., Dulong D., Favier E., « Temps et pouvoir », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, 2019/1-2 (N° 226-227), pp. 6-15.

[16] Sur l’outil de maîtrise du temps que représentent les moyens de communication en Union Soviétique, voir Zakharova L., « Accéder aux outils de communication en Union soviétique sous Staline », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2013/2 (68e année), pp. 463-497.

[17] Bacot P., Douzou L., Honoré J-P, « Chrononymes. La politisation du temps », Mots. Les langages du politique, n°87, 2008, pp. 5-12 ; Kalifa D. (dir.), Les Noms d’époque. De “Restauration” à “années de plomb”, Gallimard, Paris, 2020.

[18] Koselleck R., Le futur passé. Contribution à la sémantique des temps historiques, Éditions de l’EHESS, Paris, 1990.

[19] Dans la continuité notamment des travaux de M. Todorova sur le nationalisme en Europe de l’Est et la construction d’une temporalité associée : Todorova M., « The Trap of Backwardness: Modernity, Temporality, and the Study of Eastern European Nationalism », Slavic Review, 2005/1 (N°64), pp. 140-164.

[20] Chari S. & Verdery K, « Thinking between the Posts: Postcolonialism, Postsocialism, and Ethnography after the Cold War », Comparative Studies in Society and History, 2009/1 (N° 51), pp. 6-34.

Places

  • 8, cours des Humanités, Aubervilliers - Campus Condorcet
    Paris, France (75)

Date(s)

  • Thursday, September 30, 2021

Keywords

  • temporalité, Empire russe, URSS, monde post-soviétique, temps perçu, temps vécu

Contact(s)

  • Tatyana Shukan
    courriel : tatyana [dot] shukan [at] gmail [dot] com

Information source

  • Tatyana Shukan
    courriel : tatyana [dot] shukan [at] gmail [dot] com

To cite this announcement

« À la recherche du temps perçu », Call for papers, Calenda, Published on Monday, July 12, 2021, https://calenda.org/896888

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