HomeTourism in the age of decolonisation

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Tourism in the age of decolonisation

Le tourisme à l'ère de la décolonisation

From interculturalist dogma to radical resurgence

Du dogme interculturaliste à la résurgence radicale

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Published on Thursday, July 15, 2021 by João Fernandes

Summary

À partir de la fin des années 1990, le paradigme postcolonial appliqué à la recherche en tourisme émanait principalement des relations issues de l’Empire britannique. Influencées par l’œuvre marquante d’Edward W. Said, Orientalism, (1979), ces analyses nous ont abondamment éclairés sur les problématiques identitaires et de représentation, mettant de l’avant le renouvellement des dualités et des relations inégales néocoloniales par le biais du tourisme. Que ce soit au sujet des Caraïbes, de l’Afrique du Sud, de Singapour, du Kenya ou de Hong Kong, ces analyses se sont étendues jusqu’à la mondialisation, l’expansion économique et les relations de dépendance centre–périphérie. Majoritairement appliquées dans le monde anglo-saxon, ces approches ont aussi dévoilé les systèmes et les discours occidentalocentriques, structurant non seulement la production et la consommation du tourisme, mais remettant aussi en question les fondements de la recherche, essentialisant et même caricaturant les cultures non européennes.

Announcement

Argumentaire

À partir de la fin des années 1990, le paradigme postcolonial appliqué à la recherche en tourisme émanait principalement des relations issues de l’Empire britannique. Influencées par l’œuvre marquante d’Edward W. Said, Orientalism, (1979), ces analyses nous ont abondamment éclairés sur les problématiques identitaires et de représentation, mettant de l’avant le renouvellement des dualités et des relations inégales néocoloniales par le biais du tourisme (Aitchison, 2001 ; Hall et Tucker, 2004). Que ce soit au sujet des Caraïbes, de l’Afrique du Sud, de Singapour, du Kenya ou de Hong Kong, ces analyses se sont étendues jusqu’à la mondialisation, l’expansion économique et les relations de dépendance centre–périphérie. Majoritairement appliquées dans le monde anglo-saxon, ces approches ont aussi dévoilé les systèmes et les discours occidentalocentriques, structurant non seulement la production et la consommation du tourisme, mais remettant aussi en question les fondements de la recherche, essentialisant et même caricaturant les cultures non européennes. Au-delà de la dénonciation des récits réducteurs de l’Occident, la relecture d’une seconde et d’une troisième vagues du postcolonialisme misait sur la voix populaire des femmes, des citoyens, des travailleurs et des autres groupes « subalternes » (Spivak, 1988), pour ensuite envisager les identités culturelles comme mouvantes, fluides, diasporiques, migratoires hybrides, et n’étant plus circonscrites par une dichotomie émanant du regard de l’Europe sur l’international (Appadurai, 1998 ; Canclini, 2001). L’ère de la décolonisation est à nos portes depuis que cette problématisation des identités essentiellement multiples et relationnelles (Bhabha, 1994) a pénétré les structures colonisatrices en déstabilisant les sources « géopolitiques » de production de la connaissance (Mignolo, 2002), et en imposant une imputabilité à nos institutions traditionnellement fondées sur la reproduction d’un statu quo colonial et épistémologique (Alfred, 2018).

Ces considérations et ces fondements théoriques dans les études en tourisme n’ont été que timidement effleurés dans la recherche en français. Pourtant, la France est vectrice d’un héritage colonial majeur et semble se soustraire au paradigme postcolonial par le « silence assourdissant » de l’exception française (Boukhris et Peyvel, 2019). Ce numéro de Téoros vise à relancer cette lacune et à faciliter cette rencontre entre les études touristiques francophones et anglo-saxonnes. Ici, la décolonisation ne s’objecte pas à la validité du savoir eurocentré, cherchant plutôt à diversifier les trajectoires et les relectures du savoir selon des « perspectives conscientes de leur historicité comme de leur situationalité », pour une restitution plus globale d’une réalité inachevée et partielle (Benessaieh, 2010). La population mondiale migrante en croissance, et présente dans de nombreuses économies nationales, met en scène, entre autres, le tourisme de diaspora reliant une communauté ethnique à une patrie ancestrale, comme dans le récent engouement nord- américain pour la route des esclaves au Ghana (Dillette, 2021) ou le développement du Black Travel Movement (Benjamin et Dillette, 2021). La réappropriation du discours sur soi dans les pratiques du tourisme revient aussi en force, notamment dans la trame identitaire palestinienne, dans un contexte de colonialisme de peuplement sioniste (Boer, 2020). Le tourisme peut-il être envisagé comme outil décolonial dans un contexte éducatif d’immersion, par exemple, où les savoirs et la résurgence autochtones sont ancrés dans des processus de restitution territoriale à travers la pédagogie de la terre ? Bien qu’il puisse être envisagé à partir de cette logique, le tourisme est aussi paradoxalement instrumental dans la dépossession territoriale de nations autochtones, tel que manifesté dans les conflits visant les terres ancestrales et non cédées Secwepemc et la construction de mégacentres de villégiature (Cooke, 2017).

La recherche et les auteurs autochtones ont par ailleurs grandement contribué à la pensée décoloniale ainsi qu’à l’avancement d’outils méthodologiques œuvrant à une transformation de l’intérieur (Tuck et Yang, 2012 ; Coulthard, 2014 ; Grimwood et al., 2019 ; Kovach, 2019). En plus d’établir les contours d’un colonialisme contemporain, ces travaux transforment le récit en favorisant la création d’espaces sécuritaires à travers de nouvelles approches épistémologiques. Ce dossier cherche donc à mobiliser ces rapports de force à travers une recherche en tourisme engagée et à visée émancipatrice, offrant une contre-narration critique et autoréflexive, engageant une sensibilité cosmopolitique, encourageant des approches théoriques critiques et misant sur des méthodologies émanant de multiples ancrages épistémiques, et contribuant ultimement à penser le tourisme à travers la matrice décoloniale.

Axes thématiques

Sans s’y limiter, les textes peuvent porter sur :

  • La pluralisation du regard touristique, des perspectives et des expériences inversées

  • La réappropriation d’identités et d’altérités contemporaines

  • Le tourisme diasporique ou de racine

  • La diversité culturelle et linguistique dans le tourisme domestique

  • Les approches théoriques du colonialisme de peuplement, de la Critical Race Theory ou autre

  • La recherche engagée, les approches réflexives, les récits auto-ethnographiques, les méthodologies autochtones

  • Le tourisme comme outil décolonial, de réparation, de paix, de réconciliation, de rapatriement, de meilleur partage

  • Le tourisme et les revendications territoriales

  • Le Black Travel et autres mouvements

Toute autre question reliée à la thématique

Conditions de proposition

Les auteur·e·s doivent faire parvenir un manuscrit rédigé en français ou en anglais présenté selon les règles de la revue, disponibles au : https://journals.openedition.org/teoros/168

Les textes soumis, en format Word (pas de PDF), doivent avoir de 7000 à 8000 mots.

Chaque article doit inclure :

a) les nom et prénom de tous les auteur·e·s (maximum trois) ;

b) leur titre principal et leur affiliation (une seule) ;

c) leurs adresses, électronique (courriel) et postale ;page2image53151424

d) un résumé́ de 150 à 200 mots (maximum) en français et en anglais ; e) l’identification de la ou des disciplines d’étude ;f) une liste des mots clés (maximum de 5).

Le lectorat de Téoros est international. Les auteur·e·s sont invité·e·s à tenir compte de cette réalité dans la présentation de leurs cas d’étude afin de les rendre accessibles aux lecteur·rice·s peu familiarisés avec la destination étudiée.

Illustrations

Les auteur·e·s sont invité·e·s à fournir 3 ou 4 illustrations de haute résolution (300 dpi), libres de droits, et à indiquer clairement la légende de la photo et le nom du photographe.

Originalité de l’étude

Les manuscrits soumis pour publication dans Téoros doivent apporter une contribution scientifique originale. Les auteur·e·s restent responsables du contenu et des opinions exprimés ainsi que de l’exactitude des données et des références bibliographiques.

Pour plus d’information, consultez les documents suivants :

Politique de rédaction : https://journals.openedition.org/teoros/168

Règles de soumission des manuscrits : https://journals.openedition.org/teoros/4424

La date limite pour soumettre un résumé est le 15 octobre 2021. La date limite pour soumettre un texte est le 15 février 2022

Les propositions de résumés et de textes doivent être adressées à la revue : teoros@uqam.ca

Prière d’inscrire « Tourisme et décolonisation » dans la ligne de l’objet.

La revue Téoros reconnaît le soutien du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (programme d’aide aux revues savantes), du Fonds de recherche du Québec Société et Culture (programme d’aide aux publications scientifiques), de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal, de son Département d’études urbaines et touristiques et son Centre de recherche sur la ville.

Coordination du numéro

Alexandra Arellano, professeure agrégée, Facultédes sciences de la santé, Université d’Ottawa

Directeur

Dominic Lapointe, professeur, Université du Québec à Montréal

Corédacteur en chef

Mohamed Reda KHOMSI, professeur, Université du Québec à Montréal

Corédacteur en chef

Romain ROULT, professeur, Université du Québec à Trois-Rivières

Date(s)

  • Friday, October 15, 2021

Keywords

  • tourisme, décolonisation, recherche, post-colonialisme

Contact(s)

  • Teoros Teoros
    courriel : teoros [at] uqam [dot] ca

Reference Urls

Information source

  • Gwenaëlle Reyt
    courriel : teoros [at] uqam [dot] ca

To cite this announcement

« Tourism in the age of decolonisation », Call for papers, Calenda, Published on Thursday, July 15, 2021, https://calenda.org/898080

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