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Learning situations and language inequalities

Situations d’apprentissage et inégalités langagières

Langues et usages journal, no.6

Revue « Langues et usages », n° 6

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Published on Monday, July 19, 2021 by João Fernandes

Summary

Le numéro 6 de la revue Langues et usages s'intéresse aux situations d'apprentissage et aux inégalités langagières. Ce numéro de Langues et usages vise ainsi à renouveler et prolonger la réflexion sur ce que peut recouvrir et représenter aujourd’hui la formule langue de scolarisation, dans le monde scolaire, dans le premier comme dans le second degré, et plus largement sur les interactions langagières en contexte scolaire ou universitaire, dans une acception large qui peut être saisie à partir de ce qu’en disent les acteurs ou les usagers (enseignants, apprenants, formateurs, partenaires institutionnels, parents etc.), mais aussi dans les pratiques, les productions diverses des uns et des autres, et qui sont susceptibles de traduire des conceptions diverses du rôle de la langue et de ses usages dans les apprentissages et dans la formation à l’université, dans différents contextes.

Announcement

Coordination du numéro

Numéro coordonné par

  • Pr. Catherine DELARUE-BRETON
  • Dr. Lahlou BELKESSA

Institutions partenaires

  • Laboratoire DyLis
  • Université de Rouen Normandie (France)
  • Université de Bejaia (Algérie)

Présentation

Au-delà d’être l’objet politique ou moral, qu’elle a été longtemps, la question des inégalités est aujourd’hui un objet scientifique complexe, et les recherche qui travaillent la relation entre inégalités sociales et inégalités d’apprentissage, notamment, gagnent à aller au-delà des cloisonnements disciplinaires ; elles requièrent, pour être mieux comprises, des approches plurielles, aussi bien multiréférentielle ou pluridisciplinaires que multiscalaires. Les différentes acceptions que recouvre la notion d’inégalité, la diversité des approches qui permettent de l’appréhender, et la variété des positionnements théoriques qui sous-tendent son étude témoignent de son importance dans le champ des sciences sociales, et de la vivacité du débat qu’elles suscitent au sein de la communauté scientifique (Page, 2005 ; Bautier & Rayou, 2009 ; Duru-Bellat & Van Zanten, 2009 ; Rochex & Crinon, 2011 ; Lahire, 2021).

Le rôle que jouent aussi bien la langue que ses usages dans l’appropriation des savoirs scolaires, et donc dans l’accroissement ou au contraire dans la réduction des inégalités à l’école est par ailleurs bien connu (notamment Bautier, 2001 ; Bautier & Goigoux, 2004 ; Jaubert & Rebière, 2004 ; Delarue-Breton, 2012), et même reconnu par l’institution scolaire dans certains pays comme la France (par exemple MEN France 2015). Pour autant, sur le terrain, les difficultés persistent, et nous formulons l’hypothèse que cet état de fait est en partie lié à une forme de segmentation des savoirs produits par la recherche depuis une vingtaine d’années dans ce domaine, qui conduit les uns à mettre l’accent sur les droits linguistiques de l’enfant (Encrevé, 2008), ou de l’élève (Alby & Léglise, 2014), notamment en contexte plurilingue, et sur le respect qui lui est dû en tant que sujet singulier dans son rapport au langage  – on pourrait parler ici de droits langagiers – tandis que les autres montrent le risque qu’il y a à négliger l’implication des élèves dans les usages littératiés de la langue, usages qui ne leur sont pas nécessairement familiers (Delarue-Breton & Bautier, 2021). Cependant, ces deux types de travaux, bien que focalisés pour les premiers sur l’élève en tant que sujet porteur d’une histoire langagière, et pour les seconds sur l’élève en tant que sujet apprenant dans le langage, ont, malgré la divergence de leurs centres d’intérêt, pour caractéristique commune de mettre en question une conception simultanément monolingue, mononormée et normalisante de l’école, qui s’avère non seulement éloignée des usages des élèves, mais encore peu propice aux apprentissages langagiers qui visent l’appropriation de concepts ou de notions inscrites dans les disciplines scolaires (Doualeh, 2021).

Le numéro 35 de la revue Glottoppol (Delarue-Breton & Bautier, 2021), qui portait déjà sur cette problématique des usages scolaires de la langue, s’est focalisé sur les conceptions de la langue et de ses usages véhiculés dans la sphère scolaire, et en particulier sur les normes linguistiques ou langagières qui s’y déploient. Le postulat qui découle de ce dossier est que la notion de langue de scolarisation, et ce qu’elle recouvre pour les acteurs de l’école, comme pour les usagers, pourrait faire l’objet de nouvelles investigations, afin de mieux comprendre ce qui fait que les difficultés persistent pour une partie des élèves, alors que de nombreux travaux, d’approches diverses, étudient depuis plus de vingt ans ces questions d’appropriation langagière. La notion de langue de scolarisation, qui renvoie aussi bien à la dimension linguistique (par exemple en contexte plurilingue), qu’à la dimension langagière (quand il s’agit d’acquérir des usages spécifiques) semble en effet employée aujourd’hui dans deux acceptions différentes. La première renvoie « aux usages de la langue impliqués dans les apprentissages disciplinaires » (Delarue-Breton & Bautier, 2021 : 6), usages qui relèvent de la normativité, entendue comme garante de la construction de catégories de pensées. Tandis que l’autre acception renvoie à une langue mononormée qui relève plutôt de la normalisation, entendue ici comme une imposition sociale et ce faisant, arbitraire (Cornu, 2009). Au-delà de la scolarité primaire et secondaire, ces questions sur les normes langagières – normalisantes ou normatives – peuvent se poser dans les mêmes termes en ce qui concerne les attendus à l’université ; on ne parlera pas dans ce cas de langue de scolarisation, mais plutôt d’usages académiques de la langue, pour lesquels on recense encore peu de travaux dans le monde francophone, en particulier sur le rôle des interactions langagières pour apprendre dans le supérieur, et sur ce qui est attendu des étudiants de ce point de vue.

Ce numéro de Langues & usages vise ainsi à renouveler et prolonger la réflexion sur ce que peut recouvrir et représenter aujourd’hui la formule langue de scolarisation, dans le monde scolaire, dans le premier comme dans le second degré, et plus largement sur les interactions langagières en contexte scolaire ou universitaire, dans une acception large qui peut être saisie à partir de ce qu’en disent les acteurs ou les usagers (enseignants, apprenants, formateurs, partenaires institutionnels, parents etc.), mais aussi dans les pratiques, les productions diverses des uns et des autres, et qui sont susceptibles de traduire des conceptions diverses du rôle de la langue et de ses usages dans les apprentissages et dans la formation à l’université, dans différents contextes.

Il s’intéresse plus particulièrement à ce qui peut, au plan langagier, faire – ou non – rupture pour les élèves ou pour les étudiants lors de moments de transition dans la carrière scolaire ou universitaire, et notamment lors de l’accès à de nouveaux moments du cursus (entrée à la maternelle, passage à l’élémentaire, au collège, au lycée, entrée à l’université, changement de cycle universitaire). Donahue (2001), à la suite de Pratt et Bizel, parle de zone de contact pour évoquer « une zone d’interactions, un site de rencontre des diverses priorités langagières, conventions académiques et nouvelles façons de voir le monde ». La formule zone de contact renvoie à la fois aux tensions possibles entre les éléments mis en contact, comme dans la notion de contact de langues, mais aussi à la dynamique susceptible de naitre de cette confrontation des usages langagiers. L’accès à de nouveaux moments du cursus scolaire ou universitaire apparaît donc susceptible de conduire à autant de zones de contacts pour l’apprenant, qu’il paraît intéressant d’investiguer.

Il vise également à faire le point sur un certain nombre de controverses en la matière, par exemple entre des approches qui s’intéressent à des formes de pédagogies explicites ou plus explicites d’une part, qu’il s’agisse de direct instruction comme au Canada (par exemple Gauthier et al., 2007) ou de lisibilité des enjeux des situations d’apprentissage, comme en France, (par exemple Rayou, 2018), et d’autres approches qui sont marquées au contraire par une certaine volonté de réduire l’usage du métalangage comme en Algérie, laissant par conséquent une grande part à l’implicite, que ce soit au niveau des finalités de l’éducation (Maouche et Makhloufi, 2019) ou dans la formulation des objectifs pédagogiques (Bourekhis, 2016), des consignes dans les manuels ou dans les sujets d’examen (Gorine, 2014; Abdeldjelil, 2015; Karek, 2019) et des compétences à installer chez les élèves (Belgherras, 2012).

L’objet de ce numéro n’est pas de s’inscrire dans l’une ou l’autre approche, mais bien de tenter de les faire dialoguer, ou de les aborder dans une perspective cumulative.

Axes de travail

Les contributions attendues (textes théoriques ou études empiriques, études de cas, analyses de documents pédagogiques, documents de cadrages, dans des approches qualitatives ou quantitatives) pourront se répartir dans les axes suivants :

  1. L’entrée à la maternelle
  2. L’entrée à l’école élémentaire
  3. L’entrée au collège et au lycée
  4. L’entrée à l’université (licence)
  5. L’entrée dans le monde de la recherche (master/doctorat)

Dates importantes

  • Date limite d’envoi des articles complets : 15 mars 2022

  • Envoi des avis des évaluateurs aux auteurs : 1 juillet 2022
  • Date limite de remise des versions définitives :  30 août 2022
  • Publication prévue du numéro en décembre 2022

Les articles sont à envoyer à l’adresse suivante :

Via la plateforme ASJP à l’adresse : https://www.asjp.cerist.dz/en/PresentationRevue/618

Le guide de soumissions des articles via ASJP est disponible à l’adresse suivante : http://univ-bejaia.dz/leu/asjp.html

Le protocole de rédaction est disponible à l’adresse suivante : http://univ-bejaia.dz/leu/protocole-de-rédaction.html

Pour plus d’informations, contactez-nous à : languesetusages@gmail.com

Références bibliographiques

ABDELDJELIL, A-S. (2015). La formulation de la consigne écrite : source d’échec à l’épreuve de français à l’examen de fin du cycle primaire ? الخطاب والتواصل 1, pp. 29-46 [En ligne] : https://www.asjp.cerist.dz/en/article/69817

ALBY, S., LÉGLISE, I. (2014). Politiques linguistiques éducatives en Guyane. Quels droits linguistiques pour les élèves allophones ? Dans I. Nocus, J. Vernaudon, M. Paia. Apprendre plusieurs langues, plusieurs langues pour apprendre : l’école plurilingue en Outre-mer, Presses Universitaires de Rennes, pp.271-296. [En ligne] : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00990950

BAUTIER, É. (2001). Pratiques langagières et scolarisation, Revue française de pédagogie,137, p.117-161.

BAUTIER, É. (2006) (dir.). Apprendre à l’école, apprendre l’école : des risques de construction d’inégalités dès la maternelle. Lyon : Éd. de la Chronique sociale.

BAUTIER, É. & GOIGOUX, R. (2004). Difficultés d’apprentissage, processus de secondarisation et pratiques enseignantes : une hypothèse relationnelle, Revue française de pédagogie, 148, p.89-100.

BAUTIER, É. & RAYOU, P. (2009). Les inégalités d’apprentissage. Programmes, pratiques et malentendus scolaires. Paris: Presses Universitaires de France.

BELGHERRAS A. صياغة الكفاءات بين البرنامج والكتاب المدرسي للسنة الثانية فلسفة من التعليم الثانوي. كرّاسات المركز 12. pp.43-57. [En ligne] : https://cahiers.crasc.dz/pdfs/n_21_belgheras_arabe.pdf

BIHR, A. et PFEFFERKORN, R. (2008), Le système des inégalités. La Découverte, coll. « Repères Sociologie ».

BOUREKHIS, M. (2016). Le manuel scolaire algérien de FLE au secondaire : D’une conception consciente à une utilisation responsable. Thèse de doctorat. Université Batna 2. 

CORNU, L. (2009). Normalité, normalisation, normativité : pour une pédagogie critique

et inventive, Le Télémaque, 36, p.29-44.

DELARUE-BRETON, C. (2012). Discours scolaire et paradoxe, Louvain : Academia-L’Harmattan.

DELARUE-BRETON, C. & BAUTIER, É. (2021). La langue à l’école, de l’institution à la classe : quelles conceptions, quelles normes, pour quels usages ? Glottopol, 35. [En ligne] : http://glottopol.univ-rouen.fr/numero_35.html

DONAHUE, C. (2001). Effets de l’écrit sur la construction du sujet textuel à l’université, Spirale, 28, p.75-108.

DOUALEH, S. AM (2021).  Le français langue de l’école djiboutienne ou l’hégémonie de la norme exogène.  Glottopol, 35, 79-92.

DURU-BELLAT, M. & VAN ZANTEN, A. (2009). Sociologie du système éducatif : les inégalités scolaires, Paris : Presses universitaires de France.

FELOUZIS G., (2000). Repenser les inégalités à l’université. Sociétés contemporaines, 38,

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GAUTHIER C., BISSONNETTE S., RICHARD M. (2007). Chapitre 7, l’enseignement explicite, dans V. Dupriez et G. CHAPELLE, Enseigner, Paris, PUF, p. 107-116. [En ligne] : http://www.formapex.com/telechargementpublic/gauthier2007c.pdf

GORINE, M.(2014). Implication de la consigne scolaire dans l’évaluation certificative cas de l’épreuve de fin cycle primaire. مجلة علوم الإنسان والمجتمع V. 3, N. 3, pp: 21-58.  [En ligne] : https://www.asjp.cerist.dz/en/article/48242

JAUBERT, M. & REBIÈRE, M. (2004). Quelques fonctions de l’activité langagière en français. Actes du 9è colloque de l’AIRDF. Québec, 26-28 aout. [Disponible en ligne] : http://www.colloqueairdf.fse.ulaval.ca/fichier/Symposium_Bernie/Jaubert-Rebiere.pdf

KAREK, M. (2019). L’acquisition de la compétence lexicale à l’école moyenne en Algérie : problèmes liés aux consignes. Synergie Algérie  n° 27. pp. 15-31. [Disponible en ligne] : https://gerflint.fr/Base/Algerie27/karek.pdf

LAHIRE, B. (2021). Culture écrite et inégalités scolaires : sociologie de l’« échec scolaire » à l’école primaire. Lyon : Presses universitaires de Lyon.

MAOUCHE, A-H, et MAKHLOUFI A. (2019). المنهاج المعلن والمنهاج الخفي، بين الصراع والتكامل وتحدياتهما في بناء شخصية المتعلم الجزائري. In, مجلة البحوث التربوية والتعليمية V8, N 2. pp. 93-124.  [En ligne] : https://www.asjp.cerist.dz/en/article/104889

M.E.N. MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE ET DE LA JEUNESSE – RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, 2015, « Programmes d’enseignement du cycle des apprentissages fondamentaux (cycle 2), du cycle de consolidation (cycle 3) et du cycle des approfondissements (cycle 4) », Bulletin Officiel Spécial 11 du 26 novembre 2015.

PAGE, L. (2005). Des inégalités sociales aux inégalités scolaires. Choix éducatifs et prospect theory. Revue économique, 56, p.615-623.

RAYOU P. (2018). Pédagogie explicite. Recherche & Formation, 87, p.97-107. [En ligne] : https://www.cairn.info/revue-recherche-et-formation-2018-1-page-97.htm

ROCHEX, J.-Y. & CRINON J. (2011). La construction des inégalités scolaires. Rennes : Presses Universitaires de Rennes.

 


Date(s)

  • Tuesday, March 15, 2022

Attached files

Keywords

  • situations d'apprentissage, langues de scolarisation, inégalités langagières, éducation, langues et usages

Contact(s)

  • Soufiane Lanseur
    courriel : languesetusages [at] gmail [dot] com

Reference Urls

Information source

  • Soufiane Lanseur
    courriel : languesetusages [at] gmail [dot] com

To cite this announcement

« Learning situations and language inequalities », Call for papers, Calenda, Published on Monday, July 19, 2021, https://calenda.org/899154

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