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Calenda - The calendar for arts, humanities and social sciences

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Published on Tuesday, October 12, 2021 by Lucie Choupaut

Summary

Depuis 2020, la crise sanitaire liée à la pandémie de covid-19 nous a exposé·es aux précarités au niveau à la fois économique, physique et social, mais également nous a montré la fragilité de la vie humaine. Les restrictions de mobilité imposées pour contrôler la pandémie ont entraîné une baisse de la délinquance au niveau mondial, mais certaines mesures restrictives nous ont également exposé-es à d’autres genres de violence : celles contre le corps des femmes, contre la population LGBTQIA+, les personnes racisées, les migrants, etc. À partir des statistiques qui montrent l’augmentation des violences de genre et des formes de précarité sur les corps fragilisés par la pandémie de covid-19, nous vous invitons à réfléchir avec nous sur ces sujets à l’occasion de cette journée d’études.

Announcement

Argumentaire

Depuis 2020, nous vivons les conséquences de la pandémie de Covid-19. Cette crise sanitaire nous a exposé-es aux précarités au niveau à la fois économique, physique et social, mais également nous a montré la fragilité de la vie humaine. Nous partageons donc collectivement la peur liée à l’incertitude de l’avenir.

Étant donné que des restrictions de mobilité ont été imposées afin de contrôler la pandémie, nous avons pu constater une baisse de la délinquance au niveau mondial. Cependant, certaines mesures restrictives nous ont également exposé·es à d’autres genres de violence : celle contre le corps des femmes, contre la population LGBTQIA+, les personnes racisées, les migrants, etc.

Les violences conjugales ont augmenté considérablement pendant le confinement, car les victimes ont été obligé-es de rester confiné·es avec leurs agresseurs. Les personnes SDF, les migrants en situation irrégulière, les travailleurs précarisés, les personnes âgées, handicapées et les enfants ont été également touché·es par la pandémie. La Covid 19 est là pour nous rappeler notre fragilité en tant qu’individus. Elle met d’ailleurs en évidence la question des inégalités sociales, car nous ne vivons pas le confinement tous de la même façon.

Judith Butler, philosophe américaine, analyse la dimension politique de la vulnérabilité qui touche la vie des gens considérés comme « jetables ». Dans le livre Rassemblement, elle fait une critique du libéralisme par rapport à la croyance qui pense que les gens précaires sont les uniques responsables de leur état de vulnérabilité sociale, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas le droit à une vie vivable. Selon elle, le système capitaliste met en évidence le fait que certains ont le droit d’apparaître dans un espace et d’autres sont destinés à l’invisibilité d’une vie précaire.

Dans la société patriarcale, la femme occupe une place hiérarchiquement inférieure à celle de l’homme, car les relations sont asymétriques. Elle est la responsable du soin des autres et du monde domestique, car son corps est destiné à la vie privée. C’est à elle de s’occuper des enfants, du mari, de la maison et également d’avoir des professions qui sont encadrées dans les métiers du soin.

À partir des statistiques qui montrent l’augmentation des violences de genre et des formes de précarité sur les corps fragilisés par la pandémie de Covid-19, nous vous invitons à réfléchir avec nous sur ces sujets à l’occasion de la journée d’études « Les violences de genre et les corps précarisés par la covid-19 ». Les axes sont les suivants :

  1. La violence conjugale en temps de crise sanitaire
  2. Les personnes LGBTQIA+ en temps de crise sanitaire
  3. Les métiers dits du care en temps de crise
  4. Les violences de genre en temps de crise (sanitaire, politique, économique, identitaire) de Trump à Bolsonaro.
  5. Propositions pour un avenir pos-covid-19 

Ce colloque aura lieu par zoom à travers une initiative qui encourage le débat académique / terrain. On aura donc des exposés menés par les chercheures et par les associations.

Il se déroulera du 16 décembre au 17 décembre 2021.

Modalités de participation

Les propositions de communication (300 mots maximum) sont à renvoyer avant le 31 octobre à l’adresse suivante : jeviolencesdegenrecovid@gmail.com

Une réponse sera donnée le 15 novembre.

Les communications peuvent être présentées en anglais, espagnol, français ou portugais, cependant la publication sera en français.

Le résultat du colloque sera publié en un livre collectif open access.

Organisation

  • Clara Guimarães Santiago – claragui@gmail.com (EFiGiES/LCSP)
  • Lucie Mezuret - lucie.mezuret@hotmail.fr (EFiGiES/LCSP).

Ce colloque est une initiative EFiGiES avec la collaboration du laboratoire du changement social et politique (LCSP/université de Paris), des Éditions des archives contemporaines et financé par le Ministère français de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (MESRI).

Soutien académique

Maryvette Balcou-Debussche, professeure émérite de l'université de la Réunion.

Références bibliographiques

Avril Christelle, Les aides à domicile : Un autre monde populaire, La Dispute, 2014.

Butler, Judith. Rassemblement. Fayard, 2016.

Butler, Judith. "Ce qui fait une vie. Essai sur la violence, la guerre et le deuil." Lectures, Les rééditions, 2010.

Cingolani Patrick, La précarité, PUF, Paris, 2017.

Gadrey, Jean, Les relations de service et l’analyse du travail des agents, Sociologie du travail, 1994.

Guérin, Isabelle. Femmes et économie solidaire. La Découverte, 2010.

England Paula, Nancy Folbre, “The Cost of caring”, Sage journals, 1999.

Fellay Angélique, « La dimension relationnelle des métiers de service : cache-sexe ou révélateur du genre ? », Université de Lausanne, 2010.

Hirschman Albert O, Exit, Voice and Loyalty: Responses to Decline in Firms, Organizations and States, Harvard University Press, 1970.

Hochschild Arlie, The Managed Heart: Commercialization of Human Feeling, University of California Press, 1983.

Krenak, Ailton. Ideias para adiar o fim do mundo. São Paulo: Companhia das Letras, 2019.

Malochet Guillaume, La féminisation des métiers et des professions. Quand la sociologie du travail croise le genre, Sociologie Pratique, 2007.

Maruani Margaret, Travail et emploi des femmes, La découverte, 2017.

Maruani Margaret (Dir.), Femmes, genre et sociétés : L’état des savoirs, TAP/Hors-Série, 2005.

Maruani Margaret (Dir.), Je travaille, donc je suis : Perspectives féministes, Recherches, 2018.

Nakano Glenn Evelyn, “From Servitude to Service Work: Historical Continuities in the Racial Division of Paid Reproductive Labor, University of Chicago Press”, 1992.

Spivak, Gayatri Chakravorti. Les subalternes peuvent-elles prendre la parole ? Paris : Amsterdam, 2009. 

Places

  • Paris, France (75)

Event format

Full online event


Date(s)

  • Sunday, October 31, 2021

Keywords

  • violences de genre, féminisme, études de genre, covid-19, politique du care, philosophie politique, sociologie

Contact(s)

  • Lucie Mezuret
    courriel : lucie [dot] mezuret [at] hotmail [dot] fr
  • Clara Guimaraes
    courriel : claragui [at] gmail [dot] com

Reference Urls

Information source

  • Clara Guimaraes
    courriel : claragui [at] gmail [dot] com

To cite this announcement

« Les violences de genre et les corps précarisés par la covid-19 », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, October 12, 2021, https://calenda.org/920923

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