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C’est carnaval !

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Approches politiques du carnaval

The politics and policy of Carnival

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Publié le mercredi 20 octobre 2021 par Lucie Choupaut

Résumé

Le centre interdisciplinaire TRANSFO (Research center for social change, université libre de Bruxelles) organise une conférence de deux jours sur les dynamiques politiques qui traversent les carnavals contemporains. La conférence est destinée aux chercheurs et chercheuses juniors et seniors, issus des disciplines suivantes : sociologie politique, plus spécifiquement centrée sur l’étude des mouvements sociaux et de l’artivisme ; anthropologie politique ; études festives ; sociologie urbaine ; études des politiques publiques ; histoire et géographie sociale.

Annonce

Argumentaire

Cette conférence se propose d’interroger les dynamiques politiques qui traversent les carnavals contemporains, s’inscrivant ainsi dans une longue tradition d’échanges interdisciplinaires autour des dimensions politiques du carnaval (Biringanine, 2010 ; Godet, 2020). Plus spécifiquement, l’ambition de cette conférence est d’approfondir notre compréhension du carnaval comme acte ou pratique « politique » d’une part, et du carnaval comme instrument de politique publique d’autre part. L’objectif de cet évènement est également de réfléchir aux interconnections entre les différentes dimensions politiques du carnaval, à partir de contextes d’études variés et situés.

Axe 1. Le carnaval comme acte politique

La première dimension, qui s’intéresse au carnaval comme acte politique, réfère au processus ascendant (bottom-up) à partir duquel les individus ou les collectifs s’emparent du carnaval comme d’une modalité de politisation, d’expression politique ou encore d’action politique. Cette dimension politique du carnaval trouve un ancrage dans le travail fondateur de Bakhtine (1982) et de ses interprètes ultérieurs (Godet, 2020, pp. 6–9) selon lesquels le carnavalesque constitue une ressource potentielle de résistance, de subversion ou encore de rébellion. Ainsi, les stratégies carnavalesques sont déployées afin de tourner en dérision, de défier ou encore de contester les normes dominantes et le pouvoir en place et, dans le même mouvement, il s’agit aussi d’une manière d’affirmer une identité collective distincte (Arnaud, 2020 ; Arnaud and Sala Pala, 2005 ; Baldini, 2016 ; Deharbe and Maccagnan, 2008 ; Mathieu and Balasinski, 2006 ; Sombatpoonsiri, 2016). Les carnavals sont également mobilisés comme une ressource permettant aux minorités de rendre visible et de politiser un conflit latent (Salzbrunn, 2011 ; Sergidou, 2020). On peut alors se demander quels sont les aspects spécifiques du carnavalesque qui amènent à la réaction ou à la mobilisation ? Dans quelle mesure et dans quelles circonstances les carnavals conduisent à un réel changement politique ? Dans quelle mesure encore la participation au carnaval affecte les participant.e.s sur le long terme, en tant qu’individu et/ou que collectif ?

Axe 2. Le carnaval comme instrument de politique public

La seconde dimension, celle du carnaval comme instrument de politique publique, réfère à l’approche descendante (top-down) et désigne le processus au travers duquel les autorités publiques ou privées utilisent le carnaval comme un mode de gouvernance, poursuivant ainsi des objectifs divers, plus ou moins formulés de manière explicite : contrôler et contenir la contestation, renforcer la cohésion sociale, construire ou préserver une mémoire collective, ou encore promouvoir l’ethos de la ville (Arnaud, 2010 ; Delorme, 2020 ; Ferdinand and Williams, 2018 ; Raziano, 2019 ; Sabev, 2003). Cette conception s’inscrit dans le sillage des travaux de Gluckman (1954) lorsqu’il analyse la fonction des rituels publics, comme autant de « soupape de sécurité » assurant la stabilité des élites sociales et politiques en place (Godet, 2020, p. 9). On peut alors se demander quelle est la réalité de l’usage des carnavals comme instrument de politique publique ? Dans quelle mesure les discours des élites locales, la mise en œuvre d’actions publiques et les effets de ces actions concordent ou diffèrent ? Quelles sont les conséquences des différents types de carnavals sur le développement urbain, sur la réputation des villes en question ainsi que sur la perception publique de ce type de festivités régulées ?

Axe 3. Micro et macro politiques du carnaval

Et enfin, la conférence entend fournir des perspectives sur l’interconnexion entre les dimensions micro et macro politiques du carnaval. Cette relation peut prendre plusieurs formes (Arnaud, 2008 ; Chouitem, 2017 ; Cunegatto, 2020), comme la médiation, la négociation, la contention ou encore le clash. Mais dans quelle mesure la nature de ce jeu d’échelle complexe varie selon le temps et l’espace ? Dans quelle mesure cette relation dépend-t-elle des contextes sociaux, économiques, politiques ou institutionnels ? Quelles sont les idées/valeurs qui interviennent dans la définition et la dynamique de cette relation ? Le retrait récent du Carnaval d’Alost de la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO pour cause d’antisémitisme (Fournier and Giancristofaro, 2020), illustre bien ce type d’enjeux contemporains.

Cette conférence réunira des contributions portant autant sur le carnaval comme acte politique que comme instrument de politique publique, et également des contributions articulant ces deux approches. Cette conférence accueillera la présentation d’études de cas ou d’explorations comparatives, depuis des perspectives disciplinaires et méthodologiques diverses. Si les approches ancrées empiriquement seront privilégiées, les contributions plus spécifiquement conceptuelles et théoriques seront également considérées. Enfin, cette conférence souhaite réunir des contributions qui reflètent la diversité des formes festives et carnavalesques contemporaines en Belgique mais aussi à l’international, sans aucune limite géographique.

Modalités de soumission

Les propositions (250 mots) sont à envoyer à transfo@ulb.be pour le 10 novembre 2021.  

Les participant·e·s seront informés de leur admission le 20 novembre 2021 au plus tard. Les contributions peuvent être soumises et présentées en français ou en anglais.

Comité d'organisation

  • Fanny Arnulf, université libre de Bruxelles
  • Caroline Close, université libre de Bruxelles
  • Manon Istasse, centre culturel Eden et université libre de Bruxelles
  • Maité Maskens, université libre de Bruxelles
  • Marco Martiniello, université de Liège
  • Elodie Verlinden, université libre de Bruxelles

Lieux

  • Charleroi, Belgique (6000)

Format de l'événement

Événement uniquement sur site


Dates

  • mercredi 10 novembre 2021

Mots-clés

  • carnaval, festivité, résistance, politique publique, fête

Contacts

  • Elodie Verlinden
    courriel : elodie [dot] verlinden [at] ulb [dot] be

URLS de référence

Source de l'information

  • Maïté Maskens
    courriel : Maite [dot] Maskens [at] ulb [dot] be

Pour citer cette annonce

« C’est carnaval ! », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 20 octobre 2021, https://calenda.org/923748

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