HomeArt(s) and migration(s) in the Americas (1940 to the present day): dissonance, cracks, and fringes

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Art(s) and migration(s) in the Americas (1940 to the present day): dissonance, cracks, and fringes

Art(s) et migration(s) dans les Amériques (de 1940 à nos jours) : dissonances, fissures, marges

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Published on Thursday, October 21, 2021 by Sarah Zingraff

Summary

Le colloque international « Art(s) et migration(s) dans les Amériques et les Caraïbes (de 1940 à nos jours) : dissonances, fissures et marges » fait suite au séminaire « Les arts dans les Amériques et les Caraïbes » qui se déroule actuellement et ce jusqu’en janvier 2022. Il trouve sa source dans un projet d’exposition qui met à l’honneur la gravure cubaine et les artistes-graveurs formés à l’Instituto Superior de Arte (ISA) et plus exactement au sein du Taller Experimental de Grabado de la Habana. Il s’agit d’un colloque international où la dimension transaméricaine est mise à l’honneur.

Announcement

Argumentaire scientifique

Ce colloque international trouve sa source dans un projet d’exposition qui met à l’honneur la gravure cubaine et les artistes-graveurs formés à l’Instituto Superior de Arte (ISA) et plus exactement au sein du Taller Experimental de Grabado de la Habana. C’est pourquoi, il a semblé intéressant pour le comité scientifique de prendre comme point de départ des « marqueurs » de l’histoire culturelle et politique de Cuba afin de construire la thématique générale et les axes de ce colloque.

Le premier des marqueurs choisis concerne le caractère hybride de la société cubaine. Le fait de la penser comme telle a été développé à travers le concept de transculturation par l’anthropologue cubain Fernando Ortiz à la fin des années 1930. Dans une certaine mesure, son approche a ouvert la voie à la pensée post-coloniale inspirant une redéfinition de l’identité dans les Amériques. Par ce terme, Fernando Ortiz cherchait à souligner le phénomène de « transmutations constantes » de la culture cubaine et à plus large échelle de celle des Amériques (J. Lamore, 1992, p. 6). En effet, l’identité américaine est sans cesse questionnée et questionnable au regard de l’hétérogénéité du continent et de l’accaparement du concept pour désigner les habitants des Etats-Unis (Z Bernd, 2005, p. 13). Pourtant, c’est bien le phénomène de la « transformation de fragments d’autres imaginaires » qui caractérise le continent puisque, sur ses territoires, dans ses histoires et au sein de ses sociétés, se déroule une perpétuelle prolifération et une voracité, dans le sens d’ouverture à la réception d’influences, et une capacité à récupérer des restes, des vestiges, des marques de cultures dévalorisées pour les remettre en scène dans un nouveau contexte (J. Lezama Lima, 1993). Ce phénomène, conceptualisé par d’autres théoriciens au cours du XXe siècle est le résultat des migrations — immigration et émigration — qu’ont connues ces territoires au cours de leur histoire jusqu’à aujourd’hui. En même temps que les individus étaient déplacés, ils portaient avec eux un patrimoine matériel et immatériel. Cette première réflexion a ouvert la voie à une approche plus large : il s’agit d’aborder les territoires des Amériques par le biais des migrations, tant des individus que des idées, objets et techniques.

Le second « marqueur » sélectionné est le rôle que tiennent l’éducation, la culture et l’art dans la société cubaine. Un projet encouragé dans les luttes anticoloniales, puis dans les processus révolutionnaire et postrévolutionnaire de la deuxième moitié du XXe siècle. L’importance de l’art et de la culture dans la formation du citoyen s’est poursuivie à la révolution cubaine de 1959, avec l’élaboration d’une politique culturelle et la mise en place de structures, fonds et programmes de formation, d’éducation et de soutien à l’art. « On ne peut pas parler de l’art et des artistes cubains sans comprendre l’importance que tient la culture à Cuba, et cela même avant la Révolution » explique Gilbert Browsnstone, historien de l’art et commissaire, dans l’ouvrage L’art à Cuba (2019, p. 12). En effet, l’art fut considéré comme un outil de réflexion critique afin de faire face à l’idéologie mercantile de l’Occident. Par conséquent, l’art et ses œuvres étaient et continuent d’être perçus comme un outil au service de l’idéologie nationale et un support par lequel la nation et sa population peuvent développer un imaginaire esthétique et critique. A cet égard, il est possible de faire un parallèle entre la réflexion menée par Anne-Marie Thiesse dans l’ouvrage La création des identités nationales (2001) où elle met en évidence les mécanismes par lesquels les nations modernes de la fin du XIXe siècle, ont élaboré et mis sur pied un ensemble de discours, symboles, événements et images afin de créer un imaginaire national dans le but d’aviver un sentiment identitaire.

Partant de l’articulation entre art et américanité – comme formulation d’une identité américaine présumée qui réunirait l’hétérogénéité du continent —, le colloque se propose d’aborder l’art comme un lieu d’élaboration d’une identité collective et/ou individuelle, et plus exactement, comme un lieu d’énonciation — et même de narration — dans lequel la dimension de l’altérité est centrale de par la prégnance du fait migratoire. Dans cette perspective, de la même manière que l’art peut être au service d’un projet national, il peut aussi révéler les dissonances, les fissures, les fragments ou les marges d’une société.

Par le terme des arts, nous entendons dans ce colloque s’attacher aux arts visuels produits depuis les années 1940 dans les Amériques et au-delà de ses frontières, dans le sens où l’américanité peut « se constituer comme une espèce de non-lieu identitaire » (Z Bernd, 2005, p. 14, traduction libre) pour les artistes qui ont migrés vers, à l’intérieur ou en-dehors de cet espace continental.

Axes thématiques

Partant de la thématique de l’exposition et des deux « marqueurs », le colloque s’organise autour de 4 axes thématiques :

Axe I : Art et transculturation

  • Héritage, mobilité et emprunt des courants artistiques et des œuvres ;
  • L’art au regard des concepts des études culturelles, postcoloniales et post-modernes.

Axe II : Emigration et immigration de l’art et des artistes aux XXe et XXIe siècles

  • Parcours et démarche d’artistes migrants/exilés : pratique, création, correspondance…
  • Art et globalisation : singularité ou standardisation de l’art déterritorialisé ?
  • Étude de la migration des techniques, des outils, des courants artistiques ;
  • Le marché de l’art et la mondialisation.

Axe III : Art et imaginaire national

  • Histoire et politique culturelle et artistique des nations du continent américain ;
  • La nation illustrée : œuvres et emblèmes ;
  • Les lieux de mémoire : musées et formes patrimoniales de l’espace public ;
  • Artivisme : art et action politique.

Axe IV : La gravure dans les Amériques

  • Histoire de l’art de la gravure dans les Amériques. Réflexion autour des singularités des techniques, courants et lieux de création et/ou d’enseignement ;
  • Étude comparative ou non d’un ou plusieurs artistes, collectifs d’artistes graveurs d’une ou plusieurs aires géographiques américaines.

Il s’agit donc d’un colloque international où la dimension transaméricaine est mise à l’honneur.

Par ailleurs, il a semblé important d’organiser un colloque qui met en valeur une aire géographique peu représentée tant dans l’enseignement universitaire que dans la recherche française de par la difficulté d’accès aux données et aux institutions cubaines. La collaboration avec un artiste cubain, Pablo Quert, ayant des contacts institutionnels dans le milieu de l’art à Cuba s’avère une opportunité. En abordant Cuba à travers les arts, le colloque touche à l’imaginaire créé et fantasmé autour de l’île. Il s’agit donc d’utiliser le pouvoir d’attraction que suscite le thème des arts à Cuba et de mener une réflexion en la nourrissant d’approches ayant des aires géographiques et des approches disciplinaires différentes. Le colloque recherche donc à favoriser la dimension transaméricaine en confrontant des corpus d’étude issus d’aires géographiques différents autour d’axes thématiques communs.

Modalités de soumission

Les propositions (en français, en espagnol, en anglais ou en portugais) devront comporter le nom et le prénom, le titre, un résumé de la communication d’environ 250 mots, ainsi qu'une bibliographie et une brève notice biographique.

Elles devront être envoyées avant le 2 mai 2022 aux emails suivants :

Calendrier prévisionnel

  • Publication de l’AAP : 27 septembre 2021
  • Réception des propositions : 2 mai 2022
  • Confirmation et acceptation : début juillet 2022

Comité d’organisation

  • Fátima Rodriguez, Professeur d’université, UBO, membre associée HCTI (EA 4249)
  • Derigond Solenne, Enseignante vacataire, UniCaen, membre associée HCTI (EA 4249) et membre associée ERLIS (EA 4254)
  • Jean-Marc Serme, Maître de conférences, UBO, HCTI (EA 4249)
  • Georges Da Costa, Maitre de conférences, UniCaen, ERLIS (EA 4254)

Bibliographie

- Bernd, Zilá. « Americanidade e Americanização ». In Conceitos de literatura e cultura, 13 33. Juiz de Fora-MG Niterói-RJ : Editora UFJF EdUFF, 2005.

- Brownstone, Gilbert, Camilo Guevara March, et Graziella Pogolotti. L’art à Cuba, 2019.

- Lezama Lima José. La expresión americana / José Lezama Lima  ; [edición de Irlemar Chiampi con el texto establecido]. Tierra firme. México : Fondo de cultura económica, 1993.

- Ortiz Fernando. Contrapunteo cubano del tabaco y el azúcar : (advertencia de sus contrastes agrarios, económicos, históricos y sociales, su etnografía y su transculturación . Universidad Central de Las Villas Nuevo, 1963.

- Thiesse, Anne-Marie. La création des identités nationales : Europe, XVIIIe-XXe siècle. Points 296. Paris : Ed. du Seuil, 2001.

Places

  • 20, rue duquesne
    Brest, France (29200)
  • Esplanade de la paix
    Caen, France (14000)

Event format

Hybrid event (on site and online)


Date(s)

  • Monday, May 02, 2022

Keywords

  • art, migration, Amérique

Contact(s)

  • solenne derigond
    courriel : solenne [dot] derigond [at] unicaen [dot] fr

Information source

  • solenne derigond
    courriel : solenne [dot] derigond [at] unicaen [dot] fr

To cite this announcement

« Art(s) and migration(s) in the Americas (1940 to the present day): dissonance, cracks, and fringes », Call for papers, Calenda, Published on Thursday, October 21, 2021, https://calenda.org/924543

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