HomeWhither the Spiritual? Rethinking Secularism’s Legacy in post-Ottoman Art

Calenda - The calendar for arts, humanities and social sciences

Whither the Spiritual? Rethinking Secularism’s Legacy in post-Ottoman Art

Où est le spirituel ? Repenser l’héritage de la sécularisation dans l’art post-ottoman

*  *  *

Published on Tuesday, November 02, 2021 by Lucie Choupaut

Summary

Ce dossier examine – et conteste – les implications de l’inclinaison séculière de l’histoire de l’art – ce que Shaw a appelé une dépendance excessive aux « idées de visualité d’origine chrétienne » – sur l’étude de l’art moderne et contemporain du Moyen-Orient. Il vise à examiner ce que les nouvelles explorations dans ce domaine peuvent offrir pour repenser à la fois l’histoire de l’art et la relation de la spiritualité à l’argument et à l’expérience empiriques en tant que pierres angulaires de la modernité dans une modalité occidentale.

This dossier examines—and challenges—the implications of art history’s secular tilt—what Shaw has called an over-reliance on “Christian-based ideas of visuality” - on the study of modern and contemporary art from the Middle East. It aims to consider what new explorations in this field can offer for rethinking both art history and spirituality’s relationship to empirical argument and experience as cornerstones of modernity in a western modality.

Announcement

Argumentaire

Ce dossier examine – et conteste – les implications de l’inclinaison séculière de l’histoire de l’art – ce que Shaw a appelé une dépendance excessive aux « idées de visualité d’origine chrétienne » – sur l’étude de l’art moderne et contemporain du Moyen-Orient. Il vise à examiner ce que les nouvelles explorations dans ce domaine peuvent offrir pour repenser à la fois l’histoire de l’art et la relation de la spiritualité à l’argument et à l’expérience empiriques en tant que pierres angulaires de la modernité dans une modalité occidentale.

Les historiens de l’art critiques, inspirés par l’étude de l’orientalisme d’Edward Said, ont identifié les tropes et les critères idiosyncrasiques par lesquels une certaine épistémologie de "l’art islamique" a fonctionné comme l’étranger ou l’« outsider » fondateur de l’art moderne occidental. Le formalisme, l’aniconisme et le manque de dynamisme présumés de ce qu’on appelle l’art islamique n’ont été mis en évidence que pour souligner leurs contraires dans « l’art occidental », et ont également servi à exclure de vastes pans de la culture matérielle produite dans le « monde islamique », qui ont tous mérité la désignation de « non-art ». Deux tendances se sont développées : l’une utilise l’art pour produire « un modèle approprié de l’Islam lui-même » (Flood, 2007, 43) ; l’autre, dans la lignée du rejet chrétien de l’Islam comme « religion ratée », poursuit une étude « résolument non religieuse » qui a entièrement « évité la religion comme catégorie ontologique » (Rabbat, 2012, 4). Même les historiens de l’art islamique musulman ont séparé les sphères artistiques et intellectuelles des mondes qu’ils étudient, traitant l’art comme l’expression irrationnelle de vérités doctrinales établies ou comme une décoration anti-symbolique (voir Watenpaugh, 2017, 1228 ; Flood et Necipoglu, 2017, 20 ; Shaw 2019, 22-30).

De manière significative pour nos objectifs, les codifications actuelles de ce qui constitue l’islam coïncident non seulement avec l’inauguration historique de l’art du domaine de « l’art et de l’architecture islamiques », mais aussi avec les explorations décolonisatrices d’artistes maintenant reconnus (par intermittence) pour leurs contributions au modernisme mondial, dont, par exemple, Saloua Rouada Choucair, Ibrahim El-Salahi, Choukri Mesli, Fateh Moudarres, Jewad Selim, Monir Shahroudy Farmanfarmaian, Shakir Hassan al-Said, Behjat Sadr, Kamela Ishaq, Charles Hossein Zenderoudi, Safeya Binzagr, pour n’en citer que quelques-uns. Bien que leur travail révèle et propage une préoccupation pour la spiritualité, cet aspect de leur production a été alternativement escaladé comme une preuve d’authenticité (et donc rendu insignifiant) ou mis de côté parce qu’en l’abordant vraiment, on risque de ne pas s’aligner sur les normes dominantes de la « modernité ». Si l’histoire de l’art islamique conventionnelle semble exiger de faire remonter ses objets canoniques à l’heure zéro de l’articulation prophétique de la religion, nous soutenons que les événements qui ont conduit à la colonisation et à la décolonisation des pays qui ont accueilli ces artistes, y compris l’abdication du califat, ont abouti à une heure zéro similaire dans laquelle rien de leur religion ne pouvait être simplement hérité ou assumé (Shalem, 2012, 6). On pourrait donc suggérer que ces artistes ont aidé à déployer « l’Islam en tant que tradition discursive », pour emprunter l’articulation de Talal Asad pour les diverses intégrations des moi moraux, de la gestion de la population et des canaux de connaissance (Asad, 2009, 10). Étant donné la nouveauté de cette compréhension de l’islam, les incursions de ces artistes aident les lecteurs contemporains à saisir « l’importance d’être islamique », comme le dit Shahab Ahmed, pour l’art d’aujourd’hui (Aydin, 2017 ; Ahmed, 2017). Ce que Christine Ho a trouvé pour le « réalisme socialiste » en tant que label s’applique au déploiement continu de « l’art islamique », en particulier lorsqu’il apparaît ou est imaginé dans un idiome moderne : aucune évidence ne préside à la catégorie, et les artistes font consubstantiellement leur art, leur public et leur moi (Ho, 2016, 352).

Dans ce dossier, nous nous tournons alors vers les revendications et les expérimentations des pratiques modernes et contemporaines de l’islam telles qu’elles sont menées à travers ce que nous appelons les actes artistiques, et par lesquels nous invitons les contributeurs et contributrices à comprendre comme les interactions intersectionnelles et durables entre les œuvres d’art, leurs supports matériels, leur circulation, leurs fabricants (et leurs biographies), et leur réception. Ces interactions déclenchent toutes de nouvelles imaginations et productions, qu’elles concernent le soi, la société, l’espace ou l’esprit.

Nous recherchons donc des articles, des provocations et des récits conjecturaux qui abordent tout aspect de cette historiographie ou production artistique. Nous sommes particulièrement intéressées par les lectures qui traitent de la piété non confessionnelle, de la jonction de l’éthique et de la religiosité dans les formes matérielles, de la cosmologie, des ontologies de l’humanité et de la nature, de la conversion spirituelle, de la piété itinérante, et des relations et institutions coloniales ainsi que de leurs manifestations décoloniales et contemporaines. Nous ne souhaitons pas raviver les débats sur la question de savoir si l’art moderne ou contemporain provenant de lieux où l’islam est une religion dominante est ou non "islamique" et ne peut être étudié qu’à travers le prisme de l’islam ; ces débats semblent avoir donné des résultats limités et ont essentialisé à la fois l’art et l’islam. Nous recherchons plutôt des articles qui s’attaquent aux faits de ces intersections, à leurs conséquences, à leur relation avec les relations historiques, culturelles et socio-économiques. Nous espérons que l’exploration des expériences artistiques elles-mêmes nous permettra de ré-historiciser les concepts islamiques et les conceptualisations conjointes correspondantes de l’islam et de l’art. Dans la mesure où l’art constitue une forme de connaissance locale, comme l’a suggéré Nasser Rabbat, l’examen ethnographique et historique de cette connaissance en action, basé sur des cas concrets, permet de restaurer un sentiment de vivacité et d’enjeux dans la créativité culturelle (Rabbat, 2021, 49 ; par exemple, Zitzewitz, 2017 ; George, 2010). C’est ce que nous espérons rendre à la réflexion sur la spiritualité et la religion dans et par la production artistique.

Axes de recherche (liste non-exhaustive)

  • Lectures relatives aux sujets suivants : piété non confessionnelle, piété itinérante…
  • Jonction de l’éthique et de la religiosité dans les formes matérielles.
  • Cosmologie, ontologies de l’humanité et de la nature, de la conversion spirituelle.
  • Relations et institutions coloniales ainsi que de leurs manifestations décoloniales et contemporaines.
  • Concepts islamiques et conceptualisations conjointes correspondantes de l’islam et de l’art.
  • Examen ethnographique et historique des connaissances locales de l’art.

Modalités de soumission

Les chercheurs désireux de soumettre un abstract (en français, anglais ou arabe) sont invités à l’envoyer à l’adresse suivante : 

regards@usj.edu.lb

avant le mercredi 24 novembre 2021.

Le message doit comporter :

  • Le résumé (abstract) de l’article (approx. 500 mots).
  • Les mots-clés.
  • Une notice bio-bibliographique (approx. 100 mots).

Les abstracts seront examinés par le comité de rédaction, et les auteurs recevront une réponse avant le 29 novembre 2021.

Comité scientifique

  • Hamid Aidouni, PR (université Abdelmalek Essaadi, Maroc)
  • Karl Akiki, MCF (université Saint-Joseph de Beyrouth, Liban)
  • Riccardo Bocco, PR (Graduate Institute of International and Development Studies Genève, IHEID, Suisse)
  • Fabien Boully, MCF (université Paris Nanterre, France)
  • André Habib, PR (université de Montréal, Canada)
  • Dalia Mostafa, MCF (University of Manchester, Angleterre)
  • José Moure, PR (université Paris Panthéon Sorbonne – Paris 1, France)
  • Jacqueline Nacache, PR (université de Paris, France)
  • Ghada Sayegh, MCF (IESAV, université Saint-Joseph de Beyrouth, Liban)
  • Kirsten Scheid, Associate PR (American University of Beirut, Liban)

Rédacteur en chef : Joseph Korkmaz, PR émérite (université Saint-Joseph de Beyrouth, Liban)

Directrices du dossier thématique :

  • Kirsten Scheid, PR (American University of Beirut)
  • Hannah Feldman, Associate PR (Northwestern University)

Argument

This dossier examines—and challenges—the implications of art history’s secular tilt—what Shaw has called an over-reliance on “Christian-based ideas of visuality” - on the study of modern and contemporary art from the Middle East. It aims to consider what new explorations in this field can offer for rethinking both art history and spirituality’s relationship to empirical argument and experience as cornerstones of modernity in a western modality.

Critical art historians, inspired by Edward Said’s study of Orientalism, have identified the idiosyncratic tropes and criteria by which a certain epistemology of “Islamic art” operated as the foundational outsider for establishing Western, modern art. The presumed formalism, aniconism, and lack of dynamism in so-called Islamic Art were brought into view only to emphasize their opposites in “Western art,” and worked as well to exclude vast swathes of material cultural produced in the “Islamic world,” all of which thereby earned the designation “non-art.” Two trends have developed: the one using art to produce “an appropriate model of Islam itself” (Flood 2007, 43); the other, in line with Christian rejection of Islam as a “failed religion,” pursues a “decidedly not religious” study that has “shunned religion as an ontological category” entirely (Rabbat, 2012, 4). Even Muslim Islamic art historians have segregated the artistic and intellectual spheres of the worlds they study, treating art as either the irrational expression of established doctrinal truths or anti-symbolic decoration (c.f., Watenpaugh, 2017, 1228; Flood and Necipoglu, 2017, 20; Shaw 2019, 22-30).

Significantly for our purposes, current codifications of what constitutes Islam coincide not only with both the art historical inauguration of the field of “Islamic Art and Architecture,” but also the decolonizing explorations by artists now (intermittently) recognized for their contributions to global modernism, including, for example, Saloua Rouada Choucair, Ibrahim El-Salahi, Choukri Mesli, Fateh Moudarres, Jewad Selim, Monir Shahroudy Farmanfarmaian, Shakir Hassan al-Said, Behjat Sadr, Kamela Ishaq, Charles Hossein Zenderoudi, Safeya Binzagr, to name just a few. While their work evinces and propagates a concern for spirituality, this aspect of their production has been alternatively escalated as proof of authenticity (and so rendered insignificant) or put to the side because to really address it risks falling out of alignment with the dominant norms of “modernity.” If conventional Islamic art history seems to demand tracing its canonical objects to the stunde null, or zero hour, of the religion’s prophetic articulation, we argue that the events leading up to the colonization and decolonization of the countries fostering these artists, including the abdication of the Caliphate, culminated in a similar stunde null in which nothing about their religion could be simply inherited or assumed (Shalem, 2012, 6). These artists, it might therefore be suggested, helped unfurl “Islam as a discursive tradition,” to borrow Talal Asad’s articulation for the varying integrations of moral selves, population management, and knowledge channels (Asad, 2009, 10). Given the novelty of this understanding of Islam, these artists’ forays help contemporary readers grasp “the importance of being Islamic,” as Shahab Ahmed puts it, for art today (Aydin, 2017; Ahmed, 2017). What Christine Ho has found for “socialist realism” as a label applies to the ongoing unfolding of “Islamic art,” especially as it appears or is imagined in a modern idiom: no self-evidence presets the category, and artists make their art, audiences, and selves consubstantially (Ho, 2016, 352).

In this dossier, we turn then to look carefully at claims and experiments in modern and contemporary practices of Islam as they are conducted through what we are calling art acts, and by which we invite contributors to understand as the intersectional, durational interactions between art works, their material supports, their circulation, their makers (and their biographies), and their reception. Such interactions all trigger new imaginations and productions, be they of self, society, space, or spirit.

We seek therefore articles, provocations, and conjectural accounts that address any aspect of this historiography or artistic production. We are especially interested in readings that address nondenominational piety, the juncture of ethics and religiosity in material forms, cosmology, the ontologies of humanity and nature, spiritual conversion, traveling piety, and colonial relations and institutions alongside their decolonial and contemporary manifestations. We are not interested in revivifying debates about whether or not modern or contemporary art from places where Islam is a dominant religion is therefore “Islamic,” and can only be studied through the lens of Islam; these seem to have produced limited results and essentialized both art and Islam. Rather, we are looking for papers that grapple with the facts of these intersections, their consequences, their relationship to historical, cultural, and socioeconomic relations. Our hope is that exploring artistic experiments themselves will allow us to re-historicize both Islamic concepts and the corresponding, conjoined conceptualizations of Islam and art. To the degree that art constitutes a form of local knowledge, as Nasser Rabbat has suggested, case-based, ethnographic and art historical examinations of that knowledge in action, stands to restore a sense of liveliness and stakes in cultural creativity (Rabbat, 2021, 49; e.g. Zitzewitz, 2017; George, 2010). This is what we hope to return to thinking about spirituality and religion in and through artist production. 

Research axis (non-exhaustive list)

  • Readings regarding: Nondenominational piety, traveling piety…
  • The juncture of ethics and religiosity in material forms.
  • Cosmology, the ontologies of humanity and nature, spiritual conversion.
  • Colonial relations and institutions alongside their decolonial and contemporary manifestations.
  • Islamic concepts and the corresponding conjoined conceptualizations of Islam and art.
  • Ethnographic and historical examinations of local knowledge of art.
  • New approaches to Islamic concepts and to the relation of Islam and Art.

Submission guidelines

Authors wishing to submit an abstract (in French, English or Arabic) are invited to send it to the following address:

regards@usj.edu.lb

Before Wednesday November 24th 2021.

Authors should provide the following information:

  • An abstract of the article (approx. 500 words).
  • Key words
  • A mini bio-bibliography (approx. 100 words).

The abstracts will be examined by the editorial committee, and the authors will receive an answer before November 29th 2021.

Scientific Committee

  • Hamid Aidouni, PR (Université Abdelmalek Essaadi, Maroc)
  • Karl Akiki, MCF (Université Saint-Joseph de Beyrouth, Liban)
  • Riccardo Bocco, PR (Graduate Institute of International and Development Studies Genève, IHEID, Suisse)
  • Fabien Boully, MCF (Université Paris Nanterre, France)
  • André Habib, PR (Université de Montréal, Canada)
  • Dalia Mostafa, MCF (University of Manchester, Angleterre)
  • José Moure, PR (Université Paris Panthéon Sorbonne – Paris 1, France)
  • Jacqueline Nacache, PR (Université de Paris, France)
  • Ghada Sayegh, MCF (IESAV, Université Saint-Joseph de Beyrouth, Liban)
  • Kirsten Scheid, Associate PR (American University of Beirut, Liban)

Editor-in-chief: Joseph Korkmaz, PR (Université Saint-Joseph de Beyrouth, Liban)

Edition editor: Kirsten Scheid, PR (American University of Beirut), Hannah Feldman, Associate PR (Northwestern University).

Places

  • Beirut, Lebanon

Date(s)

  • Wednesday, November 24, 2021

Keywords

  • art post-ottoman, spirituel, histoire de l’art

Contact(s)

  • Toufic El-Khoury
    courriel : toufic [dot] khoury [at] usj [dot] edu [dot] lb

Information source

  • Toufic El-Khoury
    courriel : toufic [dot] khoury [at] usj [dot] edu [dot] lb

To cite this announcement

« Whither the Spiritual? Rethinking Secularism’s Legacy in post-Ottoman Art », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, November 02, 2021, https://calenda.org/928950

Archive this announcement

  • Google Agenda
  • iCal
Search OpenEdition Search

You will be redirected to OpenEdition Search