HomeL’eau dans les territoires africains soumis aux contraintes

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L’eau dans les territoires africains soumis aux contraintes

NAAJ. Revue sur les changements climatiques et les énergies renouvelables

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Published on Tuesday, November 16, 2021 by Céline Guilleux

Summary

En Afrique, le bassin du Congo très humide s’oppose par exemple à la bande saharienne et soudano-sahélienne. La question de l’eau est centrale sur ce continent en raison de l’explosion démographique (tant dans les villes que dans les compagnes). Les tensions autour des ressources naturelles deviennent plus aiguës, et l’eau est aussi devenue un enjeu dans la mesure où les précipitations sont de plus en plus irrégulières et faibles. Cette imprévisibilité de la disponibilité de l’eau se produit dans un monde déjà marqué par des formes de pénuries.

Announcement

Coordination

Dossier coordonné par Moustapha NOURA AYEH.

Présentation

Même si l’eau recouvre 70 % de la planète, cette eau en apparence abondante (97 % d'eau salée et 2,5 % d'eau non salée) est inégalement répartie (Shiklomanov et al., 2003). En Afrique, le bassin du Congo très humide s’oppose par exemple à la bande saharienne et soudano-sahélienne. La question de l’eau est centrale sur ce continent en raison de l’explosion démographique (tant dans les villes que dans les compagnes).  En effet, les pays du sahel, « en 1950, comptaient environ 17 millions d’habitants, alors qu’en 2015 ils comptaient déjà 89 millions d’habitants. Les projections des Nations Unies prévoient 540 millions d’habitants à l’horizon 2100 » (Garenne, 2017, p. 7). Cette croissance s’effectue dans un contexte climatique jugé difficile. Dans son rapport 2020, le GIEC note que « le changement climatique a entraîné une baisse des taux de croissance des animaux et de leur productivité dans les systèmes pastoraux en Afrique ». Les tensions autour des ressources naturelles deviennent plus aiguës, et l’eau est aussi devenue un enjeu dans la mesure où les précipitations sont de plus en plus irrégulières et faibles. Cette imprévisibilité de la disponibilité de l’eau se produit dans un monde déjà marqué par des formes de pénuries. « Plus de 2 milliards de personnes vivent dans des pays soumis à un stress hydrique élevé » (ONU, 2018, p. 5).  D’un autre côté, les précipitations extrêmes journalières ont tendance à être plus fréquentes (Westras et al., 2012), engendrant des inondations importantes.

L’augmentation de la densité de la population se traduit par un coût humain, mais aussi économique, même si le coût n’est relativement pas plus important que par le passé (Neumayer et Barthel, 2011 ; Bouwer, 2011). Alors que la ressource en eau est essentielle à toutes les activités humaines, le risque de pénurie (lié au climat, à la mauvaise gestion) fait planer sur les populations une catastrophe de grande ampleur. En Afrique subsaharienne, les populations sont principalement rurales 64 % (Bouquet, 2017). Elles vivent sur des exploitations agricoles familiales (Val, 2017). Une réduction de l’eau disponible à faible coût se traduirait par des flux de populations vers les villes souvent en difficulté et de conflits d’usages dont on ne mesure pas encore l’ampleur. Au regard des enjeux liés à la question de l’eau, la revue Naaj se propose d’accueillir des travaux qui traitent de cette thématique dans l’espace africain. Le dossier, qui entend faire le point sur l’état de la recherche dans ce domaine, privilégie trois axes non exhaustifs.

Axes de réflexion

Le premier axe se penche sur le lien entre le changement climatique et les précipitations. Par des analyses des séries sur le long terme (au moins 60 ans), le but est de comprendre l’évolution des précipitations pour y déceler dans les différents domaines climatiques (sahélien, tropical humide, équatorial, aride) des tendances qu’elles soient à la hausse ou la baisse. Cette évaluation sur le long terme permettra de dessiner le comportement des isohyètes importants, mais aussi le degré d’imprévisibilité des précipitations. Il est intéressant d’étudier les risques liés à cette extrême variabilité dans la disponibilité de l’eau (sécheresses sévères, inondations) et les programmes pour renforcer la résilience des populations.

Le deuxième axe souhaite accueillir des analyses sur les inégalités régionales d’accès à l’eau.  Les contributions sur la géopolitique de l’eau, tant au niveau local (dans la répartition de l’eau au sein d’une ville) qu’au niveau d’un bassin (versant impliquant plusieurs pays), sont vivement encouragées. C’est aussi le lieu de poser le problème de la gestion de la ressource dans les différentes régions touchées par une plus grande imprévisibilité des précipitations. Par ailleurs, on pourrait aussi s’interroger sur les politiques de l’eau et leur aptitude à réduire les stress ou au contraire à exacerber les conflits autour de la ressource.

La dynamique des littoraux dans les contextes climatiques précités constituera le fil conducteur du dernier axe.  Plusieurs littoraux sont fragilisés par la lente remontée des eaux marines et l’intrusion de ces eaux dans les nappes phréatiques (par la baisse de recharge ou l’exploitation intensive des villes). Les villes côtières (golfe de Guinée, océan indien) sont particulièrement sensibles à cette montée des eaux. Les contributions sur des cas concrets seront appréciées.

Conditions de soumission

La revue Naaj publie en langue française, mais pourrait éventuellement accepter des textes rédigés en anglais (à très faible proportion). Elle pratique l’évaluation par les pair-e-s (peer-review) et dispose d’une politique anti-plagiat arrimée à celle du Grenier des savoirs. Nous invitons les auteurs et autrices à lire les instructions et à déposer leurs propositions dans le formulaire en ligne : https://www.revues.scienceafrique.org/formulaire/.

Chronogramme

  • Date de lancement de l’appel : 06 novembre 2021
  • Date limite de réception des résumés (en ligne uniquement) : 20 janvier 2022
  • Réponses aux auteurs et autrices après évaluation de la proposition : 21 février 2022
  • Réception des textes complets : 21 mai 2022
  • Date de publication du volume : septembre 2022

Comité de rédaction

  • Cheikh BA, co-rédacteur en chef, Université Gaston Berger de Saint Louis (Sénégal) et Université de Grenoble – Aples (France);
  • Demba GAYE, co-rédacteur en chef;
  • Mariama DIALLO, École des Hautes Études en Sciences Sociales (France);
  • Alassane DIALLO, Université Amadou Mahtar Mbow (Sénégal).

Comité scientifique

  • Henri ASSOGBA, Université Laval (Canada)
  • Mamadou BADJI, Université Cheikh Anta Diop (Sénégal)
  • Mamounata BELEM, Université de Ouaga (Burkina-Faso)
  • Frédéric CAILLE, Université de Savoie (France)
  • Alassane DIALLO, Université de Grenoble Alpes (France)
  • Alioune KANE, Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal)
  • Oumar KANE, Université de Québec à Montréal (Canada)
  • Daouda KONE, Université Félix Houphouët-Boigny (Côte d’Ivoire)
  • Abdoulkadri LAOULAI, Université Boubakar de Tillabéri (Niger)
  • Florence Blanche LIMI, Université de Dschang (Cameroun)
  • Ibrahima MBAYE, Université de Ziguinchor (Sénégal)
  • Imane NYA, Université Mouhamed V (Maroc)
  • Yvan RENOU, Université de Grenoble-Alpes (France)
  • Arame TALL, Banque Mondiale, Climate Change Group (USA)
  • Sebastian WEISSENBERGER, Université de Québec à Montréal et Université de Moncton (Canada)
  • Ibouraîma YABI, Université d’Abomey-Calavi (Bénin)

Références

BLANCHON David (2020), Géopolitique de l’eau : entre conflits et coopérations. Editions Le Cavalier Bleu, 165 p.

GARENNE M (2016) : « La pression de la population dans les Pays Sahéliens Francophones ». Ferdi Working paper n°168. 30 p.

GIEC, (2019) : « Résumé à l’intention des décideurs, Changement climatique et terres émergées : rapport spécial du GIEC sur le changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres ». 39 p.

LEFLAIVE Xavier (2012) : « Eau ». In Perspectives de l’environnement de l’OCDE à l’horizon 2050 : les conséquences de l’inaction, OCDE 79 p.

NGUIMALET C.-R., MAHE G., LARAQUE A., ORANGE D., & YAKOUBOU B-M (2016) : « Note sur le changement climatique et la gestion des ressources en eau en Afrique : Repenser l’usage et l’amélioration des services éco-systémiques d’eau ». Geo-Eco-Trop., 40(4), 317-326.

OZER A et OZER P (2005) : « Désertification au Sahel : crise climatique ou anthropique ? », Bull. Séanc. Acad. R. Sci. Outre-MerMeded. Zitt. K. Acad. Overzeese Wet.51(2005-4) : 395-423.

ONU (2018), Rapport de synthèse 2018 sur l’objectif de développement durable 6 relatif à l’eau et à l’assainissement, UN-Water, 16 p.

SHIKLOMANOV I. A. &  RODDA J. C. – World Water Resources at the Beginning of the Twenty-First Century, Cambridge University Press, 2003.

VALL E, Marre-Cast L, Kamgang HJ. 2017. Chemins d’intensification et durabilité des exploitations de polyculture élevage en Afrique subsaharienne: contribution de l’association agriculture-élevage. Cah. Agric. 26: 25006.

WESTRA S., LISAV. ALEXANDER, FRANCISW. & ZWIERS (2012), Global Increasing Trends in Annual Maximum Daily Precipitation, journal of climate, 26, 3904-3918.


Date(s)

  • Thursday, January 20, 2022

Keywords

  • eau, sécheresse, changement climatique, inondations, Afrique

Contact(s)

  • Cheikh Ba
    courriel : BA_CHEIKH [at] outlook [dot] fr
  • Moustapha Nour Ayeh
    courriel : moustapha_nour_ayeh [at] univ [dot] edu [dot] dj
  • Demba Gaye
    courriel : gaye_demba [at] yahoo [dot] fr

Information source

  • Gilbert Babena
    courriel : gilbert [dot] babena [at] revues [dot] scienceafrique [dot] org

To cite this announcement

« L’eau dans les territoires africains soumis aux contraintes », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, November 16, 2021, https://calenda.org/933083

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