HomeFabriquer la recherche en temps de pandémie en Afrique et au Moyen-Orient

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Fabriquer la recherche en temps de pandémie en Afrique et au Moyen-Orient

Vers une redéfinition des clivages Nords-Suds ?

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Published on Tuesday, November 16, 2021 by Lucie Choupaut

Summary

Ce dossier thématique pour la revue Études internationales veut redonner toute sa place à la « fabrique » de la recherche en temps de pandémie en Afrique et au Moyen-Orient. En s’intéressant aux effets de « disruption » plus ou moins profonds qu’a engendré la pandémie, ce dossier questionne la manière dont ceux-ci ont modifié les pratiques de recherche aussi bien aux Nords qu’aux Suds pour ceux qui travaillent leurs objets sur et/ou depuis les terrains en Afrique et au Moyen-Orient. Il s’agira de poser un regard sur les effets à court, moyen et long terme que la pandémie a engendrés mais aussi les défis et les réorientations qu’elle a produites.

Announcement

Argumentaire

Les pratiques de recherches et les enjeux méthodologiques intéressent de longue date les chercheur·es qui travaillent sur les terrains en Afrique subsaharienne, Afrique du Nord et au Moyen Orient. Ceux-ci interrogent leurs modes de faire par des contributions réflexives (Ghasarian 2002, Olivier de Sardan 2008, 2021; Clark et Cavatorta 2018) qui se construisent au carrefour des différentes disciplines des sciences sociales et humaines et des objets travaillés sur différents terrains d’enquêtes. Les discussions éthiques et méthodologiques qui en résultent ont produit des analyses nécessaires, par exemple sur les terrains dits « sensibles » (Ayimpam & Bouju, 2015; Bouillon, Fresia, & Tallio, 2005, Buckley-Zistel, 2007; King, 2009) soulignant les enjeux et les défis que posent un certain nombre de pratiques de recherche. On pense par exemple au rapport des chercheurs avec leurs objets, leurs informateurs, l’usage de certaines méthodes et l’accès aux données qu’elles requièrent. Ces discussions portent sur les usages et les apports des approches qualitatives notamment ethnographiques (observation participante, entretiens, journaux de terrain), quantitatives, les défis que posent les designs de recherche mixtes (multi-méthodes) ou encore des équipes de recherches transnationales (Fancello 2008). Les terrains africains (Assens & Nekka 2019; Kane 2012) et moyen-orientaux (Clark et Cavatorta 2018) ont ainsi été bien travaillés mais peu de travaux s’intéressent à les comparer (Campana & Jourde 2017) contribuant à déconstruire une frontière « sahélienne » relativement peu heuristique (Aïdi, Lynch & Mampilly 2020).

Or ces pratiques de recherche ont été profondément bouleversées par le nouveau contexte de recherche qu’a engendré la Covid-19. Celle-ci a largement redéfini la manière de conduire des programmes de recherche en temps de pandémie pour tous les profils de chercheur·es (doctorant.es ou non). La mise à l’arrêt de la mobilité a constitué un défi évident pour qui travaille sur ces régions. Elle a néanmoins permis de valoriser des profils d’intermédiation (assistants de recherche locaux notamment) dans les partenariats de recherche Nords-Suds. De plus, si les chercheurs commencent largement à enquêter et à publier leurs premiers résultats sur les effets de la pandémie sur les sociétés et les objets qu’ils étudiaient avant la pandémie (Said & Aicha, 2021; Dury et al. 2021; Eboko & Schlimmer 2020; Hoummadi et al. 2020, blogues de revues scientifiques ou de chercheurs[1]), très peu s’écrit (et encore moins en français) sur les conditions dans lesquelles les recherches en cours ont été suspendues ou menées, réorientées lors du temps long de cette pandémie.

C’est ce à quoi s’intéresse ce dossier qui veut redonner toute sa place à la « fabrique » de la recherche en temps de pandémie. Ces questions s’inscrivent dans le sens de travaux récents sur les pratiques de recherche et notamment l’accès aux terrains et la faisabilité des enquêtes (Marzo et Gomez-Perez 2020). En nous intéressant aux effets de « disruption » plus ou moins profonds qu’a engendré la pandémie, nous questionnons la manière dont ceux-ci ont modifié les pratiques de recherche aussi bien aux Nords qu’aux Suds pour ceux qui travaillent leurs objets sur  et/ou depuis les terrains en Afrique et au Moyen-Orient. Nous posons un regard sur les effets à court, moyen et long terme que la pandémie a engendré mais aussi les défis et les réorientations qu’elle a produit.

Pourquoi observer ces dynamiques Nords-Suds depuis l’Afrique et le Moyen-Orient ? D’une part parce qu’il s’agit d’espaces relativement épargnés, ouverts et accessibles au début de la pandémie lorsque le Nord européen, limitrophe, se fermait. Ce sont, d’autre part, des espaces marqués par des dynamiques transnationales d’échanges très fortes. Par conséquent, la pandémie a soudainement bloqué la fluidité des échanges entre ces espaces des Suds et des Nords. Cela a eu pour effet de rebattre les cartes de l’accès aux terrains pour les chercheurs internationaux sur ces espaces, à modifier les relations et la perception des chercheurs du Nords déjà présent sur leurs terrains au déclenchement de la pandémie, tout en compliquant le retour des chercheurs autochtones dans leur pays. On a vu apparaitre de nouveaux clivages et ‘stigmates’ qui ont bousculé la posture de prestige habituellement associée à la mobilité internationale et aux figures de la diaspora.

Ce dossier invite ainsi des contributions qui questionnent les processus de rééquilibrages / déséquilibrages entre Nords et Suds qu’a pu engendrer la pandémie depuis mars 2020. Il s’agit d’interroger et de comprendre les reconfigurations des stratégies d’accès aux objets et aux terrains en fonction des différents statuts des chercheurs (étudiants / statutaires, locaux / internationaux), mais aussi celles de contournement, de redéfinition et de réorientation des recherches autour de trois enjeux principaux :

Les objets de l’enquête et les données produites

Comment la pandémie a-t-elle modifié le choix des objets d’enquêtes? Les chercheur.es s’attaquent-ils aux effets de la Covid-19 comme un objet à part entière ou l’intègrent-ils comme une dimension des objets de recherche qu’ils étudiaient déjà de longue date? Ceux travaillant sur la santé ont intégré l’objet « covid » dans leurs travaux (Dionne & Turkmen 2020), et les autres? Les politistes par exemple travaillant sur les transitions politiques, l’action publique ou l’immigration en Afrique s’intéressent-ils aux effets de durcissement autocratique et de limitations des libertés observés dans certains pays au nom de l’urgence sanitaire (Maher 2020, Adida & al. 2020, Braimah 2020, Francis & al. 2020, Crawley 2021, Greer & al. 2021)?

De plus, l’émergence de subventions de recherche spécifiquement dédiées aux effets de la Covid-19 sur les sociétés des Suds par des programmes internationaux[2] dans le contexte général de rareté des fonds de recherche et de compétition internationale accrue, a-t-elle des effets durables sur l’intérêt porté aux aspects multi-dimensionnels (politiques, juridiques, éducation, santé, environnement notamment) de la crise sanitaire et la production de données qui y sont liées ? Ou constituent-ils une manière pour les chercheur.e.s d’accéder à des financements en intégrant une dimension « covid » à leurs recherches préalables? Enfin quels enjeux de mémoire instutionnelle ont été soulevé par la nécessité de garder des traces de la crise par la collecte systématique (ou non) de données par les instituts statistiques nationaux, des équipes locales ou internationales[3] ?

L’accès aux terrains et aux enquêtés

La pandémie a également modifié la mobilité, l’accès aux terrains et par conséquent le choix des sources et des méthodes de recherche. Comment les entrées sur le terrain ont-elles été modifiées et avec elles, l’opérationnalisation préalable des concepts étudiés, entrainant une modification voire une diversification des méthodes d’enquête? Est-il possible de remarquer l’émergence de nouvelles « ficelles du métier » (Becker) à savoir des astuces, stratégies, ruses et instincts qui pourraient être systématisés? De ce point de vue, est-ce que les chercheur.es ont su transformer la crise en opportunité?  Plus largement, comment les chercheur.es internationaux sur leurs terrains en Afrique ou au Moyen-Orient ont-ils géré leurs pratiques d’enquêtes (déplacement, visas, peur de la contagion pour soi-même et les enquêtés, mobilité, rapatriement)? Ceci a-t-il modifié leur regard sur leurs pratiques de recherche? Les chercheurs locaux ont-ils subi des contraintes ou se sont vu facilité l’accès aux terrains locaux? En quoi l’accès ou non à la vaccination constitue t’elle une de ces contraintes?

La pandémie semble également voir s’enraciner dans le temps long les formes de contrôle imposées par les institutions universitaires (principalement aux Nords) dans la production de la recherche soulignant des enjeux éthiques qui doivent être confrontés (demandes d’autorisation pour les missions de terrains suite aux fermetures des frontières, aux restrictions de mobilité avec demande d’autorisation du type formulaire de mitigation des risques). Ceci a par conséquent un double effet : contrôle accru des sujets de recherche et déséquilibre pour ceux travaillant sur des terrains internationaux nécessitant des terrains d’enquêtes (notamment méthodes ethnographiques).

Repenser les rééquilibrages des dynamiques Nords / Suds dans la production de la recherche

La pandémie a-t-elle conduit à des rééquilibrages dans la manière dont se structurent les réseaux de recherche entre Nords et Suds et les rapports de domination inévitables qui les définissent (Ridde 2017, 2018; Godard, Hunt & Moube 2014, Vidal 2014; Droz & Mayor 2009) ? La crise sanitaire a-t-elle redonné plus de place aux chercheur·es d’Afrique et du Moyen-Orient en raison de leur accès privilégié aux terrains d’enquêtes ? Ceci a-t-il eu pour effet l’émergence de nouvelles figures d’intermédiation (fixeurs, informateurs locaux)- et une amélioration de leurs conditions de travail- sur les terrains permettant aux chercheur·es des Nords d’y accéder à distance ? Comment se positionnent les chercheur·es en Afrique et au Moyen-Orient dans ce contexte où la pandémie a eu des effets importants sur les systèmes d’éducation jouant notamment sur leur disponibilité et leurs ressources ?

Des équipes locales et/ou transnationales ont-elles été constituées pour documenter ces évolutions au plus près des terrains d’enquête ? Cela a-t-il revalorisé le statut des ‘intermédiaires’ déjà existants imposant de ce fait leur intégration de plein droit dans les équipes de recherche internationale se traduisant par des co-publications accrues entre chercheurs des Nords et de leurs collègues des Suds, devenus incontournables ? Ces collaborations ont-elles été facilitées ou entravées par le recours aux outils numériques (Zoom, Skype, Google, WhatsApp, etc.) ? Les inégalités d’accès et de circulation entre Nords et Suds ont-elle été durablement renforcées par le blocage de la mobilité, le repli des communautés épistémiques et disciplinaires au niveau national (annulation des congrès internationaux, puis organisation sur zoom mais avec des coûts de participation à peine moins cher) Plus largement, est-ce que la crise sanitaire a accéléré les processus de décolonisation des sciences sociales en marche depuis la période pré-pandémie et l’accès plus général aux ressources de science ouverte[4] ? Cela a-t-il conduit à un véritable ré-équilibrage des logiques de domination épistemique des Nords vers les Suds et de diffusion des résultats des recherches produites[5]?

Nous invitons ainsi des contributions sur des enjeux tranversaux, des études de cas simples ou comparatives, des expériences de recherche individuelle, collective et transnationale, avec un accès au terrain en présentiel ou à distance.

Coordination du dossier

Marie Brossier, Henri Assogba, Alessandra Bonci (CIRAM, Université Laval, Québec, Canada)

Modalités de soumission et agenda

Les auteurs intéressés par l’une ou l’autre de ces thématiques sont invités à faire parvenir leur intention à la revue avant le 15 décembre 2021 aux adresses suivantes :

  • marie.brossier@pol.ulaval.ca
  • henri.assogba@com.ulaval.ca
  • alessandra.bonci.1@ulaval.ca

L’intention doit indiquer clairement le thème qui sera traité, le titre provisoire, l’objectif de l’article et un résumé du contenu envisagé (environ 300 mots).

Les auteurs recevront une réponse au plus tard le 15 janvier 2022. Les textes seront attendus pour le 15 juin 2022.

Nous envisageons également l’organisation d’un séminaire (zoom) pour discuter en collectif avec les auteur·es leurs premières versions révisées des textes du numéro spécial. Ceci permettra d’accroître la cohérence interne du dossier mais aussi d’assurer une discussion transversale des thèmes dans chacun des textes.

Références

Adida, C. L., Dionne, K. Y. and Platas, M. R.. 2020. Ebola, Elections, and Immigration: How Politicizing an Epidemic Can Shape Public Attitudes. Politics, Groups, and Identities, 8 (3):488–514.

Aïdi, H., Lynch, M. & Mampilly, Z. (eds.), Africa and the Middle East: Beyond the Divides, Pomeps Studies, Columbia University (SIPA), 40, June 2020. https://pomeps.org/wp-content/uploads/2020/06/POMEPS_Studies_40_Web.pdf

Assens, C. & Nekka, H. (2019). Comprendre les terrains africains par une approche multiniveaux. La contribution des réseaux.  Revue internationale des sciences de l'organisation, 7, 9-41.

Ayimpam, S., & Bouju, J. (2015). Objets tabous, sujets sensibles, lieux dangereux. Les terrains difficiles aujourd'hui. Civilisations, 64, 11-20.

Bouillon, F., Fresia, M., & Tallio, V. (Dir). (2005). Terrains sensibles : expériences actuelles de l’anthropologie. Paris: Éditions de l’EHESS.

Braimah, A. I. (2020). On the politics of lockdown and lockdown politics in Africa: COVID-19 and partisan expedition in Ghana. Journal of Political Science and International Relations, 3(3), 44-55.

Buckley-Zistel, S. (2007). Ethnographic research after violent conflicts: Personal reflections on dilemmas and challenges. Journal of Peace Conflict & Development, 10, 1-9.

Campana, A., & Jourde, C. (2017). Islamism and social movements in North Africa, the Sahel and Beyond: transregional and local perspectives. Mediterranean Politics, 22, 1-15.

Clark, J. A., & Cavatorta, F. (Eds.). (2018). Political science research in the Middle East and North Africa: Methodological and ethical challenges. Oxford University Press.

Crawley, H. The Politics of Refugee Protection in a (Post)COVID-19 World. Social Sciences 2021, 10, 81.

Dionne, K., & Turkmen, F. (2020). The Politics of Pandemic Othering: Putting COVID-19 in Global and Historical Context. International Organization, 74(S1), E213-E230.

Dury, S., Temple, L., Tata Ngome, P. I., & Mathe, S. (2021). Comment la crise du Covid a fragilisé les systèmes alimentaires en Afrique subsaharienne, CIRAD. https://agritrop.cirad.fr/598757/4/2021%20Dury%20et%20al%20covid%20et%20Systemes%20alimentaires%20The%20conversation.pdf

Droz, Y., & Mayor, A. (2009). Partenariats scientifiques avec l’Afrique : Réflexions critiques de Suisse et d’ailleurs. Paris: Karthala. https://archive-ouverte.unige.ch/unige:14802

Eboko, F., & Schlimmer, S. (2020). COVID-19: l’Afrique face à une crise mondiale. Politique étrangère, (4), 123-134.

Fancello, S. (2008). Travailler sans affinités. L’ethnologue chez les convertis. Journal des anthropologues, 114-115, 65-90.

Francis D., Valodia I., Webster E. Politics, Policy, and Inequality in South Africa Under COVID-19 (2020). Agrarian South: Journal of Political Economy, 9(3), 342-355.

Godard, B., Hunt, M., & Moube, Z. (2014). Éthique de la recherche en santé mondiale : la relation Nord-Sud, quel partenariat pour quelle justice sociale ? Global Health Promotion, 21(2), 80‑87.

Greer, S. L., King, E., Massard da Fonseca, E., & Peralta-Santos, A. (2021). Coronavirus politics: The comparative politics and policy of COVID-19. University of Michigan Press.

Kane, O. (2012). Épistémologie de la recherche qualitative en terrains africains: considérations liminaires. Recherches qualitatives, 31(1), 152-173.

King, J. C. (2009). Demystifying field research. Dans C. L. Sriram, J. C. King, J. A. Mertus, O. Martin-Ortega, & J. Herman (Eds), Surviving field research. Working in violent and difficult situations, Londres, New York: Routledge, 8-18.

Hoummadi, L., Hafid, J., Machraoui, S., & Admou, B. (2020). Jusqu’où l’Afrique peut-elle limiter l’impact de la pandémie de COVID-19?. Revue d'Épidémiologie et de Santé Publique, 68(5), 302-305.

Maher, A. (2020). Libertés fondamentales et droit en Tunisie à l’épreuve d’une pandémie «Covid-19». Revue Européenne du Droit Social, 48(3), 41-62.

Marzo, P., & Gomez-Perez, M. (2020). Faire du terrain au Moyen-Orient et en Afrique: stratégies d’approche et défis de positionnement du chercheur. Recherches qualitatives39(1), 1-20.

Olivier de Sardan, J-P. (2008). La rigueur du qualitatif. Les contraintes empiriques de l’interprétation socio-anthropologique. Louvain-la-Neuve: Academia-Bruylant.

Olivier de Sardan, J-P. (2021). Science politique et anthropologie: une formule gagnant/gagnant?. Politique africaine, (1), 309-323.

Ridde, Valéry. (2018). L’utilisation de données de recherche sans votre accord lors d’un partenariat de santé mondiale. Revue canadienne de bioéthique, 1(2), 22‑23. https://cjb-rcb.ca/index.php/cjb-rcb/article/view/32/23

Ridde, Valéry. (2017). Des enjeux éthiques liés à l’utilisation des données de recherches en collaboration internationale. BioéthiqueOnline, 6. https://www.erudit.org/fr/revues/bo/2017-v6-bo03572/1044621ar/

Said, B., & Aicha, C. O. (2021). Les effets de la pandémie COVID-19 sur les puissances économiques en Afrique de l’Ouest: cas de la CEDEAO. African Scientific Journal, 3 (5), 114-129.

Vidal, L. (2014). Expériences du partenariat au Sud: le regard des sciences sociales. Paris: IRD éditions, Institut de recherche pour le développement. https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/divers16-01/010063070.pdf

Notices biographiques

Marie Brossier est professeure agrégée au département de science politique de l’Université Laval au Canada. Membre de l’École Supérieure d’Études Internationales et du Centre Interdisciplinaire de Recherche sur l’Afrique et le Moyen-Orient (CIRAM) qu’elle a co-fondé et dirigé entre 2013 et 2019. Diplômée de Sciences-Po Paris (2003) puis de l’Université Panthéon-Sorbonne (PhD, 2010) en France, ses travaux développent une approche comparée des trajectoires socio-historiques de l’État et des institutions, sur la reproduction des élites (dynasties politiques), les rapports entre islam et politique, les conflits au Sahel. Ses travaux ont été publié dans Politique africaine, Critique internationale, Cahiers d’études africaines, Canadian Journal of African Studies, Mediterranean Politics, Recherches féministes, Revue Internationale de Politique Comparée, the Handbook of African Sahel, the Africa Yearbook. Ses travaux sont notamment financés par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (CRSH), le Fonds Québécois de Recherche Société et Culture (FRQSC), l’Agence Nationale de la Recherche française (ANR) et le ministère Affaires Mondiales Canada.

Henri Assogba est professeur titulaire au Département d’information et de communication de l’Université Laval, où il enseigne dans la section journalisme. Ancien journaliste, il est titulaire d’un doctorat en sciences de l’information et de la communication obtenu à l’Université de Lyon (France). Chercheur régulier au sein du Centre interdisciplinaire de recherche sur l’Afrique et le Moyen-Orient (CIRAM), ses recherches portent, entre autres, sur la démocratie et les médias en Afrique, les mutations des pratiques journalistiques, avec un intérêt marqué pour le traitement médiatique des thématiques environnementales. Il a récemment dirigé un ouvrage collectif sur les Journalismes spécialisés à l’ère numérique (2020).

Alessandra Bonci est candidate au doctorat en science politique à l'Université Laval, Québec, Canada. Elle prépare actuellement une thèse sur le salafisme dans une perspective de genre en Tunisie. Elle s'intéresse aux études de genre et à la politique en Tunisie et dans la région MENA. Bonci travaille également sur le clivage laïque-islamiste en Tunisie et le rôle de la diaspora tunisienne en France et en Italie depuis la révolution de 2011. Bonci a récemment (2019) publié l'article de synthèse « Salafi fuel for ISIS’ tanks ? The ideological relationship between Salafism and the Islamic State» dans la revue Mediterranean Politics.

Notes

[1] Par exemple celui de la revue Politique africaine sur « Covid-19 Vu d’Afrique » https://polaf.hypotheses.org/category/covid, celui de D. Rutherford (ed) « The Future of Anthropological Research: Ethics, Questions, and Methods in the Age of COVID-19”, http://blog.wennergren.org/2020/06/the-future-of-anthropological-research-ethics-questions-and-methods-in-the-age-of-covid-19-part-i/ ou encore comme “The Africanist Podcast” https://podcasts.apple.com/us/podcast/graduate-doctoral-research-amidst-a-global-pandemic/id1512484096?i=1000505443349

[2] Par exemple https://www.auf.org/nouvelles/appels-a-candidatures/appel-a-projets-international-auf-covid-19-2/

[3] Par exemple https://lifewithcorona.org/lwc-africa/

[4] Au printemps 2020, de nombreuses maisons d’édition (à l’exemple de Cambridge core) ont donné un accès ouverte élargi aux ressources et publications d’ordinaire en accès fermé (au-delà des plateformes comme Researchgate ou academia.edu).

[5] Par exemple, les grandes conférences internationales se sont tenues en ligne mais en diminuant à peine les frais d’inscription, ne facilitant de ce fait pas l’accès aux chercheur.es moins doté.es.


Date(s)

  • Wednesday, December 15, 2021

Keywords

  • fabrique, recherche, covid-19, Afrique, Moyen-Orient

Contact(s)

  • Henri Assogba
    courriel : henri [dot] assogba [at] com [dot] ulaval [dot] ca

Information source

  • Henri Assogba
    courriel : henri [dot] assogba [at] com [dot] ulaval [dot] ca

To cite this announcement

« Fabriquer la recherche en temps de pandémie en Afrique et au Moyen-Orient », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, November 16, 2021, https://calenda.org/933568

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