HomeSéminaire doctoral du Lacth (2021-2022)

HomeSéminaire doctoral du Lacth (2021-2022)

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Published on Friday, November 19, 2021 by Céline Guilleux

Summary

Le séminaire doctoral réunit des séances conçues et préparées par des chercheur·es du Lacth et, une ou cette année, plusieurs séances de l’atelier des doctorant·es conçues et organisées par les doctorant·es du Lacth autour de thématiques ou de points de méthode. Depuis cette année deux thématiques transversales sont privilégiées : « Héritage aujourd’hui, architecture et paysage » ainsi que « Mutations et changements de paradigmes ».

Announcement

Présentation

Le séminaire doctoral réunit des séances conçues et préparées par des chercheur·es du Lacth et, une ou cette année, plusieurs séances de l’atelier des doctorant·es conçues et organisées par les doctorant·es du Lacth autour de thématiques ou de points de méthode. Depuis cette année deux thématiques transversales sont privilégiées : « Héritage aujourd’hui, architecture et paysage » ainsi que « Mutations et changements de paradigmes ».

Programme

24 novembre 2021

« Changements de paradigmes — L’écologie au prisme de l’art, de l’architecture, du paysage et des sciences humaines » (14h30)

séminaire doctoral transversal aux quatre domaines du Lacth — salle Mallet-Stevens

  • organisation Catherine Grout
  • chercheures du Lacth et associées : Céline Barrère, Sabine Ehrmann, Catherine Grout, Béatrice Mariolle, Antonella Mastrorilli et Armelle Varcin
  • Doctorante : Mélusine Pagnier
  • Enseignante ENSAPL : Clémentine Henriot

À partir d’une prise en compte de l’écologie et d’un éventuel changement de paradigme, cette séance est l’occasion de croiser des questionnements en architecture, en paysage et en sciences humaines qui irriguent la recherche et l’enseignement. Les interventions porteront sur une notion, un·e auteur·e, un ouvrage, un projet ou une analyse de terrain.

15 décembre 2021

« La recherche face à la crise. Que reste-t-il ? »

  • atelier des doctorant·es — salle Mallet-Stevens, 14h-17h30
  • organisation : Anne Gérard, Roxane Wormser

Plus d’un an après le premier confinement, des rapports d’analyse et témoignages à propos de l’impact de la crise sanitaire sur les recherches émergent. Un constat est unanime : la crise sanitaire a manifestement changé certains modes de faire, notamment en ce qui concerne l’accès au numérique et l’enseignement à distance. Les dispositifs se sont multipliés pour garantir la continuité des recherches. La crise a également eu un impact sur la pratique du paysagiste et de l’architecte en tant que praticien·nes. Aujourd’hui, que nous reste-il de la crise sanitaire et des confinements successifs dans nos pratiques, nos recherches et nos enseignements ?

C’est la question autour de laquelle s’animera cet atelier des doctorant·es. Il s’agira de recueillir les témoignages de chacun·e et d’échanger autour de tables rondes dans un esprit participatif emprunté aux démarches de concertation d’espaces publics.

À propos de la pratique de projet, de l’enseignement, de l’enquête de terrain ou de la rédaction, explorons ensemble les traces que nous a laissées la pandémie à ce jour.

26 janvier 2022 | 9h30-17h

« Architecture, paysage et science-fiction »

atelier des doctorant.es — salle Pierre Eldin

Format hybride : Salle Mallet-Stevens (RdC bas) et liens zoom pour le matin et l'après-midi (Mot de passe : SF26)

Organisation, conception :

  • Camille Delie Architecte DE, Doctorante au LACTH
  • Rosane Lebreton Architecte DE, Doctorante au LACTH et LGL, Liège
  • Marc-Allan Wery Architecte DE, Doctorant au LACTH et à l’Université du Kent

Intervenant·e·s extérieur·e·s :

  • Alice Carabédian, Docteur en philosophie politique, Chercheuse associée au Laboratoire de Changement Social et Politique (LCSP)
  • Eliza Culea-Hong, Architecte DE, Docteur en architecture, Maître de conférences associé à l’ENSA Versailles
  • Laurent Gontier, Médiéviste de formation, Enseignant-formateur en école de journalisme, à l’INA et à l’Isart Digital
  • Marie Beauvalet-Boutouyrie, Doctorante en histoire de l’architecture contemporaine à Paris I Panthéon Sorbonne sous la direction de Jean-Philippe Garric.
  • Guillaume Rangheard, Formation initiale en philosophie, Architecte DE, Doctorant en Science de l’Art au sein du LESA (Université d’Aix-Marseille) sous la direction de Frédéric Pouillaude.

Discutante :

  • Céline Barrère, Docteur en urbanisme, MC, Chercheure au LACTH, Co-directrice du LACTH

Programme

9:15 Accueil

9:30 Introduction 

Panneau 1 : Espaces et radicalités

  • 9:45 Utopie radicale : conceptualiser les spatialités de la science-fiction. Alice Carabédian, Docteur en philosophie politique, Chercheuse associée au Laboratoire de Changement Social et Politique (LCSP), Co-fondatrice du centre de recherche sur l’utopie, “L’Archipel des devenirs”, Directrice éditoriale du Cycle cinéma « Science-fiction & Utopie », Université de Paris et Enseignante vacataire à l’École d’architecture de la ville et des territoires, Université Paris est.

La ville et les futurs urbains utilisent des formes spéculatives pour créer des mondes et des futurs plus durables. Dans le champ des études et de la théorie architecturale et urbaine, la science-fiction, qui est une culture autant qu’un genre particulier, représente un laboratoire et un réservoir encore largement sous exploité en France, à la différence du monde Anglo-Saxon. L’hypothèse de cet axe est que les imaginaires techniques contenus dans cette culture matérielle de l’utopie seraient utiles aux disciplines de l’aménagement.

  • 10:30 La fantaisie radicale d'une claustrophilie pacifiste. Quelques pistes pour une relecture spéculative de l'œuvre de Lebbeus Woods. Eliza Culea-Hong, Architecte DE, Docteur en architecture, Co-fondatrice du studio de design NOVUM, Maître de conférences associé à ENSA Versailles et Coordinatrice éditoriale de la revue d'architecture suisse FACES.

L’œuvre de l’architecte américain Lebbeus Woods (1940-2012) suscite souvent des controverses. Pour certains, comme le critique Marc Lamster, il est le « dernier des grands architectes de papier » – voire même un Piranesi contemporain selon l’architecte Steven Holl –, un véritable « cult-idol » selon Kelly Chan, ou une « figure sanctifiée, une présence non corrompue dans la discipline » qui a agi pendant plusieurs décennies en tant que « conscience de la profession architecturale ». Pour d'autres, comme Neil Leach, il est un « touriste de guerre », « un chasseur d’ambulances » ou encore un techno-fétichiste qui ne produit rien d’autre que des images séduisantes dignes des blockbusters de science-fiction mais dépourvues de connections réelles au contexte social. Cette présentation vise à analyser les "anarchitectures" et de "espaces libres" que Woods propose à Zagreb (1991) et à Sarajevo (1993), à l'aide de la théorie critique de la science-fiction de Darko Suvin et China Miéville, afin de comprendre les opportunités, ainsi que les dangers lorsque les architectes emploient le récit de la science-fiction dans des contextes d'activisme politique.

11:15-11:30 Pause café

Panneau 2 : Arpenter les possibles

  • 12:15 Marcher dans des paysages postapocalyptiques - Analyse des difficultés et résistances de l'habiter dans Death Stranding. Rosane Lebreton, Architecte DE, Doctorante en architecture au LACTH en cotutelle avec le Liège Game Lab (Université de Liège), sous la direction de Catherine Grout et Björn-Olav Dozo.

Considérant les récits de science-fiction comme les témoins critiques de nos rapports à l’habiter, cette communication se penche sur l’analyse du jeu vidéo Death Stranding (Kojima Productions, 2019 [PS4], 2020 [PC]). Production japonaise mettant en scène une Amérique tentant de se reconstruire après une série de catastrophes, l’univers postapocalyptique de Death Stranding permet de mettre en question les modes d’habiter contemporains en traitant de lien au territoire et au paysage, de rapport à la technologie et à la mobilité et de partage d’un monde commun. Son discours ambigu est mis en perspective des imaginaires apocalyptiques dominants, en montrant notamment les résistances et les alternatives qu’il propose, esquissant ainsi le portrait complexe d’une humanité future et présente. Il s’agira enfin de souligner les particularités des formes de récits vidéoludiques, en mettant au jour les relations et tensions qui se tissent entre l’expérience de l’habiter telle que représentée par l’image et celle vécue par les joueurs et joueuses, liée à la jouabilité et au geste ludique.

  • 11:30 Paris-Bis. Arpenter/créer un Paris uchronique. Laurent Gontier, Médiéviste de formation, Ex-auteur de guides de voyage, Enseignant-formateur en école de journalisme, à l’INA et à l’Isart Digital.

Créer un monde imaginaire cohérent reste un exercice difficile menant souvent à des univers peu consistants. En basant la fiction sur la réalité, on peut cependant lui assurer un ancrage solide et une dynamique éprouvée qu’il suffira de laisser évoluer au gré de l’imagination. Au cours de l’automne 2018, à raison de 3 heures par semaine, les 150 étudiants de première année de l’école ISART Digital (jeux-vidéo, animation, SFX) ont créé par groupe trente visions de Paris-Bis, un Paris uchronique ayant dérivé à partir de la Révolution. A la manière des exercices à contrainte de l’OULIPO, leurs créations devaient s’appuyer sur des éléments imposés : un plan de la ville en 2018 librement interprétable, un régime politique et quelques images, visions fugaces d’une ville dont il leur restait presque tout à bâtir, à peupler, à animer et à explorer.

13:00-14:00 Pause déjeuner

Panneau 3 : 1950-1990, esthétique de la science-fiction en corpus

  • 14:00 Demain les étoiles. Architecture et urbanisme dans les couvertures de science-fiction (1952-1996) Marie Beauvalet-Boutouyrie, Doctorante en histoire de l’architecture contemporaine à Paris I Panthéon Sorbonne sous la direction de Jean-Philippe Garric.

Quel imaginaire, architectural et urbain, se construit dans les couvertures des romans de science-fiction au cours des décennies 1950-1990? Il s’agit de voir de quelle manière les non-architectes pensent le bâti dans le futur et dans l’Espace. Les liens entre ces architectures de papier et la production architecturale contemporaine, bâtie ou prospective, sera également analysée.

  • 14:45 La science-fiction, laboratoire (inquiet) de l’imagination matérielle. De Forbidden Planet (1956) à Alien (1979) Guillaume Rangheard, Formation initiale en philosophie, Architecte DE, Doctorant en Science de l’Art au sein du LESA (Université d’Aix-Marseille) sous la direction de Frédéric Pouillaude.

Le XIXe s. voit émerger simultanément la science-fiction et les matériaux emblématiques de la Modernité. Mais si les architectes du XXe s. s’enthousiasment pour les vertus techniques, plastiques et sociales de ces derniers, la science-fiction horrifique et la techno-horror livrent pour leur part des méditations de plus en plus inquiètes sur la fermeté de nos emprises. Nous défendrons, à travers l’analyse de deux œuvres emblématiques, l’idée que la science-fiction et ses sous-genres permettraient d’interroger celles-ci à nouveaux frais.

  • 15:30 1950-1990 : Les tours de télécommunication, une histoire de la guerre froide sous l’influence de la science-fiction, entre esthétique évocatrice et appropriation culturelle. Marc-Allan Wery, Architecte DE, Doctorant en histoire de l’architecture au sein du LACTH (Université de Lille) et de l’Université du Kent, sous la direction de Richard Klein et de Gerald Adler, avec le concours de l’Isite ULNE et du Comité Histoire pour la Poste (CHP), Chargé de TD à l’ENSAPL et à l’Université de Lille.

Au tournant des années 1950, l’Europe s’équipe d’un réseau de télécommunications basé sur une technologie nouvelle. Ses supports, les tours hertziennes dont la forme va évoluer jusqu’à l’aube des années 1990, période à laquelle la technologie devient obsolète, nous racontent une histoire de la guerre froide, utilisés comme double outils du soft power. Elles véhiculent par leur esthétique particulière une idéologie, entre monumentalisme et modernisme, empruntant au vocabulaire de la science-fiction ses courbes, ses matériaux et ses archétypes. Entre repère de génie du mal et symbole à détruire, ces formes génèrent un imaginaire qui va faire l’objet d’une appropriation particulière dans la culture populaire.

16:15-17:00 Discussion / Conlusion

16 février 2022 - 14h30-17h30

« Conception architecturale et rénovation de l’habitat : de l’architecture de terre aux matériaux biosourcés et géosourcés »

Séminaire doctoral domaine Conception — salle Jean Challet (1er étage)

  • séance organisée par Frank Vermandel (MC, HDR, ENSAPL)
  • Invité : Vincent Dubois, docteur en génie civil (spécialité écomatériaux), Maître de conférence, Université d'Artois, membre du laboratoire LGCgE (Laboratoire de Génie Civil et géo-Environnement)
  • Doctorant (Lacth) : Martin Fessard, architecte et charpentier
  • Chercheure associée au Lacth : Béatrice Mariolle, (architecte, Pr Hdr Ensap Lille, Chercheure IPRAUS, Ensa Paris-Belleville)
  • Discutante Lacth : Antonella Mastrorilli (professeure, co-directrice du Lacth, responsable du domaine matérialité)

À l’âge de l’anthropocène et à l’heure de l’écoconstruction et de la transition énergétique, les matières naturelles telle que la paille, le bois et la terre et, plus largement, les matériaux biosourcés et géosourcés, trouvent une place de choix dans le domaine de la conception architecturale. C’est sous cet angle que nous aborderons dans cette séance la question de l’écoconstruction, de la rénovation énergétique et de la réhabilitation de l’habitat, en nous intéressant plus spécifiquement aux ressources naturelles des territoires post-miniers.

  • « Terre et paille, matériaux de construction ancestraux : des techniques traditionnelles à une application contemporaine » Vincent Dubois, docteur en Génie Civil, Maître de conférence à l'Université d'Artois, Chercheur au LGCgE (Laboratoire de Génie Civil et géo-Environnement) 

À l'heure de l'économie circulaire et des bâtiments à hautes performances techniques, la terre et la paille trouvent une place de premier plan dans le domaine de la construction. Leurs bas impacts carbone, leurs disponibilités, leurs faibles transformations en font des matériaux répondant pleinement aux attentes actuelles. En s'inspirant du pisé ou du torchis, comment peut-on adapter la terre à des techniques de construction neuve moderne telle que l'impression 3D, ou à la rénovation de l'existant ? La formulation des matières sera abordée en adéquation avec les objectifs visés.

  • « Une Architecture de cueillette ? La réhabilitation des cités minières par des mises en œuvre foraines de matériaux biosourcés et géosourcés locaux. » Martin Fessard, architecte, doctorant au Lacth

Le milieu de l'extractivisme minier semble avoir généré l'architecture des cités minières du Nord Pas-de-Calais et la mise en récit des ressources minières (briques et tuiles d'argile cuites au charbon, enduit terre / crin de cheval, etc.). Les ressources du milieu post-minier (terres, fibres végétales agricoles, bois) pourraient-elles permettre une réhabilitation de ces cités minières qui aille au-delà de la simple rénovation thermique ? Lors de cette intervention, nous discuterons notamment de l'émergence d'une réglementation foraine des mises en œuvre de matériaux biosourcés et géosourcés locaux et hétérogènes : ces règles pourrait-elle donner lieu à une architecture de cueillette contemporaine ? Avec quelles implications pour les outils de l'architecte et le langage architectural ?

Martin Fessard est architecte et charpentier. Après des études à l'école d'architecture de Paris Belleville, il rejoint l'agence Boidot Robin, puis se forme à la charpente chez les compagnons du devoir à Rennes. Il travaille ensuite sur des chantiers de rénovation en matériaux biosourcés de patrimoine ordinaire ou classé, en Bretagne puis à Lyon. Il entame un doctorat au LACTH sur ces questions, sous la direction de Frank Vermandel et Béatrice Mariolle et le co-encadrement de Vincent Dubois, chercheur au Laboratoire de génie civil de l'Université d'Artois.

« Eco matériaux et ornement »

  • Béatrice Mariolle, chercheure à l'Ipraus et chercheure associée au Lacth

L’ornement, en tant que marqueur des conditions culturelles d’une époque, est intimement lié aux matériaux de construction. Si le mouvement moderne, le béton et l’industrialisation aidant, ont tenté de l’évincer, l’usage des matériaux issus du vivant viendrait-il réveiller un nouvel imaginaire décoratif. Puisant sa source dans l’art, notamment dans les règnes animal et végétal, relire aujourd’hui la place de l’ornement dans l’architecture revient à interroger les relations entre l’humain, la nature et l’architecture.

Béatrice Mariolle est architecte, urbaniste, docteure et HDR en architecture, professeure TPCAU à l’ENSAPL, chercheure à l’UMR AUSser et chercheure associée au LACTH, directrice scientifique de la chaire « acclimater les territoires post-miniers ».

23 février 2022 - 14h00-17h30

« Recherche-action »

atelier des doctorant.es (lien avec la journée Grand R) — salle Jean Challet

La recherche-action peut se définir comme une démarche de recherche hybride permettant de mettre en perspective des connaissances scientifiques diverses à travers des actions concrètes menées sur le terrain. Ces actions se traduisent au travers de la multiplicité des échelles de rationalité, d’interventions, d’interactions suggérées par une hypothèse de recherche et opérées de manière objective dans des situations réelles. Elle peut donner lieu à des transformations épistémiques induites par l’expérience des modèles théoriques et des systèmes de représentation mobilisés par le sujet de thèse. En sciences sociales, et plus particulièrement en architecture et paysage, la pratique de la recherche-action se démarque des autres démarches de recherches conventionnelles, tant du point de vue de la méthodologie que de sa finalité. Souvent induite par des approches plurielles (participatives, expérimentales et innovantes) plaçant le sujet de recherche dans une forme d’actualité permanente avec ses objets d’étude, la recherche-action pose les conditions d’un nouvel apport théorique fondé à partir de l’expérience critique faite d’une pratique, d’une méthode, d’un outil ou d’un processus donné.

Comment se traduit une démarche de recherche-action en architecture et paysage? En quoi permet-elle d'expérimenter de nouveaux savoirs scientifiques? De nourrir le positionnement théorique du chercheur en général? Peut-elle être mise en relation avec d’autres pratiques/ méthodes de recherches scientifiques? Pour quels objectifs? Pour quels résultats?

Afin de mieux comprendre les articulations et les modalités de la démarche de recherche-action dans le projet de la thèse, mais aussi les imbrications méthodologiques permettant de la définir, cet atelier des doctorants propose de questionner les manifestations épistémologiques de cette méthode, à travers la thématique de la recherche par l’expérience du réel, à partir des expérimentations en cours de développement dans plusieurs travaux de recherche.

Déroulement

  • 14h- Accueil des participants
  • 14h15- Introduction
  • 14h20 « Recherches en situation d’expérimentation : projets, acteurs et processus de mise en œuvre » Pascal Nicolas Le Strat, sociologue, professeur en sciences de l’éducation à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis (Laboratoire EXPERICE)
  • 14h50- Discussions/Échanges

15h10-Pause

Échanges / retour d'expérience

  • 15h20- « Une recherche fondamentale en agence. Quelles dynamiques pour le projet d’architecture? » Pauline de Tavernier, Architecte HMONP, docteure en architecture, chargée de mission en architecture à AREP
  • 15h40- « L’expérience de la thèse dans une collectivité publique : Une recherche « en situation » d’action qui interpelle de façon réciproque « politique(s) » et « paysage » »- Roxane Wormser, paysagiste et doctorante au sein du domaine de recherche conception du LACTH,
  • 16h00- « Expérimentations en situation de chantier. Regards croisés et pratiques de recherche réflexives sur les processus de transformations en jeu dans la restauration du patrimoine en ciment du XXème siècle ». Téva Colonneau, architecte D.E et doctorant au sein du domaine de recherche matérialité du LACTH
  • 16h20- « Une « permanence architecturale » de recherche. L’apport des pratiques collaboratives dans la rénovation énergétique du logement social » Mélusine Pagnier, Architecte HMONP et doctorante au sein du domaine de recherche conception du LACTH

16h40- Échanges en Table ronde

17h30- Fin de l'Atelier des doctorant.e.s

Participation

Lien Zoom : https://zoom.us/j/97281662655

Bibliographie

Liu, M. La validation des connaissances au cours de la recherche-action. La recherche-action : Ambitions, pratiques, débats, INRA, 212 p., 1997, Etudes et Recherches sur les Systèmes Agraires et le Développement, 2-7380-0760-0. hal-02841846

Lewin K. Field Theory in Social Science, New-York, Editions Harper and Row, 1951.

Breschi, Stefano. Lawson, Cornelia. Lissoni, Francesco. Morrison, Andrea. Salter, Ammon. (2020) STEM migration, research, and innovation. Research Policy, 49. DOI: 10.1016/j.respol.2020.104070

Liu, M. La recherche-action dans les sciences de l’homme, Thèse de doctorat d’Etat, IEP Paris. 1986.

Catroux, M. Introduction à la recherche-action : modalités d’une démarche théorique centrée sur la pratique, Recherche et pratiques pédagogiques en langues de spécialité, Vol. XXI N° 3 | 2002, 8-20.

Rouchi, C. Réflexivité et recherche-action en contrat CIFRE, quand les contraintes du terrain deviennent opportunités. Nouvelles perspectives en sciences sociales, 13, 2017, 211–224. https://doi.org/10.7202/1044016ar

Morrissette, J. Recherche-action et recherche collaborative : quel rapport aux savoirs et à la production de savoirs? Nouvelles pratiques sociales, 25(2), 2013, 35–49. https://doi.org/10.7202/1020820ar

Schön, D. Le praticien réflexif. À la recherche du savoir caché dans l’agir professionnel, traduit de l’anglais par J. Heynemand et D. Gagnon, Montréal, Logiques, 1983.

Nicolas-Le Strat, P, Quand la sociologie entre dans l’action, La recherche en situation d’expérimentation sociale, artistique ou politique, Editions du commun, 2018

Notes

[1]     Distinction entre « les politiques publiques » et « le politique » empruntée à Catherine Grout et Monique Toublanc dans l’éditorial sur le dossier thématique portant sur « le paysage au prisme du politique » dans Projets de Paysage, 2021 (en ligne).

[2]     Lewin K. Field Theory in Social Science, New-York, Editions Harper and Row, 1951.

23 mars 2022

« Frises et représentations »

atelier des doctorant.es — salle Jean Challet

  • organisation : Benjamin Delaunay, Mélusine Pagnier, Marc-Allan Wery

6 avril 2022

14h-17h — Séminaire doctoral, domaine matérialité — salle Jean Challet (1er étage)

La digitalisation du Patrimoine architectural, quels outils et quelles données pour la restauration

  • organisation Antonella Mastrorilli (Pr Hdr, responsable du domaine matérialité du LACTH- co-directrice du LACTH)
  • chercheur.e invité.e : Livio De Luca (Directeur de Recherche au CNRSDirecteur de l'UMR CNRS/MCC MAP_Modèles et simulations pour l'Architecture et le Patrimoine)
  • doctorante : Sabrina Chenafi (architecte) et Téva Colnneau (architecte)
  • discutant.e Lacth : Richard Klein (Architecte, Pr Hdr LACTH-Ensap Lille)

Les recherches les plus récentes développées au sein du domaine Matérialité du LACTH portent sur le continuum des techniques de construction, à travers l’emploi des technologies de conception et de fabrication numériques. En particulier, les recherches en cours visent à montrer le potentiel de ces nouveaux procédés dans un contexte élargi à la conservation et à la restauration du patrimoine architectural en béton. Les thèses en cours sur l'étude et la caractérisation de procédés de fabrication robotisée innovants par moulage de ciment ou sur l'utilisation de la robotique dans les principes de mises en œuvre et de restauration des éléments architectoniques en béton, constituent les pistes actuelles abordant le sujet du transfert des techniques-outils dans les savoir-faire des métiers de la conservation-restauration du patrimoine architectural.

« Vers une cathédrale de données et de connaissances pluridisciplinaires en science du patrimoine »

  • Livio De Luca, est Directeur de Recherche au CNRS. Directeur de l'UMR CNRS/MCC MAP_Modèles et simulations pour l'Architecture et le Patrimoine.

Ses activités de recherche se concentrent sur le relevé, la modélisation géométrique et l’enrichissement sémantique de représentations numériques d’objets patrimoniaux, ainsi que sur la conception et le développement de systèmes d’informations multidimensionnels. Depuis 2019, Livio de Luca est coordinateur du groupe de travail “données numériques” du chantier scientifique du CNRS et du ministère de la Culture pour la restauration de Notre-Dame de Paris. Son intervention dans le cadre de ce séminaire doctoral portera sur les « données numériques » et sur la démarche de recherche investie dans le chantier de Notre-Dame de Paris.

« Restauration par ajout de matière : l’impression additive comme nouveau procédé d’intervention dans la restauration et la conservation du patrimoine architectural en béton au XXe siècle »

  • Sabrina Chenafi, architecte, doctorante au LACTH

Ce projet de thèse s’intéresse à questionner l’apport de la fabrication additive, et plus particulièrement de la mise en œuvre in-situ robotisée, dans la restauration et la conservation du patrimoine architectural en béton du XXe siècle. Face à la complexité d’action sur ce patrimoine aujourd’hui vieillissant et dont les raisons et les conditions d’altération semblent multiples et hétérogènes, les méthodes de restauration actuelles sembleraient dans certains cas trouver leurs limites. L’objet de ce travail vise alors à envisager l’évolution des processus de mise en œuvre in-situ, et notamment les travaux de recherche sur la fabrication additive par moyens robotisés, comme une opportunité considérable afin de développer la capacité d’intervention sur un patrimoine bâti existant en demande. Pour ce faire, la méthode proposée dans le cadre de ce travail de recherche vise à rassembler les savoirs actuels vis-à-vis des méthodes de restauration et de réquisitionner leur pertinence face à l’évolution des nouveaux processus de mise en œuvre permettant notamment l’intervention directement sur site. En prenant pour cas d’étude des bâtiments du patrimoine architectural en béton du XXe siècle dans l’urgence, le rôle de ce travail de recherche consistera à proposer de nouveaux protocoles d’intervention employant la fabrication additive par robot mobile dans le domaine de l’architecture et du patrimoine.

« Fabrications numériques robotisées et patrimoines remarquables en ciment. Systèmes innovants de moulages de matière pour la restauration des ‘ciments remarquables’ de l’architecture religieuse en béton de la première moitié du XXe siècle »

  • Téva Colonneau, architecte, doctorant au Lacth

Ce projet de thèse se consacre à l'étude et à la caractérisation d'un procédé matériel de fabrication basé sur l'utilisation des moyens de la robotique, pour la restauration du patrimoine remarquable en ciment du XXème siècle. Au travers d'une analyse de faits ayant marqué l’histoire des techniques de mises en œuvre de ce matériau dans des exemples d'architectures reconnus, il s'agit d'évaluer les capacités de réalisation de moulages numériques en ciment dans le processus de restauration des éléments repérés. Ainsi, par le biais d'études de cas centrées sur l'architecture religieuse en béton construite aux alentours de la première moitié du XXè siècle, l'objet de cette recherche visera à l'application de nouvelles méthodes constructives plus favorables aux critères de conservation et de restauration des « ciments remarquables » de grande échelle et de formes complexes.

Information

La séance sera accessible également sur zoom

  • ID de réunion : 923 8631 0451
  • Code secret : 101012

4 mai 2022

Changements de paradigmes. Expérience(s) et méthode(s)

14h30-17h30 atelier des doctorant.es — salle Jean Challet (1er étage) et visio

  • Organisation, conception : Catherine Grout, Pr Hdr en esthétique, ENSAP de Lille
  • Chercheure invitée : Alessia de Biase, architecte-urbaniste et anthropologue, Pr Hdr, ENSA de Paris La Villette, directrice de l’UMR LAVUE CNRS 7218
  • Doctorantes LACTH : Ekaterina Shamova, historienne de l’art contemporain, Roxane Wormser, paysagiste
  • Discutante : Céline Barrère, sociologue, MC Ensap de Lille, co-directrice du LACTH

Participation

  • lien zoom
  • ID de réunion : 988 2025 7305
  • Code secret : 306789

Continuant d’aborder la thématique transversale des changements de paradigmes, cette séance y associe la notion d’expérience. Celle-ci est comprise aussi bien au sein de la recherche comme un des outils méthodologiques qu’en tant qu’objet d’étude et d’analyse. Ces deux approches peuvent être distinguées et conjuguées au sein d’une même recherche (par exemple avec l’engagement ou l’implication du chercheur ou de la chercheuse en des actions ou projets par ailleurs étudiés). Une des questions posées concerne ainsi les références méthodologiques et les champs disciplinaires venant des sciences humaines et sociales et la manière de se situer dans la construction de sa propre méthode. Une autre question concerne l’apport des sciences humaines et sociales, voire de l’art, en architecture et en paysage. Une autre encore envisagera le passage entre une expérience au présent et ce qu’elle devient dans la mémoire ou la transmissio

Interventions

  • « Quand faire du terrain devient une évidence » Alessia de Biase

Il s’agira d’interroger comment aujourd’hui le « terrain » et l’approche ethnographique sont devenus des acquis dans certains domaines de l’action urbaine (de l’art à l’action culturelle urbaine portée par les collectifs, par exemple) et comprendre ce que ce partage d’outils — s’il y en a réellement un — fait à la discipline et à la construction d’un positionnement du chercheur-anthropologue dans le champ de l’urbain.

  • « Expérience marchée, vécue et partagée. Présenter une étape de recherche avec la matière recueillie » Ekaterina Shamova,

Un groupe dense et étalé de personnes traversant lentement un Paris matinal, des duos discrets sillonnant les recoins des quartiers, une foule bruyante parcourant les zones commerciales de la métropole bordelaise... Autant de façons de marcher à plusieurs, ensemble, chacun à sa manière, qui indiquent pourtant que, derrière toutes ces formes de marche, une expérience complexe et multimodale se développe. Se présentant à l’œil du passant comme quelque chose à la fois de familier et de différent, celle-ci échappe toutefois à une analyse exacte et disparaît au coin de la rue. Quel est donc ce vécu ? Comment y avoir accès ? Comment le déchiffrer ? En tant que chercheurs, mais aussi êtres sensibles, nous pouvons nous rapprocher de cette expérience, nous mettre à son épreuve, nous exposer, et aussi la partager. Dans cette intervention, je m’attarderai sur les moments d’expériences concrètes, sur les dits et non-dits, les hésitations, les étonnements et les révélations des uns et des autres avec qui j’ai marché dans le cadre d’un corpus choisi de projets artistiques et chorégraphiques. Ces éléments hétérogènes et pluriels convergent et laissent entendre la nature d’une expérience à la croisée entre la marche, les processus corporels et sensoriels et l’être avec autrui.

  • « Des expériences à l’expérience : Comment passer du cas d’étude à la pratique commune ? » Roxane Wormser

Multipliées partout en France et ailleurs, les pratiques de pédagogies alternatives concernant une didactique du paysage par le paysage se démocratisent. Depuis près d’un siècle, ces initiatives font l’objet d’études et de publications scientifiques qui démontrent leur pertinence aussi bien concernant l’apprentissage des enfants que l’aménagement des lieux urbains. Ces « expériences » sont autant de situations qui tendent à être reliées les unes aux autres par des travaux de recherche comme ceux qui constituent le projet de recherche Suisse de l’UNIGE intitulé « Didactiques du paysage ».

En ce qui concerne la conception de projet architectural ou paysager, la diversité et le nombre de ces expériences ne cesse de croître alors même que les institutions et les structures publiques se cantonneraient à des modèles peu enclins à évoluer. Comment passer alors du cas d’étude alternatif à un changement de paradigme de société qui pousse à revoir des modes de faire conventionnels ?

Cette présentation explorera la notion d’expériences au pluriel : les expériences ou cas d’étude comme données dont on fait évoluer les paramètres pour ajuster la pratique. Il s’agira de questionner la façon dont ces expériences multiples et hyper-localisées peuvent devenir une expérience commune de société. La notion d’expérience est entendue ici comme une mémoire collective accumulée dans le temps. Il s’agit alors de voir si la société peut acquérir et faire l’expérience de ces situations et comment elle pourrait y parvenir. Demandons-nous enfin ce qui fait lien entre des expériences multiples, locales et isolées et la constitution d’une culture commune.

Bio-bibliographies

Alessia de Biase est architecte-urbaniste et anthropologue, professeur d’anthropologie urbaine à l’ENSA  Paris La Villette où elle conduit ses recherches au sein du laboratoire LAA (UMR LAVUE CNRS), qu’elle dirige.

Elle porte une réflexion à travers plusieurs registres, objets et questions sur la construction de l'imaginaire et le rôle qu’il joue dans la transformation des territoires.  Elle propose une observation fine de l’espace en train de se faire et des temporalités qui le gouvernent à associer, dans une démarche critique, à une ethnographie et une analyse du jeu d’acteurs (habitants, concepteurs et décideurs) qui co-participent à différentes échelles à sa transformation. Dans ce cadre, elle interroge depuis les dernières années le rôle de la nature et de son entretien dans la construction d’une citadinité contemporaine. Dernières publications : 2021 avec Carolina Marelli et Ornella Zaza, “‘Embellir la rue, c’est tout un projet’.  Une ethnographie des dispositifs de végétalisation urbaine participative à Paris” in AA.VV. ESTHÉTIQUES URBAINES – PARIS. Paris : Coédition Pavillon de l’Arsenal / Wildproject ; 2021 avec Juliette Charron, J. et Solène Leray S.,  “Habiter la pandémie. Relation entre habitabilité et accessibilité urbaines à Paris sous le covid-19”. Contesti 1-2021; 2018 avec Carolina Marelli et Ornella Zaza, “Urban Nature at the Digital Age. From collective urban gardens to individual micro-landscapes”, Built Environment, “Branded Landscapes and the Generic City”, 44 (3). Alexandrine Press.

Céline Barrère est sociologue et urbaniste, docteur en urbanisme, maitre de conférences en sciences humaines et sociales à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Lille, co-directrice du Lacth. Ses travaux portent sur portent sur les narrations urbaines, les stratégies discursives, les pratiques sociales et la production de valeurs liées au « faire mémoire », questionnant les formes de résistance des cultures populaires et leurs ressources spécifiques. Elle est l’auteure de « Des récits troués pour une impossible forme urbaine : Beyrouth par-dessus les ruines », in Récits de ville, sous la dir. de Loïc Vadelorge et Corinne Jacquand, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, A paraître 2022 ; avec Caroline Rozenholc de Les Lieux de mobilité en question, Acteurs, enjeux, formes, situations, Paris, Ed. Karthala, coll. du CIST, 2018 ; de « Territorialité et narrativité de la disparition : une mémoire en travail. La Maison Manquante de Christophe Boltanski », Les Cahiers Thématiques n°16 : L’architecture et la Disparition, Ed. Esanpl-MSH, 2017.

Catherine Grout est professeure HDR en esthétique à l’ENSAP de Lille et chercheure au LACTH. Ancienne lauréate de la villa Kujoyama (1994-95, Kyôto), elle est co-responsable scientifique du réseau scientifique Japarchi et co-directrice de la recherche « L’Hôpital comme milieu ». Ses recherches portent sur le paysage, l’espace public, l’apparaître (entre autres, d'œuvres d'art) et l’expérience située, et ce, à partir du sentir et de la spatialité (Erwin Straus). Elle est l’auteure de Écouter le paysage, (Strasbourg, École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, coll. Confer, 1999), Pour une réalité publique de l'art, (Paris, L'Harmattan 2000), L’Émotion du paysage, ouverture et dévastation (Bruxelles, La Lettre Volée, 2004), L’horizon du sujet. De l’expérience au partage de l’espace (Bruxelles, La Lettre Volée, 2012). Le Sentiment du monde. Expérience et projet de paysage (Bruxelles, La Lettre Volée, 2017).

Ekaterina Shamova est historienne de l’art contemporain et doctorante au laboratoire LACTH à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Lille. Elle écrit sa thèse sous la direction de Catherine Grout. Cette recherche porte sur les projets artistiques de marche collective à la frontière entre chorégraphie, itinérance, expérience corporelle et sensori-motrice, tout en questionnant comment le vécu individuel et collectif permet de révéler le paysage et de produire un territoire. Depuis 2017 elle enseigne le TD de Rapport de Cycle en Licence 3 Architecture, et intervient ponctuellement dans le cycle de Master en paysage, ainsi que dans les jurys de soutenance de mémoires de fin d’études. Depuis 2020, elle fait partie du comité de rédaction de la revue des doctorants du LACTH Circa. Auteure de : « Marcher ensemble : expérience dans le paysage, de la spatialité à l’expérience commune », Projets de paysage №19, mis en ligne en décembre 2018, DOI : https://doi.org/10.4000/paysage.425 « Walking together : towards a common mouvement », dans Piga, B., Siret, D., et Thibaud, J.-P. (dir.), Experiential Walks for Urban Design. Revealing, Representing, and Activating the Sensory Environment, Springer, 2021, p. 115-139, DOI : https://doi.org/10.1007/978-3-030-76694-8; « Ralentir avec les autres. Au sujet de l’expérience du projet “Slow Walk" d’Anne Teresa de Keersmaeker », dans Carnets du paysage №39, ENSP Versailles/Actes Sud, 2021 ; « Les hypothèses à l’épreuve du cheminement. Se situer au croisement entre expérience de la marche, paysage et territoire dans la démarche de thèse », Projets de paysage №25, mis en ligne en janvier 2022, DOI : https://doi.org/10.4000/paysage.24651

Roxane Wormser est paysagiste diplômée d’état, doctorante en 2ème année au LACTH dans le domaine conception sous la direction de Catherine Grout et le co-encadrement de Dominique Henry, paysagiste cheffe de projet et chargée de recherches pour la ville de Lille dans le cadre d’un contrat CIFRE sur « Le partage de la conception des espaces publics avec des enfants, jeux et enjeux politiques ». 

11 mai 2022

« Faire passer la recherche à l’action par la marche »

Séminaire doctoral transversal aux quatre domaines du Lacth — salle Jean Challet — 14h30-17h30

  • organisation Denis Delbaere (Pr Hdr en Ville et Territoire, ENSAP de Lille)
  • chercheur invitée : Alexis Pernet (Paysagiste, docteur en géographie, Larep / ENSP)
  • doctorantes : Ekaterina Shamova, historienne de l’art contemporain, Elisa Baldin, architecte
  • discutante : Christelle Hinnewinkel, géographe, TVES / Université de Lille

Dans le temps long du projet de paysage, les productions de la recherche influent de façon plus ou moins directe sur les visées, les processus et les effets spatiaux de l’action paysagère (Davodeau, 2022). De ce point de vue, il peut apparaitre pertinent, dans le contexte des écoles de paysage et d’architecture, de penser la recherche non seulement comme un à-côté du projet, mais aussi, dans une certaine mesure qu’il conviendrait de mieux cerner, comme l’une de ses instances.

Cette journée de séminaire explorera ce qui constitue sans doute l’un des schèmes majeurs de cette condition productive et transformatrice de la recherche de paysage, à savoir le fait que, fondée sur un rapport intense au terrain, elle y engage corporellement et sensoriellement le chercheur dans une posture d’exploration active, qui prend souvent la forme de la marche. Moyen simple et intuitif d’explorer le paysage, la marche est aussi le premier instrument de sa transformation dès lors qu’elle introduit des itinéraires, ouvre des parcours dont elle dresse des cartes, installe des observatoires et perturbe les activités des acteurs sociaux et biologiques qui habitent ces paysages.

En considérant comment la marche impulse dans la recherche une démarche active visant la transformation du paysage, on questionnera donc ici quelques conditions épistémologiques d’un projet par la recherche, ouvrant pour penser la relation entre projet et recherche une perspective peut-être plus féconde que celle, explorée dans de nombreuses écoles d’architecture et de paysage, d’une recherche par le projet.

Afin d’alimenter les échanges de l’après-midi, une matinée de marche est proposée sur certains terrains du projet de recherche SALTUS mené par le collectif LIKOTO (représenté pour l’occasion par Quentin Spriet et Denis Delbaere). La marche sera l’occasion de présenter le rôle de la marche dans l’approche du collectif.

Programme

Matinée : 9h rendez-vous fixé à Lambersart, au coin de la rue Pierre et Marie Curie et de l’allée Marguerite Perey (prévoir un pique-nique)

Le Collectif LIKOTO : une plateforme méthodologique interdisciplinaire fondée sur la marche

  • Denis Delbaere et Quentin Spriet

Depuis 2018, un collectif scientifique interdisciplinaire s’est constitué autour des recherches visant à explorer l’hypothèse d’une « trame verte spontanée » en formation en bordure des grandes infrastructures de transport de l’Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai (Likoto). Ce collectif a engagé diverses explorations méthodologiques autour de cet objet complexe, et a posé quelques principes généraux pour encadrer cette démarche qui reste ouverte. La marche joue un rôle central dans cette méthode. Ce sont les raisons de cette centralité et ses effets qui seront ici présentés brièvement, en s’appuyant sur certains constats opérés en matinée

Après-midi : 14h30-17h30  ENSAPL, salle Jean Challet

Une recherche entre deux eaux : sur la piste des levées boisées du Marais poitevin

  • Alexis Pernet

L’ANR Digues explore la transformation des modes de gestion des systèmes d’endiguement en France, à l’heure d’importantes réformes territoriales et du changement climatique. Parmi les sept sites d’étude de la recherche, le site des levées de tête du Marais poitevin a été choisi en raison de la singularité d’un paysage de digues boisées et habitées, héritées des dessèchements de l’époque moderne, encore tenues par des pratiques d’émondes. Un enjeu principal se dessine : comment penser la transmission d’un patrimoine arboré linéaire (de plus de 50 km de long) et la pérennité d’un système d’endiguement ? L’exposé reviendra sur la méthode de recherche engagée, entre histoire environnementale, ethno-écologie et prospective paysagère, en témoignant des outils déployés lors des phases d’arpentage et de médiation avec les acteurs du site.

Pour un aperçu plus complet de l’exploration déployée

L’exploration des friches industrielles : la marche comme outil de recherche

  • Elisa Baldin

Dans le cadre de la requalification des friches industrielles entre Hauts-de-France et Wallonie, la recherche explore une approche de valorisation de l'existant en tenant compte des qualités engendrées par l'abandon. Les dynamiques de recolonisation végétale spontanée et les usages informels sont des indices d'une nouvelle identité du lieu que l'action paysagère peut infléchir dans le temps. Quatre cas d’étude sont des expressions de différentes temporalités de la mutation post-industrielle, où la régénération paysagère est issue de différents agents/ acteurs.

“Parcourir le site en tous les sens” (Corajoud, 2010) comme pratique exploratoire permet d'appréhender les spécificités des lieux, leurs permanences et leurs transformations, d’observer les différents modes d'appropriation comme révélateurs de qualité émergents.

La marche comme méthode inévitable

  • Ekaterina Shamova

Cette intervention cherchera à comprendre les implications à la fois méthodologiques et expérientielles de la marche quand celle-ci n’est pas intentionnellement choisie comme une méthode d’appréhension du terrain, mais fait d’office partie de celui-ci. Les projets artistiques et chorégraphiques de marche collective constituant mon corpus, sont un format où les choix du mode de déplacement et de l’attention portée à l’espace parcouru sont inhérents à l’expérience complexe corporelle et sensorielle vécue en mouvement sur la durée du projet. Il s’agit donc tout d’abord de se rendre disponible, de mettre son corps à l’épreuve de ces marches à côté des autres. L’observation se transforme en une participation active où il convient dans un premier temps d’être présente à l’espace dans un vécu renouvelé à chaque pas. La première considération de la marche sera ainsi celle de l’expérience incarnée, située et dynamique, et le premier niveau d’appropriation de cette expérience marchée sera son compte rendu et son analyse du point de vue corporel, sensoriel, kinesthésique et imaginaire, ainsi que relationnel. Parallèlement, dans une démarche méthodologique, ce vécu marché pourra être apprivoisé en tant qu’outil dont les retombées permettront de traiter les manières de produire un territoire sur la durée d’un projet, de partager l’espace parcouru ou encore d’analyser les qualités de ce dernier.

Bio-bibliographies

Elisa Baldin est architecte et assistante à la Faculté d’Architecture de l’Université de Liège, où elle enseigne en atelier dans la filière territoire, BAC 3. Elle est doctorante en cotutelle, entre le Lab Ville -Territoire - Paysage de l’URA, ULiège et le LACTH à L'Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et Paysage de Lille. Elle écrit sa thèse sous la co-direction de Rita Occhiuto (ULiège) et Denis Delbaere (ENSAPL). Elle s'intéresse à la régénération paysagère en tant qu'approche de valorisation des friches industrielles qui favoriserait l’émergence d’une nouvelle identité du lieu en continuité avec l’existant. Dans ce cadre la marche est pratique d’exploration, vecteur de connaissance de la biodiversité et des spécificités spatiales ainsi que de réappropriation des lieux. Depuis 2012 elle fait partie du collectif LacYme, actif dans la sensibilisation à l'écologie urbaine à travers l'expérience des lieux, dans le cadre des sciences participatives.

Denis Delbaere est paysagiste DPLG (1993), docteur de l'EHESS (2004), habilité à diriger les recherches (2014) et professeur en "Ville et Territoire" à l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture et de Paysage de Lille. Il est l'auteur de "La Fabrique de l'espace public : ville, paysage, démocratie" (2010), de "Table rase et Paysage : une exploration des paysages de la modernité pour un renouveau critique du planisme" (2016) et de « Altérations paysagères : pour une théorie critique de l’espace public » (2021). Il anime le réseau inter-écoles de paysage « Critique et Projet de Paysage » et dirige le collectif scientifique LIKOTO, ainsi que la revue de critique de projets d’espaces publics banC publiC.

Christelle Hinnewinkel est géographe, maître de conférences au laboratoire Laboratoire Territoires, Villes, Environnement & Société (TVES-ULR 4477 de l’université de Lille) et chercheur associé au laboratoire LACTH à l’École Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Lille. Ses activités de recherche explorent les processus de territorialisation des politiques publiques de gestion de la nature. Après des travaux sur les usages de la forêt et de l’arbre en Inde et sur leurs interactions avec les politiques publiques forestières, elle s’intéresse à la mise en place des Trames vertes et bleues en France. Elle est membre du collectif LIKOTO depuis 2020.

Alexis Pernet paysagiste et géographe, est maître de conférences à l’Ecole nationale supérieure de paysage de Versailles. Il vit dans les Deux-Sèvres, au contact du Marais poitevin dont il a fait l’un de ses terrains de recherche. Il a publié Le grand paysage en projet (éditions Métispresses, 2014), Au fil du trait, Carnets d’un arpenteur (éditions Parenthèses, 2021) et co-dirige des recherches sur le territoire de la vallée de la Seine, de Paris à la mer, d’où est issu l’ouvrage Plus grand que la Seine, acteurs en réseau, paysages en projets (éditions Parenthèses, 2021).

Ekaterina Shamova est historienne de l’art contemporain et doctorante au laboratoire LACTH à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Lille. Elle écrit sa thèse sous la direction de Catherine Grout. Cette recherche porte sur les projets artistiques de marche collective à la frontière entre chorégraphie, itinérance, expérience corporelle et sensori-motrice, tout en questionnant comment le vécu individuel et collectif permet de révéler le paysage et de produire un territoire. Depuis 2017 elle enseigne le TD de Rapport de Cycle en Licence 3 Architecture, et intervient ponctuellement dans le cycle de Master en paysage, ainsi que dans les jurys de soutenance de mémoires de fin d’études. Depuis 2020, elle fait partie du comité de rédaction de la revue des doctorants du LACTH Circa.

Quentin Spriet ornithologue, naturaliste généraliste et photographe, est ingénieur de la fonction Publique Territoriale à la MEL Métropole Européenne de Lille. Référent Biodiversité, Chargé de mission "Gestion de Trame Verte et Bleue" en val de Lys-Deûle-Marque, "Gestion du Domaine Public Fluvial et de la Voie d'eau" Liaison Deûle-Escaut. Chargé de programmation Pédagogie et Communication auprès des collectivités et usagers, Relais-Nature de la MEL. Contributeur des programmes Interreg tripartites (Flandres-Wallonie-France) BiPS Biodiversité périurbaine, Corrid'or Parc de la Lys, TEC Tous Ecocitoyens. Il est membre du collectif scientifique LIKOTO depuis sa contribution à la recherche En Piste.

Places

  • Les salles sont indiquées pour chaque séance - 2 rue Verte
    Villeneuve-d'Ascq, France (59)

Event format

Hybrid event (on site and online)


Date(s)

  • Wednesday, November 24, 2021
  • Wednesday, December 15, 2021
  • Wednesday, January 26, 2022
  • Wednesday, February 16, 2022
  • Wednesday, February 23, 2022
  • Wednesday, March 23, 2022
  • Wednesday, April 06, 2022
  • Wednesday, May 04, 2022
  • Wednesday, May 11, 2022

Keywords

  • paradigme, architecture, paysage, méthode, mutation, représentation, crise sanitaire, confinement, distanciation sociale, enquête, écriture, échange, méthode, outil, numérique, pédagogie, temporalité, lieu, science-fiction, utopie radicale, uchro

Contact(s)

  • Isabelle Charlet
    courriel : lacth [at] lille [dot] archi [dot] fr
  • Catherine Grout
    courriel : c-grout [at] lille [dot] archi [dot] fr

Reference Urls

Information source

  • Catherine Grout
    courriel : c-grout [at] lille [dot] archi [dot] fr

To cite this announcement

« Séminaire doctoral du Lacth (2021-2022) », Seminar, Calenda, Published on Friday, November 19, 2021, https://calenda.org/938664

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