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Plaisir ou subsistance ? Identités et pratiques alimentaires hier et aujourd’hui
Isst Du noch oder genießt Du schon? Identitäten und Praktiken der Ernährung gestern und heute
Published on Thursday, December 09, 2021
Abstract
Plaisir ou subsistance. Ces deux notions paraissent souvent diamétralement opposées, mais sont néanmoins amenées à se rencontrer dans une multitude de contextes. Par des sujets tels que l’ascèse, les troubles alimentaires ou même les tabous religieux, cette opposition vise à jeter un nouveau regard sur les pratiques alimentaires et les identités qu’elles traduisent, tout en essayant de redonner à la notion du « plaisir » toute sa légitimité scientifique. Cette journée d’étude s’inscrit dans la tradition interdisciplinaire et transnationale des ateliers organisés par le Groupe interdisciplinaire de recherche Allemagne-France (GIRAF-IFFD), association franco-allemande de jeunes chercheurs. Les contributions, en allemand ou en français, pourront être aussi bien issues de l’histoire ou de l’archéologie, de la sociologie, de l’anthropologie, de la géographie ou encore de la psychologie, sans exclure la littérature et les arts.
Announcement
Argumentaire
Qu’est-ce qui détermine et motive nos comportements alimentaires ? Dans la lignée des travaux de l’anthropologue britannique Audrey Richards, les sciences humaines se sont emparées de ce questionnement, mettant en évidence la place centrale de l’alimentation au sein des réseaux sociaux et culturels des communautés humaines [1]. Cette problématique multidimensionnelle a fait émerger au fil des années une pluralité d’approches dans toutes les disciplines des sciences sociales.
De fait, alors que du côté allemand, la sociologie s’est très tôt emparée du sujet de l’alimentation à travers les recherches de Georg Simmel [2], la recherche française a dû attendre les travaux de Pierre Bourdieu [3], qui attacha une importance toute particulière aux pratiques alimentaires dans ses analyses de l’habitus, ainsi que ceux de l’anthropologue Claude Lévi-Strauss [4], dont la théorie structuraliste repose aussi sur la consommation et la préparation d’aliments. Cette diversité d’approches se retrouve également du côté de l’histoire : les historiens germanophones se sont intéressés très tôt au sujet de l’alimentation dans le cadre de l’histoire des mœurs et la Kulturgeschichte ; les chercheurs français ont quant à eux adopté un prisme plutôt économique et marxiste dans la première moitié du XXe siècle, puis culturaliste avec l’école des Annales. Ce n’est que depuis une vingtaine d’années que la nouvelle approche anglo-saxonne des Food studies a provoqué l’élan universitaire actuel qui tend à renouer le dialogue entre les différents champs disciplinaires et entre les mondes de la recherche de part et d’autre du Rhin.
Nous nous situons donc dans un moment de rapprochement des perspectives allemandes et françaises sur cet objet d’étude. Dans une volonté de prolonger ce dialogue et avec l’ambition de réunir et de confronter ces différentes approches, nous proposons une réflexion franco-allemande et interdisciplinaire au sujet de deux notions aussi élémentaires que cruciales : la subsistance et le plaisir.
Dans le cadre de cette journée d’étude qui aura lieu à Strasbourg le 16 juin 2022, nous invitons les jeunes chercheuses et chercheurs en sciences humaines et sociales qui travaillent sur des questions liées à l’alimentation à interroger les deux termes qui représentent a priori les extrémités opposées sur le spectre des choix alimentaires : manger pour vivre ou vivre pour manger.
Ces notions sont-elles véritablement mutuellement exclusives ? Au-delà de cette dichotomie première, ne pourrions-nous pas les appréhender dans leur interdépendance ? C’est précisément cette dynamique que nous souhaiterions interroger lors de cet atelier.
La notion même de subsistance, c’est-à-dire l’apport nutritionnel minimum recommandé, gagnerait ainsi à être interrogée. Selon les époques et les groupes sociaux, les aliments jugés comme strictement nécessaires à la survie diffèrent considérablement. L’alcool était ainsi tenu pour nécessaire il y a encore 50 ans et les partisans du « sans gluten » rejettent aujourd’hui des aliments considérés traditionnellement comme indispensables, tel que la farine de blé. Le concept de subsistance pose donc la question des vertus qui sont attribuées aux aliments, de leur effet supposé sur le corps et l’esprit, et comporte de ce fait une large dimension subjective. Les régimes alimentaires alternatifs, comme le végétarisme et le véganisme, interrogent également nos représentations des besoins du corps humain.
En envisageant ces questionnements sur le temps long, il apparaît que les historien·nes se sont longtemps penché·es sur les « crises frumentaires », c’est-à-dire des crises liées à la pénurie de blé, puis sur les crises alimentaires en général. L’histoire des pratiques alimentaires a donc été traditionnellement envisagée uniquement sous l’angle des problèmes d’approvisionnement ; les travaux actuels renouvellent ce champ en mettant en lumière l’importance d’autres facteurs, comme les identités de genre ou la distinction sociale. Ainsi peut-on citer l’exemple de Florence où, au Moyen Âge, les autorités municipales sont constamment préoccupées par la question de l’approvisionnement en blé, au point d’acheter du grain jusqu’en mer Noire. Ce qui est alors redouté, ce n’est pas tant la famine elle-même que la pénurie de pain blanc : Laurent Feller explique [5] : « on ne peut pas faire manger aux Florentins autre chose que du pain blanc, si vous leur proposez des céréales inférieures ou des céréales qui aboutiraient à avoir du pain noir, voire, pire encore, des légumineuses, les tensions sont immédiates. » Les causes des tensions portent donc effectivement sur la qualité de l’alimentation autant que sur les quantités.
Le plaisir, quant à lui, peut être défini comme une qualité rattachée aux aliments non indispensables d’un point de vue nutritionnel, mais qui procurent un goût ou une sensation agréable. Notre perception des comportements alimentaires est généralement réduite à la mesure de leur « utilité », par exemple économique, politique ou sociale. Mais au-delà de cette utilité, manger procure aux humains une satisfaction biochimique et neurologique indéniable. Toutefois, ce plaisir est lui aussi construit socialement : les acteurs incorporent les normes, les symboles et les valeurs rattachées à l’aliment consommé [6] et apprécier un aliment est aussi le résultat d’un apprentissage.
À Rome, au Ier siècle après le début de l’ère commune, le vin était consommé dilué, coupé avec de l’eau. Cette manière de boire était considérée comme preuve d’un raffinement supérieur, d’un degré de civilisation plus grand et de l’appartenance à la société romaine. De fait, l’idéal antique du contrôle de soi et de la mesure dévalorisait l’ébriété et encourageait donc la dilution du vin. Plusieurs raisons ont été avancées par les historien·nes pour expliquer ce phénomène : religion, désinfection de l’eau, viscosité du vin. Mais l’analyse en termes de plaisir permet d’enrichir cette réflexion : les individus prenant trop de plaisir dans la consommation de vin, perdant le sens de la mesure, étaient dès lors perçus comme déviants et utilisés comme figures repoussoir. À l’inverse, le fait de ménager un plaisir devient le symbole d’une bonne maîtrise de soi et d’un style de vie raffiné.
On pourra également questionner, de manière plus contemporaine, la place laissée aux « petits plaisirs » dans le culte de la minceur. La notion de plaisir est centrale dans la représentation sociale de l’obésité et du surpoids, qui reproche aux personnes concernées leur manque de contrôle face à la tentation. La prise de conscience récente de la grossophobie a mis en lumière ces mécanismes qui occultent la dimension sociale et les facteurs psychologiques de l’hyperphagie [7]. L’appropriation de ces questions par les analyses féministes a aussi enrichi notre compréhension du plaisir dans l’alimentation. Dans la culture dominante du régime amaigrissant, qui s’adresse surtout aux femmes, « se faire plaisir » doit rester une exception. Ces discours réactivent l’association chrétienne entre plaisir et péché tout en entretenant l’idée selon laquelle les femmes n’ont pas « besoin » de manger autre chose que de légères collations. Mona Chollet en tirait dans Beauté Fatale une conclusion tragique : les femmes se voient « dénier les plaisirs de la table pour eux-mêmes » et beaucoup tirent ainsi « un trait sur cette source de plaisir, de connaissance et d’expérience du monde pourtant non négligeable que représente la nourriture »[8]. Enfin, il faudrait interroger les liens entre subsistance et plaisir dans l’ascèse, dans l’orthorexie voire dans l’anorexie, c’est à dire dans le fait de ne pas manger, d’exclure des groupes entiers d’aliments en dépit de ce qui est considéré, dans la communauté du sujet, comme nécessaire à la survie.
Cet atelier entend redonner à la notion de plaisir toute sa légitimité scientifique. En la mettant en regard de l’idée de subsistance, un dialogue fécond peut être engagé. Dans ce domaine, une discussion interdisciplinaire et transnationale au sein des sciences humaines et sociales est une nécessité autant qu’une aspiration.
Modalités de soumission
Les propositions d’intervention, en français ou en allemand, au format Word comprendront :
- Nom et Prénom, laboratoire de rattachement, adresse mail institutionnelle
- Une présentation d’environ 1500 à 2000 signes (espaces compris)
- Une bibliographie des ouvrages liés à la proposition
- 5 à 10 mots-clés
- Le fichier de proposition, intitulé comme suit : VOTRENOMDEFAMILLE-cfp-jde2022.doc doit être envoyé avant le 20 février 2022 à jde2022.alimentation@gmail.com
La journée d’étude aura lieu le 16 juin 2022 à l’université de Strasbourg. Les langues pratiquées seront le français et l’allemand, la connaissance au moins passive de ces deux langues est requise.
Chaque communication durera une vingtaine de minutes et sera suivie d’une brève synthèse dans l’autre langue ainsi que d’une discussion (15-20 minutes).
Calendrier
- 20 février 2022 : Date de remise des propositions de communication
- Début mars 2022 : Notification des propositions retenues
- 22 mai 2022 : Rendu d’une version rédigée de la communication en vue d’une publication future et pour appuyer la traduction (cette version pourra être modifiée après la Journée d’étude si nécessaire).
- 16 juin 2022 : Journée d’étude
Organisation
- Louise ATKINSON (EA 4223 CEREG, Université Paris Nanterre)
- Theresa EHRET (Historisches Seminar, Albert-Ludwigs-Universität Freiburg ; EA 3400 ARCHE, Université de Strasbourg)
- Claire MILON (EA 3400 ARCHE, Université de Strasbourg)
- Max THOMÉ (UMR 7044 ARCHIMèDE, Université de Strasbourg ; Abteilung Alte Geschichte, Rheinische Friedrich-Wilhelms-Universität Bonn)
Comité scientifique
- Anne DUPUY (Maîtresse de conférences en sociologie, Université Jean Jaurès de Toulouse)
- Céline LARGIER-VIE (Maîtresse de conférences en études germaniques, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3)
- Christine OTT (Professeure en littérature française et italienne, Goethe Universität Frankfurt)
- Véronique PITCHON (Directrice de recherches CNRS, Université de Strasbourg)
- Konrad VÖSSING (Professeur en histoire ancienne, Rheinische Friedrich-Wilhelms-Universität Bonn)
Institutions partenaires
GIRAF-IFFD. Association franco-allemande pour jeunes chercheuses et chercheurs en SHS
CIERA. Centre interdisciplinaire d’études et de recherches sur l’Allemagne
Université de Strasbourg - École Doctorale 519 ; UMR 7044 ARCHIMèDE ; UR 3400 ARCHE
Université Paris Nanterre - CEREG
Albert-Ludwigs-Universität Freiburg - Historisches Seminar
Eucor - the European Campus
Contact
jde2022.alimentation@gmail.com
Notes
[1] Richards, Audrey : Hunger and work in a savage tribe : A functional study of nutrition among the Southern Bantu, Londres, 1932.
[2] Simmel, Georg : « Soziologie der Mahlzeit », dans Der Zeitgeist : Beiblatt zum Berliner Tageblatt 41 (14 octobre 1910), Berlin, p. 1-2.
[3] Bourdieu, Pierre : La distinction. Critique sociale du jugement, Paris, 1979. - Nous pouvons notamment mettre en avant l’opposition bourdieusienne entre les « goûts de luxe » et les « goûts de nécessité », qui trouvera forcément sa place dans notre réflexion au sujet des notions de plaisir et de subsistance.
[4] Lévi-Strauss, Claude : Mythologiques. Le cru et le cuit, Paris, 1964 ; du même auteur : Mythologiques. L’Origine des manières de table, Paris, 1968.
[5] Intervention de Laurent Feller dans Emmanuel Laurentin, « Qu’est-ce qu’une crise alimentaire ? Du Moyen Âge au XIXe, le renouvellement des recherches », La fabrique de l’histoire, France Culture, 2018.
[6] Dupuy, Anne : Plaisirs alimentaires. Socialisation des enfants et des adolescents, Rennes, 2013, p. 162.
[7] Gabrielle Deydier, Valentine Oberti et Laurent Follea, On achève bien les gros, documentaire Arte, 2020.
[8] Chollet, Mona : Beauté fatale, Paris, 2012.
Präsentation
Welche Faktoren bestimmen unser Ess- und Trinkverhalten ? Ausgehend von den Arbeiten der britischen Anthropologin Audrey Richards fragen die Geistes- und Sozialwissenschaften, welche Bedeutung der Ernährung in sozialen und kulturellen Interaktionen unserer Gesellschaften zukommt [1]. Um dieser Fragestellung nachzugehen, haben die unterschiedlichen geisteswissenschaftlichen Disziplinen verschiedene Herangehensweisen entwickelt.
Der deutsche Soziologe Georg Simmel [2] interessierte sich bereits sehr früh für das Thema Ernährung. Dahingegen wurde in der französischen Forschung das Forschungsfeld erst mit Claude Lévi-Strauss [3] eröffnet, dessen Theorie des ethnologischen Strukturalismus auf der Zubereitung und dem Verzehr von Nahrungsmitteln beruht. Daran knüpfte Pierre Bourdieu [4] an, der sich in seiner Analyse des Habitus besonders für Ernährungspraktiken interessierte. In der historischen Forschung entwickelte sich ebenfalls eine Vielfalt von Forschungsansätzen. Im deutschsprachigen Raum griffen Historiker :innen schon früh aus kulturgeschichtlicher Perspektive heraus das Thema der Ernährung auf. Die französische Historiographie war dagegen in der ersten Hälfte des 20. Jahrhunderts von einem wirtschaftshistorischen Ansatz dominiert, der auf den Einfluss marxistischer Theorien zurückzuführen ist. Erst mit der “Ecole des Annales” setzten sich auch in der französischen Geschichtswissenschaft kulturgeschichtliche Perspektiven durch.Seit der Jahrtausendwende hat der neue, aus der englischsprachigen Forschung stammende Ansatz der Food Studies dem Forschungsfeld eine neue Dynamik verliehen. Interdisziplinäre Methoden und Perspektiven prägen seither das Feld und bieten die Chance, die deutsche und französische Forschung miteinander in einen Dialog treten zu lassen. Eine Annäherung von deutschen und französischen Forschungsansätzen im Bereich der Food Studies ist derzeit bereits feststellbar. Vor dem Hintergrund dieses aktuellen Dynamik sollen im Rahmen der deutsch-französischen interdisziplinären Nachwuchstagung zwei grundlegende Konzepte zur Deutung von Essen und deren Verhältnis zueinander diskutiert werden : Nahrungsaufnahme verstanden als reinen Lebenserhalt oder Essen als Akt des Genießens.
Die Tagung, die am 16. Juni 2022 in Straßburg stattfindet, richtet sich an junge Forschende in den Geistes- und Sozialwissenschaften, die zu Fragen der Ernährung arbeiten. Im Rahmen der Tagung soll das Verhältnis der beiden genannten Deutungsmuster von Essen analysiert werden. Sind diese beiden Extreme unvereinbare Gegensätze ? Oder versteckt sich hinter der offenbar eindeutigen Dichotomie nicht doch ein komplexeres Verhältnis ? Diese Fragen sollen im Laufe des Workshops diskutiert werden.
Essen als reiner Lebenserhalt kann als der Verzehr der minimalen Nahrungsmenge definiert werden, die für die Befriedigung menschlicher Grundbedürfnisse notwendig ist. Obwohl diese Definition auf den ersten Blick unbestreitbar erscheint, ist das Konzept des reinen Lebenserhalts keineswegs statisch, sondern war im Laufe der Jahrhunderte dem historischen Wandel unterworfen. Jede Epoche und jede soziale Gruppe kennt andere Grundnahrungsmittel. Noch bis vor 50 Jahren waren alkoholhaltige Getränke Teil des alltäglichen Konsums vieler Menschen. Heute lehnt die glutenfreie Bewegung den Verzehr von Weizenmehl ab, das über Jahrtausende hinweg das Grundnahrungsmittel schlechthin war. Beschäftigt man sich mit Ernährungspraktiken unter dem Gesichtspunkt des reinen Lebenserhalts, so stellt sich also die Frage, welche Nahrungsmittel als lebensnotwendig gelten. Davon ausgehend lässt sich auch fragen, wie bestimmte Lebensmittel bewertet und welche wohltuenden bzw. schädlichen Auswirkungen auf Körper und Geist ihnen zugeschrieben werden. Diese Wahrnehmungen sind dabei häufig subjektiv geprägt. Auch alternative Ernährungsweisen wie Vegetarismus oder Veganismus stellen vorherrschende Vorstellungen der Grundbedürfnisse des menschlichen Körpers in Frage.
Die Auffassung von Ernährung als reiner Lebenserhalt dominierte lange auch die Geschichtswissenschaft, die Ernährungspraktiken vor allem im Zusammenhang mit Versorgungsproblemen betrachtete. Historiker :innen interessierten sich insbesondere für Engpässe bei Grundnahrungsmitteln wie Mehl und Hungerkrisen. Die aktuelle Forschung hat diesen Fokus erweitert um Aspekte wie Gender-Identität oder Fragen der sozialen Distinktion. Dies lässt sich am Beispiel des mittelalterlichen Florenz illustrieren. Die städtischen Autoritäten fürchteten weniger eine allgemeine Hungersnot als ein Mangel an Weißmehl. Deshalb kauften sie sogar im Gebiet des Schwarzen Meeres den für sie so wertvollen Weizen. Laurent Feller erläutert das Konfliktpotential um das Weißbrot : „Es wäre unmöglich gewesen, die Florentiner dazu zu bewegen, etwas anderes als Weißbrot zu essen. Der bloße Vorschlag, minderwertiges Getreide oder aber Schwarzbrot, schlimmer noch, Hülsenfrüchte zu essen, hätte sofort zu Spannungen [zwischen Bürgern und Stadtregierung] geführt‟ [5]. Dem Aspekt grundlegender Versorgung steht das Konzept des Genusses gegenüber. Ernährungspraktiken werden häufig auf das Kriterium ihres Nutzens reduziert, wobei dieser wirtschaftlicher, politischer oder sozialer Natur sein kann. Über den Nutzen hinaus kann Essen aber auch über biochemische und neurologische Prozesse zu einer großen Befriedigung und anderen positiven Empfindungen führen. Doch auch dieser Moment des Genießens ist sozial konstruiert. Die Akteure nehmen die Normen, Symbole und Werte in sich auf, die mit dem verzehrten Lebensmittel verbunden werden [6], und das Genießen eines Lebensmittels muss auch zuerst erlernt werden.
Im ersten Jahrhundert nach Christus wurde in Rom Wein beispielsweise mit Wasser gemischt getrunken. Diese Trinkgewohnheit wurde als Merkmal eines besonders vornehmen und zivilisierten Lebensstils, sowie als Zeichen der Zugehörigkeit zur römischen Gesellschaft wahrgenommen. Die antiken Ideale der Selbstkontrolle und Mäßigung verboten die öffentliche Zurschaustellung von Trunkenheit und führten zur Verdünnung des Weins. Die historische Forschung hat über die Jahre eine Vielzahl von Erklärungsansätzen formuliert, um diese Praxis zu erklären : religiöse Gründe, die mangelnde Qualität des Trinkwassers oder den hohen Zuckergehalt des Weines. Bezieht man außerdem die Dimension des Genusses hinzu, so erweitert sich die Reflexion : Personen, die zu viel Freude am Weinkonsum fanden und so die Kontrolle über sich selbst verloren, riskierten soziale Ächtung. Im Gegensatz dazu wurde die Fähigkeit, die eigene Genusssucht zu mäßigen, zu einem Zeichen der Selbstkontrolle und der vornehmen Lebensweise.
Ein weiteres Beispiel, das der Zeitgeschichte entstammt, könnte das Verhältnis von Genuss und Schlankheitskult sein. Genuss spielt in der sozialen Repräsentation von Fettleibigkeit und Übergewicht eine zentrale Rolle, da den betroffenen Personen häufig fehlende Kontrolle gegenüber der “Versuchung” vorgeworfen wird. Doch durch das immer größer werdende Problembewusstsein in Bezug auf Übergewicht wurde erkannt, wie stark diese These den Blick auf die soziale Dimension und auf psychologische Faktoren von Fettleibigkeit verstellt hatte [7]. Außerdem haben auch feministische Analysen zu diesen Fragen dazu beigetragen, die Bedeutung von Genuss in der Ernährung besser zu verstehen. In einer Kultur, in der insbesondere Frauen einem starken Schlankheitsideal unterworfen sind, soll Genuss die Ausnahme bleiben. Dieser Diskurs greift dabei auf die christlich geprägte Assoziation von Vergnügen und Sünde zurück, sodass die Vorstellung propagiert wird, Frauen hätten überhaupt keinen Bedarf mehr als leichte Zwischenmahlzeiten zu sich zu nehmen. Mona Chollet zog daraus in ihrer Beauté Fatale eine schwerwiegende Schlussfolgerung : Man spreche Frauen die “Lust am Essen” ab und so „[zögen] viele von ihnen einen Schlussstrich unter das Essen - diese Quelle des Vergnügens, des Wissens und der Lebenserfahrung‟[8].
Zuletzt ist auch nach dem Verhältnis von reiner Nahrungsaufnahme und Genuss in der Askese, in der Orthorexie und auch in der Anorexie (Magersucht) zu fragen. Es geht dabei also um Praktiken des Nicht-Essens bzw. des Verzichts auf ein oder mehrere Lebensmittel, die von der Gesellschaft eigentlich als lebensnotwendig betrachtet werden.
Das Ziel des Workshops ist es, dem Konzept des Genusses wieder mehr Bedeutung bei der geisteswissenschaftlichen Betrachtung von Ernährungspraktiken zu geben. Der dialektische Bezug zur Nahrungsaufnahme als reiner Lebenserhalt ist nicht nur eine epistemologische Notwendigkeit, sondern soll auch einen konstruktiven, interdisziplinären und grenzüberschreitenden Dialog in den Geisteswissenschaften anstoßen.
Einreichung
Der Abstract kann in deutscher oder französischer Sprache verfasst werden und soll folgende Elemente enthalten :
- Name und Vorname, Forschungsinstitut und dienstliche Email-Adresse
- Vorstellung des Vorhabens im Umfang von 1500 bis 2000 Zeichen (Leerzeichen inkl.)
- Auswahlbibliographie
- 5 bis 10 Schlagwörter
Das Dokument soll als Worddatei eingereicht werden und ist folgendermaßen zu benennen : NACHNAME-cfp-jde2022.doc.
Bitte senden Sie Ihren Abstract bis zum 20. Februar 2022 an folgende Adresse : jde2022.alimentation@gmail.com
Die Tagung wird am 16. Juni 2022 an der Universität Straßburg stattfinden. Die Arbeitssprachen sind Französisch und Deutsch. Die zumindest passive Beherrschung beider Sprachen wird vorausgesetzt.
Jeder Beitrag soll 20 Minuten dauern und wird vor der Diskussion (15-20 Minuten) kurz in der jeweils anderen Sprache zusammengefasst.
Zeitplan
- 20. Februar 2022 : Abgabefrist für den Abstract
- Anfang März 2022 : Auswahl und Benachrichtigung der akzeptierten Beiträge
- 22. Mai 2022 : Abgabe des Beitrags zur Vorbereitung der Übersetzung und der späteren Publikation (falls nötig kann der Artikel nach der Tagung noch abgeändert werden)
- 16. Juni 2022 : Tagung
Organisation
- Louise Atkinson (EA 4223 CEREG, Université Paris Nanterre)
- Theresa Ehret (Historisches Seminar, Albert-Ludwigs-Universität Freiburg ; UR 3400 ARCHE, Université de Strasbourg)
- Claire Milon (UR 3400 ARCHE, Université de Strasbourg)
- Max Thomé (UMR 7044 ARCHIMèDE, Université de Strasbourg ; Abteilung Alte Geschichte, Rheinische Friedrich-Wilhelms-Universität Bonn)
Wissenschaftliches Komitee
- Anne Dupuy (Maîtresse de conférences, Soziologie, Université Jean Jaurès de Toulouse)
- Céline Largier-Vié (Maîtresse de conférences, Germanistik, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3)
- Dr. Christine Ott (Professorin, Romanistik, Goethe-Universität Frankfurt)
- Véronique Pitchon (Directrice de recherches CNRS, Université de Strasbourg)
- Dr. Konrad Vössing (Professor, Alte Geschichte, Rheinische Friedrich-Wilhelms-Universität Bonn)
Partnerinstitutionen
GIRAF-IFFD. Deutsch-französischer Verein für Nachwuchswissenschaftler*innen in den Geisteswissenschaften
CIERA. Centre interdisciplinaire d’études et de recherches sur l’Allemagne
Université de Strasbourg - École Doctorale 519 ; UMR 7044 ARCHIMèDE ; UR 3400 ARCHE
Université Paris Nanterre - CEREG
Albert-Ludwigs-Universität Freiburg - Historisches Seminar
Eucor - the European Campus
Kontakt
jde2022.alimentation@gmail.com
Noten
[1] Richards, Audrey : Hunger and work in a savage tribe : A functional study of nutrition among the Southern Bantu, Londres, 1932.
[2] Simmel, Georg : « Soziologie der Mahlzeit », dans Der Zeitgeist : Beiblatt zum Berliner Tageblatt 41 (14 octobre 1910), Berlin, p. 1-2.
[3] Bourdieu, Pierre : La distinction. Critique sociale du jugement, Paris, 1979. - Nous pouvons notamment mettre en avant l’opposition bourdieusienne entre les « goûts de luxe » et les « goûts de nécessité », qui trouvera forcément sa place dans notre réflexion au sujet des notions de plaisir et de subsistance.
[4] Lévi-Strauss, Claude : Mythologiques. Le cru et le cuit, Paris, 1964 ; du même auteur : Mythologiques. L’Origine des manières de table, Paris, 1968.
[5] Intervention de Laurent Feller dans Emmanuel Laurentin, « Qu’est-ce qu’une crise alimentaire ? Du Moyen Âge au XIXe, le renouvellement des recherches », La fabrique de l’histoire, France Culture, 2018.
[6] Dupuy, Anne : Plaisirs alimentaires. Socialisation des enfants et des adolescents, Rennes, 2013, p. 162.
[7] Gabrielle Deydier, Valentine Oberti et Laurent Follea, On achève bien les gros, documentaire Arte, 2020.
[8] Chollet, Mona : Beauté fatale, Paris, 2012.
Subjects
- History (Main category)
- Society > Sociology
- Mind and language > Thought
- Society > Ethnology, anthropology
- Mind and language > Psyche
- Mind and language > Language
- Society > Geography
- Mind and language > Representation
Places
- MISHA, Université de Strasbourg
Strasbourg, France (67)
Event attendance modalities
Full on-site event
Date(s)
- Sunday, February 20, 2022
Keywords
- alimentation, food studies, identités alimentaires, pratiques culturelles, nourriture
Contact(s)
- Claire Milon
courriel : je [dot] lebensreform [at] gmail [dot] com
Information source
- Claire Milon
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License
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To cite this announcement
« Plaisir ou subsistance ? Identités et pratiques alimentaires hier et aujourd’hui », Call for papers, Calenda, Published on Thursday, December 09, 2021, https://doi.org/10.58079/17uo

