HomeInformal housing and migration: ten years of slum upgrading in France (2011-2021)

HomeInformal housing and migration: ten years of slum upgrading in France (2011-2021)

Informal housing and migration: ten years of slum upgrading in France (2011-2021)

Habitats informels et migrations : dix ans de résorption des bidonvilles en France (2011-2021)

*  *  *

Published on Tuesday, January 11, 2022 by Lucie Choupaut

Summary

En 2011, la revue Géocarrefour publiait un dossier intitulé « Roms migrants en ville : pratiques et politiques en Italie et en France », coordonné par Olivier Legros et Tommaso Vitale. Plus de dix ans après ce numéro, nous proposons un état des lieux actualisé des travaux relatifs aux politiques publiques et pratiques de résorption des bidonvilles dans le contexte français.

Announcement

Coordination scientifique du numéro

  • Louis Bourgois, Laboratoire PACTE / Odenore (louis.bourgois@umrpacte.fr)
  • Elise Roche, Laboratoire Triangle/INSA Lyon (elise.roche@insa-lyon.fr)

Introduction

En 2011, la revue Géocarrefour publiait un dossier intitulé « Roms migrants en ville : pratiques et politiques en Italie et en France », coordonné par Olivier Legros et Tommaso Vitale. Il s’agissait alors de l’un des premiers numéros de revue académique consacrés à la « question rom » en France. Dans leur article introductif, les auteurs insistaient sur la dimension urbaine et située du problème public ; Ils soulignaient la prééminence du paradigme sécuritaire, décrit comme le fondement des politiques publiques en direction des migrants habitant en squats ou bidonvilles, accentuant les situations de marginalisation et de précarité. Ils insistaient également sur le rôle central des pouvoirs locaux, en interaction avec la société civile. A l’époque, comme en partie aujourd’hui, la « question rom » occupait une place particulière dans les médias et dans l’action publique locale, se confondant souvent avec celle de l’habitat informel urbain, comme les squats ou bidonvilles (Olivera, 2011). Plus discret aujourd’hui, ce phénomène de sites d’habitat informel, où résident collectivement des populations migrantes d’Europe centrale ou orientale, a fait l’objet de nombreuses expérimentations et dispositifs locaux pour procéder à leur résorption et leur expulsion, et parfois à leur relogement (Clavé-Mercier, Olivera, 2016 ; Bourgois, 2020). Dans le contexte français, en outre, l’identification répandue de ces sites par les acteurs comme des « bidonvilles roms » a offert un angle d’analyse sur les processus d’ethnicisation dans la formulation des problèmes publics.

Plus de dix ans après ce numéro, nous proposons un état des lieux actualisé des travaux relatifs aux politiques publiques et pratiques de résorption des bidonvilles dans le contexte français. Depuis 2011 en effet, plusieurs évolutions législatives et réglementaires ont fait évoluer le cadre national de cette action publique : adoption d’une circulaire en août 2012 introduisant pour la première fois la dimension sociale du problème public, et incitant les préfets à mettre en œuvre des mesures d’accès aux droits ; fin des « mesures transitoires » en 2014, qui interdisaient de facto l’accès au marché du travail des migrants roumains ou bulgares ; fin de la « décennie d’inclusion des Roms » initiée par l’Union européenne en 2015 ; publication d’une instruction gouvernementale en janvier 2018 visant à donner « une nouvelle impulsion à la résorption des campements illicites et bidonvilles », introduisant ce terme pour la première fois depuis les années 1970 dans un texte gouvernemental.

Questions posées

Ce contexte invite à poser les questions suivantes. Premièrement, dans quelle mesure les évolutions législatives nationales mentionnées ont-elles eu des effets sur l’action publique locale et sur le traitement des bidonvilles ? En dix ans, la stratégie des communes concernées a-t-elle évolué en matière de traitement des bidonvilles ? Faisant l’hypothèse qu’il existe des modèles locaux de traitement des bidonvilles, les auteurs sont invités à questionner comment ceux-ci se sont forgés sur cette question et s’ils ont connu des formes de circulation ? Ils pourront aussi chercher à caractériser cette action publique, pour établir si elle parvient à dépasser le constat d’un « bricolage » permanent de solutions d’urgence (Aguilera, 2020 ; Olivera, 2016 ; Costil et Roche, 2015) ?

En comparaison du contexte français, dans quelle mesure le traitement de l’habitat informel en bidonville en Europe fait-il l’objet de pratiques communes ou différenciées selon le contexte national ? De plus, en quoi le cadrage législatif et les initiatives de l’Union européenne ont-ils influé sur le traitement local de la question en France et comparativement dans les autres pays européens ? Enfin, comment ces pratiques de résorption ont-elles inclus des réflexions sur la circularité des migrations, et interagi avec les territoires d’origine des populations concernées (Benarrosh-Orsoni, 2019) ?

En outre, nous invitons les auteurs à analyser comment les interventions locales sur les bidonvilles se sont recomposées ces dix dernières années dans le contexte du développement et de la diffusion d’habitats informels appelés plus souvent « campements », et occupés par des personnes en exil. L’intervention publique sur ces différentes formes d’habitat informel, occupant des espaces extérieurs, parfois publics, traduit-elle des formes de continuité, des similitudes ? Les propositions pourront notamment éclairer dans quelle mesure les associations spécialisées comme les collectifs bénévoles investis auprès des personnes en bidonvilles ont recomposé leurs interventions face au développement de ces nouvelles formes de logements précaires (campements de tente, squats plus ou moins abrités) occupés par des personnes en migration ?

Cet appel invite à s’intéresser à la question des « bidonvilles » (De Barros, 2012 ; Blanc-Chaléard, 2016, Damon, 2017), pris au sens d’installations d’habitations précaires sans droit d’occupation qui peuvent faire l’objet de politiques de résorption. Notons ici que ces habitations ne représentent souvent qu’une ressource parmi d’autres dans les parcours migratoires et résidentiels des personnes, dont les trajectoires sont marquées par une grande variété de situations : bidonvilles, rue, hébergements d’urgence, hébergement chez des tiers, voiture, entre autres.

Si l’objet bidonville semble a priori défini matériellement, il est souvent considéré de manière similaire à des squats (occupations de bâtiments « en dur » préexistants, dans le tissu urbain diffus) et des campements (occupations sous des formes très provisoires, par exemple avec des tentes), et les différenciations sont parfois difficiles à établir d’un objet à l’autre. Ces frontières ténues, conduisant à délimiter l’action publique, pourront utilement être analysées. De même, l’intervention publique sur les bidonvilles a bien souvent été vue au travers du prisme de la « question rom », témoignant de pratiques d’ethnicisation, voire de racisme institutionnel. Le développement d’une diversité de publics migrants résidant en habitat précaire, comme les enjeux de catégorisation mobilisés par les acteurs des processus de résorption gagneront à être interrogés pour nourrir l’analyse de l’évolution du traitement des bidonvilles depuis une dizaine d’années.

Ce numéro se propose d’aborder ces questions à partir d’un ensemble d’articles portant sur trois dimensions :

  • Les liens entre les dynamiques nationales observées (notamment au sein de la DIHAL- Délégation interministérielle à l’hébergement et l’accès au logement) et l’action publique locale au sein des villes concernées ; les circulations de modèles locaux de résorption, ou au contraire le développement de configurations locales particulières.
  • La place laissée, au sein de l’action locale, aux pratiques informelles tant au niveau des familles migrantes précaires que des acteurs locaux et intervenants de terrain. La dimension discrète de l’action publique, et l’analyse des raisons poussant les acteurs publics à limiter la médiatisation des actions menées d’une part, et à invisibiliser le problème public d’autre part.
  • Les effets de l’action publique à destination des « roms migrants », chronologiquement souvent antérieure en termes d’action publique, sur le traitement public ou associatif d’autres populations migrantes sans domicile, notamment les mineurs étrangers isolés, les migrants précaires originaires d’Afrique subsaharienne en situation d’exil.

Les contributions peuvent être fondée sur des approches disciplinaires variées (géographie, urbanisme, sociologie, sciences politiques, ethnographie, histoire). Elles devront être fondées sur des enquêtes de terrain situées, dont la méthodologie devra être explicitée.

Délais et consignes aux auteurs

Les auteurs peuvent s’adresser aux coordinateur·trice·s du numéro pour signaler leur intérêt au travers d’un résumé d’une page

pour le 1er mars 2022.

L'envoi des articles définitifs devra être fait pour le 15 avril 2022 pour une parution fin 2022 auprès des coordinateur·trice·.s du numéro, Louis Bourgois, PACTE/ODENORE, (louis.bourgois@umrpacte.fr) et Elise Roche, Laboratoire Triangle/INSA, (elise.roche@insa-lyon.Fr) et en copie au secrétaire de rédaction, André Buisson (andre.buisson@univ-lyon3.fr).

La proposition sera rédigée au format Word ou Open office, police Times New Roman, et devra comprendre : un titre, un résumé entre 3000 et 5000 signes maximum présentant la problématique de l’article, le cadrage théorique, le ou les terrains d’étude sur lesquels la proposition s’appuie, et 3 à 5 mots clés. Deux versions sont attendues : une comprenant les données personnelles de l’auteur, et une version anonymisée (nom d’auteur, « informations personnelles » attachées au fichier Word, et illustrations compris).

La rédaction de l'article devra respecter les normes de la revue. Merci de consulter en ligne à cette fin (à noter qu’un style Zotero est disponible). L'article sera d’un volume optimum de 40 000 signes, espaces et bibliographie compris. Les articles seront évalués en double aveugle par le comité de lecture. Les auteurs recevront une notification de la décision (et des recommandations de correction) en juin 2022.

Bibliographie indicative

AGUILERA T., 2020, Gouverner la métropole, in À l’ombre du Grand Paris, Paris, Presses de Sciences Po, p. 249‑278. < http://www.cairn.info/gouverner-la-metropole-parisienne--9782724626551-page-249.htm > (consultation le 8 octobre 2021)

DE BARROS F., 2012, Les bidonvilles  : entre politiques coloniales et guerre d’Algérie, Métropolitiques, 5 mars 2012, vol. 0, < http://www.metropolitiques.eu/Les-bidonvilles-entre- politiques.html. >

BENARROSH-ORSONI N., 2019, La maison double : lieux, routes et objets d’une migration rom, Nanterre, Société d’ethnologie, 250 p.

BLANC-CHALÉARD M.-C., 2016, En finir avec les bidonvilles : immigration et politique du logement dans la France des Trente Glorieuses, Paris, Publications de la Sorbonne, 464 p.

BOURGOIS L., 2020, Limiter l’accès aux services de droit commun pour mieux insérer  ? Le «  non-recours par interdiction temporaire  » dans les politiques locales des bidonvilles, Revue française des affaires sociales, no2/2020, p. 245‑66.

CLAVÉ-MERCIER A., OLIVERA M., 2016, Une résistance non résistante ? L’Homme, 29 novembre, n° 219‑220, p. 175‑207.

COSTIL M., ROCHE E., 2015, Traiter les bidonvilles hier et aujourd’hui. Le relogement entre permanence et provisoire, Les Annales de la recherche urbaine, 110, no1, p. 64‑73.

DAMON J., 2017, Un monde de bidonvilles : migrations et urbanisme informel, Paris, Éditions du Seuil, 113 p.

LEGROS O., VITALE T., 2011, Les migrants roms dans les villes françaises et italiennes  : mobilités, régulations et marginalités, Géocarrefour, 14 septembre, n°1, < http://geocarrefour.revues.org/8220 > (consultation le 25 avril 2017)

OLIVERA M., 2011, Stéréotypes, statistiques et nouvel ordre économique  : retour critique sur la fabrique de la «  question rom  », Etudes Tsiganes, 2011, vol. 46, n°2, p. 116. < http://dx.doi.org/10.3917/tsig.046.0116 >

Places

  • Lyon, France (69)

Date(s)

  • Tuesday, March 01, 2022

Keywords

  • bidonville, squat, habitat précaire, résorption, migrant, pouvoir, local, société civile, expulsion, relogement

Contact(s)

  • André Buisson
    courriel : andre [dot] buisson [at] univ-lyon3 [dot] fr
  • Louis Bourgois
    courriel : louis [dot] bourgois [at] umrpacte [dot] fr
  • Élise Roche
    courriel : elise [dot] roche [at] insa-lyon [dot] Fr

Reference Urls

Information source

  • André Buisson
    courriel : andre [dot] buisson [at] univ-lyon3 [dot] fr

To cite this announcement

« Informal housing and migration: ten years of slum upgrading in France (2011-2021) », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, January 11, 2022, https://calenda.org/953392

Archive this announcement

  • Google Agenda
  • iCal
Search OpenEdition Search

You will be redirected to OpenEdition Search