HomeLégendaire des pierres levées

HomeLégendaire des pierres levées

*  *  *

Published on Tuesday, January 11, 2022 by Lucie Choupaut

Summary

Le 44e congrès annuel de la société de mythologie française, en Morbihan, du 28 au 31 août 2022 portera sur le légendaire des pierres levées. il prendra comme sujet d’étude le légendaire suscité par la présence des constructions mégalithiques – menhir, dolmen, cairn, etc. – en France ou ailleurs, à titre comparatif.

Announcement

La SMF

La Société de Mythologie française (SMF), sous l’impulsion initiale d’Henri Dontenville (La Mythologie française, 1948), étudie depuis 1950 les « dits et récits » (Les Dits et récits de mythologie française, 1950), retranscrits ou parfois réélaborés par la littérature, impliquant les êtres, les lieux, les monuments, les rites et conduites à visée sacrée, et les autres éléments fabuleux trouvés sur les terroirs de la France et dans les mondes voisins, présentant souvent une spécificité, hors de la mythologie dite « classique ».

Son objet est ainsi d’inventorier, étudier et faire connaître la mythologie décelée sous des formes aussi diverses que : récits épiques, chroniques, romans anciens, contes, traditions orales, vies des saints, rites profanes et sacrés, sites et monuments à légendes, géographie ancienne, langues locales, etc., en faisant appel aux enseignements connexes du folklore, de l’hagiographie, de la préhistoire et de l’archéologie, de l’archéo-astronomie, de la topographie, de la toponymie, de la linguistique, sans exclure les comparaisons avec l’ensemble du domaine indo-européen.

Aboutissant à une discipline, initialement résumée sous le terme de « mythologie française », cette recherche s’exerce sur ces nombreux champs et au moyen des différents outils habituels à l’ethnologie. Ainsi se soumettent à l’analyse et sont mises au clair la portée, la signification, la valeur symbolique de ces récits, usages, traditions parfois encore vivantes, et souvent en sont reconnues les sources ou filiations.

Ces données et ces résultats que le Bulletin de l’association, Mythologie française, consigne depuis 72 ans, la SMF s’efforce de les cartographier – « cartes mythologiques », « répertoire mytho-géographique », puis un « atlas mythologique » actuellement en cours (traité par département, utilisant le système de classification Aarne-Stith-Thompson) –, de les interpréter et les mettre en juste perspective dans l’ensemble de la pensée mythologique universelle.

Les congrès et sessions de la Société sont pour les chercheurs concernés par ce domaine et de telles voies de compréhension l’occasion de confronter leurs méthodes et de faire part de leurs avancées. Afin aussi de dynamiser et renouveler les travaux, les congrès sont organisés en ciblant une thématique définie.

Argumentaire

Le congrès 2022 de la SMF invite l’ensemble de la communauté scientifique à une réflexion sur les mythes qui entourent les constructions mégalithiques.

Ce substrat mythologique peut porter sur le mystère qui entoure l’édification de ces monuments, leur fonction, leur ancienneté ainsi que sur le nom des lieux qui sont porteurs de ces édifices ou des personnages qui y sont reliés. Le congrès aura lieu dans le sud du Morbihan, sur les côtes de la baie de Quiberon, particulièrement fécondes en termes de mégalithisme. La région est riche en toponymes suggérant un fonds mythologique lié aux pierres levées, ceci étant confirmé par des légendes locales. À titre d’exemple, nous avons saint Armel à Plouharnel, saint Cornély à Carnac, Notre Dame à Locmariaquer, saint Pierre à Quiberon, etc. Les représentations sont diverses, les références multiples. Avec le légendaire des pierres levées, nous pouvons rencontrer aussi bien César que les druides, le petit peuple que les géants, le dieu cornu que la déesse, les soldats romains que les premiers chrétiens. Nous pouvons apercevoir dans les colonnes de pierres que sont les menhirs des axes du monde, ou dans les chambres dolméniques des camera obscura primitives disposées pour recueillir la lumière des luminaires célestes lors des moments forts de l’année. Le mutisme de ces édifices ne rend que plus féconde l’inspiration populaire.

Pourront être évoqués le mutisme des historiens et la fécondité des légendes populaires qui mettent en scène saints, druides, animaux, géants – dont Gargantua –, soldats romains, héros, êtres fantastiques ou mages célèbres ; ainsi que le regard des premiers antiquaires ou celtomanes, qui attribuent ces monuments tantôt aux Celtes, tantôt aux Romains, avant de découvrir leur plus haute antiquité. Les contes les plus anciens étant parfois les plus étonnants, camouflant en leur sein quelques réalités voilées.

Pensons aussi aux fonctions suggérées par ces monuments : de la colonne miliaire au totem, des tombeaux pyramidaux aux temples préhistoriques. Pensons aux rites évoqués, à la présence du feu, de la fertilité retrouvée, des guérisons obtenues ; à l’insertion de ces rites particuliers dans un calendrier précis. Calendrier inscrit dans l’orientation même des architectures mégalithiques. Lions les recherches des archéo-astronomes avec celles des folkloristes.

Jouons avec les termes, déjouons les « calembours involontaires »1 et les latinisations intempestives pour déceler quelques signes contenus dans le vocable employé, encore présent aujourd’hui dans les noms de lieux ou de personnages. À Plouharnel, on rencontre saint Armel, le « seigneur ours », qui nous suggère la fonction royale chez les Celtes mais aussi plus discrètement la présence de la pierre2. À Carnac3, c’est saint Cornély, le « cornu », accompagné de ses bœufs, qui est honoré. L’homonymie entre le nom breton de la corne et celui de l’amas de pierres nous guide encore vers les mégalithes. Notre Dame est présente à Locmariaquer, où sont nombreuses les représentations de « déesses néolithiques ». Et bien sûr saint Pierre, dont le nom est transparent, est présent à Quiberon.

N’oublions pas non plus les rocambolesques histoires de chasseurs de trésors, qui découvrirent que les collines qui les environnaient étaient artificielles et qu’elles recelaient maintes richesses. Ils sévirent, sans causer plus de dommages que les carriers, pour piller les chambres de ce qu’on découvrait être des tumulus, jusqu’à ce que cette pratique soit finalement pénalisée.

De ces trésors enfouis il y a aussi beaucoup à dire. Lames, haches polies, couteaux, parures en or, en bronze et en fer, fragments d’os, chars et poteries, le tout disposé cérémonieusement à quelques mètres sous terre, sous des tonnes de pierres. Il y a tout un champ à explorer à partir de ces objets, de leur disposition et de leur ornementation pour espérer effleurer le fonds mythologique qui est contenu dans les constructions mégalithiques.

De nombreuses expressions de ces notions ont été décrites dans les études publiées au fil des années, que l’on pourra retrouver dans les Bulletins de la SMF (une liste non exhaustive des articles ayant traité le sujet est disponible en bibliographie).

Sections thématiques

Le congrès 2022 de la SMF propose sept orientations thématiques aux chercheurs :

  1. Quelles vérités archéologiques se dissimulent-elles derrière certains récits légendaires liés aux mégalithes ?

  2. Quel lien les mégalithes entretiennent-ils avec les cycles célestes ?

  3. Que peut nous apprendre l’onomastique au sujet des mégalithes ?

  4. Quels fantasmes ont suscités les mégalithes ?

  5. Peut-on envisager, à l’aide de la mythologie comparative, de reconstituer une « mythologie mégalithique » grâce au matériel qui a été retrouvé au pied de ces édifices ?

  6. Comment une telle « mythologie » aurait-elle pu traverser le temps jusqu’à nous ?

  7. Quelle cosmologie pourrait-elle être reconstituée à partir des matériaux qui nous transmettent des informations liées aux mégalithes (récits, rites, objets archéologiques, données archéo-astronomiques, etc.) ?

Programme du congrès

Le congrès se déroule sur 3 jours, le programme détaillé sera disponible sur Calenda avant l’été 2022. Les communications auront lieu le matin, l’après-midi étant dédié à des visites sur sites.

Actes

Les actes de chaque congrès sont publiés par la SMF dans son bulletin trimestriel Mythologie Française (BSMF) ISSN 1151-2709.

Organisateur du congrès

Société de Mythologie française, association sous le régime de la loi de 1901, fondée en 1950, déclarée (Préf. de police de Paris), n° W 751021415 – Sirene : 515 033 637 00015 – APE 9499Z.

Contact : secretariatsmf@orange.fr

Comité d’organisation : le Bureau de la SMF, présidé par M. Bernard Sergent (CNRS).

Personne référente pour le congrès : Guillaume Kauss.

Comité scientifique

Bernard Sergent, Jacques Berruchon, Yves Chetcuti, Françoise Clier-Colombani, Martine Genevois, Guillaume Kauss, Bernard Laurent, Jean-Pierre Martin, Michel Tinet, Yves Vadé.

Informations pratiques

  • Lieu : Saint-Pierre-Quiberon
  • Dates : Du dimanche 28 août 2022 (17 h), au mercredi 31 août 2022 (12 h).

Inscription

Accès au Congrès de la SMF avec droits d’inscription et inscription préalable (cf. infra).

Pour tout renseignement : congres.smf@orange.fr

Tarifs du congrès 2022

  • Auditeur, pour l’ensemble du congrès, sans hébergement collectif payant : 72 €
  • Auditeur, pour l’ensemble du congrès, avec hébergement collectif payant : 65 €
  • Auditeur, pour une seule journée, avec ou sans hébergement au Centre : 35 €

Inscription et réservations (avec acomptes) avant le 31 mai 2022, règlement du solde à l’arrivée. (Bulletin d’inscription et réservation sur demande auprès du comité d’organisation, voir supra).

Calendrier

  • 15 mai 2022 : clôture des offres de contributions au congrès 2022 de la SMF.

  • 1er juillet 2022 : notification aux auteurs, des décisions du comité scientifique d’accepter ou non les propositions de contribution.

  • 31 juillet 2022 : dernier délai de remise des textes, des posters et des présentations numériques au comité scientifique, pour organisation effective des séances du congrès.

  • 31 octobre 2022 : dernier délai de remise des textes définitifs pour publication au second semestre 2023, dans les Actes du congrès.

Modalités de soumission

Langues acceptées : français, anglais.

Les propositions sont recevables pour trois formes de contributions : communication orale lors du congrès qui sera dans le délai susmentionné suivie de sa transcription développée par l’auteur pour la parution aux Actes ; présentation sous forme de poster lors du congrès ; article écrit en vue de parution avec les Actes.

Pour la soumission au Comité scientifique, les propositions de communication, de poster et de contributions écrites ne devront pas dépasser 3000 signes, bibliographie et espaces comprises. Ces propositions consistent en l’exposé du projet, comportent un titre, l’indication, le cas échéant, de la section thématique visée, trois à cinq mots-clés ; elles sont accompagnées des coordonnées du contributeur y compris son adresse numérique et postale, son statut professionnel et les éventuelles affiliations institutionnelles.

Ces propositions de contributions devront être envoyées exclusivement à : congres.smf@orange.fr

avant le 15 mai 2022.

Aucune soumission par courrier postal, ou via une autre adresse courriel, ne sera prise en compte.

Les propositions de contributions orales qui ne correspondraient que partiellement à la thématique du congrès 2022 de la SMF seront soit réorientées vers la réalisation d’un poster, soit vers une parution aux sections ad hoc du Bulletin de la SMF, sous réserve de l’avis de son directeur des publications.

Séances

Trois matinées de communications sont prévues (9 h – 12 h).

D’une durée de 20 minutes, les communications seront présentées éventuellement dans le cadre de séances parallèles selon le nombre de communications retenues. Elles seront regroupées par thèmes, et les séances présidées par une personne désignée par le comité scientifique de la SMF.

Les posters resteront exposés dans un espace commun durant les trois journées du congrès. Ils auront un format A0, soit 83 cm x 120 cm, aux formats horizontal ou vertical.

Notes

1 Onésime Reclus, La France à vol d’oiseau, II, Paris, 1908.

2 « Il semble que le mot gaulois artos « ours » ait eu un homonyme signifiant « pierre » qui pourrait aussi expliquer une partie des toponymes français. » Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, 2003, p. 56.

3 De Karnag qui signifie aussi bien le lieu (-ag) des constructions en pierres (karn) ou la petite corne (Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, 1978, p. 149a ; Jacques Cambry, Voyage dans le Finistère, ou État de ce département en 1794 et 1795, tome III, 1799, pp. 51-56).

Places

  • Route du Fort de Penthièvre
    Saint-Pierre-Quiberon, France (56)

Event format

Full on-site event


Date(s)

  • Sunday, May 15, 2022

Keywords

  • mythologie française, légende, conte, fable, tradition, rite, culte, folklore, religion, piété populaire, mégalithe, menhir, dolmen, cairn

Contact(s)

  • Guillaume Kauss
    courriel : gwilhermig [at] mailoo [dot] org

Reference Urls

Information source

  • Guillaume Kauss
    courriel : gwilhermig [at] mailoo [dot] org

To cite this announcement

« Légendaire des pierres levées », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, January 11, 2022, https://calenda.org/953914

Archive this announcement

  • Google Agenda
  • iCal
Search OpenEdition Search

You will be redirected to OpenEdition Search