HomeEmpires et religions (XIXe-XXIe siècle)

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Published on Tuesday, January 25, 2022

Abstract

Derrière les notions d’expansion et de hiérarchie, c’est une variété très importante d’empires que l’on peut prendre en compte pour la période contemporaine : empires austro-hongrois, russe, ottoman ou encore chinois ; empires coloniaux, hérités de la période moderne ou nouveaux venus, européens mais aussi américain et japonais ; empire fasciste, empire nazi, voire empire soviétique. Tous ont été confrontés à la diversité religieuse et y ont apporté des réponses variées. Face à une impossible synthèse, l’enjeu de la journée d’études est de proposer plusieurs pistes de réflexion autour de l’axe « empire », dans une période qui va de la fin du XVIIIe siècle au début du XXIe siècle, permettant ainsi d’entrer en dialogue avec les historiographies de la période moderne ainsi que postcoloniale. L’objectif est aussi de mettre en valeur des travaux récents, des approches renouvelées et des questions exploratoires.

Announcement

Journée d’études de l’Association française d'histoire religieuse contemporaine, 24 septembre 2022

Argumentaire

Le terme d’empires est désormais bien implanté dans le paysage historiographique français, et la définition de Jane Burbank et Frederic Cooper peut être ici reprise pour en donner les premiers contours : « vastes unités politiques, expansionnistes ou conservant le souvenir d’un pouvoir étendu dans l’espace, qui maintiennent la distinction et la hiérarchie à mesure qu’elles incorporent de nouvelles populations » (Jane Burbank, Frederick Cooper, Empires in World History. Power and the Politics of Difference, Princeton, Princeton University Press, 2010). Derrière les notions d’expansion et de hiérarchie, c’est une variété très importante d’empires que l’on peut prendre en compte pour la période contemporaine : empires austro-hongrois, russe, ottoman ou encore chinois ; empires coloniaux, hérités de la période moderne ou nouveaux venus, européens mais aussi américain et japonais ; empire fasciste, empire nazi, voire empire soviétique.

Tous ont été confrontés à la diversité religieuse et y ont apporté des réponses variées, depuis la tentative d’imposition d’un monothéisme religieux (l’empire espagnol) au maintien et à la gestion de cette diversité (dans l'Empire ottoman par exemple). La question de la hiérarchisation des religions par les Européens est également essentielle, qui établit une échelle de valeur, du paganisme – aussi bien animisme et chamanisme que bouddhisme et culte des ancêtres – aux monothéismes. Le sujet des missions, enfin, connaît d’important renouvellements.

Face à une impossible synthèse, l’enjeu de la journée d’études est de proposer plusieurs pistes de réflexion autour de l’axe « empire », dans une période qui va de la fin du XVIIIe siècle au début du XXIe siècle, permettant ainsi d’entrer en dialogue avec les historiographies de la période moderne ainsi que postcoloniale. L’objectif est aussi de mettre en valeur des travaux récents, des approches renouvelées et des questions exploratoires. À cette fin, quatre axes sont envisagés, qui laissent une part importante aux phénomènes coloniaux et aux missions, mais sans s’y limiter :

- les liens entre pouvoir impérial et sujets impériaux/minorités impériales à travers la religion.

À partir de la représentation de l’autre comme un autre ou de l’autre comme un soi-même (Paul Ricoeur), deux types de relations voient le jour. Dans le premier cas, il s’agit d’une relation conflictuelle, d’une déculturation, de « religions assassinées » (Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, 1950). Dans le second, il y a la possibilité d’un dialogue, par exemple islamo-chrétien, de transferts culturels (Rudyard Kipling, « La Loge-Mère », 1896 : « Mahomet, Dieu et Shiva jouaient à cache-cache dans nos têtes »). Sans doute peut-on aussi considérer un éventail de possibilités entre ces deux situations, qui révèlent combien les empires furent le lieu de confrontations, d’oppositions, de révoltes, mais aussi d’échanges (à tous les niveaux : théologiques, mais aussi culturels, ou dans les pratiques), d’emprunts, d’appropriations. On pourra aborder les formes de réappropriation des normes impériales par les élites locales, les formes de syncrétisme, des tentatives de christianisation ou d’encadrement de cultes locaux par les Eglises.

Les identités missionnaires, féminines et masculines

Cela renvoie aux questions déjà travaillées des liens entre colonisation et mission, mais on souhaiterait encourager les études sur l’engagement féminin missionnaire dans les empires, qu’il s’agisse des congrégations féminines ou d’autres actrices au sein des empires. Quels liens entretiennent ces femmes avec les populations sur place ? Avec les missionnaires masculins ? Au-delà des confrontations et des collaborations entre missionnaires sur le terrain, en fonction des appartenances impériales, nationales et religieuses, l’objectif est de prendre en compte le genre, afin d’étudier le partage des tâches au quotidien ainsi que les identités véhiculées par les missionnaires dans les sociétés impériales.

Les soubassements idéologiques, voire théologiques, qui fondent l’action religieuse sur le terrain

Peut-on proposer des distinctions en fonction des différentes organisations, qui se manifesteraient – ou non – dans les pratiques de terrain, dans le choix des activités, dans le rapport aux populations locales ? Cela revient à comprendre les motivations, personnelles et collectives, derrière les œuvres d’enseignement, de soins, ou plus généralement humanitaires.

Spatialités religieuses à l’intérieur des empires

Comment penser le lien entre urbain et rural à travers la religion ? Il y a une concentration d’établissements religieux dans les villes (lieux de culte, écoles, collèges, orphelinats, cimetières, etc.), mais les missions se trouvent aussi au cœur des campagnes avec pour projet de créer des villages de convertis comme les réductions jésuites au Paraguay. Les chrétiens veulent se rendre visible dans le paysage (cf. Notre-Dame d’Afrique à Alger). D’autres exemples peuvent illustrer cette emprise spatiale du religieux dans les empires, qui renvoie à la place du fait religieux dans les sociétés.

Modalités de contribution

Les propositions de communications – de 500 mots maximum et accompagnées d’une brève présentation de l’auteur – sont à envoyer à Marie de Rugy, derugy@unistra.fr, avec pour objet « AFHRC »

avant le 30 mars 2022.

Comité scientifique

  • Marie-Emmanuelle Chessel (CNRS, CSO, Sciences Po Paris),
  • Charlotte Courreye (Jean Moulin Lyon 3),
  • Michel Fourcade (Paul-Valéry Montpellier 3),
  • Frédéric Gugelot (Reims Champagne-Ardenne),
  • Frédéric Le Moigne (Bretagne occidentale),
  • Marie Levant (Gerda Henkel Stiftung),
  • Charles Mercier (Bordeaux),
  • Olivier Sibre (Institut Georges Pompidou, Paris),
  • Claire Toupin-Guyot (IEP de Rennes),
  • Nina Valbousquet (École française de Rome).

Places

  • Paris, France (75)

Date(s)

  • Wednesday, March 30, 2022

Keywords

  • religion, empire, colonisation, postcolonial, syncrétisme, diaspora, mission, théoologie, minorité religieuse, culte local, Caraïbes, vaudou, chamanisme, religion, christianisme, empire, Reich

Contact(s)

  • Marie de Rugy
    courriel : derugy [at] unistra [dot] fr

Reference Urls

Information source

  • Marie Levant
    courriel : m [dot] levant [at] ifporient [dot] org

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Empires et religions (XIXe-XXIe siècle) », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, January 25, 2022, https://doi.org/10.58079/183r

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