HomeLe cliché romantique (1798-1830)

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Le cliché romantique (1798-1830)

Constructions et variations d’un objet littéraire

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Published on Tuesday, February 01, 2022

Abstract

Ce colloque sur le cliché romantique vise à tenter de repérer les clichés romantiques dans leur diversité, leur élaboration et leurs jeux de reprises, pour interroger la construction d’une certaine identité romantique dans la critique et le discours savant, mais plus largement dans les représentations collectives.

Announcement

Colloque international, 19-20 mai 2022, université de Paris

Keynote speaker 

  • Pr Nicholas Halmi, University of Oxford

Argumentaire

Ce colloque sur le cliché romantique vise à tenter de repérer les clichés romantiques dans leur diversité, leur élaboration et leurs jeux de reprises, pour interroger la construction d’une certaine identité romantique dans la critique et le discours savant, mais plus largement dans les représentations collectives.

Le mot « cliché » apparaît au XIXe siècle pour désigner une plaque typographique permettant la reproduction d'une page pour le tirage de nombreux exemplaires. Le mot est devenu une figure de style qui caractérise l’emploi d’une expression stéréotypée. Synonyme de poncif et de lieu commun, le cliché est le résultat d’une construction littéraire. Outil langagier et stylistique, il est un objet littéraire et culturel complexe, qui soulève la question de l’originalité en interrogeant conjointement la création et la réception de l’œuvre. Si on reconnaît le cliché (qui repose sur un répertoire supposément partagé d’images et d’allusions), on cherche peu à le connaître en l’analysant dans une perspective critique : quand une expression devient-elle un cliché ? Au prix de quelles transformations ? Selon quelles intentions ?

La période d’émergence du romantisme se prête de façon privilégiée à ces questionnements, le courant romantique étant identifié comme tel à partir d’idées communes au contenu souvent flou et aux images totémiques, à l’instar de « la fleur bleue » qui a connu un glissement symbolique, de la figuration de l’absolu amoureux et artistique chez Novalis à une catégorie esthétique de la mièvrerie.

Chargé négativement, le cliché apparaît d’abord comme quelque chose que l’on dénigre ou dont on s’amuse : il décrit de manière appropriée l’héritage ambigu du romantisme. En France, le rejet du cliché romantique est incarné par Mme Bovary de Flaubert (1857). Flaubert s’attaque au cliché du romantisme mussetien – ou, plus largement, au romantisme en tant qu’il est devenu un cliché, une attitude et une posture. Or, ce romantisme ainsi mis à distance n’épuise pas l’écriture romantique : il y a eu un autre romantisme avant lui, ainsi que de nombreuses voies alternatives. De plus, Flaubert renforce les clichés romantiques autant qu’il les dénonce. C’est ce paradoxe de la réception du romantisme que nous souhaiterions interroger. Cependant nous cherchons aussi à interroger le rôle du cliché dans la composition  et la lecture que les auteurs romantiques faisaient eux-mêmes des clichés qui leur étaient attribués, dont ils jouaient et qu’ils tournaient en dérision. Percy Shelley par exemple, dans Défense de la Poésie, souligne que la fonction du poète est de combattre les clichés, et de sans cesse renouveler la langue pour l’en débarrasser : “Their language is vitally metaphorical; that is, it marks the before unapprehended relations of things and perpetuates their apprehension, until the words which represent them, become, through time, signs for portions or classes of thoughts instead of pictures of integral thoughts; and then if no new poets should arise to create afresh the associations which have been thus disorganized, language will be dead to all the nobler purposes of human intercourse.” Dans l’appareil théorique qui accompagne la production poétique, la fonction du poète ainsi abordée est de revitaliser la métaphore qui est devenue catachrèse, c’est-à-dire cliché.

Quelques pistes de réflexion possibles (cette liste est non-exhaustive) :

  • Le cliché se fonde beaucoup sur la répétition, et est déjoué par l’ironie. Dans quelle mesure les romantiques étaient eux-mêmes conscients de certains clichés ? Comment ont-ils eux-mêmes façonné ou établi certains clichés ? En quoi ceux-ci ont-ils partie liée avec l’effort de théorisation appréhendé parfois comme l’une des caractéristiques fondamentales du romantisme ? Dans quelle mesure l’utilisation des clichés et l’ironie romantique sont-ils liés ?
  • Le cliché pose le problème de l’originalité. Comment la singularité du génie original, qui est l’un des mythes du romantisme, peut-elle s’accommoder de l’utilisation de clichés ? Dans quelle mesure le concept de génie romantique est-il lui-même un cliché ? 
  • À quoi sert le cliché ? Quels enjeux idéologiques et esthétiques lui sont associés ? Quelle récupération permet-il ? En quoi est-il un objet polémique ?
  • Le cliché pose le problème de la réception des œuvres romantiques. On peut tenter d’établir une cartographie du cliché selon une perspective archéologique d’inspiration foucaldienne : à partir de quel moment une image ou un thème deviennent-ils un cliché ? Cette transformation va-t-elle nécessairement de pair avec une modification de son contenu (affaiblissement sémantique ou remplacement d’une donnée esthétiquement motivée par une dimension évocatoire plus imprécise) ? La constitution du cliché a-t-elle valeur de reconnaissance (hommage) ou le régime de l’allusion s’accompagne-t-il forcément d’une perspective critique négative ? On attribue souvent des clichés au romantisme pour diminuer sa charge transgressive et politique, et pour tourner en dérision son paradigme de lecture et sa vocation épistémique. Le cliché pose alors le problème de l’altérité du romantisme dans l’histoire littéraire et dans le contexte des pratiques de lecture actuelles. 

Le sujet s’inscrit dans une perspective comparatiste, et nous accueillerons avec plaisir les communications proposant une perspective panoramique, comme celles qui porteront sur une aire linguistique spécifique (sur le romantisme allemand, anglais, français, italien, russe, scandinave, etc.)

Modalités de soumission

Les propositions de communications (300 à 500 mots), assorties d’une courte biographie, sont à adresser aux organisatrices Pauline Hortolland et Florence Schnebelen avant le 30 mars 2022 :

pauline.hortolland@etu.u-paris.fr ; florence.schnebelen@uha.fr

Les réponses seront communiquées la première semaine d’avril.

Le colloque aura un format hybride. Si la situation sanitaire le permet, les deux journées se tiendront sur le campus de l’Université de Paris. Les repas (collations et déjeuners des 19 et 20 mai, dîner du 19 mai) seront pris en charge pour les intervenants.

Comité scientifique

  • Pauline Hortolland, doctorante contractuelle, Université de Paris
  • Florence Schnebelen, ATER, Université de Haute-Alsace

Repères bibliographiques

Ruth Amossy, Les Idées reçues. Sémiologie du stéréotype, Paris, Nathan, « Le texte à l’œuvre », 1991.

Claude Bouché, Lautréamont. Du lieu commun à la parodie, Paris, Larousse, « Thème et texte », 1974.

Alain Goulet (dir.), Le Stéréotype. Crise et transformations, Caen, Presses Universitaires de Caen, 1994.

Anne Herschberg-Pierrot, « Problématique du cliché. Sur Flaubert », Poétique, 43, 1980, p. 334-345.

Hervé Laroche, Dictionnaire des clichés littéraires, Paris, Arléa, 2003.

Anne-Marie Perrin-Naffakh, Le Cliché de style en français moderne, thèse de doctorat d’État, Presses universitaires de Bordeaux, 1985.

Michaël Riffaterre, « Fonctions du cliché dans la prose littéraire », Cahiers de l’Association internationale des Etudes Françaises, 1964, n°16, p. 81-95.

Places

  • Université de Paris, 5 rue Thomas Mann
    Paris, France (75)

Event attendance modalities

Hybrid event (on site and online)


Date(s)

  • Wednesday, March 30, 2022

Keywords

  • romantisme, littérature comparée, histoire culturelle, cliché, stéréotype, lieu commun, représentation, objet littéraire

Contact(s)

  • Florence Schnebelen
    courriel : florence [dot] schnebelen [at] uha [dot] fr
  • Pauline Hortolland
    courriel : pauline [dot] hortolland [at] etu [dot] u-paris [dot] fr

Reference Urls

Information source

  • Florence Schnebelen
    courriel : florence [dot] schnebelen [at] uha [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Le cliché romantique (1798-1830) », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, February 01, 2022, https://doi.org/10.58079/185f

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