HomeFaire carrière dans le monde romain : les carrières populaires

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Published on Monday, February 14, 2022

Abstract

Le présent appel concerne une rencontre scientifique conçue comme la troisième édition d’un congrès des jeunes républicanistes du monde romain. L’objectif de ces rencontres régulières est de renforcer les liens institutionnels et scientifiques entre les membres d’un réseau principalement composé de chercheuses et chercheurs travaillant en France, mais amené aussi à s’ouvrir ponctuellement, en fonction des thématiques abordées, à des collègues étrangers. Promouvant le renouveau des problématiques et des approches sur la République romaine, le congrès entend par ailleurs donner également la parole aux plus jeunes chercheuses et chercheurs, de manière à mettre en lumière des travaux récents ou en cours, qui peinent souvent à trouver un espace d’expression.

Announcement

Argumentaire

Le laboratoire HeRMA (UR 15071, université de Poitiers) organise les 8 et 9 septembre prochain une rencontre scientifique intitulée « Faire carrière dans le monde romain : les carrières populaires ». Elle s’inscrit dans la continuité du colloque d’Albi (« Faire carrière à Rome », septembre 2021) qui, concentré sur des questions plus institutionnelles et traditionnelles d’apparence, liées notamment à la mise en place et à la définition d’un cursus honorum, entendait en fait en renouveler l’approche autour de la notion d’ambition. Il s’agissait de mettre en avant les différentes étapes des carrières envisagées, qu’elles soient politiques, diplomatiques, militaires, artistiques… et de saisir la manière dont les acteurs eux-mêmes se représentaient cette carrière, sous l’influence de l’élite aristocratique dont les codes et les normes infusaient dans le reste de la société.

Reprenant et étendant la notion de carrière, les communications attendues pour la rencontre poitevine déplaceront la focale sur le caractère populaire de ces carrières. Les questionnements s’organiseront autour de deux axes principaux : le rôle de l’opinion populaire dans la carrière des élites et les carrières d’individus des strates sociales inférieures.

Il s’agira tout d’abord d’évaluer le poids de l’opinion populaire dans le parcours de l’élite. La notion d’opinion publique a connu un regain d’intérêt ces dernières années, notamment concernant la période tardo-républicaine1. Dans le cadre de ce congrès, l’attention sera portée plus spécifiquement à l’opinion populaire2, voire à l’opinion plébéienne3 dans la fabrique de la carrière aristocratique. On se demandera bien évidemment comment le peuple entérine les choix de carrière des membres de la nobilitas, comment aussi les aristocrates cherchent à le manipuler en l’intégrant dans une stratégie élaborée forcément en haut4, mais encore comment les aléas des carrières peuvent aussi manifester l’autonomie de l’opinion romaine en appréhendant le peuple comme agent éventuellement pro-actif et pas seulement réactif. Si ce questionnement recoupe en partie le débat désormais ancien du caractère aristocratique ou démocratique de la République romaine5, il s’est enrichi depuis quelques années des apports de la sociologie interactionniste, qui permet d’approcher les acteurs politiques et leurs pratiques également “par le bas”, et cela en tenant compte des interactions entre le peuple et ses dirigeants aristocrates, des différentes manifestations de prise de parole publique et des stratégies de communication mises en place par l’élite en réponse à cette opinion populaire. L’étude des carrières de l’élite sous cet angle constitue ainsi un des moyens pour évaluer la conscience politique de la plèbe, dans toute sa diversité, ainsi que la manière dont elle parvenait à se faire entendre de ses gouvernants.

L’autre volet s’attardera sur les carrières d’individus issus des milieux populaires. Cette volonté de s’intéresser aux personnages les plus humbles, longtemps délaissés par l’historiographie traditionnelle qui reflétait en cela les sources anciennes, plus visibles et plus audibles dès qu’il s’agissait des membres de l’aristocratie, s’inscrit dans une tendance de fond actuelle en histoire[6] et qui parvient à toucher le monde antique, en dépit des sources à disposition plus lacunaires[7]. Ce colloque dédié à la période républicaine entend relever le défi d’appliquer ce même questionnement à une époque sur laquelle l’empreinte aristocratique pèse énormément et pour laquelle les sources relatives aux classes inférieures sont plus lacunaires encore. Il est possible néanmoins de réajuster notre regard de manière à le focaliser sur les carrières de soldats, de marchands, de prostituées, par exemple, en sorte qu’à rebours de ce que voulaient ses dirigeants, une autre histoire de la République soit possible.

Modalités de soumission

Il est attendu des propositions qu’elles se rattachent prioritairement – mais non exclusivement – à l’un ou l’autre de ces axes problématiques. Il va de soi que toutes les propositions seront examinées par le conseil scientifique et pourront être retenues en fonction de leur pertinence.

Les dossiers de candidature, composés d’une présentation succincte du parcours de l’oratrice ou de l’orateur, ainsi que d’un titre et d’un résumé de la communication d’environ 500 mots devront parvenir aux membres du comité d’organisation

le vendredi 18 mars au plus tard.

Comité d’organisation

  • Ghislaine Stouder, MCF histoire romaine, université de Poitiers, ghislaine.stouder@univ-poitiers.fr
  • Alexandre Vincent, MCF histoire romaine, université de Poitiers, IUF, alexandre.vincent@univ-poitiers.fr

Comité scientifique

  • Bertrand Augier, MCF histoire romaine, université de Nantes
  • Robinson Baudry, MCF histoire romaine, université Paris-Nanterre
  • Audrey Bertrand, MCF histoire romaine, université Gustave-Eiffel
  • Clément Bur, MCF histoire ancienne, université d’Albi, IUF
  • Clément Chillet, MCF histoire romaine, université Grenoble-Alpes
  • Raphaëlle Laignoux, MCF histoire romaine, université Paris I Panthéon-Sorbonne
  • Cyrielle Landrea, MCF histoire ancienne, université de Lorient
  • Thibaud Lanfranchi, MCF histoire romaine, université Toulouse Jean-Jaurès, IUF
  • Ghislaine Stouder, MCF histoire romaine, université de Poitiers
  • Alexandre Vincent, MCF histoire romaine, université de Poitiers, IUF

Notes

[1] On renverra en particulier aux travaux récents de C. Rosillo-Lopez (Public Opinion and Politics in the Late Roman Republic, Cambridge University Press, 2017 et Communicating Public Opinion in the Roman Republic, Stuttgart, 2019 qu’elle a dirigé). Pour une remise en contexte de ces travaux et une réhabilitation de l'expression “opinion publique” appliquée à l’Antiquité et en particulier à la République romaine, voir Fr. Hurlet et P. Montlahuc, “L’opinion publique dans la Rome tardo-républicaine”, REA, 120/2, 2018, p.489-507.

[2] C. Rosillo-Lopez, “Popular Public Opinion in a Nutshell: Nicknames and Non-Elite Political Culture in the Late Republic” dans Popular Culture in the Ancient World, L.Grig (dir.), Cambridge, 2017, p. 91-106.

[3] C. Courrier, La plèbe de Rome et sa culture (fin du IIe siècle av. J.-C. - fin du Ier siècle ap. J.-C.), École française de Rome, Rome, 2014, p. 457-463.

[4] M. Jehne, “Jovialität und Freiheit. Zur Institutionalität der Beziehungen zwischen Ober- und Unterschichten in der römischen Republik” dans B. Linke, M. Stemmler (dir.), Mos Maiorum. Unterschungen zu den Formen der Identitätsstiftung und Stabilisierung in der römischen Republik, Stuttgart, 2000, p. 207-235.

[5] Ainsi la lecture démocratique du dernier siècle de la République, défendue par F. Millar, (cf. The Crowd in Rome in the Late Republic, Ann Arbor, 1998) s’est opposée à celle de K. J. Hölkeskamp, par exemple (Reconstruire une République. La ‘culture politique’ de la Rome antique et la recherche des dernières décennies, Les éditions Maison, Paris, trad. fr. 2008 [Oldenbourg Wissenschaftsverlag GmbH, München 2004]) qui a réaffirmé le caractère hautement aristocratique de la République, quelle que soit la période considérée.

[6] Voir, entre autres, S. Cerutti, “Who is below? E.P. Thompson, historien des sociétés modernes : une relecture”, Annales HSS, 70/4, 2015, p. 931-956, ou encore l’ouvrage récent de G. Noiriel, Une histoire populaire de la France. De la guerre de Cent Ans à nos jours, Editions Agone, Paris, 2019.

[7] Voir la récente publication de C. Courrier et J. C. Magalhães de Oliveira, Ancient History from Below. Subaltern Experiences and Actions in Context, Routledge, 2021.

Places

  • Poitiers, France (86000)

Date(s)

  • Friday, March 18, 2022

Attached files

Keywords

  • république romaine, histoire ancienne, carrière

Contact(s)

  • Alexandre Vincent
    courriel : alexandre [dot] vincent [at] univ-poitiers [dot] fr
  • Ghislaine Stouder
    courriel : ghislaine [dot] stouder [at] univ-poitiers [dot] fr

Reference Urls

Information source

  • Alexandre Vincent
    courriel : alexandre [dot] vincent [at] univ-poitiers [dot] fr

License

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To cite this announcement

« Faire carrière dans le monde romain : les carrières populaires », Call for papers, Calenda, Published on Monday, February 14, 2022, https://doi.org/10.58079/186j

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