HomeQuestions de « race », couleur et fait colonial dans les mondes anglophones : nouveaux corpus, terrains et chantiers

HomeQuestions de « race », couleur et fait colonial dans les mondes anglophones : nouveaux corpus, terrains et chantiers

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Published on Wednesday, February 09, 2022 by Sarah Zingraff

Summary

Cette première école thématique résidentielle du CNRS s’adresse aux chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs de recherche et doctorants désirant confronter différents types de savoirs relatifs à la « race », à la couleur et au fait colonial autour de modules de formation et de tables rondes qui porteront sur ces questions dans une perspective comparée, espace francophone, espace anglophone. Dans la mesure où il est souvent reproché à des approches et à des notions dites « anglo-saxonnes » de menacer l’objectivité et, de ce fait, la qualité de la production académique française, cette école thématique part du monde anglophone et veut rassembler des réseaux de chercheurs de disciplines différentes et qui ne se côtoient pas nécessairement.

Announcement

Présentation

Nouveaux corpus, terrains et chantiers sur les questions de « race », couleur et fait colonial dans les mondes anglophones : vers une bibliothèque commune, première école thématique résidentielle du CNRS sur ce thème, s’adresse aux chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs de recherche et doctorants désirant confronter différents types de savoirs relatifs à la « race », à la couleur et au fait colonial autour de modules et de tables rondes permettant des échanges fructueux sur ces questions dans une perspective comparée, espace francophone, espace anglophone.

En France, durant les vingt dernières années, les rapports sociaux de « race » ou liés à la couleur, tout comme le fait colonial et ses effets au long cours, sont devenus des thématiques de recherche de plus en plus prisées en sciences humaines et sociales. La « race » est ici définie comme une construction sociale qui, dans un contexte donné, sert à catégoriser et à hiérarchiser des populations sur la base de critères culturels, religieux ou de couleur. La couleur est par ailleurs comprise comme le phénotype pris comme marqueur social, qu’il soit imposé ou revendiqué. Cette évolution suscite nombre de débats théoriques et méthodologiques qu’il est très difficile de démêler d’oppositions politiques et idéologiques. À ces deux niveaux, au sein de différents départements et centres de recherches en sciences humaines et sociales, il est souvent reproché à des approches et à des notions dites « anglo-saxonnes » de menacer l’objectivité et, de ce fait, la qualité de la production académique française.

Pour produire une recherche plus pointue, exigeante et de qualité sur ces sujets épineux, au sein de réseaux de chercheurs de disciplines différentes et qui ne se côtoient pas nécessairement, cette école thématique part du monde anglophone. Il existe bien une différence d’approches entre pays anglophones et la France, les premiers utilisant par exemple des statistiques ethno-raciales dans leurs politiques publiques. Les recherches sur la « race », la couleur et, en particulier, la prise de parole minoritaire ont une longue histoire, et irriguent la sphère publique aux États-Unis depuis la fin du XVIIIe siècle. Au Royaume-Uni et dans ses anciennes dépendances (notamment en Inde et en Afrique du Sud), ces questions, auxquelles s’ajoute celle du fait colonial, ont pris une importance nouvelle sous l’impulsion croisée des mutations socio-politiques et de nouvelles études portant sur l’empire britannique. De ce fait, articulées à des mouvements politiques antiracistes et anti-impérialistes, plusieurs traditions académiques marquées par le post-modernisme et les études postcoloniales mettent ainsi en avant la critique du suprématisme blanc et de l’eurocentrisme tout en valorisant les mondes extra-occidentaux et en réhabilitant les minorités ethno-raciales.

Néanmoins, non seulement le monde anglophone est protéiforme mais les recherches qui y sont menées autour de ces thématiques sont aussi très variées. La condamnation de l’influence « anglo-saxonne » qui revient régulièrement dans le cadre des controverses françaises conduit à certaines simplifications et à limiter l’accès de la recherche française à des apports riches et variés, l’empêchant d’innover en se saisissant d’outils empiriques et théoriques précieux et utiles, qu’il ne s’agit pas de calquer mais qu’il est possible et souhaitable de mieux comprendre et d’adapter. Cela permet par ailleurs d’historiciser mais aussi, ce faisant, d’objectiver et d’expliciter les termes des débats théoriques et scientifiques ainsi que leur traduction en contexte français.

Objectifs

Cette école thématique a pour objectif de confronter différents types de savoirs relatifs à la « race », à la couleur et au fait colonial afin de les diffuser à un public de chercheurs varié. Ces rencontres visent dans le même temps à faire émerger des problématiques scientifiques (d’ordre théorique, méthodologique voire éthique et moraux) à la fois transversales et spécifiques que soulèvent ces thématiques de recherche. En cela, l’école représentera un intérêt majeur dans la formation de doctorants d’horizons divers non familiers des études anglophones. Les chercheurs et chercheuses de l’aire anglophone qui, travaillant en France, sont parfois en porte à faux avec les débats savants et publics de leur propre pays, qu’ils et elles peuvent juger étriqués ou dépassés (alors qu’ils se déclinent autrement), trouveront dans cette école thématique un lieu d’échange scientifique constructif. Ils gagneront à établir des ponts entre leurs objets et problématiques de recherche et les débats français sur des thématiques plus ou moins proches de celles d’autres chercheuses et de chercheurs en histoire, histoire de l’art, sciences politiques ou encore socio-anthropologie

L’école thématique constituera un espace de recherche entièrement consacré à la réflexion et au travail collectif sur les méthodes à la fois analytiques et empiriques employées dans le champ des études sur la « race » et le fait colonial. Parce qu’un des objectifs consistera précisément à expliciter les enjeux politiques liés à ces recherches, seront aussi traités le positionnement des chercheurs et chercheuses et les conflits idéologiques qui orientent les différentes approches. Il s’agit aussi de permettre aux participants d’acquérir et de partager des connaissances clés en lien avec la thématique et leur discipline d’affiliation. Le dispositif école rassemble des chercheurs spécialistes de la question dans un même cadre ce qui permet d’aborder conjointement des thématiques qui ne semblent pas être connectées de prime abord. Sur le plan pratique, cette école thématique privilégiera le fonctionnement par atelier : textes et documents issus des corpus considérés seront mis à la disposition des participant.e.s, soit avant soit pendant les ateliers, afin de faciliter le dialogue et les échanges comme la co-construction d’un savoir partagé.

Axes thématiques

L’école thématique est structurée autour de trois axes abordés sur 3 journées.

  • La première journée vise à examiner les usages passés et présents de la notion de « race » dans différentes disciplines, que ces usages soient académiques, sociaux ou politiques. L’objectif est d’expliquer l’origine des mécanismes de catégorisation raciale ainsi que leurs traductions politiques, juridico-légales, socioéconomiques et culturelles dans les espaces impériaux britanniques et français ainsi qu’aux États-Unis. Seront ensuite abordés l’intérêt heuristique ainsi que les éventuelles limites théoriques des notions de « race » (dans son acception constructiviste), racisme, de racisation et de racialisation utilisées comme catégories d’analyse pour penser les sociétés contemporaines.
  • Durant la deuxième journée, différents corpus de recherche serviront à documenter une pluralité de contextes de racialisation, tout comme les formes de politisation qui leur sont liées, notamment en contexte esclavagiste et post-esclavagiste. Les récits d’esclaves tout comme l’œuvre d’intellectuels africains américains des XVIIIe et XIXe siècles seront présentés pour servir de base à une réflexion sur la construction de bibliographies et historiographies alternatives dans une société racialisée. Des représentantes de l’équipe du projet de recherche Repairs de l’Agence nationale de la recherche exposeront les principaux résultats des recherches menées notamment sur l’indemnité versée aux propriétaires d’esclaves à l’abolition de l’esclavage de 1848. Cela entraînera une discussion avec des collègues britanniques et des acteurs français de l’institutionnalisation d’une mémoire publique de l’esclavage en France. Un point sera fait sur la condition noire en France pour faire émerger les analogies mais aussi les contrastes avec la situation des Africains Américains, souvent pris comme point de référence et de comparaison.
  • Le troisième et dernier jour seront abordés les débats académiques et politiques contemporains concernant le rôle des diplomaties culturelles et des modèles éducatifs dans les (anciens) territoires britanniques et au Royaume-Uni, avec un intérêt particulier pour la place que les programmes accordent au fait colonial et aux littératures de langues anglaise et française en France, au Royaume-Uni, dans les Caraïbes, en Afrique du Sud et en Inde. Enfin, par le biais de l’histoire et de la socio-anthropologie du panafricanisme et du mouvement pour les réparations au titre de l’esclavage, seront expliqués les enjeux politiques de revendications contemporaines d’égalité et de reconnaissance.

Intervenants prévus

  • Jessica Balguy (Doctorante, CERMA CIRESC),
  • Dimitri Béchacq (Chargé de recherche CNRS, LC2S, Université des Antilles),
  • Jean-Luc Bonniol (Professeur des universités émérites, Aix Marseille Université, Centre Norbert Elias),
  • Sarah Fila-Bakabadio (Maîtresses de conférences, Université de Cergy-Pontoise, AGORA (EA 7392).),
  • Yann Lucas ?,
  • Camille Martinerie (Doctorante, Aix Marseille Université, LERMA),
  • Sarah Mazouz (Chargée de recherche CNRS, CERAPS, Université de Lille),
  • Claire Parfait (Professeure émérites des universités, Université Sorbonne Paris Nord, Pléide)
  • Pauline Peretz (Maîtresse de conférences, IHTP, Université Vincennes Saint-Denis),
  • Jean-Paul Rocchi (Professeur des universités, Paris Est Marne-la-Vallée, LISAA),
  • Daniel Sabbagh (Directeur de Recherche, Sciences Po Paris, CERI),
  • Paul Schor (Maître de conférences, Université de Paris LARCA, UMPR 8225),
  • Dominique Taffin (Conservatrice générale du patrimoine Directrice de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage)

Organisation

L’école thématique se tiendra au centré écologique de l’Université de Paris à Avon, Fontainebleau, du 29 juin au 1er juillet 2022.

L’hébergement et la restauration des participants seront pris en charge par l’école thématique toute la durée du séjour. Les frais de transport restent à la charge des participants ou de leur établissement de rattachement.

Ouvert aux chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs de recherche et doctorants

Frais d’inscription

  • Agents CNRS : exonération
  • Chercheurs, enseignants-chercheurs et ingénieurs de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche : 60 €
  • Chercheurs secteur privé et autres : 90 €
  • Doctorants : exonération

Modalités d’inscription

Les candidats sont priés de remettre un document unique en format PDF comprenant :

  • un CV synthétique,
  • un court message précisant le statut, la discipline et les thématiques de recherche du candidat
  • et quelques phrases précisant l’intérêt que présente cette école thématique pour leur projets en cours.

Ce document doit être envoyé par mail à l’adresse ecolethematiquelarca2022@gmail.com d’ici le 1er mars 2022.

Les candidat.e.s retenu.e.s seront informé.e.s le 15 avril dernier délai.

Comité d’organisation

  • Carter Laura (Maîtresse de conférences, Université de Paris, LARCA, UMR 8225),
  • Cottias Myriam (Directrice de recherche CNRS, CIRESC, USR2002),
  • Gordien Ary (Chargé de recherche CNRS, Université de Paris, LARCA, UMR 8225),
  • Rossignol Marie-Jeanne (Professeure des universités, Université de Paris, LARCA, UMR 8225),
  • Simony Lauriane (Maîtresse de conférences, Université de Cergy-Pontoise, AGORA, EA 7392), Torrent Mélanie (Professeure des universités, Université Jules Verne Picardie, CORPUS, EA 4295).

Comité scientifique

  • Gordien Ary (Chargé de recherche CNRS, Université de Paris, LARCA, UMR 8225),
  • Rossignol Marie-Jeanne (Professeure des universités, Université de Paris, LARCA, UMR 8225),
  • Torrent Mélanie (Professeure des universités, Université Jules Verne Picardie, CORPUS, EA 4295)

Informations complémentaires

Pour le site de l’école thématique, voir : https://mhma.hypotheses.org/category/race-couleur-histoire-race-colour-history/symposia

Contact : ecolethematiquelarca2022@gmail.com

Places

  • Rte de la Tour Dénecourt
    Fontainebleau, France (77)

Event format

Full on-site event


Date(s)

  • Tuesday, March 01, 2022

Keywords

  • race, couleur, fait colonial, monde anglophone

Contact(s)

  • Ary Gordien
    courriel : ary [dot] gordien [at] gmail [dot] com

Reference Urls

Information source

  • Marie-Jeanne Rossignol
    courriel : marie-jeanne [dot] rossignol [at] u-paris [dot] fr

To cite this announcement

« Questions de « race », couleur et fait colonial dans les mondes anglophones : nouveaux corpus, terrains et chantiers », Summer School, Calenda, Published on Wednesday, February 09, 2022, https://calenda.org/964218

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