HomeLa réécriture et la reprise dans les formes d’expression artistiques et littéraires maghrébines

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Published on Monday, February 21, 2022

Abstract

Pour aborder largement la thématique de la réécriture, il est intéressant d’explorer plusieurs axes ayant trait aux relations possibles entre les différents domaines artistiques et littéraires, c’est-à-dire qu’on devrait prendre en considération l’ouverture de la littérature sur la musique, le théâtre, le cinéma, la peinture, etc. Cette réflexion nous invite à nous interroger sur les procédés et les outils de reprise des propos d’autrui, allant de la simple citation en passant par le pastiche, la parodie, et jusqu’à l’ironie et la caricature la plus complexe. Les interventions s’interrogeront sur la réécriture dans la littérature et l’art en mettant l’accent sur la littérature maghrébine et le dialogue entre les arts et les discours qui permettent de redire et de reproduire ce qui est déjà dit et produit.

Announcement

Argumentaire

Les formes d’expressions littéraires et artistiques maghrébines oscillent entre imitation, création et recréation. Quelle que soit l’œuvre produite, elle est à la fois le reflet de son créateur et la représentation de son environnement socioculturel. Ainsi, par exemple, la production littéraire devient-elle un espace où plusieurs écritures s’entremêlent et la mission de l’écrivain n’est que de redire ce qui est déjà dit en pensant que : « Tout est dit, et l’on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu'il y a des hommes et qui pensent » (Jean de la Bruyère, Les Caractères : 1696).

Le Maghreb colonisé puis indépendant est la terre de prédilection de l’acculturation. Herskovits, Linton et Redfield la définissent comme « l’ensemble des phénomènes qui résultent d’un contact continu et direct entre des groupes d’individus de cultures différentes et qui entraînent des changements dans les modèles culturels initiaux de l’un ou des deux groupes» (Alexandrine Brami, « L’acculturation : étude d’un concept », Idées économiques et sociales, n°121, Octobre 2000, p.55). L’expression littéraire et artistique maghrébine cultive donc un immense paradoxe : si le fond tente de traduire le point de vue des colonisés, de défendre les cultures nationales, et de rejeter la domination occidentale, les formes peinent à s’émanciper ; et si plusieurs auteurs se sont tournés vers l’Histoire ou vers l’autobiographie pour délivrer un témoignage authentique et intime au sujet de leurs sociétés, c’est pour combler les vides laissés par la littérature coloniale à leur sujet. Ce paradoxe impose donc une réécriture : de l’Histoire du Maghreb, de ses sociétés, de ses individus. C’est ce que Nadia Ghalem et Christiane Ndiaye appellent « le réalisme ethnographique » (« Le Maghreb », Introduction aux littératures francophones : Afrique · Caraïbe · Maghreb. Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2004)

En évoquant la « réécriture », la référence à Bakhtine et au concept de la polyphonie est fondamentale. En effet, selon lui, l’œuvre n’exprime pas seulement la pensée du sujet parlant, mais elle met en scène plusieurs voix en même temps. Par conséquent, la réflexion sur cette thématique pourrait porter sur les voix qui sous-tendent toute forme de création (ou recréation) qu’elle soit littéraire ou artistique. Par ailleurs, le terme réécriture nous fait penser directement aux relations intertextuelles  et à Philippe Sollers qui précise que, « tout texte se situe à la jonction de plusieurs textes dont il est à la fois la relecture, l’accentuation, la condensation, le déplacement et la profondeur » (Théorie d’ensemble, textes réunis par Ph.Sollers, Seuil, 1971, p.75).

L’étude de la réécriture dépasse l’univers textuel, elle ouvre les portes vers d’autres sémiologies. Nous parlons surtout des adaptations  cinématographiques, des liens entre la peinture, la musique, l’architecture et la littérature. L’écrivain exprime par le biais de l’écriture son attachement spirituel vers une autre œuvre artistique comme les écrivains cinéastes qui ont usé le matériau littéraire au service du langage cinématographique.

Cette analyse nous mène à dire que la réécriture est une reproduction qui répond à un besoin de redire, de s’exprimer, de critiquer mais surtout de partager ce qui plait à un lecteur déguisé en créateur. Cette tentative d’imitation met en question la subjectivité et l’originalité de l’écrivain. Elle peut passer inaperçue si le récepteur n’arrive pas à dévoiler les influences et les interférences entre les œuvres produites.

Pour aborder largement la thématique de la réécriture, il est intéressant d’explorer plusieurs axes ayant trait aux relations possibles entre les différents domaines artistiques et littéraires, c’est-à-dire qu’on devrait prendre en considération l’ouverture de la littérature sur la musique, le théâtre, le cinéma, la peinture, etc. Cette réflexion nous invite à nous interroger sur les procédés et les outils  de reprise des propos d’autrui, allant de la simple citation en passant par le pastiche, la parodie, et jusqu’à l’ironie et la caricature la plus complexe.

Quelques axes de réflexion

Les interventions s’interrogeront sur la réécriture dans la littérature et l’art en mettant l’accent sur la littérature maghrébine et le dialogue entre les arts et les discours qui permettent de redire et de reproduire ce qui est déjà dit et produit. Voici donc une liste non exhaustive des axes de réflexion proposés :

  • Réécriture et intertextualité
  • Réécriture et perfection
  • Réécriture et adaptation cinématographique
  • Réécriture et subjectivité.
  • Transposition et analyse génétique

Modalités de soumission et calendrier

  • Dernier délai pour la réception des propositions de communication : le 15 mars 2022.
  • Réponses aux participant.e.s : le 30 mars 2022
  • Date de la journée d'étude : 15 avril 2022

Les propositions sont à envoyer à :

  • fatmasalah254@yahoo.fr
  • farhatsyrine05@gmail.com

Responsables de l’événement : Mohamed Anis Abrougui, Syrine Farhat, Fatma Salah

Comité d’organisation

Bessem Aloui, Wajdi Belgacem, Rym Ben Tanfous, Souad Bouhouche, Wijdène Bousleh, Hatem Krimi

Institut supérieur des études appliquées en humanités de Gafsa

Comité scientifique

  • Moufida Bannour
  • Mohamed Bouattour
  • Mokhtar Farhat
  • Houda Hamadi
  • Mongi Madini
  • Saïd Mosbah
  • Chokri Rhibi
  • Habib Salha
  • Mustapha Trabelsi

Références bibliographiques

AlemdjrodoKangni, 2001, Rachid Boudjedra, la passion de l’intertexte, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux.

BakhtineMikhaïl., 1978, Esthétique et théorie du roman, Paris, Gallimard.

BencheikhJamel Eddine, 1975, Poétique arabe, Essai sur les voies d’une création, Anthropos.

BonnCharles, 1988, « Le roman maghrébin de langue française », in Magazine littéraire, Écrivains arabes d’aujourd’hui, n° 251, mars, p. 34.

BonnCharles, 1988, Lecture présente de Mohammed Dib, Alger, Entreprise nationale du Livre.

BrunelPierre, Chevrel Yves (dir.), 1989, Précis de littérature comparée, Paris, PUF.

Chasseguet-SmirgelJanine, 1971, Pour une psychanalyse de l’art et de la créativité, Paris, Payot.

ChikhiBeïda, 1989, Problématique de l’écriture dans l’œuvre romanesque de Mohamed Dib, Alger, OPU.

ChikhiBeïda, 1996, Maghreb en texte. Écriture, histoire, savoirs et symboliques, L’Harmattan.

EliadeMircea, 1969, Le mythe de l’éternel retour, Archétypes et répétition, Paris, Gallimard (coll. Folio/Essais).

GafaïtiHafid, (dir.), 2000, Rachid Boudjedra, une poétique de la subversion, II. Lectures critiques, Paris, L’Harmattan.

GenetteGérard., 1982, Palimpsestes, la littérature au second degré, Paris, Seuil.

KhatibiAbdelkebir, 1979, Le roman maghrébin, Société marocaine des éditeurs réunis, Rabat.

KristevaJulia, 1967, « Le mot, le dialogue, le roman », in Critique, avril.

LacanJacques, 1949, Le Stade du miroir comme formation de la fonction de Je, essai lu au XVIe Congrès international de psychanalyse, Zurich, juillet, repris dans Écrits 1, Paris, Seuil, 1966.

LonguetPatrick, 1995, Lire Claude Simon, la polyphonie du monde, coll. « critique », Paris, Minuit.

Machery, 1974, Pour une théorie de la production littéraire, Paris, Maspero.

MassonCéline, 2001, L’angoisse et la création, Essai sur la matière, Paris, L’Harmattan.

Rifaterre, 1980, « La trace de l’intertexte », in La Pensée, n° 215, octobre.

Rifaterre, 1981, « L’intertexte inconnu », in Littérature, n° 41, février.

SartreJean-Paul, 1940, L’imaginaire, Paris, Gallimard, (1986 pour la présente édition).

Zumthor, 1981, « Intertextualité et mouvance », in Littérature, n° 41, février.

Places

  • Cité des Jeunes
    Gafsa, Tunisia (2133)

Event attendance modalities

Full on-site event


Date(s)

  • Tuesday, March 15, 2022

Keywords

  • réécriture, Maghreb, littérature, art

Contact(s)

  • Mohamed Anis Abrougui
    courriel : abrougui [dot] mohamed [dot] anis [at] gmail [dot] com

Reference Urls

Information source

  • Mohamed Anis Abrougui
    courriel : abrougui [dot] mohamed [dot] anis [at] gmail [dot] com

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« La réécriture et la reprise dans les formes d’expression artistiques et littéraires maghrébines », Call for papers, Calenda, Published on Monday, February 21, 2022, https://doi.org/10.58079/18ab

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