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En cuisine !

Revue Nouvelles questions féministes 42/2

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Published on Monday, February 21, 2022

Abstract

Les repas étant indispensables au maintien de l’espèce humaine, les tâches et les savoirs que nécessitent leur confection, les conditions, l’organisation et la valorisation sociales de leur production doivent être continuellement interrogés. Le Grand angle de ce numéro de Nouvelles questions féministes (NQF) vise à prolonger l’analyse féministe du travail culinaire et plus largement des cuisines, qu’elles soient des lieux de formation ou d’activité professionnelles, du chez-soi ou d’entre-soi.

Announcement

Argumentaire

Les repas étant indispensables au maintien de l’espèce humaine, les tâches et les savoirs que nécessitent leur confection, les conditions, l’organisation et la valorisation sociales de leur production doivent être continuellement interrogés. Le Grand angle de ce numéro de NQF vise à prolonger l’analyse féministe du travail culinaire et plus largement des cuisines, qu’elles soient des lieux de formation ou d’activité professionnelles, du chez-soi ou d’entre-soi. 

Les contributions pourraient s’inscrire dans un des axes suivants :

Les divisions sociales du travail culinaire 

Cuisiner implique un ensemble d’opérations qui va bien au-delà de la transformation des aliments. De l’approvisionnement en denrées et sa planification, à l’acquisition de connaissances techniques et pratiques quant aux choix des produits, à leur préservation ou à leur mode de préparation, en passant par le nettoyage de la vaisselle, le travail culinaire – qu’il soit rémunéré ou non – fait l’objet d’une certaine administration et d’une division sociale.

Nous attendons des contributions qui analysent certaines de ces tâches à l’aune des rapports entre classes de sexe, socioéconomiques, d’âge et de race et qui interrogent la manière dont ces derniers s’imbriquent, se reconfigurent ou évoluent.

Elles peuvent porter par exemple sur les transformations du travail culinaire sur le temps long ou au cours de trajectoires de vie, sur la manière dont des dispositions gouvernementales telles que celles en lien avec la pandémie de Covid ont modifié son contenu, sa répartition voire sa localisation. Elles peuvent aussi s’intéresser à la transmission des savoirs et savoir-faire culinaires dans et hors des espaces de formation, aux normes formalisées et/ou informelles qui traversent les cuisines, questionner l’aménagement de ces dernières et la façon dont elles sont investies par les différents groupes sociaux, … Enfin, les contributions peuvent aborder les initiatives favorisant l’émancipation à travers la préparation ou la transmission culinaire.

Sexisme et violences en cuisine

Alors que le travail culinaire au sein des foyers est avant tout assuré au quotidien par des femmes, les cuisines professionnelles sont majoritairement occupées par des hommes. Dans ces différents univers éminemment genrés, quelles sont les formes concrètes du sexisme et de la violence ? Quelles sont les stratégies individuelles et collectives développées par les individus et les différents groupes sociaux pour s’en prémunir ou les contrer ?

De nombreuses questions peuvent être soulevées : quels sont par exemple les obstacles rencontrés par les femmes qui souhaitent faire, ou ont fait, de la cuisine leur métier, ou par celles qui souhaitent se libérer du labeur quotidien des « trois repas par jour » ? Comment font-elles face aux différentes manifestions du sexisme et de la violence dans ces lieux et quelles ressources mobilisent-elles pour s’en défendre ? Quelle place le genre a-t-il dans les conflits entre les différents groupes professionnels et sociaux travaillant ou passant en cuisine et quelles en sont ses expressions factuelles ? Comment le travail salarié des cuisinières et cuisiniers est pensé, mis en mots et (dé)valorisé selon leurs caractéristiques sociales ?

Nous sommes intéressées par des travaux explorant aussi bien les espaces de préparation de repas intégrés à des lieux d’habitation, aux cuisines dédiées à la restauration collective telles que les cantines scolaires, humanitaires, militaires ou d’entreprise, aux cuisines partagées ou de restaurant, comme aux cuisines où sont formé·e×s des apprenti·e×s cuisinières et cuisiniers.

Savoirs et savoir-faire culinaires

Les productions culturelles reproduisent des stéréotypes et des hiérarchisations en cuisine. Elles tendent à mettre en avant des hommes – de prestigieux cuisiniers et pâtissiers et même des critiques culinaires renommés. En miroir, les femmes apparaissent majoritairement dans ces différents médias comme des « ménagères », tantôt expérimentées tantôt novices. Les quelques professionnelles qui y sont représentées sont bien souvent qualifiées d’exceptionnelles et c’est fréquemment leur « touche féminine » qui est mise en avant puisqu’elle constituerait leur plus grand atout.

Cet axe vise à interroger d’une part la manière dont les livres de cuisine, émissions télévisuelles, films, séries, blogs culinaires et sites d’évaluation gastro- ou bistro-nomiques contribuent à invisibiliser les femmes et leur savoir, ainsi qu’à renouveler le sexisme (et d’autres rapports de pouvoir) dans les espaces professionnels. D’autre part, il questionnera l’effet de ces différents médias sur le quotidien des femmes dans l’espace domestique. Par exemple, comment la mise en scène des outils et des aliments dans les médias nourrit une normalisation des conduites, des équipements et des aménagements des lieux de vie ? Dans quelle mesure la valorisation de ce qui est désigné comme fait maison, achat local, pratique du zéro déchet, de la cuisine bio, végétarienne ou végane sont-elles des formes contemporaines d’aliénation ou d’autonomisation des femmes ? Quelles stratégies sont développées par les actrices et acteurs pour « bien » manger et « bien » nourrir malgré les injonctions temporelles et plus largement matérielles qui pèsent sur leur vie ? 

Nous attendons des contributions qui puissent aborder un ou plusieurs de ces trois axes dans une perspective féministe, notamment à partir d’approches historiques, sociologiques, ethnographiques, philosophiques, géographiques.

Modalités pratiques d'envoi de propositions

Les propositions d’article d’une à deux pages sont attendues pour le 30 avril 2022

au format Word, envoyées par courriel à marie.mathieu@cnrs.fr

La 1ère version des articles retenus devra être soumise à la rédaction de NQF d’ici le 1er novembre 2022, dans un format conforme aux consignes aux auteur·es consultables sur le site. Le numéro sortira fin octobre 2023.

Modalités pratiques d’évaluation des propositions

Le groupe de coordination communiquera aux auteur·e·s l’acceptation ou le refus de leurs propositions au plus tard en juin 2022. Toute proposition d’article est soumise à l’avis du Comité de rédaction de la revue.

Les articles accompagnés d’un résumé en français sont attendus pour le 1er novembre 2022.

Les articles anonymisés font l’objet d’une double évaluation par des pair·e·s. Les expertises sont anonymes. L’article peut être accepté en l’état, refusé, ou accepté sous réserve de modifications. Dans ce cas, le groupe de coordination prend contact avec l’auteur·e pour suggérer des axes de retravail.

Coordination du numéro

  • Marie Mathieu
  • Armelle Weil
  • Nadia Lamamra
  • Séverine Gojard
  • Julie Jarty

Date(s)

  • Saturday, April 30, 2022

Attached files

Keywords

  • alimentation, rapport social, sexe, genre, cuisine

Contact(s)

  • Marie Mathieu
    courriel : marie [dot] mathieu [at] cnrs [dot] fr

Information source

  • Revue NQF
    courriel : nqf_redaction [at] hetsl [dot] ch

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« En cuisine ! », Call for papers, Calenda, Published on Monday, February 21, 2022, https://doi.org/10.58079/18bj

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