HomeRepenser les politiques linguistiques en Afrique à l’ère de la mondialisation

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Published on Wednesday, March 09, 2022

Abstract

La notion de politique linguistique, communément appelé « language planning » a nourri plusieurs débats scientifiques depuis longtemps et elle est sujet de nombreuses appellations. Avec la mondialisation, les pays sont appelé à revisiter leur système de fonctionnement dans tous les domaines. Dans ce sens, le volet de politique linguistique est sensible et incontournable. Cet ouvrage collectif entend interroger les différentes situations (socio)linguistiques des pays d’Afrique à l’heure de la mondialisation. Il se veut une réflexion autour des langues en usage et présentes dans les pays d’Afrique dans leurs rapports réciproques. 

Announcement

Argumentaire

« Il y a ceux qui voient les choses telles qu’elles sont et se demandent pourquoi les changer. Et il y a ceux qui imaginent les choses telles qu’elles pourraient être et se disent pourquoi pas ? » (George-Bernard Shaw [Écrivain irlandais 1856-1950])

La notion de politique linguistique, communément appelé « language planning » a nourri plusieurs débats scientifiques depuis longtemps et elle est sujet de nombreuses appellations. Elle fait partie des choses qui nécessitent des réponses aux questions du « comment? » et du « pourquoi? ». Et avec la mondialisation, les pays sont appelé à revisiter leur système de fonctionnement dans tous les domaines. Dans ce sens, le volet de politique linguistique est sensible et incontournable.

En postulant qu’au sein de tout groupe social la langue est un moyen d’exprimer ses idées, ses opinions, ses pensées auprès des interlocuteurs et dans un espace bien déterminé, il y a moyen de se poser des questions sur les différents choix opérés par les États et Gouvernements en (d’) Afrique en termes de « politique linguistique » et « langue(s) en usage ». Cela étant, il est temps que les universitaires africains re-pensent les politiques linguistiques héritées de l’histoire coloniale.

Beaucoup d’auteurs comme Einar Haugen (1959), Corbeil (1980), Tollefson (1981), Maurais (1987), Arcil (1965 ; 1982) ont abordé la question de politique linguistique. À titre d’exemple, Corbeil (1980)  propose à la place de « planification linguistique » l’expression « aménagement linguistique » qui évoque un effort à moyen et à long terme pour mieux tirer parti d’une ressource collective, la ou les langues, en fonction des besoins et des intérêts de la nation, selon un plan souple qui oriente l’évolution de la société sans la brusquer mais au contraire en réclamant son adhésion et sa participation.

La notion de politique linguistique, appliquée en général à l’action d’un État, désigne les choix, les objectifs et les orientations qui sont ceux de cet État ou Gouvernement en matière de langue(s), suscités en général (mais pas obligatoirement) par une situation intra- ou intercommunautaire préoccupante en matière linguistique ou parfois même ouvertement conflictuelle. Cette notion rentre dans la sociolinguistique appliquée (à la gestion des langues). Généralement, cette notion et toutes celles semblables y relatives correspondent pour l’essentiel à l’intervention et/ou à l’analyse des situations linguistiques dans un pays donné.

À cet égard, une politique linguistique peut :

  • Concerner telle langue dans ses formes : il peut s’agir alors d’une intervention de type normatif (visant, par exemple, à déterminer une forme standard, à codifier des fonctionnements grammaticaux, lexicaux, phonétiques…, ou encore à modifier une orthographe, etc., et à diffuser officiellement les [nouvelles] normes ainsi fixées auprès des usagers) ;
  • Concerner les fonctionnements socioculturels de telle langue, son statut, son territoire, face aux fonctionnements socioculturels, au(x) statut(s), au(x) territoire(s) d’une autre/d’autres langue(s) également en usage dans la même communauté, avec des cas de figures variables (complémentarité, concurrence, domination, etc.).

Ainsi, le collectif entend-il interroger les différentes situations [socio]linguistiques des pays d’Afrique à l’heure de la mondialisation. Il se veut une réflexion autour des langues en usage et présentes dans les pays d’Afrique dans leurs rapports réciproques. Il en va sans doute que les comportements linguistiques et/ou pratiques langagières dans ce contexte donnent à constater que les langues nationales (locales) sont moins valorisées par rapport aux langues qui nous sont venues d’ailleurs. L’implantation du français, de l’anglais, du portugais, de l’espagnol, de l’arabe, etc. dans un grand nombre de cultures africaines invite ainsi, aujourd’hui plus que jamais, à s’interroger sur la cohabitation entre celles-ci et les langues nationales mais aussi la place et le rôle des langues locales dans la construction et le développement des pays africains.

Les axes de réflexion proposés ci-dessous, qui ne sont ni exclusifs ni alternatifs, s’intéressent aussi bien aux discours oraux qu’écrits, aux pratiques langagières, aux politiques linguistiques éducatives, aux langues officielles, susceptibles d’éclairer l’une des perspectives ci-dessus envisagées. Les contributions pourront ainsi examiner/appréhender/ questionner, et pas exclusivement :

  • La politique linguistique en générale et la politique linguistique éducative en particulier à l’heure de la mondialisation;
  • La problématique des langues nationales dans leurs relations avec les langues d’ailleurs (le français, l’anglais, l’espagnol, le portugais, l’arabe, etc.);
  • Le fonctionnement et le rôle que jouent les différentes langues en usage dans différentes communautés linguistiques;
  • Les différentes pratiques langagières face à la multiplicité des langues dans une communauté linguistique donnée;
  • Le cadre légal ou juridique sur l’usage des langues en présence dans une communauté donnée;
  • Les représentations sociolinguistiques des locuteurs face aux langues en usage et présentes;
  • La gestion des langues en Afrique et les enjeux y associés en termes de politique linguistique ;

Modalités de soumission

Les propositions de contribution (textes complets) d’environ 6000 mots, c’est-à-dire autour de 10 pages et interligne simple, suivis de 5 mots-clés au maximum ainsi qu’une brève note biographique de l’auteur(e) doivent parvenir à l’équipe de coordination du projet, sous forme de fichier numérique (format word), au plus tard le 29 avril 2022, aux adresses ci-après :

  • clement.bigirimana@ub.edu.bi
  • nzesseladislas@yahoo.fr

Calendrier indicatif

  • 17 septembre 2021 Lancement officiel de l’appel à contributions
  • 29 avril 2022 Date limite de réception des propositions de contribution
  • 15 juin 2022 Notification des avis du comité scientifique aux auteurs.
  • 16 juin – 30 juillet 2022 Rédaction et soumission des contributions définitives pour ceux dont les propositions auront eu un avis favorable.
  • Août – septembre 2022 Évaluation des contributions soumises par les experts
  • Octobre 2022 Corrections éventuelles des contributions de retour d’expertise.
  • Novembre 2022 Traitement de texte  et relecture
  • Décembre 2022 Soumission du manuscrit à l’éditeur
  • Janvier 2023 Sortie du collectif

Comité scientifique

  • Professeure Véronique Castelloti, Université de Tours (France)
  • Professeur Pierre Fandio, Université de Buea (Cameroun)
  • Professeur Dahou Foudil, Université Kasdi Merbah Ouargla (Algérie)
  • Professeur Ladislas Nzessé, Université de Dschang (Cameroun)
  • Professeur Melchior Ntahonkiriye, Université du Burundi  (Burundi)
  • Professeur Rémy Nsengiyumva, Ecole Normale Supérieure du Burundi (Burundi)
  • Professeur Yves Abel Feze, Université de Dschang (Cameroun)
  • Professeur Valentin Feussi, Université de Tours (France)
  • Professeure Senoussi Massika, Université Kasdi Merbah Ouargla (Algérie)
  • Professeur Maurice Mazunya, Université du Burundi (Burundi)
  • Professeur Constantin Ntiranyibagira, Université du Burundi (Burundi)
  • Professeure Gertrude Kazoviyo, Université du Burundi (Burundi)
  • Professeur Koia Jean-Martial Kouame, Université Félix Houphouët-Boigny (Côte d’Ivoire)
  • Professeur Julia Ndibnu Messina Ethé, Ecole Normale Supérieure de Yaoundé (Cameroun)
  • Professeur Ferdinand Mberamihigo, Université du Burundi (Burundi)
  • Professeure Martine Fandio-Ndawouo, Université de Buea (Cameroun)
  • Professeur Clément Bigirimana, Université du Burundi (Burundi)
  • Professeur Fabrice Frédéric Galvez, Universidade Federal da Bahia (Brésil)
  • Professeur Emmanuel Cirimwami Barhatulirwa, ISP de Bukavu (RDC)
  • Professeur Bernard Kabore, Université Ouaga I (Burkina Fasso)
  • Professeure Judith Ndayizeye, Université du Burundi (Burundi)
  • Professeur Anne Obono Essomba, University Katsina (Nigeria)
  • Professeur Ibrahim Mamour Ndiaye, Université Assane Seck de Ziguinchor (Sénégal)
  • Professeur Moussa Daff, Université Cheik Anta Diop de Dakar (Sénégal)
  • Professeur Ndiémé Sow, Université Assane Seck de Ziguinchor (Sénégal)
  • Professeur Pierre Frath, Université de Reims (France)
  • Professeur Domitien Nizigiyimana, Université du Burundi (Burundi)
  • Professeure Béatrice Yanzigiye, Université du Rwanda (Rwanda)
  • Professeur Gélase Nimbona, Université du Burundi (Burundi)

Comité de lecture

  • Professeur Melchior Ntahonkiriye, Université du Burundi
  • Professeur Ladislas Nzessé, Université de Dschang
  • Professeur Ferdinand Mberamihigo, Université du Burundi
  • Professeure Concilie Bigirimana, Université du Burundi
  • Professeur Clément Bigirimana, Université du Burundi
  • Dr Edith Ndereyimana, Université du Burundi
  • Dr Pierre Nduwingoma, Université du Burundi
  • Dr Kengue Gaston Donfouet, Université de Dschang
  • Dr Docile Pacifique, Université du Burundi
  • Dr Diallo Moro dit Tiemoko, Université de Bamako
  • Dr Sandry Gbetey, Université d’Abomey Calavi
  • Dre Cécile Hounnontin, Université d’Abomey Calavi
  • Dr Epimaque Nshimirimana, Université du Burundi (Burundi)

Coordination du projet 

  • Clément Bigirimana, PhD

Professeur Associé des Sciences du Langage

Université du Burundi - Burundi

Courriel : clement.bigirimana@ub.edu.bi

  • Ladislas Nzessé, PhD

Professeur des Universités

Université de Dschang - Cameroun

Courriel : nzesseladislas@yahoo.fr

Bibliographie indicative

Boyer H., 2008, Langue et identité. Sur le nationalisme linguistique, Limoges, Lambert-Lucas.

Calvet L.-J., 1987, La guerre des langues et les politiques linguistiques, Paris, Payot.

Calvet L.-J., 1996, Les politiques linguistiques, Paris, PUF.

Calvet L.-J., 2002, Le marché aux langues, Paris, Plon.

Conseil supérieur de la langue française de la communauté française de Belgique (Éds), 2006, Langue française et diversité linguistique, Bruxelles, De Boeck.

Corbeil J.-C., 1980, L’aménagement linguistique du Québec, Montréal, Guérin.

Dumont P., 1990, Le Français, langue africaine, Paris L’Harmattan.

Mackey W. F., 1976, Bilinguisme et contact des langues, Paris, Klincksieck.

Manessy G. et Wald P., 1979, Plurilinguisme : normes, situations, stratégies, Paris, L’Harmattan.

Maurais J. éd., 1987, Politique et aménagement linguistiques, Québec, Gouvernement du Québec, Conseil de la langue française.

Nettle D., Romaine S., 2003, Ces langues, ces voix qui s’effacent, Paris, Autrement.

Subjects


Date(s)

  • Friday, April 29, 2022

Keywords

  • politique, linguistique, mondialisation

Contact(s)

  • Clément Bigirimana
    courriel : clement [dot] bigirimana [at] ub [dot] edu [dot] bi
  • Ladislas Nzesse
    courriel : nzesseladislas [at] yahoo [dot] fr

Information source

  • Clément Bigirimana
    courriel : clement [dot] bigirimana [at] ub [dot] edu [dot] bi

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Repenser les politiques linguistiques en Afrique à l’ère de la mondialisation », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, March 09, 2022, https://doi.org/10.58079/18fu

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