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Invisibles

Édition 2022 du festival « Histoire et cité »

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Published on Friday, March 18, 2022

Abstract

Organisé par la Maison de l’histoire de l’université de Genève, la septième édition du « Festival Histoire et cité » a pour thème les invisibles : débats, projections, visites-guidées et expositions s’attacheront à restituer le passé de celles et ceux – oublié·e·s, anonymes et marginaux·ales – qui ne figurent pas dans les manuels d’histoire et dont aucune rue ne porte le nom. Une occasion de poser aussi un regard historique sur des thématiques actuelles telles que les maladies invisibles, les pollutions environnementales et les peurs sociales.

Announcement

Présentation du festival

Organisé par la Maison de l'Histoire de l'Université de Genève, le Festival Histoire et Cité et destiné au grand public et se déroulera du 29 mars au 3 avril 2022 à Genève et à Lausanne. La 7ème édition a pour thème les "Invisibles": débats, projections, visites-guidées et expositions s’attacheront à restituer le passé de celles et ceux – oublié·e·s, anonymes et marginaux·ales – qui ne figurent pas dans les manuels d’histoire et dont aucune rue ne porte le nom. Une occasion de poser aussi un regard historique sur des thématiques actuelles telles que les maladies invisibles, les pollutions environnementales et les peurs sociales.

Programme scientifique

Mardi 29.03

Genève, Uni Dufour

12h15-13h45 Héroïnes éclipsées mises en lumière

  • Aline Helg (Université de Genève)
  • Bernard Lavallé (Université de la Sorbonne Nouvelle)

Depuis quelques décennies, l’Histoire avec un grand H est bousculée dans ses certitudes et des recherches formidables permettent de (re)découvrir des actrices méconnues d’ici et d’ailleurs. Les défis sont d’autant plus importants si l’on se penche sur l’histoire de l’Amérique latine et sur celle des esclaves. Nos deux invité·e·s les ont relevés et évoqueront leur plongée dans l’inconnu, ou presque.

16h30-18h Whodunit ? Enquête sur les artisans et artistes antiques

  • Arianna Esposito (Université Bourgogne-Franche-Comté)
  • Raphaël Jacob (Musée de l’Acropole)
  • Virginie Nobs (Université de Genève)

Jusqu’à la Renaissance et l’avènement de la figure de l’artiste, nous ne disposons que de peu d’informations concernant les auteur·e·s des œuvres d’art ou des productions artisanales. Cette réalité a longtemps éclipsé la question de leur identité, les rendant pour ainsi dire introuvables. La recherche contemporaine permet de mieux appréhender la complexité de ces productions et le rôle fondamental que jouaient leurs auteur·e·s dans la société de leur temps.

18h30-19h30 L’histoire de l’art a-t-elle invisibilisé les femmes ? Le cas de la France du XVIIe siècle

  • Jan Blanc (Université de Genève)

Est-il vrai que les femmes ont été invisibilisées par l’histoire de l’art? Rares à exercer le métier de peintre, elles ont pourtant fait l’objet de nombreux éloges, comme dans la France du XVIIsiècle. Certaines y ont joui d’un grand prestige et sont devenues des spécialistes de techniques ou de genres associés aux qualités féminines. Elles sont alors admirées pour leurs talents particuliers qui s’opposent à l’universalité de la peinture d’histoire, dévolue aux hommes.

Mercredi 30.03

12h15-13h45 Révéler l’invisible au Moyen Âge : les lumières de l’archéologie et de l’histoire

  • Anne-Lydie Dubois (Université de Genève)
  • Martin Roch (Université de Genève)
  • Jean Terrier (Université de Genève)

Des spécialistes de la période médiévale – une historienne, un historien et un archéologue – discutent des différentes déclinaisons de l’invisible qui se présentent dans leurs recherches: objets historiographiques pas encore traités (le sommeil, l’odorat), vestiges archéologiques ou documents écrits à dévoiler et à interroger, mais aussi mise en évidence de la distance qui nous sépare des populations et des sociétés du Moyen Âge dans leurs manières de concevoir l’existence, l’environnement ou le monde.

16h-17h Que cache la race ? Arts et savoirs des Lumières

  • Anne Lafont (EHESS, Paris)

Au XVIIIsiècle, la couleur de la peau des Noir·e·s fait l’objet d’une fascination savante et artistique alors qu’ils·elles ne sont que quelques milliers à vivre en France métropolitaine. Dans les colonies, en revanche, les esclaves sont souvent bien plus nombreux·euses que les colons blancs mais l’archive visuelle des premier·ère·s est nettement moins fournie que celle des seconds. Comment comprendre ce décalage? Quel rôle la race, en tant que catégorie d’intelligibilité du monde à l’époque des Lumières, a-t-elle joué dans une telle construction?

Conférence retransmise en ligne !

18h-20h L’invisibilité des femmes dans l’histoire de l’évolution humaine

  • Marylène Patou-Mathis (CNRS)

Et si, contrairement à la vision patriarcale de la préhistoire héritée du XIXe siècle, les femmes avaient, elles aussi, peint Lascaux, chassé les bisons, taillé des outils, inventé des techniques… En effet, aucune preuve archéologique ne permet d’affirmer que dans les sociétés préhistoriques certaines activités leur étaient interdites, qu’elles étaient considérées comme inférieures et subordonnées aux hommes. En s’appuyant sur l’analyse des idées reçues et des dernières découvertes, il s’agit de poser les bases d’une autre histoire des femmes préhistoriques.

Conférence retransmise en ligne !

Fondation Martin Bodmer

19h-20h Dante, autrement

  • Michael Jakob (HEPIA, HEAD, Politecnico de Milan, Académie d’Architecture de Mendrisio)

Dante a été célébré comme fondateur de la littérature italienne, summa du Moyen Âge, père de l’Italie et poète par excellence. Au cours de la réception de son œuvre, le concept d’identité l’a toujours emporté. Michael Jakob, commissaire de l’exposition «La fabrique de Dante», part, au contraire, du concept de différence. Il thématise un autre Dante, plus complexe et plus intéressant encore que la figure que nous pensons connaître.

Jeudi 31.03

Genève, Uni Dufour

12h15-13h45 Si longtemps absentes des bancs de l’Alma mater

  • Nada Boškovska (Université de Zürich)
  • Irène Herrmann (Université de Genève)
  • Brigitte Mantilleri (Université de Genève)
  • Sarah Scholl (Université de Genève)

Célébrer les 150 ans de l’accession des femmes à l’Université de Genève est une belle et bonne chose. Mais la quête de justice n’était pas seule en jeu: les raisons économiques et stratégiques ont également pesé dans la balance. Signalons l’engagement des pétitionnaires précurseurs, puis la ténacité des premières étudiantes étrangères. Les Genevoises devront toutefois lutter durant cinquante ans encore pour pouvoir suivre un cursus scolaire supérieur menant directement à l’université.

17h-18h Fantômes, palimpsestes et grattages : les invisibilités de la bibliophilie

  • Nicolas Ducimetière (Fondation Martin Bodmer)

Au gré des rayons de la Fondation Martin Bodmer (dont la bibliothèque a été classée par l’UNESCO en 2015) et de diverses autres collections publiques ou privées, Nicolas Ducimetière, vice-directeur de l’institution, nous invite à découvrir un pan méconnu de l’histoire des bibliothèques, à travers des ouvrages oubliés, des traces de provenance disparues ou recouvertes, des réemplois étonnants, qui constituent autant d’indices et de trésors précieux pour l’historien·n·e et le·la bibliophile.

17h30-18h30 Écrans de fumée : la longue occultation des pollutions industrielles en Suisse

  • Alexandre Elsig (EPFL)

Quelles furent les stratégies déployées pour occulter ou, à l’inverse, révéler et dénoncer les dégâts environnementaux et sanitaires causés par la toxicité industrielle? Il s’agira d’explorer l’histoire des contaminations chroniques qui ont marqué la Suisse industrielle au XXsiècle: «guerres du fluor», mercure dans le Rhône et le Léman, grandes décharges toxiques sont autant d’exemples où l’action différée de faibles doses de poison s’est retrouvée au cœur d’intenses controverses scientifiques, politiques et médiatiques.

Genève, Bibliothèque et Archives des Nations Unies

12h45-14h15 Dévoiler les archives au temps du numérique

  • Blandine Blucacz-Louisfert (Office des Nations Unies, Genève)
  • Madeleine Herren-Oesch (Université de Bâle)
  • Colin Wells (Bibliothèque des Nations Unies, Genève)

En nous basant sur le projet de digitalisation et de mise en ligne des quinze millions de pages des archives de la Société des Nations mené par la Bibliothèque et Archives des Nations Unies Genève, nous explorerons les défis et les opportunités posés par le tournant numérique pour les archivistes et les historien·ne·s.

Table ronde suivie d’une visite guidée du Musée des Nations Unies. Inscription à museum-gva@un.org.

Table ronde retranscrite en ligne !

Genève, Bibliothèque municipale de la Cité

18h30-19h30 L’invisibilité comme stratégie militante

  • Maxime Boidy (Université Gustave Eiffel)

Des luttes pour la visibilité sous-tendent l’histoire des mouvements sociaux européens. Or, parallèlement aux conceptions de l’invisibilité comme forme de domination ou d’exclusion, la tentation de l’anonymat est devenue, depuis la fin du XXe siècle, un élément du répertoire de l’action politique et de la culture visuelle militante.

Lausanne, Palais de Rumine

18h-19h La femme guerrière germanique : une invention populaire contemporaine ?

  • Juliette Vuille (Université de Fribourg)

La culture populaire contemporaine multiplie les représentations de femmes guerrières germaniques (films Marvel, Lagertha de Vikings). Cette conférence interroge la place effective des femmes à la guerre dans les textes germaniques du haut Moyen Âge. Elles sont presque invisibles dans les sources si ce n’est dans des contextes très particuliers qui révèlent les attitudes médiévales quant au genre féminin, tout comme leur visibilité aujourd’hui en dit long sur notre conception des femmes.

19h-20h30 Faire l’histoire des transidentités

  • Clovis Maillet (EHESS, Paris)

À la fin du XIIsiècle, dans l’Empire germanique, des moines cisterciens ont proposé la canonisation de la première sainte de leur ordre sous le nom d’Hildegonde de Schönau. Cette personne pieuse ne devint finalement jamais sainte. On ne lui avait pas trouvé suffisamment de miracles. On ne l’avait connue qu’en tant que novice dans un monastère masculin. Il était difficile de lui donner un nom féminin car toute sa vie on l’avait appelée Joseph. Cette vie faite de transition de genre, d’ascèse et de réassignation est un exemple, parmi des dizaines, qui construit une histoire glorieuse des transidentités dans la longue durée. Comment contourner les obstacles qui empêchent d’écrire cette histoire? Arriverons-nous à comprendre que la manière dont cette histoire sera écrite influera sur les injustices du présent?

Vendredi 1.04

Genève, Uni Dufour

12h15-13h45 De quoi les lieux sont-ils le nom ?

  • Justine Barton (l’Escouade)
  • Michel Ben Arrous (Université Gaston-Berger, Saint-Louis, Sénégal)
  • Irène Hirt (Université de Genève)
  • Héloïse Roman (Ville de Genève, Agenda 21-Ville durable)
  • Melissa Wanjiru (ARIN et Université technique du Kenya)

La nomination des lieux est une fantastique machine à (in)visibiliser des présences, des savoirs et des représentations. Nous aborderons la question brûlante des inégalités de genre dans l’odonymie urbaine; les appellations vernaculaires et informelles dans la ville africaine; la reconnaissance des savoirs autochtones dans le paysage et la cartographie. Transversalement, nous nous interrogerons sur les dispositifs de pouvoir à l’œuvre dans la création toponymique.

14h30-16h De la lutte pour l’éducation à « l’amour-camaraderie » : l’émancipation des femmes en Russie (1860-1930)

  • Korine Amacher (Université de Genève)

Nous retracerons l’histoire de l’émancipation des femmes en Russie entre 1860 et 1930: accès à l’éducation supérieure à la fin du XIXsiècle, obtention du droit de vote à la veille de la révolution d’Octobre, égalité avec les hommes dans tous les domaines de la vie à partir de 1918… Dans une Russie dès lors soviétique, après des années de lutte menée par des actrices aux idées politiques diverses, cette émancipation est-elle réellement acquise?

17h30-19h Dans l’intimité de la guerre : une histoire (in)visible ?

  • Raphaële Balu (Université de Manchester)
  • Laure Humbert (Université de Manchester)
  • Guillaume Piketty (Sciences Po, Paris)
  • Bertrand Taithe (Université de Manchester)
  • Clémentine Vidal-Naquet (Université Picardie Jules Vernes)
  • Antoine Von der Weid (Université de Genève)

La guerre, parce qu’elle bouleverse les structures sociales et ébranle les frontières entre le public et le privé, est à l’origine de nouvelles pratiques et de nouveaux savoirs intimes. La sexualité et l’intimité se trouvent ainsi au cœur de rapports de pouvoir et de violence largement occultés. Comment en faire l’histoire? À travers la présentation de photographies ou d’objets, chaque intervenant·e propose une réflexion sur les sources et les traces de ces enjeux dans différents conflits du XXsiècle.

19h-20h30 La peur sur petit écran : les archives de la RTS en débat

  • Dominique Dirlewanger (CHUV)
  • Bruno J. Strasser (U.Chicago Press)
  • Alexandre Wenger (Université de Genève)

Sentiment d’insécurité, crainte de la bombe atomique, affolement face à la «surpopulation étrangère», panique devant l’épidémie du SIDA…, les émissions de la Télévision suisse romande des années 1960 à 1990 offrent un miroir fascinant des inquiétudes helvétiques. Venez (re)-découvrir des moments insolites ou polémiques de notre patrimoine audiovisuel, replacés par des experts dans une perspective historique éclairante.

Lausanne, Palais de Rumine

17h30-18h30 Histoire de l’art et « invisibilisation » : les femmes peintres dans la France du XVIIe siècle

  • Jan Blanc (Université de Genève)

Si les médias relaient souvent l’idée que les femmes ont été invisibilisées par l’histoire de l’art, cette affirmation mérite d’être nuancée. Durant certaines périodes et dans certains pays, comme la France du XVIIsiècle, les femmes ont activement participé à la vie artistique. Elles sont toutefois moins nombreuses et accèdent à des fonctions moins prestigieuses. Plutôt que de parler de leur invisibilité, il conviendrait donc, nous le verrons, d’évoquer leur minorisation.

19h-20h30 Racismes, Histoires et Suisse-sse-s

  • Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou (IHEID)

Quelle place le racisme occupe-t-il dans l’histoire de la Suisse? D’où vient la perception que «la Suisse n’a pas de passé colonial» et que le racisme n’est pas une question cruciale dans ce pays? Comment, dans ce contexte, est appréhendée – et vécue – l’Afro-descendance? En se penchant sur la trajectoire historique de ces questions et en interrogeant le sens donné publiquement à ces débats, ainsi que leur invisibilisation ou évitement, cette conférence aborde de façon critique l’histoire de la Suisse et des pluralités qu’elle a pu receler et qu’elle abrite aujourd’hui.

Samedi 2.04

Genève, Uni Dufour

13h-14h30 De « mauvais » sujets politiques ? Les invisibles de l’histoire du féminisme

  • Ilana Eloit (Université de Lausanne)
  • Pauline Gonthier
  • Christiane Parth (association Lestime)

Nous mettrons en lumière le renouvellement des approches de l’histoire des féminismes dits de «la deuxième vague» – celle des années 1970-1980. Quel décentrement permet la prise en compte des expériences des lesbiennes dont les luttes ont été trop souvent effacées ou réduites au silence? Qu’est-ce qui change quand on écrit l’histoire féministe du point de vue des «mauvais» sujets politiques? Nous réfléchirons à ces mécanismes en montrant comment les archives minoritaires peuvent contribuer à émanciper nos mémoires et à imaginer de nouvelles formes de transmission.

14h-15h30 Maladies invisibles

  • Stéphanie Dagron (Université de Genève)
  • Tamara Pellegrini
  • Alexandre Wenger (Université de Genève)

Parce que les souffrances qu’elles causent sont invisibles, parce qu’elles touchent une minorité de personnes ou parce qu’elles sont socialement ignorées, des maladies s’avèrent négligées. Pourquoi et dans quelles circonstances certaines pathologies occupent-elles le devant de la scène au détriment d’autres? Comment les personnes concernées luttent-elles pour obtenir des avancées thérapeutiques et un meilleur accès aux soins? Comment vit-on au quotidien lorsque l’on souffre d’un mal occulté mais pourtant bien réel?

16h-17h Le courage d’agir des femmes

  • Titiou Lecoq

Brunehaut, qui a connu une fin tragique, a régné près de quarante ans en France au cours du VIe siècle. Catherine Bernard est une autrice si talentueuse de la fin du XVIIe siècle qu’elle fut plagiée par Voltaire. Simone Iff, résistante, puis militante pour l’éducation sexuelle, a consacré sa vie à se battre pour le droit à l’avortement. Ces trois femmes, qui ont marqué la vie politique, littéraire et sociale, ont eu le courage d’agir et de s’exposer alors que les valeurs et les normes de leur époque les contraignaient à rester dans l’ombre.

Lausanne, Palais de Rumine

11h-12h15 Les vieux invisibles : présence et absence de la vieillesse dans le Ciné-Journal et le cinéma suisse

  • Dominique Dirlewanger (CHUV)
  • Pierre-Adrian Irlé (SRG SSR)
  • Frédéric Maire

Parmi les 6000 éditions du Ciné-Journal Suisse, les reportages sur la vieillesse sont marginaux. Or, une évolution des représentations du 3e âge apparaît au cours des années 1950-1970. Cette conférence, suivie d’une table ronde, met en lumière divers stéréotypes sur la vieillesse. Les mémoires filmées helvétiques (disponibles en partie sur Play Suisse) illustrent nos imaginaires sociaux sur la retraite et les personnes âgées.

13h-14h30 Les minorités en Islam : chrétiens, juifs, femmes savantes et hérésies

  • Blain Auer (Université de Lausanne)
  • Amir Dziri (Centre Islam et société de Fribourg)
  • Wissam Halawi (Université de Lausanne)
  • David Hamidovic (Université de Lausanne)

À une époque où les médias s’intéressent à un seul Islam, l’islam fondamentaliste, nous vous proposons de mettre en lumière des minorités sociales longtemps ignorées ou mal connues. Cette table ronde reviendra sur le rôle historique joué par les chrétiens et les juifs dans le développement de la pensée islamique, de même que sur celui des femmes savantes musulmanes et des minorités contestataires ou hétérodoxes.

15h-16h30 Afro-descendant-e-s et le racisme anti-noir-e-s en Suisse

  • Nicolas Bancel (CRHIM)
  • Izabel Barros (cfd, Taoca, BRS)
  • Kanyana Mutombo (CRAN, Observatoire du racisme anti-Noir-e en Suisse)
  • Mélanie-Evely Pétrémont (Université de Genève)
  • Bernhard Schär (Université de Lausanne)

La mort de George Floyd en 2020 a déclenché un mouvement de protestation d’une ampleur inédite contre le racisme structurel et les violences policières aux États-Unis et dans le monde. En Suisse également, les mobilisations contre le racisme ont pris de l’envergure. Toutefois, l’invisibilisation des Afro-descendant·e·s reste forte et les questions de la participation helvétique à la traite négrière, à la colonisation et au racisme demeurent encore taboues.

18h-19h30 Dévoiler l’invisible. Le spiritisme, une histoire de femmes, de spectres et d’étoffes

  • Philippe Baudouin (IUT de Cachan et ENS Paris-Saclay)
  • Mireille Berton (Université de Lausanne)

Comment le spiritisme, qui prône la survie de l’âme après la mort, met en jeu différents registres d’invisibilité? Cette conférence permettra, au travers d’images fixes et animées, de rendre visible ces registres : invisibilité des spectres et des esprits, invisibilité des femmes (qui paradoxalement accèdent à une visibilité sur la scène sociale grâce au médiumnisme) et, lors des séances, invisibilité des médiums quand elles s’effacent derrière d’épaisses étoffes pour canaliser au mieux leurs énergies.

Lausanne, Musée Historique Lausanne

13h30-14h30 Le tablier dans l’objectif : représentations photographiques de domestiques

  • Diana Le Dinh (Musée historique Lausanne)

La figure de la bonne ou du domestique est intrinsèquement liée à l’avènement de la société bourgeoise, comme la photographie par ailleurs. Mais rares sont les clichés qui les représentent, dans leur fonction ou avec leurs attributs. À travers l’exploration des fonds du MHL, il s’agira de montrer comment cette population est (in)visibilisée et, plus généralement, de réfléchir aux incidences des politiques d’acquisition et d’inventaire sur ce qui est mis en lumière ou laissé dans l’ombre dans les collections.

Dimanche 3.04

Lausanne, Palais de Rumine

11h30-12h45 Caché ou montré ? Le corps féminin dans l’art grec

  • Maude Benoit (Université de Lausanne)
  • Agnès Blanchard
  • Cati Da Silva
  • Noémie Favre

Les représentations des femmes dans l’Antiquité étaient soumises au regard masculin. Auteurs, peintres ou sculpteurs, tous étaient des hommes et leur vision des femmes s’est reflétée à travers leurs œuvres. La perception des femmes aux XIXet XXsiècles a également contribué à la mise en retrait des sujets féminins dans la recherche moderne sur l’Antiquité. Les thèmes clés de l’exposition virtuelle seront présentés par des étudiant·e·s de l’Institut d’archéologie et des sciences de l’Antiquité de l’Université de Lausanne et discutés en public.

13h-14h Les anonymes. Approches d’un effacement chronique au sein d’une collection patrimoniale

  • Sylvie Costa (Musée Historique Lausanne)

Les artistes qui n’ont pas laissé de nom à la postérité sont légion dans l’inventaire patrimonial d’un musée de ville. Pour quelles raisons ne signe-t-on pas son œuvre? Entre réalités des inventaires, aléas de la recherche, pratiques perdues et réelle volonté d’effacement selon le genre ou le statut social, cette présentation projettera des exemples qui sortiront ces inconnu·e·s de leur long silence.

13h30-14h45 L’Histoire au prisme du genre

  • Florence Germond (Municipalité de Lausanne)
  • Titiou Lecoq
  • Laure Piguet (Université de Genève)

Pourquoi si peu d’évènements historiques ou de destins extraordinaires sont associés dans votre mémoire à des noms de femmes? Les panélistes illustreront les mécanismes par lesquels les destins des femmes ont été invisibilisés et échangeront sur les mesures à mettre en place pour rendre compte de leur implication et les actions à entreprendre pour rendre les villes inclusives.

15h30-16h30 L’Union Soviétique : quel passé invisible ?

  • Anne Coldefy (Université de Lausanne)
  • Anastasia de La Fortelle (Université de Lausanne)
  • Georges Nivat (Université de Mohyla, Kiev, Académie des Sciences de Russie, Université de Kharbine)
  • Samuel Verdan (Université de Lausanne)

L’année 2022 marque le centenaire de la création de l’URSS. La politique mémorielle officielle de la Russie actuelle oriente régulièrement l’attention publique sur les moments glorieux de l’histoire soviétique, au détriment des expériences traumatiques qu’elle tend à rendre «invisibles» (le Goulag, par exemple). Face à cette stratégie d’effacement et de falsification de la mémoire nationale, des mécanismes culturels se sont mis en place et participent à la reconstruction de la vérité historique.

Plus d'informations sur le festival

https://histoire-cite.ch/

Subjects

Places

  • Uni Dufour - Rue du Général-Dufour 24
    Geneva, Switzerland (1204)
  • Palais de Rumine - Place de la Riponne 6
    Lausanne, Switzerland (1005)

Event attendance modalities

Full on-site event


Date(s)

  • Tuesday, March 29, 2022
  • Wednesday, March 30, 2022
  • Thursday, March 31, 2022
  • Friday, April 01, 2022
  • Saturday, April 02, 2022
  • Sunday, April 03, 2022

Keywords

  • festival, histoire

Contact(s)

  • Jennifer Barel
    courriel : communication [at] histoire-cite [dot] ch

Information source

  • Jennifer Barel
    courriel : communication [at] histoire-cite [dot] ch

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Invisibles », Lecture series, Calenda, Published on Friday, March 18, 2022, https://doi.org/10.58079/18ga

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