HomeColloque étudiant sur les musiques populaires (ACEMuP #6)

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Published on Wednesday, March 16, 2022

Abstract

L’appel à communication de la sixième édition du colloque ACEMuP (association pour un colloque étudiant sur les musiques populaires) s’adresse aux étudiant·es en master 1 et 2, ainsi qu’aux doctorant·es en première année de thèse, dont les recherches portent sur les musiques populaires. Transdisciplinaire, le colloque accueillera des travaux issus des sciences humaines et sociales, de l’esthétique, de la musicologie ou encore des sciences de l’acoustique, s’articulant autour de quatre axes thématiques : « musiques, scènes et territoires », « musiques et (nouvelles) technologies », « les musiques autrement : genre, classe, race » et « travailler les musiques, travailler dans la musique ».

Announcement

Jeudi 19 et vendredi 20 mai 2022 à la MSH Paris Nord (en présentiel)

Argumentaire

En s’inscrivant dans des perspectives épistémologiques des Popular music studies, les musiques populaires sont ici envisagées à partir de leur origine, c’est-à-dire à la fois la reproduction mécanique et le développement de l’industrie musicale au tournant du XXe siècle (Maisonneuve, 2009). Afin de s’affranchir d’une distinction stricte entre « musiques industrielles » et « musiques folkloriques » ou « musique savante », le terme « populaire » est bien appréhendé dans la multiplicité des processus de catégorisation dont il est le produit, et dans la diversité des représentations sociales qu’il véhicule. Cette acceptation large recouvre le terme anglo-saxon de popular (grand public), peut qualifier des formes musicales produites à l’écart des principaux circuits commerciaux ou, encore, permet de désigner des pratiques qui se développent à différentes échelles, du local au global (Martin, 2006 ; Julien, 2010). De cette hétérogénéité résulte une variété de prismes d’analyse, témoignant de l’évolution constante de ce champ d’étude : à la critique des représentations médiatiques (Peterson, 1997) se sont ajoutés des travaux traitant de la production et de la réception comme un continuum (Pecqueux et Roueff, 2009), tout en faisant de la dimension acoustique et sonore de la musique une variable d’analyse essentielle (Stern, 2015). Cette journée d’étude s’inscrit donc pleinement dans les Popular Music Studies développées dans les années 1980 et rassemblant chercheur-e-s, revues (Popular Music and Society, IASPM Journal, Popular Music, Volume!, etc.) et acteurs institutionnels (IASPM, ISMMS, etc.), qui en font un espace de discussions résolument pluridisciplinaire et diversifié.

Dans le cadre de l’Association pour un Colloque Étudiant sur les Musiques Populaires (ACEMuP) nous souhaitons encourager les propositions issues aussi bien des sciences humaines et sociales (anthropologie, économie, éco-gestion, géographie, histoire, sciences de l'information et de la communication et sociologie), que de l'esthétique, la musicologie, l'ethnomusicologie ou encore les sciences de l’acoustique. L’objectif est avant tout de permettre aux étudiant-e-s de présenter leurs travaux et de créer un cadre d’échanges fertiles avec des pair.es et des chercheur-e-s expérimenté-e-s.

La sixième édition de cette manifestation, organisée en 2022 sous la forme d’une journée d’étude thématique, s’articulera autour de quatre axes principaux, non-exhaustifs et non-exclusifs, qui peuvent servir de cadrage pour des propositions générales et transversales.

Axe 1 « Musiques, scènes et territoires » - En partenariat avec le projet ANR SCAENA

Dans cet axe, nous souhaitons mettre en avant les approches qui mobilisent la notion de scène (Guibert et Bellavance, 2014 ; Bennett et Peterson, 2004 ; Straw, 1991 ; 2014). Si de nombreux travaux analysent l'articulation entre activités musicales et enjeux territoriaux, la notion de scène doit être comprise au-delà de son sens spatial. La scène renvoie à des réseaux stylistiques (Turbé, 2014), des ambiances urbaines (Silver et Clark, 2014), des clusters (Florida, 2015), mais peut également se référer à des représentations médiatiques (Guibert, 2012), des marquages culturels ou encore des processus de construction identitaire (Stokes, 2004). Cet axe a ainsi pour objectif de discuter la notion de scène dans ses différents aspects et usages, en questionnant les frontières (Stendebach, 2021) ainsi que les différents jeux d'échelles compris dans cette notion au niveau territorial (quartier, ville, région, etc.). Une attention particulière sera accordée aux travaux portant sur les encastrements territoriaux des activités musicales (production, diffusion, réception). Enfin, parce que les pratiques musicales peuvent fortement marquer des territoires et la mémoire des lieux, les phénomènes de patrimonialisation et de mise en tourisme des scènes musicales peuvent également être étudiés (Cohen, 2007 ; Baker, 2019).

Axe 2 « Musiques et (nouvelles) technologies »

Cet axe portera sur les enjeux technologiques - voire scientifiques - de la musique. Il sera question de regarder de quelles manières les innovations technologiques modifient les différentes étapes de la production à l’expérience sensible (Le Guern, 2020) de l’écoute de musiques populaires, et amènent des changements de pratiques, tant du point de vue des artistes (Théberge, 1997 ; Ribac, 2008), des industries musicales (Beuscart, 2007 ; Wikström,2013 ; Hesmondhalgh et Meier, 2017), que des acteurs médiatiques (Heuguet, 2018 ; Eriksson et al., 2019). Un intérêt spécifique sera accordé aux approches analysant la pérennisation de « nouvelles » technologies, par exemple d’instruments (Pinch et Trocco, 2002 ; Harkins ,2019) ou de dispositifs d’écoute (Maisonneuve, 2009 ; Sterne, 2012 ; Morris, 2015), à travers les usages permis par ces technologies et les tensions ou débats dont ces dernières font l’objet, à l’instar du « live streaming ». Les pratiques « low tech » et « lo-fi », les bidouillages ou encore le hacking (Nova et Ribac, 2019 ; Benhaïm, 2019) sont autant d’entrées pertinentes pour interroger les rapports entre musiques et technologies.

Axe 3 « Travailler les musiques, travailler dans la musique »

Cet axe vise à interroger la musique comprise comme un univers socioprofessionnel en constante mutation. Plus précisément, l’enjeu est de discuter ou de prolonger certaines connaissances ou approches classiques du travail de la musique ou du travail dans la musique, qu’il s’agisse de concevoir la musique comme un « monde de l’art » (Becker, 1982) ou une « industrie culturelle » (Morin, 1961), pour ne citer que ces exemples. Une attention particulière sera accordée aux communications qui discutent certaines mutations contemporaines de ce milieu professionnel, par exemple à partir de l’émergence de nouveaux dispositifs sociotechniques de création musicale, de la présence incontournable de nouveaux acteurs tels que les plateformes de streaming (Anderson, 2013 ; Eriksson et al., 2019) et les médias sociaux, ou encore des débats autour de la rémunération des artistes générée par le streaming musical (Marshall, 2015 ; Schweitzer, 2019). Dans la mesure où la musique peut être comprise comme un univers socioprofessionnel, les pratiques amateurs (Nowak, 2016) et l’apprentissage du métier (Hatzipetrou-Andronikou et Papastavrou, 2021) peuvent également faire l’objet de contributions, de même que les contributions proposant un regard centré sur certains sous-réseaux et professions en marge. Enfin, des travaux sur les conditions de travail et l’environnement professionnel, mettant par exemple en lumière les questions de la santé mentale (Güsewell et al., 2021) ou de controverses comme #MusicToo, sont également bienvenus.

Axe 4 « Les musiques autrement : genre, classe, race »

Dans un cadre relevant des Cultural Studies, cet axe propose d’une part d’interroger les inégalités de répartition, de traitement et de reconnaissance (Fraser, 2011) liées à la race, le genre et la classe dans les musiques populaires. Les inégalités peuvent être abordées à partir des activités de production (Hesmondhalgh et Saha, 2013), entre division et valorisation structurelle (économique, juridique, institutionnelle, etc.) et symbolique (McRobbie, 1999).D’autre part, les notions de genre, race et classe apparaissent comme des outils originaux (De Lauretis, 2007) afin d’élargir des questionnements relatifs aux genres musicaux (Hill, 2016) ainsi qu’à l’inscription culturelle, territoriale et générationnelle des pratiques musicales. A ce titre, les problématiques telles que l’identité, l’hégémonie (Hall, 2007) ou encore le prestige (Hughes, 1996) peuvent faire l’objet de contributions. Les inégalités sociales comme les différences culturelles peuvent être appréhendées à partir d’analyses musicologiques (McClary, 2015 ; Walser, 1993), discursives (Foucault, 1971) ou iconographiques de l’œuvre musicale. Enfin, les enjeux de réception genrée/racialisée peuvent également être envisagés via les concepts de goût (Hennion et Teil, 2003 ; Glevarec et Pinet, 2009) ou de pratiques différenciées (McRobbie, 1975 ; Turbé, 2017).

Modalités de soumission

Les propositions de communication (3000 signes maximum) devront comprendre un descriptif de la communication, le cadre théorique et la problématique, la méthodologie, ainsi qu’une description du corpus / terrain et une bibliographie. Merci d’y préciser l’axe dans lequel s’inscrit la communication.

Cette proposition sert de base à une présentation orale qui, si elle est sélectionnée, sera d’une durée de 20 minutes suivie d’un temps de discussions et d’échanges.

  • Envoi de la proposition de communication : avant le 27 mars 2022 inclus
  • Date de réponse du comité : 19 avril 2022
  • Date et lieu : 19-20 mai 2022 à la MSH Paris Nord

Les communications sont à adresser par mail à : colloque.acemup@gmail.com

Seront retenues en priorité les propositions s’inscrivant dans les thèmes susmentionnés et proposées par des étudiant-e-s pouvant justifier d’un travail aboutissant à un écrit de type mémoire ou thèse (M1, M2, D1). Un intérêt particulier sera porté aux propositions innovantes et pertinentes.

Nous tenons par ailleurs à mettre en avant le fait que cet appel s’adresse également à des étudiant-e-s de Master Professionnel qui feraient preuve d’une démarche réflexive et d’un intérêt pour la recherche sur les musiques populaires.

Ce colloque est encadré par un comité scientifique de sélection composé de doctorant-e-s et jeunes docteur-e-s, et parrainé par un comité scientifique constitué de chercheurs et chercheuses confirmé-e.s.

Comité d’organisation

  • Ida Barat, M2 en Médiation culturelle à l’Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle
  • Rémi Boivin, Docteur de l'EHESS en Sociologie
  • Étienne Capron, Doctorant en Sciences de gestion à l’Université d’Angers
  • Paco Garcia, Doctorant en Sciences de l'information et de la communication à l'Université Paris 13
  • Noé Latreille, Doctorant en sociologie à l'EHESS
  • Éva Nicolas, Doctorante en Sciences de gestion à l'IAE de Nantes
  • Jérémy Vacher, Assistant professor à Audencia Business School
  • Cécile Verschaeve, Responsable de l'animation du réseau à la FEDELIMA

Comité de sélection

  • Eva Nicolas (Sciences de gestion / Doctorante / 4ème année / IAE de Nantes / laboratoire : LEMNA)
  • Paco Garcia (Sciences de l’information et de la communication / Doctorant / 3ème année / Paris 8 / laboratoire : LabSIC)
  • Louise Barrière (Arts / Doctorante / 5ème année / Université de Lorraine / laboratoire : 2L2S) 
  • Iulia Dima (Musicologie / Doctorante / 4ème année / Sorbonne Nouvelle / laboratoire : CERLIS)
  • Noé Latreille de Fozieres (Sociologie / Doctorant / 1ère année / EHESS / laboratoire : LIER-FYT)
  • Lohan Le Galloudec (Histoire / Doctorant / 6ème année / Sorbonne Nouvelle / laboratoire : CERLIS)

Membres en soutien du comité de sélection (en cas de besoin)

  • Manuel Bocquier (Histoire et anthropologie / Doctorant / 4ème année / EHESS / laboratoire : Mondes américains)
  • Etienne Capron (Sciences de gestion / Doctorant / 4ème année / Université d’Angers / laboratoire : SCAENA)
  • Charlène Bernard (Sciences de l’information et de la communication / Doctorante / 4ème année / Sorbonne Nouvelle / laboratoire : IRMECCEN)
  • Robin Charbonnier (Economie / Doctorant / 3ème année / Ecole Polytechnique)

Places

  • 20 Av. George Sand
    Saint-Denis, France (93)

Event attendance modalities

Full on-site event


Date(s)

  • Sunday, March 27, 2022

Attached files

Keywords

  • acemup, colloque, étudiant, musique populaire

Contact(s)

  • Rémi Boivin
    courriel : remi [dot] boivin [at] ehess [dot] fr

Reference Urls

Information source

  • Rémi Boivin
    courriel : remi [dot] boivin [at] ehess [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Colloque étudiant sur les musiques populaires (ACEMuP #6) », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, March 16, 2022, https://doi.org/10.58079/18hi

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