HomeLe pouvoir transformationnel des approches sensibles au trauma dans les services à l’enfance 
et à la jeunesse au Québec et dans la francophonie

HomeLe pouvoir transformationnel des approches sensibles au trauma dans les services à l’enfance 
et à la jeunesse au Québec et dans la francophonie

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Published on Tuesday, April 05, 2022

Abstract

Ce numéro thématique de la revue Service social vise à favoriser le partage et la collaboration entre les milieux académiques, communautaires, institutionnels et cliniques relativement à leur expérience, leurs résultats, leurs stratégies et les leçons tirées de l’implantation et de l’évaluation empirique (méthodes quantitative, qualitative ou mixte) d’approches sensibles au trauma dans les services à l’enfance et à la jeunesse au Québec et dans la francophonie. Nous recherchons des articles (étude originale, recension des écrits, récit de pratique) sur les approches sensibles au trauma dans tous les services à l’enfance et à la jeunesse (santé, services sociaux, protection de la jeunesse, justice des mineurs, scolaire, etc.).

Announcement

Argumentaire

Un·e canadien·e sur trois rapporte avoir vécu de l’abus physique, une agression sexuelle ou de l’exposition à la violence conjugale avant l’âge de 18 ans.1 Outre ces expériences, d’autres formes d’adversité peuvent aussi avoir été vécues, telles que la violence dans la communauté, la pauvreté ou la discrimination. Toutes ces expériences peuvent être qualifiées de traumas. Celles-ci sont encore plus fréquentes chez les populations en situation de vulnérabilité (p.ex., près de 60% des adultes avec un trouble de santé mentale rapportent en avoir vécues)2 et, surtout, chez les enfants et les adolescents impliqués dans le système de protection de la jeunesse ou de justice des mineurs (71% des jeunes placés;3 90% des jeunes contrevenants4). En outre, les intervenant·es qui travaillent dans ces systèmes rapportent avoir vécu des traumas dans des proportions inquiétantes (jusqu’à 75%)5, une réalité qui doit être prise en considération pour les soutenir dans leur emploi.

Lorsque les traumas sont multiples, répétés et prolongés, commis par des adultes significatifs, et qu’ils se produisent lors de périodes sensibles du développement, ils peuvent avoir des effets cumulatifs, qui se manifestent au-delà des symptômes classiques du trouble de stress post-traumatique. Ces traumas sont associés à une constellation symptomatique complexe qui nécessite une prise en charge et des services adaptés. C’est pour répondre aux besoins d’un grand nombre de personnes touchées par ces expériences que les approches sensibles au trauma ont émergé dans plusieurs disciplines (santé, sciences sociales, éducation, droit) et services, dont ceux pour les enfants et les jeunes. 

Les approches sensibles au trauma ne se limitent pas à de nouveaux programmes, techniques ou procédures, mais représentent un nouveau paradigme – un changement de philosophie. Ce sont des approches systémiques et intersectorielles qui visent à influencer les politiques et les pratiques en portant attention à la sensibilisation à la prévalence des traumas et à la compréhension de leur impact. Depuis plusieurs années, il y a un intérêt grandissant pour les approches sensibles au trauma dans les services à l’enfance et à la jeunesse, autant de la part des milieux académiques, communautaires, institutionnels que cliniques. 

Au Québec et ailleurs, les initiatives croissantes ont donné lieu à de nombreux travaux de recherche. Ces travaux ont contribué à définir et à opérationnaliser ce que sont les approches sensibles au trauma,6 et à identifier des stratégies favorisant le succès de leur implantation dans les services à l’enfance et à la jeunesse.7  Les résultats de ces travaux sont prometteurs; les approches sensibles au trauma  ont été associées à des bienfaits chez les jeunes8 et les intervenant·es travaillant dans ces services,9 ainsi qu’à une diminution de l’utilisation de mesures de contrôle (p.ex., isolement et contention), des mesures qui posent un risque relativement au respect des droits des jeunes, à la sécurité psychologique et physique des personnes (intervenant·es comme jeune) et à la retraumatisation.10 

Bien que ces travaux de recherche aient contribué à l’amélioration des connaissances sur les approches sensibles au trauma, des défis importants demeurent quant à la définition et à l’opérationnalisation de ces approches, lesquels compliquent inévitablement leur implantation et leur évaluation empirique. Aussi, malgré les bienfaits notables des approches sensibles au trauma, le recours fréquent à des instruments de mesure auto-rapportés, ou ayant de faibles qualités psychométriques, et à des devis rétrospectifs ou non expérimentaux sont des limites importantes des travaux de recherche actuels. De plus, peu d’information est disponible en ce qui concerne les mécanismes sous-jacents aux changements rapportés. L’identification et la compréhension de tels mécanismes aideraient à mieux comprendre comment les changements se produisent et contribueraient à guider le processus d’implantation de ces approches afin d’améliorer leur impact. Ainsi, les approches sensibles au trauma sont indéniablement prometteuses, mais leur implantation et leur évaluation sont teintées par des défis et des enjeux. Dans ce contexte, les avenues de recherche sont nombreuses. 

Ce numéro thématique de la revue Service social vise à favoriser le partage et la collaboration entre les milieux académiques, communautaires, institutionnels et cliniques relativement à leur expérience, leurs résultats, leurs stratégies et les leçons tirées de l’implantation et de l’évaluation empirique (méthodes quantitative, qualitative ou mixte) d’approches sensibles au trauma dans les services à l’enfance et à la jeunesse au Québec et dans la francophonie.

Nous recherchons des articles (étude originale, recension des écrits, récit de pratique) sur les approches sensibles au trauma dans tous les services à l’enfance et à la jeunesse (santé, services sociaux, protection de la jeunesse, justice des mineurs, scolaire, etc.), notamment :

  • Développement, conceptualisation et opérationnalisation d’un programme s’inscrivant dans les approches sensibles au trauma
  • Processus d’implantation d’approches sensibles au trauma dans des contextes et systèmes variés : santé, services sociaux, protection de la jeunesse, justice des mineurs, scolaire
  • Résultats et impacts des approches sensibles au trauma chez les jeunes, les familles, les intervenant·es, ainsi que dans les milieux de pratique
  • Expériences et vécu des personnes (jeunes, donneuses ou donneurs de soin, intervenant·es ou gestionnaires) directement concernées par les approches sensibles au trauma.  

Les articles ciblant les enjeux et défis actuels de la recherche sont tout particulièrement les bienvenus.

Modalités de contribution

Nous demandons aux autrices et aux auteurs qui prévoient soumettre un article de rédiger une lettre d’intention (résumé) et de l’acheminer en format Word au secrétariat de la revue Service social [revueSS@tsc.ulaval.ca],

au plus tard le 1er mai 2022.

Une réponse sera transmise au plus tard le 1er juin (proposition acceptée ou non).  

La lettre d’intention (1 page) doit contenir les informations suivantes, dans l’ordre :

  1. Le titre provisoire de l’article
  2. Type de contribution : a) article original, b) recension des écrits ou c) récit de pratique
  3. Les noms et les coordonnées de l’ensemble des personnes contributrices : prénom et nom, statut (professeur·e, étudiant·e, intervenant·e, gestionnaire, etc.), département et université (ou organisation) d’attache, courriel professionnel
  4. Un résumé de la proposition (300 à 500 mots maximum)

Les manuscrits complets (entre 8 000 et 10 000 mots pour un article original ou une recension des écrits, incluant les tableaux, les graphiques, les références et les notes de bas de page, et entre 3 000 et 4 000 mots pour un récit de pratique) des propositions retenues devront être soumis au plus tard le 1er novembre 2022. 

Direction du numéro

  • Alexandra Matte-Landry et Denise Michelle Brend
  • École de travail social et de criminologie
  • Université Laval
  • Delphine Collin Vézina
  • École de travail social
  • Delphine Collin Vézina
  • École de travail social
  • Université McGill

Calendrier

  • 1er mai 2022 Les autrices et auteurs soumettent une lettre d’intention

  • 1er juin 2022 Retour aux autrices et auteurs ayant soumis une lettre d’intention : acceptation ou non de la proposition
  • 1er novembre 2022 Les autrices et auteurs dont la proposition a été retenue soumettent une version complète de leur article qui fera l’objet d’une évaluation par les pairs
  • Fin mars 2023 Les autrices et auteurs reçoivent les commentaires des personnes évaluatrices
  • Fin avril 2023 Les autrices et auteurs soumettent les révisions nécessaires à leur article
  • Mai 2023 Les autrices et auteurs reçoivent les commentaires finaux des personnes évaluatrices (le cas échéant) et les versions finales sont approuvées
  • Été 2023 Révision linguistique et mise en page des articles
  • Automne 2023 Publication du numéro thématique

À propos de la revue

Éditée par l’École de travail social et de criminologie de l’Université Laval (Québec, Canada), Service social est une revue scientifique qui s’adresse aux intervenant·es et chercheur·se·s du travail social et aux autres disciplines qui s’intéressent aux problèmes sociaux et aux pratiques d’intervention. On y retrouve des études sur le travail social professionnel, des analyses fondées sur les disciplines de base du travail social, des résultats de recherche dans différents domaines du bien-être, des études sur les méthodologies fondamentales du travail social, une information sur la législation et les politiques sociales ainsi que des comptes rendus d’ouvrages récents. La revue Service social est une revue évaluée par les pairs publiée deux fois par année.

Références

1 Afifi, T. O., MacMillan, H., Boyle, M., Taillieu, T., Cheung, K., et Sareen, J. (2014). Child abuse and mental disorders in Canada. Canadian Medical Association Journal, 186(9), E324-E332. https://doi.org/https://doi.org/10.1503/cmaj.131792 

2 Struck, N., Krug, A., Yuksel, D., Stein, F., Schmitt, S., Meller, T., Brosch, K., Dannlowski, U., Nenadic, I., Kircher, T., et Brakemeier, E. L. (2020). Childhood maltreatment and adult mental disorders - the prevalence of different types of maltreatment and associations with age of onset and severity of symptoms. Psychiatry Research, 293, 113398. https://doi.org/10.1016/j.psychres.2020.113398 

3 Jaycox, L. H., Ebener, P., Damesek, L., et Becker, K. (2004). Trauma exposure and retention in adolescent substance abuse treatment. Journal of Traumatic Stress, 17, 113–121.

4 Dierkhising, C. B., Ko, S. J.,Woods-Jaeger, B., Briggs, E. C., Lee, R. et Pynoos, R. S. (2013). Trauma histories among justice-involved youth: Findings from the National Child Traumatic Stress Network. European Journal of Psychotraumatology, 4, 1–12. https://doi.org/10.3402/ejpt.v4i0.20274

5 Regehr, C., Leslie, B., Howe, P., et Chau, S. (2005). Stress, trauma, and support in child welfare practice. APSAC Advisor, 17, 12-18

6 Bendall, S., Eastwood, O., Cox, G., Farrelly-Rosch, A., Nicoll, H., Peters, W., Bailey, A. P., McGorry, P. D., et Scanlan, F. (2021). A Systematic Review and Synthesis of Trauma-Informed Care Within Outpatient and Counseling Health Settings for Young People. Child Maltreatment, 26(3), 313–324. https://doi.org/10.1177/1077559520927468 

7 Bryson, S. A., Gauvin, E., Jamieson, A., Rathgeber, M., Faulkner-Gibson, L., Bell, S., Davidson, J., Russel, J., et Burke, S. (2017). What are effective strategies for implementing trauma-informed care in youth inpatient psychiatric and residential treatment settings? A realist systematic review. International Journal of Mental Health Systems, 11(36), 1-16. https://doi.org/10.1186/s13033-017-0137-3 

8 Zhang, S., Conner, A., Lim, Y., et Lefmann, T. (2021). Trauma-informed care for children involved with the child welfare system: A meta-analysis. Child Abuse & Neglect122, 105296. https://doi.org/10.1016/j.chiabu.2021.105296

9 Collin-Vézina, D., Brend, D., Black, K., Beeman, I., et Brown, S. (2020). Impacts of child welfare worker and clientele characteristics on attitudes toward trauma informed-care. Developmental Child Welfare2(4), 244-261. https://doi.org/10.1177/2516103220963139

10 Matte-Landry, A., et Collin-Vézina, D. (2021). Patterns of Change in Restraints, Seclusions and Time-outs over the Implementation of Trauma-informed Staff Training Programs in Residential Care for Children and Youth. Residential Treatment for Children & Youth, 1-25. https://doi.org/10.1080/0886571x.2021.1929660 


Date(s)

  • Sunday, May 01, 2022

Keywords

  • trauma, intervention, enfance, jeunesse, protection de l'enfance, travail social, service social

Information source

  • Kévin Lavoie
    courriel : revue [dot] ts [at] ulaval [dot] ca

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Le pouvoir transformationnel des approches sensibles au trauma dans les services à l’enfance 
et à la jeunesse au Québec et dans la francophonie », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, April 05, 2022, https://doi.org/10.58079/18m9

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