Home Nouvelles approches de l’histoire culturelle italienne

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Nouvelles approches de l’histoire culturelle italienne

Numéro 6 de la « Revue d'histoire culturelle (XVIIIe-XXIe siècle) »

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Published on Wednesday, April 06, 2022

Abstract

Le numéro 6 de la Revue d’histoire culturelle (XVIIIe-XXIe siècles) sera consacré aux « Nouvelles approches de l’histoire culturelle italienne. Imaginaires, cultures politiques, cultures de masse ». Les contributions pourront aborder la question de la construction des imaginaires et des représentations, de ses vecteurs et des résistances rencontrées, s’intéresser aux usages pluriels de la culture dans le champ politique, mais aussi explorer les processus de production, voire d’industrialisation de la culture au cours de la période contemporaine.

Announcement

Appel à contributions pour le numéro 6 de la revue

Coordination

  • Fabien Archambault (Université Paris 1),
  • Virgile Cirefice (École française de Rome, Carlotta Sorba (Università di Padova)

Argumentaire

Étrangement, au pays d’Antonio Gramsci, l’un des penseurs du XXe siècle à avoir mis en évidence l’importance du fait culturel dans le fonctionnement général des sociétés, l’histoire culturelle a mis du temps avant d’être reconnue comme un domaine légitime de la recherche historique. Ainsi, c’est seulement depuis une vingtaine d’années que celle-ci s’est affirmée en Italie comme un champ d’études légitime et autonome.

Dans les dernières décennies du XXe siècle, le paysage historiographique de la péninsule était en effet encore marqué par la persistance de traditions philosophiques bien enracinées, comme l’historicisme, qu’il soit libéral ou marxiste. C’est d’abord l’émergence de l’histoire sociale qui constitua un profond renouvellement des méthodes et des objets de recherche, à tel point que le tournant culturel observable ailleurs ne rencontra en Italie, notamment parmi les historiens de l’époque contemporaine, qu’un accueil tiède voire hostile. Jusque dans la seconde moitié des années 2000, l’expression « histoire culturelle » était même souvent utilisée dans sa traduction anglaise, comme pour mieux en souligner la dimension d’importation, à mille lieux de l’histoire des idées ou de l’histoire des intellectuels, solidement installées et qui tenaient le haut du pavé, tant dans la tradition crocienne que gramscienne. L’étude des phénomènes culturels est ainsi longtemps demeurée subordonnée à une histoire politique qui ne consentait à s’y intéresser que pour étudier les grandes orientations des partis de masse en matière culturelle ou les importantes polarisations de guerre froide qui séparaient les productions culturelles d’inspiration catholique ou communiste.

Néanmoins, parallèlement, de nombreux chantiers historiographiques que l’on considérerait aujourd’hui comme relevant de l’histoire culturelle – ce qui ne se faisait pas à l’époque – étaient lancés par des historiens précurseurs. On peut penser aux travaux d’Antonio Gibelli et de Mario Isnenghi sur la Première Guerre mondiale[1], à ceux portant sur l’Italie libérale et républicaine de Silvio Lanaro[2] ou encore aux études d’Emilio Gentile sur le fascisme inspirées par la lecture de George Mosse dont la réception en Italie fut précoce et durable[3]. Cette manière d’aborder le social par le prisme du culturel avait par ailleurs également mûri du côté de l’histoire des femmes et du genre, comme en témoignent les travaux de Luisa Passerini ou de Paola Di Cori[4].

L’affirmation définitive d’une histoire culturelle se revendiquant clairement comme telle est intervenue à partir d’un domaine d’étude pourtant des plus traditionnels et pénétré de téléologie jusque dans son chromonyme : le Risorgimento, le processus de construction de l’État-nation dans la première moitié du XIXe siècle[5]. Autour de cette thématique s’est ainsi structuré un travail de recherche collectif qui a placé la question culturelle au cœur de ses préoccupations et a mis en évidence les liens étroits unissant les aspects discursifs et les pratiques sociales et politiques. Ce fut le début d’un renouvellement qui a ensuite gagné les recherches portant sur des périodes plus récentes et sur des objets toujours plus divers.

Si l’on entend l’histoire culturelle comme une histoire sociale des représentations, force est de constater la profusion de travaux récents qui se sont proposés d’interroger les conditions de production et les imaginaires sociaux nés des grandes productions culturelles de l’époque contemporaine – de l’édition à l’opéra, en passant par la radio, le cinéma, la chanson ou encore le sport. Une histoire culturelle attentive à l’anthropologie a également permis d’approfondir les différents modes de consommation et les imaginaires qui y étaient liés ou bien de redonner aux folklores et aux cultures populaires une place importante dans l’historiographie, qui les avait longtemps délaissés à la suite de Benedetto Croce.

C’est de ce renouveau dont entend rendre compte ce numéro thématique de la Revue d’histoire culturelle (XVIIIe-XXIe siècles), à partir de trois axes principaux, mais non exclusifs, qui feront une place importante à la grande diversité géographique de la péninsule :

  • Le premier touche à la question de la construction des imaginaires et des représentations, de ses vecteurs et des résistances rencontrées. Il s’agit de s’intéresser à la fois aux objets culturels dans toute leur diversité et aux sensibilités véhiculées par ces derniers et les bouleversements sociaux et politiques de la période. Les folklores, hérités ou réinventés, permettent également de souligner la diversité des espaces géographiques considérés.
  • On s’intéressera également aux usages pluriels de la culture dans le champ politique, aux processus de politisation et à l’apparition de cultures et de pratiques politiques variées, tout en s’attachant à montrer comment elles ont pu être élaborées par les différents protagonistes. Des phénomènes de circulation et d’hybridation peuvent être mis en évidence par-delà des clivages qui pouvaient sembler a priori insurmontables.
  • En dernier lieu, il s’agirait d’explorer les processus de production, voire d’industrialisation, de la culture au cours de la période contemporaine. Les propositions peuvent s’intéresser aux productions culturelles dans toute leur diversité – musique, théâtre, littérature, cinéma, médias, bande-dessinée, etc. – et veilleront à s’interroger sur les modalités de leur diffusion et de leur réception.

Échéancier

  • Soumission d’un résumé en français, italien ou anglais (2 500 signes maximum) et d’une brève notice bio-bibliograhique aux trois adresses suivantes : archambault@univ-paris1.fr ; virgile.cirefice@gmail.com; revuedeladhc@gmail.com

avant le 29 avril 2022.

  • Notification aux auteurs courant mai 2022
  • Remise des articles complets (50 000 signes environ espaces compris) : 1er décembre 2022
  • Publication au printemps 2023

Procédure d'évaluation

Les articles du dossier et des varia donnent lieu à un examen en comité de rédaction après une évaluation en double aveugle. Ils peuvent être rédigés en français ou en anglais. Ils pourront faire l’objet de demandes de modifications sur le fond comme sur la forme. Les auteurs valideront la dernière mouture de leur texte, dont ils seront considérés comme responsables. Les autres textes seront examinés par les membres des différentes rubriques et du comité de rédaction.

Les contributions attendues doivent adopter le mode français d’appel de note et peuvent être complétées par une bibliographie en fin d’article. Un résumé en français et en anglais ainsi que des mots clefs sont demandés. Les illustrations sont les bienvenues ; elles doivent être libres de droit.

Comité de rédaction

  • Anne-Claude Ambroise-Rendu (Professeure, Université de Versailles-Saint-Quentin)
  • Fabien Archambault (MCF, Université de Limoges)
  • Avner Ben-Amos (Professor, Université de Tel-Aviv)
  • Catherine Bertho-Lavenir (Inspecteur général émérite, Professeure des universités)
  • Raphaële Bertho (MCF, Université de Tours)
  • Claire Blandin (Professeure, Université Paris 13)
  • Jean-François Bonhoure (Professeur agrégé, docteur)
  • Marion Brétéché (MCF, Université d’Orléans)
  • Elisa Capdevila (Professeure agrégée, docteure)
  • Benjamin Caraco (Conservateur de bibliothèques, docteur)
  • Evelyne Cohen (Professeure émérite, ENSSIB -Université de Lyon)
  • Fabien Conord (Professeur, Université Clermont Auvergne)
  • Carole Christen (Professeure, Le Havre)
  • Véronique Figini (MCF, ENS Louis Lumière)
  • Pascale Goetschel (Professeure, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne)
  • Laurence Guignard (MCF HDR, Université de Lorraine)
  • Laure Guilbert (Docteure)
  • Myriam Juan (MCF, Université de Caen Normandie)
  • Jessica Kohn (Professeure agrégée, docteure)
  • Laurent Martin (Professeur, Université Paris 3 Sorbonne nouvelle)
  • Caroline Moine (MCF HDR, Université de Versailles-Saint-Quentin)
  • Jean-Sébastien Noël (MCF, Université de la Rochelle)
  • Pascal Ory (de l’Académie françaisr, Professeur émérite, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
  • Philippe Poirrier (Professeur, Université de Bourgogne)
  • André Rauch (Professeur émérite, Université de Strasbourg)
  • Stéphanie Sauget (Professeure, Université de Tours)
  • Julie Verlaine (MCF, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
  • Dimitri Vezyroglou (MCF HDR, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Notes

[1] Antonio Gibelli, L’officina della guerra. La Grande guerra e le trasformazioni del mondo mentale, 1991 ; Mario Isnenghi, Il mito della Grande guerra, 1989.

[2] Silvio Lanaro, Nazione e lavoro. Saggio sulla cultura borghese in Italia, 1979 ; id., Patria. Circumnavigazione di un’idea controversa, 1996 ; id., Storia dell’Italia repubblicana (1946-1991), 2000.

[3] Emilio Gentile, Il culto del Littorio. La sacralizzazione della politica nell’Italia fascista, 1993.

[4] Luisa Passerini, Storia e soggettività. Le fonti orali, la memoria, 1988. Voir aussi son Mussolini immaginario. Storia di una biografia, 1991.

[5] Dans ce processus, l’ouvrage d’Alberto Maria Banti a joué un rôle central : La nazione del Risorgimento. Parentela, santità e onore alle origini dell’Italia unita, 2000.

Subjects


Date(s)

  • Friday, April 29, 2022

Attached files

Keywords

  • histoire culturelle, Italie, histoire contemporaine

Contact(s)

  • Fabien Archambault
    courriel : fabien [dot] archambault [at] univ-paris1 [dot] fr

Information source

  • Fabien Archambault
    courriel : fabien [dot] archambault [at] univ-paris1 [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Nouvelles approches de l’histoire culturelle italienne », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, April 06, 2022, https://doi.org/10.58079/18mv

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