HomeAlternatives cinématographiques et audiovisuelles : images hors-la-loi

HomeAlternatives cinématographiques et audiovisuelles : images hors-la-loi

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Published on Thursday, May 12, 2022 by Céline Guilleux

Summary

Les films « hors-la-loi » poursuivent des objectifs multiples. Certains relèvent d’une démarche militante et contestataire à l’encontre du pouvoir en place, d’autres d’une volonté de transgression morale et sociale, et d’autres encore d’une intention marchande se nourrissant de l’appétence de certains publics pour l’illicite. L’alternative, ici, concerne tout autant les contenus que les modalités de production, de diffusion et de réception. C’est le cadre législatif, variable en fonction des zones géographiques, des périodes et des régimes politiques considérés, qui définit l’alternative et les conditions de son existence. Appréhender les films « hors-la-loi » de façon tout à la fois globale et comparée, permet de penser le phénomène dans une perspective diachronique, mettant en évidence le caractère extrêmement fluctuant de la loi, de l’interdit, du consensuel.

Announcement

Argumentaire

Le LIRCES et l'ESRA Côte d'Azur organisent à Nice, du 1er au 3 juin 2022, ce colloque qui aura lieu au Cinéma de Beaulieu (soirée inaugurale), à la Cinémathèque de Nice et à l'ESRA Côte d'Azur.

Les productions cinématographiques et audiovisuelles, ainsi que leurs modalités de circulation, s’inscrivent dans un cadre légal, qu’il soit officiel ou officieux. Mais en marge, une production « hors-la-loi » subsiste. Elle trouve ses publics au gré de circuits le plus souvent clandestins. Les contextes d’éclosion de ces films sont très divers, et sont souvent à mettre en relation avec des environnements qui visent tous à assurer la pérennité d’un ordre, social, moral ou politique. Ces différentes configurations impliquent la reconnaissance, pour ceux qui fabriquent ces images comme pour ceux qui les interdisent, du présupposé d'un « pouvoir de l’image animée » capable de bouleverser l’ordre établi. Les films « hors-la-loi » poursuivent des objectifs multiples. Certains relèvent d’une démarche militante et contestataire à l’encontre du pouvoir en place, d’autres d'une volonté de transgression morale et sociale, et d’autres encore d’une intention marchande se nourrissant de l’appétence de certains publics pour l’illicite : citons par exemple les films à visée politique tournés clandestinement sous des régimes autoritaires, ou encore les films pornographiques et d’extrême violence contrevenant aux lois en vigueur. L’alternative, ici, concerne tout autant les contenus que les modalités de production, de diffusion et de réception. C’est le cadre législatif, variable en fonction des zones géographiques, des périodes et des régimes politiques considérés, qui définit l’alternative et les conditions de son existence. Appréhender les films « hors-la-loi » de façon tout à la fois globale et comparée, permet de penser le phénomène dans une perspective diachronique, mettant en évidence le caractère extrêmement fluctuant de la loi, de l’interdit, du consensuel. 

Ce colloque s’inscrit dans le cadre d’un programme de recherche entamé en 2017, portant sur le concept d’alternative appliqué aux environnements propres au cinéma et à l’audiovisuel. Il est développé de façon conjointe par le LIRCES (Laboratoire Interdisciplinaire Récits, Cultures et Sociétés) et l’ESRA Côte d’Azur (École Supérieure de Réalisation Audiovisuelle). Il a d’ores-et-déjà donné lieu au développement d’un séminaire intitulé « Alternatives et points de vue », et à deux publications : Les films sans distributeur (dir. C. Taillibert et B. Girard, 2021) et Voir les images ailleurs et autrement (dir. J.P. Aubert, C. Laverger et C. Taillibert, 2021).

Programme

Mercredi 1er juin

Cinéma de Beaulieu-sur-Mer

Hommage au centenaire de la naissance de Paul Carpita

19h30 : Projection - Le Rendez-vous des Quais de Paul Carpita (France, 1955, 1h15)

Présentation par Xavier Vaugien (Cinéma de Beaulieu-sur-Mer) et Boris Henry (Docteur en Lettres et Arts)

Jeudi 2 juin

ESRA Côte d’Azur

Session 1 : « L’image interdite : le cadre législatif »

Modération : Stefano Leoncini (Université Côte d’Azur)

  • 8h45 :  Accueil des participants
  • 9h00 :  Mots d’accueil
  • 9h15 :  Conférence inaugurale Isabelle Marinone (Université de Bourgogne) Quand les films portent leurs lois ... Une approche des forces constitutives du cinéma au-delà des règles.

Le cinéma a toujours été un média du désir. Désir de voir plus, de voir mieux, de voir plus loin. Si les images filmiques ont depuis longtemps saisi l’éros et le thanatos des corps (films de bordel, actualités filmées morbides, etc.), elles se sont rapidement vues empêchées dans leurs développements, en fonction des périodes et des régimes, par les diverses censures, commissions, recommandations, rappelant l’ordre moral à suivre et les bornes à ne pas dépasser. D’Occident ou d’Orient, du nord ou du sud, quels que soient les espaces géographiques et les temps sociaux, la défiance pour les vues transgressives d’abord, puis subversives ensuite, a permis au cinéma de se forger des « à-côtés » provocateurs ou militants. Cette capacité de résistance donne à penser la puissance des images a-légales, que celles-ci soient conçues comme simple opposition aux normes bourgeoises ou, davantage encore, comme engagement activiste radical.

10h15 : Pause

10h30

  • Classification des œuvres cinématographiques à la télévision, Emmanuel Dreyer (Université Paris I)

Une classification des films cinématographiques s’impose en vue de la délivrance d’un visa pour une exploitation en salle. Elle n’influe pas sur les conditions de diffusion des films cinématographiques à la télévision. A cette occasion, d’autres restrictions sont organisées qu’il appartient à l’ARCOM de faire respecter. Par ailleurs, celle-ci a adopté une signalétique dont le champ d’application est plus large (étendu aux œuvres audiovisuelles) et qui repose sur des critères différents. Il appartient aux services de télévision de mettre en œuvre cette signalétique sans contrôle préalable. En revanche, une erreur de qualification peut donner lieu à sanction en cas de renouvellement après mise en demeure. S’agissant de la diffusion de films cinématographiques, les services de télévision peuvent ainsi avoir la tentation d’un « sur-classement » afin d’éviter tout reproche du régulateur. Se pose dès lors la question de la cohérence des critères retenus et de leur justification au regard des médias en cause.

  • La censure dans l’audiovisuel à l’épreuve des droits et libertés, Fabrice Siiriainen (Université Côte d’Azur)

Cette contribution tentera de porter un regard critique sur la relation complexe existant entre la censure dans l’audiovisuel et les droits et libertés (liberté d’expression, liberté de création, liberté religieuse, dignité humaine, droit d’auteur etc.) promus et portés par le droit positif.

  • 11h15 : Mirco Melanco (Université de Padoue) De la légalité de la réutilisation de citations cinématographiques

La muséologie du cinéma implique l'utilisation de citations cinématographiques. Dans le cas où elles sont utilisées pour la création de vidéos, de vidéo-thèses, d'installations vidéo, la loi sur le droit d'auteur s'impose, entraînant alors une série d'interminables problèmes bureaucratiques relatifs aux ayants droit, souvent nombreux pour un même film, presque toujours impossibles à tous retrouver. Est-il interdit ou pas d'utiliser des images de films, même s‘il s’agit uniquement d’un usage à des fins didactiques, non lucratives ? Interdit ou pas, licite ou illicite... Le droit d'auteur pour les œuvres documentaires reste un casse-tête qui mérite d'être interrogé. Ce sont les problèmes que nous aborderons dans cette intervention, sur la base d'images relatives à des propositions audiovisuelles conçues pour des expositions dans les musées, afin de penser les usages qui peuvent être faits du cinéma (et autres images animées) comme source d'histoire.

  • 11h45 : Sophie Raimond (Université Côte d’Azur) et Christel Taillibert (Université Côte d’Azur) Found footage : quand la créativité se frotte à la loi

Cette communication se propose de réfléchir à la dimension législative d’une forme de création basée sur le réemploi, que l’on désigne communément par l’expression found footage. En effet, dès que les auteurs entendent montrer les œuvres qui en découlent en dehors du cercle familial, cette pratique se confronte d’une part au code de la propriété intellectuelle si les images utilisées sont protégées en vertu du droit d’auteur, et d’autre part au code civil, si les images empruntées constituent une atteinte à la vie privée ou à ce que l’on appelle communément le « droit à l’image ». Pourtant, nombreuses sont les œuvres de réemploi qui, enfreignant tout ou partie de ce cadre légal, circulent et sont vues sur les réseaux sociaux, sur les plateformes, à la télévision, en festival ou en salle d’exploitation. Comment les créateurs de ces œuvres, ainsi que ceux qui les font circuler, se positionnent-ils au regard de ces questions ?

  • 12h15 : Discussion
  • 12h30 : Pause

Cinémathèque de Nice

Session 2 : « Images politiques et clandestines 1 »

Modération : Cyril Laverger (ESRA Côte d’Azur)

  • 14h30 : Jean-Paul Aubert (Université Côte d’Azur) et Xose Prieto Souto (Universidad Carlos III Madrid) Militantisme communiste, contre-information et pratiques cinématographiques transgressives dans l’Espagne des années soixante-dix : l’expérience du Colectivo de Cine de Madrid

Cette communication a pour objet l’étude les pratiques et activités cinématographiques transgressives qui se développent dans les dernières années de la dictature franquiste et les premières années de ce qu’il est convenu d’appeler la Transition. 

L’un des principaux objectifs de cette contribution est de montrer l’utilité que revêt pour l’étude historique l’analyse des productions et des activités culturelles réalisées en marge de la légalité. Une telle analyse permet d’appréhender les limites du représentable dans une société coercitive et de comprendre dans quelle mesure les pratiques transgressives relèvent d’une stratégie créative autant que d’une tactique politique.

  • 15h00 : Boris Henry (Docteur en Lettres et Arts) Le Rendez-vous des quais (1955) de Paul Carpita : film doublement censuré ?

Fils de docker, Paul Carpita (1922-2009) s’était intéressé de près à la grève des dockers du port de Marseille en 1950 et l’avait filmée. La décision de tourner un long métrage de fiction prise, il choisit d'aborder cet événement. Comme il est impossible de filmer officiellement sur le port un tel sujet, il demande des autorisations pour le tournage de films fictifs et fait appel à une société de production parisienne (Procinex) qui transmet aux autorités un scénario édulcoré.

Nous analyserons le parcours de ce film singulier, de sa réalisation à son interdiction, de la saisie supposée de l'une de ses copies et de son négatif à la redécouverte de ceux-ci dans des circonstances surprenantes.

  • 15h30 : Pause
  • 15h45 : Habiba Chabou (Université Paris I) J’ai huit ans (1961) : des images et des sons hors-la-loi

Film « hors-la-loi », J’ai huit ans, réalisé en 1961, en pleine révolution algérienne, s’inscrit dans le cadre illégal de la circulation d’images et de sons politiques et clandestins. Sur une idée de René Vautier, les réalisateurs Yann Le Masson et Olga-Baïdaroff-Poliakoff, communistes et anticolonialistes, soutenus par le Comité Maurice Audin et le GPRA, montrent la guerre de libération nationale à partir de dessins et de récits d’enfants réfugiés algériens de l’école Salammbô dont s’occupent Frantz Fanon et Jacques Charby dans la banlieue de Tunis.

Ce film tract est financé et distribué, sans visa de censure, par les circuits militants, associations d’étudiants ou syndicats, comités d’entreprise, ciné-clubs engagés, souvent clandestins. Sorti en janvier 1962, le documentaire, court métrage de plus de neuf minutes, est révélateur tout autant de l’agentivité des cinéastes militants, acteurs politiques de premier plan ; de la réticularité du mouvement contestataire en situation coloniale, par-delà le clivage binaire colonisateurs-colonisés ; et des alternatives à la censure et au cadre légal et officiel du contexte colonial français.

  • 16h15 : Garance Fromont (Université Paris Cité)  « Trezorové filmy » : trois exemples de films interdits par le gouvernement tchécoslovaque post-1968

L’Oreille (Ucho), Alouettes, le fil à la patte (Skřivánci na niti) et Le Septième jour, la huitième nuit (Den sedmý, osmá noc) sont trois films interdits en 1968 par le nouveau gouvernement tchécoslovaque, quelques mois après l’invasion soviétique. Devenus illégaux avec le changement de loi, ils ont tous été produits par le Filmové studio Barrandov, le studio socialiste officiel et nationalisé. Cette communication propose d’étudier comment des films et des cinéastes deviennent hors-la-loi au sein d’un système qui les a lui-même produits. Pourquoi ces trois films, qui sont respectivement un drame, une comédie et une parabole biblique, ont-ils été considérés comme une menace suffisamment importante pour la stabilité d’un gouvernement au point de les dissimuler pendant près de vingt ans, sans toutefois les détruire ?

  • 16h45 : Discussion
  • 17h00 : Fin de la journée
  • 18h45 : Projection - La Classe américaine de Michel Hazanavicius (France, 1993, 1h10)

Présentation par Sophie Raimond (Université Côte d’Azur) et Christel Taillibert (Université Côte d’Azur)

  • 20h15 : Projection - 1974, une partie de campagne  de Raymond Depardon (France, 1974/2002, 1h30)

Présentation par Cyril Laverger (ESRA Côte d’Azur)

Vendredi 3 juin

Cinémathèque de Nice

Session 3 : « Images politiques et clandestines 2 »

Modération : Serge Milan (Université Côte d’Azur)

9h30 : Accueil des participants

  • 10h00 : Stéphane Sawas (INALCO) Engagement et subversion dans Nausicaa (1970) d’Agnès Varda, « film-dossier-bazar » contre la dictature des colonels grecs censuré par l’ORTF

Dans Nausicaa (1970), Agnès Varda met en scène, entre documentaire et fiction, les liens qu'entretient avec la Grèce sa protagoniste, comme elle de père grec et prénommée Agnès. De la libération à la dictature, l'histoire de la Grèce y est montrée entre Paris et le Midi de la France, telle qu'elle est vécue par les Grecs et souvent ignorée par les étrangers. Les témoignages de réfugiés politiques grecs scandent une narration travaillée par des effets de mise en abyme et par des allers et retours entre cinéma et théâtre. Dérangeant pour les autorités françaises soucieuses de ménager la Grèce des colonels, ce téléfilm, jamais diffusé, disparaît sans explications. Grâce à une copie retrouvée en Belgique, cet opus méconnu n’est redécouvert que peu de temps avant la mort de la cinéaste.

  • 10h30 : Jean Méranger-Galtier (Université Paris- Nanterre) Les premières vidéos de Carole Roussopoulos : créer et transmettre un contre-pouvoir des images (1970-1976)

Regarder les premières vidéos de Carole Roussopoulos (qu’elles émanent d’elle seule ou de collectifs dont elle faisait partie), c’est tout d’abord se confronter à un moment historique dans la représentation des luttes, la vidéo représentant dans les années 1970 un tournant dans la production d’images alternatives. Au sein de ce contexte, la figure de Carole Roussopoulos interpelle à la fois par l’étendue de sa production et le croisement des luttes (féministes, antiracistes, ouvrières, propalestiniennes…) auprès desquelles elle s’est engagée. Avec une volonté constante de donner la parole à ceux qu’elle nomme les « sans-voix », Roussopoulos n’a eu de cesse, dès ses premiers films, de proposer des dispositifs s’opposant aux régimes d’images officiels. La notion d’images hors-la-loi est ainsi pertinente à plus d’un égard en ce qui concerne l’œuvre de Roussopoulos. Par le contenu des vidéos (manifestations, occupations d’usines, avortements clandestins…), mais aussi, et peut-être surtout, par leur forme. Les premières œuvres de Roussopoulos proposent des dispositifs qui, au-delà d’une simple appropriation populaire de moyens de production audio-visuels, opèrent d’un véritable contre-pouvoir des images. À travers un travail de mise en abyme des dispositifs, ces vidéos placent le spectateur au cœur d’un acte de transmission interne à la vidéo elle-même. Ainsi, en même temps que l’invention d’une forme, la pratique vidéo de Roussopoulos a participé de l’invention d’une pratique de diffusion, co-dépendantes l’une de l’autre. 

  • 11h00 : Pause
  • 11h15 : Şirin Fulya Erensoy (Université Film Babelsberg Konrad Wolf) Résistance face à la censure et pratiques créatives des cinéastes kurdes en Turquie

Cette intervention se concentrera sur deux films qui ont été réprimés par l'État turc parce qu'ils dépassent les limites du modèle ethno-nationaliste agressivement mis en œuvre depuis l'établissement de la République. L’intervention soutiendra que les films ont été produits et soutenus dans un climat où le processus de solution avec les Kurdes était en cours, mais qu'ils ont été violemment relégués comme des œuvres radicales lorsque ce processus n'a plus servi les intérêts de l'État. En outre, dans la réalité plus vaste de l'étouffement de la liberté d'expression en Turquie, les formes de résistance et les réponses créatives des cinéastes face à la censure seront également discutées pour chaque cas.

  • 11h45 : Emmanuel Cano (Université Toulouse 2) En République Populaire de Chine, le cinéma alternatif doit-il demeurer un cinéma clandestin ?

Les cinéastes chinois contemporains qui veulent interroger l’état de la Chine dans la globalisation, en remettant en question les représentations véhiculées par les images officielles, peuvent paraître pris dans une sorte de tiraillement : tenter de composer avec le régime de Beijing, ou demeurer hors-la-loi, au risque de ne pas pouvoir montrer leurs films dans leur propre pays. Les cinéastes indépendants en sont-ils tous des Enfants du jianghu, pour reprendre la traduction littérale du titre de la dernière fiction de Jia Zhang-ke, c’est-à-dire bandits des marais de la littérature classique, cherchant justice contre les officiels corrompus, et aspirant à la liberté individuelle ? Le cas de la Chine peut-il permettre d’interroger l’indépendance dans le cinéma contemporain d’une façon plus large, face aux mutations qui le traversent ?

  • 12h15 : Discussion
  • 12h30 : Pause

Cinémathèque de Nice

Session 4 : « L’image interdite : corps érotisés, corps violentés »

Modération : Michaël Arlotto (Université Côte d’Azur)

  • 14h30 : Laura Huret (Université Côte d’Azur) Les limites de la représentation du corps érotique, sexuel et pornographique sur Internet

Une nouvelle forme de censure, existe via les plateformes et les réseaux sociaux. Nous allons réaliser une étude réflexive des expérimentations visuelles et filmiques de l’artiste Laura Hurt en essayant de trouver les limites de la représentation du corps érotique, sexuel et pornographique sur Internet. Entre le signalement des contenus, les modérateurs et les algorithmes de plus en plus performant débusquant ce qui peut heurter sensiblement « le bon goût », Internet ne semble plus être un espace de liberté. 

  • 15h00 : Clément Beuchillot (Université Aix-Marseille) De la présence de l'interdit dans le Roman Porno : à propos des traces d’images hors-la-loi

Il s’agit moins ici d’images « hors-la-loi » que l’intégration d’images « hors-la-loi » à l’intérieur d’un cadre légal. Le roman porno, genre pornographique vernaculaire du Japon des années 1970, est à la fois une industrie fortement touchée par les injonctions de la censure étatique et le lieu de multiples manifestations de différentes formes de censure. Kumashiro Tatsumi, cinéaste du roman porno célèbre pour sa confrontation avec les injonctions de la police d’État, s’engage à travers ses longs métrages à exprimer par le scénario, l’esthétique et l’intertextualité les traces de ces images et textes censurés.

  • 15h30 : Pause
  • 15h45 : Bruno Cailler (Université Côte d’Azur) Violences policières : de l'alerte citoyenne à la construction d'une interdiction légale

Entre octobre 2020 et mai 2021, l’article 24 de la Loi pour une sécurité globale préservant les libertés suscite une polémique autour de la pénalisation de la diffusion d’images « du visage ou tout autre élément d’identification d’un agent de la police nationale ou de la gendarmerie nationale autre que son numéro d’identification individuel lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police ». Cet article de loi sera finalement censuré par le Conseil constitutionnel. Antérieurement à cet épisode politico-juridique, avec le mouvement des « gilets jaunes », de nombreuses violences policières avaient été dénoncées via des images sur les réseaux sociaux, dont le fil Twitter Allo, Place Beauvau de David Dufresne tiendra le décompte. Cette communication reviendra sur la constitution a posteriori d’une interdiction contemporaine d’images, et sur ses enjeux. 

  • 16h15 : Discussion
  • 16h30 : David Dufresne (réalisateur) Discussion autour de son œuvre

Journaliste, puis auteur et réalisateur, David Dufresne s’attache à analyser, entre autres, les procédés de l’anti-terrorisme ou des forces de l’ordre français en documentant les violences et leur légitimité. Un Pays qui se tient sage, son premier long métrage diffusé en salles, a reçu le Prix Lumière du meilleur documentaire.

  • 17h30 : Fin de la journée
  • 18h : Projection - Un Pays qui se tient sage de David Dufresne (France, 2020, 1h26)

En présence du réalisateur

Présentation par Bruno Cailler (Université Côte d’Azur)

Places

  • ESRA Côte d'AZur - Port de Nice
    Nice, France (06)

Event format

Full on-site event


Date(s)

  • Wednesday, June 01, 2022
  • Thursday, June 02, 2022
  • Friday, June 03, 2022

Keywords

  • cinéma, audiovisuel, censure, loi

Contact(s)

  • Christel Taillibert
    courriel : christel [dot] taillibert [at] univ-cotedazur [dot] fr

Reference Urls

Information source

  • Christel Taillibert
    courriel : christel [dot] taillibert [at] univ-cotedazur [dot] fr

To cite this announcement

« Alternatives cinématographiques et audiovisuelles : images hors-la-loi », Conference, symposium, Calenda, Published on Thursday, May 12, 2022, https://calenda.org/994809

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